L’arnaque de la fausse récupération crypto, fléau du web

Vous avez perdu des cryptomonnaies sur une plateforme frauduleuse. Quelques semaines plus tard, un message arrive : un « expert blockchain » affirme avoir retrouvé la trace de vos fonds et propose de les récupérer. C’est presque toujours la même équipe, ou une équipe qui a racheté votre nom sur une liste. L’arnaque de la fausse récupération crypto est une seconde vague, calibrée pour frapper des victimes déjà fragilisées, et elle fonctionne précisément parce qu’elle arrive au moment où l’on veut y croire.

Cette page décrit les mécaniques précises de la fausse récupération crypto, les signaux qui permettent de l’identifier avant de payer, et ce qu’un travail de traçage crypto légitime peut réellement produire. Elle complète notre dossier de fond sur l’arnaque à la récupération de fonds, qui couvre le phénomène dans son ensemble, y compris ses formes bancaires.

Qu’est-ce que la fausse récupération crypto ?

La fausse récupération crypto désigne une escroquerie ciblant les victimes d’une première fraude aux actifs numériques. Un tiers se présente comme capable de retrouver et de restituer les cryptomonnaies perdues, contre une avance de frais ou un accès au portefeuille. En réalité, aucune récupération n’a lieu. Le seul objectif est d’obtenir un second paiement, ou de vider ce qui reste du portefeuille.

Elle se distingue toutefois de l’arnaque à la restitution de fonds classique, qui vise les victimes de fraudes bancaires ou de faux placements en euros. Le scénario relationnel est identique : un sauveur non sollicité, une avance de frais, une disparition… Mais les leviers techniques diffèrent radicalement car en crypto, l’escroc dispose d’arguments que le monde bancaire ne lui offre pas.

Concrètement, trois caractéristiques des actifs numériques rendent le terrain particulièrement favorable :

  • L’irréversibilité des transactions. Une transaction confirmée sur une blockchain ne s’annule pas. Aucun opérateur ne dispose d’un bouton d’annulation. L’escroc exploite l’inverse de cette réalité : il prétend détenir un moyen technique de revenir en arrière, ce qui n’existe pas.
  • Le pseudonymat. Les adresses sont publiques mais ne portent pas de nom. La victime constate que ses fonds ont bougé, voit les adresses de destination, et ne peut rien en faire seule. Ce vide entre la visibilité et l’exploitabilité est exactement l’espace que le faux expert prétend combler.
  • L’asymétrie technique. Peu de victimes savent lire un explorateur de blocs, distinguer un contrat d’une adresse, ou évaluer ce qu’une signature autorise réellement. Un vocabulaire technique approximatif suffit à produire une impression de compétence.

Comment ils vous retrouvent

Le contact n’a rien d’un hasard. Les victimes de fraude figurent sur des fichiers qui circulent et se revendent : parfois constitués par les auteurs de la première escroquerie eux-mêmes, qui connaissent déjà le montant perdu, le niveau de crédulité et le degré de désespoir de chaque nom. C’est le fichier le plus qualifié qui soit pour ce type d’approche.

Par ailleurs, d’autres canaux alimentent le ciblage : les commentaires publics laissés sur les forums et les sites d’information. Les victimes y racontent leur histoire en donnant des détails exploitables. Egalement, les groupes Telegram et Discord de discussion sur les arnaques, où les faux experts se positionnent en observateurs bienveillants avant d’écrire en privé. Les avis déposés sur les plateformes de notation. Toute trace publique de votre situation est une porte d’entrée.

La conséquence pratique est donc simple : un contact non sollicité, quel qu’en soit le canal, ne doit jamais être traité comme une coïncidence heureuse.

Les six mécaniques de la fausse récupération crypto

Les scénarios se recombinent, mais ils reposent sur un nombre limité de mécaniques. Les reconnaître isolément permet de les identifier même lorsqu’elles sont assemblées différemment.

1. Les faux experts blockchain

Le personnage est construit avec soin : profil LinkedIn dense, photo professionnelle, mentions d’anciens postes chez des acteurs connus du secteur, certifications aux intitulés plausibles, publications sur le traçage on-chain. L’ensemble tient à la lecture rapide, mais s’effondre à la vérification.

