La page d’accueil de fortrade.com servie le 29 septembre 2026 affiche, dès son en-tête, deux avertissements que l’opérateur publie lui-même en application de ses obligations réglementaires : selon l’une des entités, 74 % des comptes de particuliers se soldent par une perte sur les contrats sur différence qu’elle propose, et 69,54 % selon l’autre branche du groupe, qui intervient suivant la localisation du visiteur. Ces pourcentages ne proviennent pas d’une source externe : c’est l’enseigne elle-même qui les affiche. Notre revue publiée en octobre 2020 citait déjà une étude du régulateur français situant à près de 84 % la proportion de clients particuliers perdants sur une année de négoce de contrats sur différence et de devises. Les ordres de grandeur ont évolué, mais la réalité qu’ils décrivent demeure : une majorité de clients particuliers ressort perdante de ces produits.
Verdict : fortrade.com est une enseigne exploitée par une société britannique dont l’enregistrement est vérifiable et réel, et dont plusieurs branches régionales sont autorisées par des organismes de contrôle reconnus. Le dossier ne soulève pas de doute sur l’existence de l’opérateur, mais il appelle une réserve de fond : l’autorité qui surveille effectivement le compte d’un résident européen n’est pas l’autorité britannique mise en avant dans notre revue de 2020, et les chiffres de pertes affichés par la vitrine elle-même méritent d’être lus avec attention avant toute décision. Pour situer ce dossier parmi d’autres, on peut le comparer à notre revue de trade360, dont l’autorisation chypriote est en cours de renonciation, ou à celle de Pepperstone, courtier autorisé dont les registres sont également vérifiables. Notre relevé a été effectué à la date indiquée ci-dessous.
Dernière mise à jour : 29/09/2026
Sommaire
- Les deux chiffres que la vitrine affiche en tête de page
- Six entités autorisées, six registres distincts
- Pour un résident européen, l’entité qui sert est chypriote
- Une société anglaise toujours active derrière un nom déposé en 1997
- Les adresses de service, le certificat et les outils embarqués par la page
- Après une perte sur un compte de négoce, les démarches encore utiles
- Les demandes qui nous parviennent au sujet de ce nom
Les deux chiffres que la vitrine affiche en tête de page
Lorsque la page d’accueil de fortrade.com se charge, deux mentions apparaissent avant tout autre contenu commercial. La première annonce que 74 % des comptes de particuliers se soldent par une perte sur les contrats sur différence qu’elle propose. La seconde, rattachée à une autre entité du groupe selon la localisation du visiteur, avance le chiffre de 69,54 %. Les deux formulations rappellent simultanément que ces instruments sont complexes et que leur effet de levier est susceptible de faire perdre de l’argent rapidement. Ce n’est pas une appréciation extérieure : c’est l’opérateur lui-même qui rend ces données publiques, en application des règles d’information qui lui sont imposées.
Notre revue d’octobre 2020 mentionnait, en référence, une étude conduite par le régulateur français qui approchait les 84 % de clients particuliers perdants sur une année de négoce de contrats sur différence et de devises. Le chiffre affiché aujourd’hui par la vitrine est inférieur, mais il porte sur une base de clients et une période qui peuvent différer de ceux de l’étude française. Ce qui demeure constant, c’est l’ordre de grandeur : dans les deux cas, la majorité des clients particuliers qui utilisent ces produits constatent une perte.
Pour un lecteur qui envisage d’ouvrir un compte, ces chiffres ont une signification directe. Ils ne proviennent pas d’un avis externe, d’un comparateur ou d’une autorité de contrôle : ils sont produits et affichés par l’enseigne elle-même. Leur présence en tête de page ne constitue pas une garantie de résultat, dans un sens comme dans l’autre. Ils décrivent ce que l’opérateur observe sur sa propre base de clients, et ils sont la première information que la page fournit.
Six entités autorisées, six registres distincts
La page consacrée à la régulation sur fortrade.com détaille six entités distinctes, chacune rattachée à une autorité et identifiée par un numéro. Fortrade Ltd, établie à Londres, est autorisée par la Financial Conduct Authority britannique sous le numéro 609970. Fortrade Canada Limited, dont le siège est à Vancouver, relève de l’organisme canadien de régulation du courtage et est adhérente au fonds canadien de protection des investisseurs, sous le numéro BC1148613. Fort Securities Australia Pty Ltd, qui exerce sous l’enseigne Fortrade Australia à Sydney, est enregistrée sous le numéro d’activité 33 614 683 831 et dispose de la licence 493520. Fortrade Cyprus Ltd, établie à Limassol, est supervisée par la commission chypriote des valeurs mobilières sous la licence 385/20. Fortrade Mauritius Ltd, dont le siège est à Ebène, est autorisée par la commission des services financiers de Maurice sous le numéro GB21026472. Fortrade (DIFC) Limited, établie à Dubaï, opère sous la licence F009856 délivrée par l’autorité des services financiers du centre financier international de Dubaï.
Ces six autorités de contrôle sont toutes étrangères. Aucune ne relève du territoire français, Une seule d’entre elles, la commission chypriote, exerce dans un État membre de l’Union européenne. Pour vérifier l’enregistrement britannique de l’enseigne, on peut consulter directement l’enregistrement que le régulateur britannique consacre à cette enseigne.
Un relevé effectué le 29 septembre 2026 sur les listes publiées par le régulateur français n’a identifié aucune mention de ce nom. Cette absence a une portée précise et bornée : elle signifie qu’aucune autorité française n’a publié de mise en garde sous ce nom à cette date, et rien d’autre. Le contrôle de l’enseigne existe, il est réel, mais il s’exerce depuis des autorités dont le périmètre géographique ne recouvre pas le marché français.
Pour un résident européen, l’entité qui sert est chypriote
La page de régulation de fortrade.com précise explicitement que c’est la branche chypriote du groupe, Fortrade Cyprus Ltd, qui fournit les services d’investissement et les services annexes aux résidents de l’Espace économique européen. Par ailleurs, la page d’accueil signale au visiteur que, selon sa localisation géographique, le service sera assuré par cette même branche chypriote. Cette information est affichée par l’opérateur lui-même.
Une vérification indépendante effectuée le 29 septembre 2026 au registre de la commission chypriote des valeurs mobilières confirme l’existence de cette entité : la société Fortrade Cyprus Ltd y figure sous la licence 385/20, délivrée le 9 mars 2020, avec le numéro d’immatriculation 392231. Le détail de cet enregistrement est accessible via la ligne correspondante au registre de la commission chypriote. La page de fortrade.com indique également que ses informations ne s’adressent pas aux résidents des États-Unis ni à ceux de la Belgique.
La conséquence pratique pour un épargnant résidant en France est directe : si son compte a été ouvert via fortrade.com, l’autorité de tutelle effective est la commission chypriote des valeurs mobilières, et non la Financial Conduct Authority britannique. Le mécanisme de garantie applicable, ainsi que les procédures de réclamation, sont ceux prévus par la réglementation chypriote et européenne, et non ceux du Royaume-Uni. Cette distinction n’est pas anodine lorsqu’une contestation doit être engagée.
Une société anglaise toujours active derrière un nom déposé en 1997
Un relevé indépendant effectué le 29 septembre 2026 au registre des sociétés d’Angleterre et du pays de Galles confirme que la société Fortrade Limited, immatriculée sous le numéro 08619610, y figure comme active. L’adresse déclarée est le 93 Gloucester Place, Londres, W1U 6JQ. Cette adresse est identique à celle qu’affiche la vitrine pour son entité britannique. Il n’y a donc pas de divergence entre ce que le site indique et ce que le registre officiel contient.