Signal d’alerte : le profil ne survit pas au recoupement. Les anciens employeurs mentionnés n’ont aucune trace de la personne, les certifications n’existent pas sous ce nom, la photo apparaît ailleurs sur le web avec une autre identité, et le compte a été créé récemment malgré quinze ans d’expérience annoncée. Un expert réel exerce sous une entité juridique identifiable, pas sous un profil personnel isolé : vous devez pouvoir remonter à une société, des dirigeants nommés et une adresse réelle.

2. L’arnaque aux frais de gas

C’est la mécanique la plus répandue, parce qu’elle s’appuie sur une réalité technique authentique. Les frais de gas existent : toute transaction sur une blockchain comme Ethereum a un coût. L’escroc détourne ce fait pour le transformer en péage.

Le récit est toujours le même. Vos fonds ont été localisés, ils sont prêts à être renvoyés, il ne manque qu’une chose : les frais de réseau nécessaires au déblocage du transfert. Le montant est modeste au regard de la somme espérée. Mais une fois payé, un obstacle apparaît : congestion du réseau, frais supérieurs à l’estimation, seconde transaction requise, taxe de conversion. Chaque paiement en appelle un autre. La logique est celle du coût irrécupérable : plus vous avez versé, plus il devient difficile d’accepter que tout était faux.

Signal d’alerte : une restitution réelle ne se finance jamais par la victime en amont. Si des fonds vous appartenant devaient effectivement vous être renvoyés, les frais de réseau seraient prélevés sur ces fonds par celui qui les détient. Toute demande de paiement préalable pour « débloquer » un transfert est une escroquerie, sans exception.

3. Les faux smart contracts de restitution

Variante plus technique, et la plus coûteuse. On vous invite à connecter votre portefeuille à une plateforme de « restitution » et à signer une transaction présentée comme une simple vérification de propriété, une inscription, ou l’activation du remboursement.

En réalité, ce que vous signez est une approbation de dépense. Elle autorise un contrat tiers à déplacer vos jetons, souvent sans plafond et sans limite de durée. Le drainage peut être immédiat ou différé de plusieurs semaines, le temps que vous cessiez de faire le lien. Ici, la victime ne se fait pas seulement extorquer des frais : elle perd ce qui restait dans son portefeuille.

Signal d’alerte : aucune procédure de récupération légitime n’exige la connexion de votre portefeuille ni la signature d’une transaction. Une analyse de traçage travaille sur des adresses et des hashs publics : des informations que vous transmettez, sans jamais accorder d’autorisation. Si une interface vous demande de signer quoi que ce soit pour « prouver que vous êtes le propriétaire », fermez-la.

4. Les faux logiciels de traçage

Pour justifier ses honoraires, l’escroc doit produire une preuve de travail. Il fabrique donc un décor : accès à un tableau de bord privé, graphes de flux animés, barres de progression, statuts qui évoluent de « analyse en cours » à « fonds localisés ». Certains poussent jusqu’à envoyer des captures d’écran présentées comme issues d’outils professionnels du secteur, ou des extraits d’explorateur de blocs recadrés.

Or, tout cela est une interface sans moteur. Les chiffres sont écrits en dur, les graphes sont décoratifs, le statut avance parce qu’un opérateur le fait avancer. Le dispositif n’a qu’une fonction : maintenir l’espoir assez longtemps pour justifier le paiement suivant. Un travail d’analyse réel suit au contraire un processus d’investigation documenté, dont le livrable est un rapport et non un tableau de bord.

Signal d’alerte : une donnée de traçage est vérifiable de façon indépendante. Un hash de transaction, une adresse, un numéro de bloc peuvent être recopiés dans un explorateur public et contrôlés par n’importe qui, gratuitement. Si l’information ne vous est montrée que dans une interface propriétaire, sous forme de capture, ou qu’elle ne résiste pas au contrôle sur un explorateur public, elle n’existe pas.

5. L’usurpation de sociétés de tracing légitimes

Plutôt que d’inventer une réputation, il est plus efficace d’emprunter celle d’un acteur établi. Le procédé consiste à cloner le site d’une société d’analyse réelle, à déposer un domaine très proche : extension différente, tiret ajouté, lettre substituée… et à reprendre l’identité visuelle, les mentions légales, parfois jusqu’aux noms des dirigeants. La victime qui vérifie l’existence de la société trouve des résultats rassurants : ils concernent l’entreprise réelle, pas son clone.

La même logique s’applique d’ailleurs aux cabinets d’avocats, aux experts judiciaires et aux prestataires d’investigation dont les noms sont détournés dans des courriers ou des rapports fabriqués.

Le cas de crypto-defense.com illustre le procédé jusqu’à la caricature : une marque « Legal Recovery France » drapeau tricolore à l’appui, une adresse réelle en Lettonie, des conditions générales rédigées en espagnol au nom de deux sociétés tierces, et aucun avocat identifiable. Ceux qui prétendent défendre les victimes de fausse récupération sont parfois eux-mêmes le second escroc. Nos constats d’arnaque documentent ces dispositifs site par site.

Signal d’alerte : ne suivez jamais le lien fourni dans le message. Recherchez la société de façon indépendante, comparez le nom de domaine caractère par caractère, vérifiez l’ancienneté du domaine, et surtout reprenez contact par les coordonnées publiées sur le site officiel que vous avez trouvé vous-même. Un appel à l’accueil de l’entreprise suffit à confirmer ou infirmer qu’un collaborateur vous a contacté.

6. Les faux agents de plateformes ou de régulateurs

Dernière mécanique, la plus intimidante : le contact se présente comme un agent du support d’une grande plateforme d’échange, ou comme le représentant d’une autorité (régulateur français, organisme de signalement étranger, service d’enquête). Le message annonce qu’un fonds d’indemnisation a été constitué, qu’une procédure collective a abouti, ou que votre dossier a été retenu. Il ne reste qu’une formalité administrative à régler.

Le site fca-regulation.fr en est un exemple documenté : un domaine en .fr évoquant le régulateur britannique, une page vitrine vide, et un interlocuteur annonçant par téléphone des cryptomonnaies bloquées sur un ancien compte et ce, jusqu’à demander la prise de contrôle à distance de l’ordinateur de la victime.

Signal d’alerte : aucune autorité publique ne réclame de paiement pour traiter un dossier, ne contacte spontanément une victime pour lui annoncer une indemnisation, ni ne demande un accès à un portefeuille. Le support d’une plateforme d’échange ne prend jamais l’initiative de vous écrire en privé pour vous restituer des fonds. En cas de doute, contactez l’organisme par son canal officiel, jamais par celui du message reçu, et vérifiez le nom de l’entité sur la liste noire de l’AMF.

Les signaux d’alerte de la fausse récupération crypto

Indépendamment du scénario, un petit nombre d’indicateurs suffit à écarter la quasi-totalité des tentatives de fausse récupération crypto. Un seul de ces éléments justifie de rompre le contact.

  • Un paiement demandé en amont. Frais de dossier, frais de gas, caution, taxe, honoraires d’ouverture : toute somme réclamée avant tout résultat est le cœur du dispositif.
  • Un règlement exigé en cryptomonnaies. Un prestataire régulier facture par virement, avec une facture conforme. Le paiement en crypto est choisi pour son irréversibilité et son opacité.
  • Un contact que vous n’avez pas sollicité. Message privé, appel, courriel ou intervention dans un fil de discussion : personne ne vous retrouve par bienveillance.
  • Une promesse de résultat. « Récupération garantie », « fonds déjà localisés », « restitution sous 72 heures ». Aucun professionnel sérieux ne garantit une issue qui dépend d’exchanges, de juridictions et de décisions de justice.
  • Une pression temporelle. Fenêtre qui se referme, dernier créneau, fonds sur le point d’être transférés : l’urgence sert à empêcher la vérification.
  • Un refus de contrat écrit. Pas de devis, pas de mission définie, pas de conditions. L’escroc ne signe rien qui pourrait l’engager.
  • Une identité juridique invérifiable. Ni numéro d’identification d’entreprise, ni adresse réelle, ni mentions légales cohérentes. Une société existante se contrôle en quelques minutes sur l’annuaire des entreprises.
  • Une demande d’accès à votre portefeuille. Phrase de récupération, clé privée, connexion du portefeuille, signature d’une transaction : aucune analyse légitime n’en a besoin.