Le nom de domaine fortrade.com a été déposé le 10 octobre 1997. Son échéance court jusqu’au 9 octobre 2027. Le dossier d’enregistrement mentionne un transfert empêché, cinq serveurs de noms déclarés (de ns0 à ns4, hébergés sur le domaine dnsmadeeasy.com) et le bureau d’enregistrement Moniker Online Services. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Notre revue de 2020 retenait principalement l’enregistrement britannique comme élément de référence, et citait l’étude du régulateur français sur les pertes des clients particuliers. La situation a évolué sur un point : la revue ne mentionnait pas la branche chypriote comme entité de service pour les résidents européens, alors que c’est aujourd’hui ce que la vitrine indique clairement. L’ancienneté du nom, qui remonte à 1997, et la continuité de son enregistrement constituent des éléments de contexte que notre revue initiale n’avait pas pu intégrer avec la profondeur de recul disponible aujourd’hui.
Les adresses de service, le certificat et les outils embarqués par la page
Le nom fortrade.com est servi depuis deux adresses appartenant au réseau Cloudflare : 104.18.35.71 et 172.64.152.185. Le certificat de chiffrement couvre le nom principal et l’ensemble de ses sous-domaines. Il a été délivré par GoDaddy et sa période de validité s’étend du 23 août 2026 au 9 mars 2027. Ces éléments techniques sont conformes aux usages courants des vitrines de courtage de cette taille.
La vitrine repose sur le socle WordPress. Son interface de programmation applicative reste exposée, ce qui est fréquent sur ce type d’installation mais constitue un point de configuration à noter. Un relevé technique de la page a permis d’identifier plus de quatre cents éléments répartis en vingt-huit familles distinctes. On y trouve des bibliothèques JavaScript datant de plusieurs générations, dont plusieurs versions de jQuery et de Modernizr. Les outils de mesure d’audience incluent les services de mesure de Google, un gestionnaire d’étiquettes, le pixel publicitaire d’un réseau social, un outil d’analyse du comportement des visiteurs et un service de mesure d’origine russe. Les moyens de paiement identifiés comprennent les cartes Visa et MasterCard, PayPal, Stripe, Worldpay et Apple Pay. Des dispositifs publicitaires de réseaux tiers complètent cet ensemble.
Les traces les plus anciennes relevées sur ce nom remontent à octobre 2014. Le fichier de directives destiné aux robots écarte nommément plusieurs agents associés aux grands modèles génératifs : ceux d’OpenAI, d’Anthropic, d’Apple, de ByteDance et de Google. Il interdit par ailleurs l’indexation de plusieurs répertoires de la vitrine. Le pied de page et les pages annexes portent les mentions usuelles de droits réservés et de conditions d’utilisation.
Après une perte sur un compte de négoce, les démarches encore utiles
Une personne ayant versé des fonds sur un compte de négoce et constatant des pertes qu’elle conteste doit en premier lieu constituer un dossier documentaire complet. Cela comprend les relevés de compte, les ordres de virement et leurs preuves de débit, l’ensemble des messages échangés avec l’intermédiaire, et les conditions générales acceptées au moment de l’ouverture du compte. Ces pièces sont indispensables pour toute démarche ultérieure et leur conservation ne doit pas être différée.
La deuxième étape consiste à adresser une réclamation écrite et datée à l’établissement bancaire ou de paiement qui a exécuté les virements. Lorsqu’un paiement par carte bancaire a été utilisé, une réclamation dirigée vers l’établissement émetteur de la carte reste envisageable dans les délais que prévoient les conditions de celui-ci. Il est également nécessaire de déterminer avec précision auprès de quelle entité juridique le compte a été ouvert : c’est l’autorité de tutelle de cette entité, et non celle d’une autre branche du groupe, qui détermine la procédure de réclamation applicable et les mécanismes de protection disponibles.
Pour vérifier si le nom de l’intermédiaire figure parmi les offres qui ont fait l’objet d’un signalement en France, le relevé des offres non autorisées tenu par l’autorité française peut être interrogé directement. La portée de ce relevé est étroite : à la date de notre consultation, aucune mise en garde n’avait été publiée sous ce libellé, et cela ne dit rien de plus.