Ce qu’un expert récupération crypto fiable fait réellement

Le traçage de cryptomonnaies est une discipline réelle, exercée par des professionnels identifiables. Comprendre ce qu’elle produit est la meilleure protection contre la fausse récupération crypto.

Ce qui est techniquement possible

À partir des adresses et des hashs de transaction que vous fournissez, une analyse on-chain permet de reconstituer le cheminement des fonds après leur sortie de votre portefeuille : suivre les transferts successifs, identifier les techniques d’obscurcissement employées, distinguer les adresses de passage des points de concentration.

Cette méthodologie d’analyse va jusqu’au démixage des flux lorsque c’est nécessaire. L’objectif utile est l’identification des points de sortie : les plateformes d’échange soumises à des obligations d’identification de leurs clients (KYC) et de lutte anti-blanchiment (AML). En France, ces prestataires doivent depuis le 1er juillet 2026 être agréés PSCA au titre du règlement européen MiCA, et figurent à la liste blanche de l’AMF, où les fonds ont été convertis ou retirés. Ces plateformes détiennent une information nominative. Elles ne la communiquent pas à un particulier, ni à un prestataire privé : elles la communiquent sur réquisition judiciaire.

Le livrable est donc un rapport documenté, opposable, exploitable par un avocat et par les autorités : chronologie des flux, adresses concernées, points de sortie identifiés, méthodologie explicitée. C’est une pièce de procédure, pas une restitution.

Ce qui n’est pas possible

Il faut l’énoncer sans détour, parce que c’est précisément sur ces trois impossibilités que reposent toutes les fausses promesses :

  • Annuler une transaction. Une transaction confirmée est définitive. Aucun outil, aucun accès privilégié, aucun expert ne peut revenir dessus.
  • « Débloquer » un portefeuille ou des fonds. Il n’existe aucun mécanisme de déblocage. Les fonds sont dans un portefeuille contrôlé par un tiers, ou déjà convertis. Le seul chemin est juridique.
  • Récupérer sans procédure. Le traçage identifie. Il ne restitue pas. La restitution passe par une plainte, une réquisition, une décision. Personne ne court-circuite cette chaîne.

Les marqueurs de légitimité

Quatre critères, tous vérifiables avant tout engagement :

  • Une société identifiable. Une entité juridique réelle, immatriculée, dont l’existence, l’ancienneté et les dirigeants se contrôlent sur les registres publics. Broker Defense France SAS est ainsi consultable sur Infogreffe.
  • Un contrat écrit. Une mission délimitée, un livrable décrit, des honoraires fixés à l’avance, des conditions consultables avant signature.
  • Aucun paiement en crypto. Facturation régulière, moyens de paiement traçables, facture conforme.
  • Aucune promesse de résultat. Un professionnel honnête vous expliquera ce que l’analyse peut établir et dans quelles conditions une restitution reste envisageable — sans jamais la garantir.

Broker Defense accompagne depuis 2014 les victimes de fraude financière et dispose en interne d’une expertise dédiée au traçage de cryptomonnaies. Notre travail consiste à reconstituer les flux et à produire un rapport exploitable en justice, en articulation avec les avocats partenaires qui portent la procédure. Nos tarifs sont publics et forfaitaires, fixés par tranche de litige. Nous ne promettons pas de restitution, parce que personne ne peut honnêtement le faire. Nos dossiers aboutis décrivent ce qui a réellement pu être obtenu, et à quelles conditions.

Que faire si vous êtes victime d’une fausse récupération crypto

Si vous avez déjà payé ou signé, l’ordre des actions compte.

Les trois urgences

  1. Coupez le contact immédiatement. Ne négociez pas, ne réclamez pas votre argent, n’annoncez pas que vous avez compris. Toute réponse confirme que la ligne est active et alimente le scénario suivant — y compris celui du « nouvel enquêteur » qui vous contactera pour récupérer les fonds de la seconde arnaque.
  2. Révoquez les approbations de smart contract. Si vous avez connecté votre portefeuille ou signé une transaction, l’autorisation reste active tant qu’elle n’est pas révoquée, même si rien ne s’est encore produit. Utilisez un outil de révocation reconnu, en y accédant par vos propres recherches et non par un lien qu’on vous a transmis. En cas de doute sérieux sur l’exposition de vos clés, transférez le solde restant vers un portefeuille neuf.
  3. Conservez toutes les preuves. Hashs de transaction, adresses d’envoi et de réception, historique complet des échanges, captures d’écran des interfaces et des profils, noms de domaine, coordonnées bancaires ou adresses de portefeuille communiquées, factures. Les sites disparaissent en quelques jours : capturez tout maintenant, en horodatant. Un constat internet établi dans les règles donne à ces captures une valeur probante devant un juge.

Ensuite : plainte et signalement

  1. Déposez plainte. C’est l’étape qui conditionne tout le reste : sans procédure, aucune réquisition, donc aucune levée du pseudonymat sur les points de sortie. Notre guide détaille la marche à suivre : porter plainte au pénal.
  2. Signalez. Signalez le site et les comptes utilisés sur PHAROS, le portail officiel de signalement des contenus illicites, et consultez les ressources de Cybermalveillance.gouv.fr. Cela ne restitue pas vos fonds, mais alimente les recoupements entre dossiers.

Enfin, une fois les preuves réunies, une analyse des flux permet d’établir ce qui est réellement advenu de vos fonds et où ils sont sortis. Demandez une étude gratuite de votre situation : nous vous dirons ce que le traçage peut établir dans votre cas, et ce qu’il ne pourra pas. Le détail de la prestation est décrit sur notre page étude et traçage crypto Crypto&Check.

FAQ sur la fausse récupération crypto

Peut-on vraiment récupérer des cryptomonnaies volées ?

C’est possible, mais ni automatique ni rapide. La récupération suppose que les fonds aient été convertis ou retirés sur une plateforme d’échange soumise à des obligations d’identification, que la piste ait été documentée dans un rapport exploitable, et qu’une procédure judiciaire permette d’obtenir l’identité du titulaire du compte puis le gel des avoirs. Chacun de ces maillons peut manquer. Quiconque annonce une récupération garantie ment.

Un expert peut-il annuler une transaction blockchain ?

Non. Une transaction confirmée est irréversible par construction : aucun opérateur, aucun outil et aucun expert ne dispose d’un pouvoir d’annulation. Toute personne qui l’affirme cherche à vous escroquer. La seule voie ouverte est de tracer les fonds jusqu’à un point de sortie identifiable, puis d’agir par la voie judiciaire.

Pourquoi me demande-t-on des frais de gas pour débloquer mes fonds ?

Parce que c’est une arnaque. Les frais de gas existent bel et bien, mais ils sont payés par l’émetteur d’une transaction, prélevés sur les fonds transférés. Si quelqu’un détenait réellement vos cryptomonnaies et voulait vous les renvoyer, les frais seraient couverts par le transfert lui-même. Une demande de paiement préalable pour « débloquer » un envoi n’a aucune réalité technique.

Comment vérifier qu’une société de traçage crypto est légitime ?

Contrôlez son immatriculation sur l’annuaire des entreprises, comparez le nom de domaine caractère par caractère avec celui du site officiel trouvé par vos propres recherches, vérifiez l’ancienneté du domaine, et reprenez contact par les coordonnées publiées sur ce site plutôt que par le lien reçu. Exigez un contrat écrit avec une mission définie. Refusez tout prestataire réclamant un paiement en cryptomonnaies ou promettant un résultat.

Combien coûte une véritable analyse de traçage crypto ?

Le tarif dépend du volume de transactions, du nombre de blockchains concernées et des techniques d’obscurcissement rencontrées. Il est fixé à l’avance, formalisé dans un contrat et facturé régulièrement : chez Broker Defense, les forfaits sont publiés par tranche de litige. Ce qui doit alerter n’est pas le montant, mais sa structure : des honoraires proportionnels aux sommes espérées, des frais qui se multiplient en cours de mission ou un paiement exigé en crypto sont les marqueurs d’une escroquerie.