Maître Goce Novakov, avocat installé à Paris, a accordé un entretien dans lequel il détaille une décision par laquelle une cour d’appel a retenu la responsabilité d’une banque dans un dossier d’escroquerie impliquant des virements vers un intermédiaire financier, et ce que des victimes se trouvant dans une situation comparable peuvent attendre d’une telle jurisprudence.
Les conditions dans lesquelles un dépôt de plainte peut être envisagé, les juridictions compétentes et les pièces à réunir sont détaillés dans un guide pratique : les étapes d’un dépôt de plainte sont présentées de façon structurée pour permettre à chacun d’évaluer la pertinence de cette voie.
Les demandes qui nous parviennent au sujet de ce nom
Ce pourcentage est calculé par l’opérateur sur sa propre base de clients particuliers qui négocient des contrats sur différence. Il signifie que, sur la période retenue par l’enseigne, près de trois comptes de particuliers sur quatre enregistrent une perte par rapport aux sommes déposées. Cette information n’est pas une estimation externe : elle est produite par l’intermédiaire lui-même, qui est tenu de la publier en application des règles qui lui sont imposées par son autorité de tutelle. Avant d’ouvrir un compte, il est utile de lire cette mention non pas comme une mise en garde formelle sans portée réelle, mais comme une donnée statistique tirée de l’expérience effective des clients de cet intermédiaire. Les contrats sur différence fonctionnent avec un effet de levier qui amplifie les pertes comme les gains, ce qui explique en partie pourquoi la proportion de clients perdants est structurellement élevée sur ce type de produit, quel que soit l’intermédiaire concerné.
Selon ce qu’indique la vitrine elle-même, les résidents de l’Espace économique européen voient leur service assuré par Fortrade Cyprus Ltd, la branche chypriote du groupe. Cette société est autorisée par la commission chypriote des valeurs mobilières, qui est l’autorité de contrôle compétente. Cela signifie que l’autorité qui surveille votre contrat n’est pas la Financial Conduct Authority britannique, même si c’est l’entité britannique qui est souvent présentée en premier sur la vitrine. En cas de litige, la procédure de réclamation applicable est celle prévue par la réglementation chypriote et par les mécanismes européens de protection des investisseurs, et non ceux du Royaume-Uni. Cette distinction a une incidence concrète sur les recours disponibles et sur le fonds de garantie éventuellement mobilisable.
La première priorité est de rassembler toutes les pièces disponibles avant qu’elles ne deviennent inaccessibles : relevés de compte, preuves de virement, courriels et messages reçus de l’intermédiaire, contrat d’ouverture de compte et conditions générales. Il faut ensuite identifier précisément sous quel nom juridique le compte a été ouvert, car c’est cette entité, et non le groupe dans son ensemble, qui est votre cocontractant. Une réclamation écrite adressée à cet intermédiaire constitue le point de départ obligatoire de toute procédure formelle. Si des paiements ont été effectués par carte bancaire, une réclamation peut être présentée à l’établissement émetteur, dans les délais applicables. Selon la nature des manquements allégués et le montant en jeu, une plainte pénale ou une saisine de l’autorité de tutelle de l’entité chypriote peuvent également être pertinentes, mais elles supposent un dossier documentaire solide constitué en amont.
La situation type est celle d’un particulier résidant en France qui a ouvert un compte de négoce à effet de levier sur fortrade.com, a vu son solde diminuer, puis a découvert que l’autorité chargée de surveiller son contrat était la commission chypriote des valeurs mobilières, et non l’autorité britannique qu’il associait à l’enseigne. Cette situation, documentée par les informations que la vitrine affiche elle-même, est celle que BrokerDefense rencontre régulièrement dans les dossiers qui lui sont soumis. Chaque dossier reçu fait l’objet d’une instruction individualisée, au terme de laquelle une direction adaptée à la situation précise du demandeur est proposée.
Article réécrit le 29/09/2026