Faut-il porter plainte avant de faire tracer ses fonds ?

Les deux démarches se complètent et peuvent être menées en parallèle. La plainte est indispensable : elle seule ouvre la voie aux réquisitions permettant d’obtenir l’identité derrière une adresse. Le rapport de traçage renforce le dossier en donnant aux enquêteurs une piste documentée plutôt qu’une liste d’adresses brute. Dans tous les cas, ne différez pas la plainte en attendant une analyse : notre guide porter plainte pour arnaque détaille la procédure.


Pour aller plus loin

La fausse récupération crypto est une déclinaison d’un phénomène plus large, qui touche aussi les victimes de fraudes bancaires et de faux placements. Notre dossier de référence en expose les mécanismes d’ensemble, les profils d’escrocs et les recours disponibles : comprendre l’arnaque à la récupération de fonds. Nos alertes sur les dispositifs identifiés sont regroupées dans la rubrique arnaques à la récupération de fonds.

14 Comments

  1. Balon dit :

    Bonjour ai eu le CFA au tel (Alex Neygor qui a négocié pour moi avec le Blockchain pour finaliser une transaction avec atinvesting 212 (Mike Enoki) qu’en est-il,merci pour votre réponse.je possède soi-disant 200000 dollars sur atomic wallet que je dois transférer pour récupérer les fonds!!!

  2. P F dit :

    Bonjour,
    J’ai été arnaqué en 2025 par ARTIKA LIMITED à hauteur de 12 000 euros.
    Cette soi-disante société aurait disparue et j’ai été contactée il y a quelques jours par une BLOCKCHAIN (dont je vous joins les coordonnées) qui me dit pouvoir récupérer mes gains
    (8 226 €) en contrepartie d’un affranchissement de taxe Européenne à hauteur de 2 582.96 €.
    Voici leurs coordonnées :

    BLOCKCHAIN – 78600 – Mme Geraldine Juste
    3 Place du Marechal Juin Bat C
    78600 MAISON LAFFITTE
    07.43.13.02.60
    [email protected]
    Siret : 51934190300010

    Qu’en pensez-vous ?
    Je vous remercie pour votre aide .
    Bien cordialement.

    0

  3. Marie dit :

    Bonjour,
    faut-il signaler ces tentatives à la DGCCRF ?

  4. MICHEL Sylvie dit :

    Bonjour,

    J’ai plusieurs « comptes » qui ont été bloqués sur la Blockchain ? Comment faut-il que je m’y prenne pour récupérer mon argent ? Il y a-t-il des spécialistes en cryptomonnaies pour ce faire ? Dois-je plutôt contacter un avocat ? Même si je peux prouver que ces comptes sont bien à moi, doit-il y avoir une décision de justice pour récupérer leur contenu ?

    Merci par avance pour votre réponse.

    • Marc Bouzy dit :

      il n’est pas possible techniquement d’avoir un compte bloqué sur la blockchain. C’est un discours que reprennent des réseaux d’escroquerie, pour justifier le paiement de taxes et autres prétextes qui ne donnent jamais lieu à un remboursement.
      Il est possible d’effectuer des analyses pour tracer les fonds et nous le faisons quotidiennement, ce qui permet d’alimenter des procédures et des demandes par des avocats.

  5. BOURGUIGNON Monique dit :

    Bonjour, j’ai été contactée par un conseiller (Jeffrey Mickaël RENAUD, travaillant pour FINRA Brokers Chek) afin de récupérer des investissements en crypto monnaie en 2023 avec une plateforme frauduleuse Ip-t trade. Cette personne m’a montré, sur le site k-fin.cc, un tableau à mon nom , avec des algorithmes , ayant un solde de 89.455 €. Pour récupérer cette somme je dois faire un plafonnement (montrer des liquidités) sur un compte Coinbase à mon nom. Ce plafonnement serait de 5.000€ pour récupérer les 89.455 en 18 fois , soit 18 x 5.000 €. Qu’en pensez-vous ? J’habite en Belgique

    • Marc Bouzy dit :

      Bonjour Monique,

      Merci d’avoir partagé cette situation avec autant de détails — ils nous permettent de vous répondre très précisément.

      Ce que vous décrivez est une arnaque à la fausse récupération particulièrement sophistiquée. Voici ce qui se passe réellement :

      — Jeffrey Mickael Renaud est un vrai courtier américain enregistré auprès de la FINRA. Mais la personne qui vous a contactée n’est pas lui. Les escrocs ont utilisé son identité et sa fiche officielle (brokercheck.finra.org) pour vous convaincre de leur légitimité — une technique d’usurpation d’identité de professionnel réglementé, de plus en plus répandue.

      — Le site k-fin.cc est un faux webtrader, conçu spécifiquement pour cette arnaque. Le compte ouvert à votre nom, affichant 89 455 € — soit exactement le montant que vous avez perdu lors de votre escroquerie initiale sur Ip-t trade, majoré de gains fictifs — a été créé de toutes pièces pour vous faire croire que vos fonds sont récupérables. Cette somme n’existe nulle part.

      — La demande de « plafonnement » sur un compte Coinbase à votre nom est le mécanisme de déclenchement du paiement. Les 5 000 € demandés ne sont que le premier versement. Une fois payés, un nouveau prétexte apparaîtra pour en exiger d’autres. Les 89 455 € ne vous seront jamais remis.

      Tout dans ce dispositif est conçu pour vous rassurer à chaque étape : un vrai nom, un vrai outil de vérification, un montant que vous reconnaissez, une plateforme connue. C’est précisément ce niveau de sophistication qui le rend dangereux.

      Ne versez aucune somme. Cessez tout contact avec cette personne.

      En tant que résidente belge, signalez ces faits à la FSMA (fsma.be) et déposez une plainte auprès de la police fédérale belge via eCops (ecops.be).

      Ma collègue va prendre contact avec vous.

      Marc Bouzy
      Broker Defense
      https://www.brokerdefense.net/demande-dassistance/

  6. Onde dit :

    J’ai été contacté par la société Bit2trust.com, madame Sandrine Perrin, [email protected] pour récupérer des fonds. « Je fais suite à notre conversation téléphonique et souhaite vous apporter des éléments clairs et rassurants quant à l’avancement de votre dossier.

    À l’issue de l’analyse approfondie menée par nos services, des actifs numériques ont été identifiés comme étant rattachables à votre investissement initial.

    Sous réserve de la finalisation des contrôles réglementaires obligatoires, la restitution de vos fonds constitue l’issue attendue de la procédure en cours.

    Afin de sécuriser définitivement votre dossier et de permettre la clôture des vérifications internes, il est impératif de finaliser la phase de conformité et d’identification, conformément aux obligations légales en matière de lutte contre la fraude et le blanchiment de capitaux.

    À ce titre, je vous remercie de bien vouloir transmettre, les documents suivants, tels qu’évoqués lors de notre conversation téléphonique :

    une photo en couleurs lisible de votre pièce d’identité (recto-verso) en cours de validité,

    un selfie de vérification,

    un justificatif de domicile récent.

    Ces documents sont indispensables pour valider votre identité, sécuriser votre dossier et permettre la poursuite du processus jusqu’à son terme. Ils sont traités de manière strictement confidentielle et exclusivement dans le cadre des obligations réglementaires applicables.

    La FCA (Financial Conduct Authority) est l’autorité de régulation financière du Royaume-Uni. Elle supervise les institutions financières et veille au respect des règles relatives à la conformité, à la lutte contre le blanchiment de capitaux (AML) et au financement du terrorisme (CFT). Le document joint s’inscrit dans ce cadre réglementaire et participe à la procédure de vérification préalable au déblocage des fonds.

    Je joins votre document de la FCA.

    Conditions de POF (preuve de fonds)
    Si le montant à restituer dépasse 100 000 euros, une POF (preuve de fonds) de 10% sera être demandée dans le cadre des procédures de conformité.

    Il est important de préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’un paiement de frais.
    Nous ne facturons aucun frais liés à cette opération.

    Un POF, ou Proof of Funds (« preuve de fonds » en français), est un document officiel qui atteste de la disponibilité et de l’origine de fonds. Il est souvent utilisé dans le cadre de transactions financières, immobilières ou d’investissement.

    Dans le cadre des obligations légales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement d’activités illicites, notre service juridique et conformité procède actuellement aux vérifications nécessaires concernant votre dossier.

    Ces contrôles ont également pour objectif d’écarter toute situation pouvant être assimilée à une complicité ou à une opération non conforme aux réglementations financières en vigueur.

    Par ailleurs, afin de permettre le rapatriement et la libération des fonds, une procédure de connexion et de synchronisation des deux comptes concernés doit être finalisée. Cette étape est indispensable pour assurer la traçabilité, la sécurisation ainsi que la conformité de l’opération financière.

    Restitution des fonds :

    Une fois l’ensemble des vérifications finalisées et le dossier validé, les démarches nécessaires à la mise à disposition des fonds pourront être engagées sans délai (sous 48H).

    Nous sommes parfaitement conscients des inquiétudes légitimes que vous pouvez éprouver, compte tenu des nombreuses sollicitations frauduleuses dont sont victimes les personnes ayant subi des placements abusifs.

    Soyez assurée que notre accompagnement s’inscrit dans un cadre structuré, transparent et sécurisé, avec pour objectif la protection de vos intérêts.

    Je reste naturellement à votre entière disposition pour toute question complémentaire et vous remercie par avance de votre retour. »
    Est-ce une arnaque ?

    • Marc Bouzy dit :

      Bonjour,

      Oui, c’est une arnaque — et une arnaque à la fausse récupération particulièrement bien rédigée. Merci d’avoir partagé le message complet, il permet de décomposer précisément la technique utilisée.

      ● Le document FCA joint est une usurpation. La FCA (Financial Conduct Authority) est bien le régulateur financier britannique, mais elle ne délivre pas de documents individuels pour « débloquer » des fonds de victimes, et n’intervient jamais dans ce type de démarche privée.

      ● La demande de pièce d’identité, selfie et justificatif de domicile n’a rien à voir avec une procédure de conformité. Ces documents servent à usurper votre identité ou à être revendus, et peuvent être utilisés pour ouvrir des comptes à votre nom ou vous impliquer dans d’autres fraudes.

      ● La « synchronisation des comptes » et la « POF de 10% » sont des prétextes vides, destinés à préparer une future demande de versement — présentée comme « pas un frais » pour contourner votre méfiance.

      ● Le paragraphe qui évoque « les nombreuses sollicitations frauduleuses dont sont victimes les personnes ayant subi des placements abusifs » est une technique de retournement classique : l’escroc anticipe votre méfiance et s’en sert pour paraître plus crédible.

      Ne transmettez aucun document, ne répondez plus à ce message, et cessez tout contact avec Bit2trust et avec « Sandrine Perrin ».

      Si vous êtes vous-même victime d’une perte initiale ayant conduit à ce contact, n’hésitez pas à nous écrire pour que nous évaluions votre situation.

      Marc Bouzy
      Broker Defense
      https://www.brokerdefense.net/demande-dassistance/

  7. J ai déjà acheté mes billets d’avion j ai un gros problème je n ai plus d argent et je risque perdre mes billets le est prévu pour le 09/07/2026 .en voulant payer me visa ce matin le 20 /06/2026 à 5h et un autre 6h54 c est en ce moment là que j ai été victime

    • Marc Bouzy dit :

      Bonjour Colette,

      Votre situation semble urgente. Contactez votre banque dès maintenant pour faire le point sur vos transactions et vérifier si un blocage ou un rappel de paiement est encore possible.

      Ne versez plus aucune somme supplémentaire, quel que soit le prétexte invoqué (frais, visa, déblocage…).

      Ensuite, n’hésitez pas à nous écrire en détaillant précisément ce qui s’est passé : nous pourrons mieux vous orienter.

      https://www.brokerdefense.net/demande-dassistance/

      Marc Bouzy
      Broker Defense

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