Vous avez envoyé des fonds sur une plateforme de trading qui a disparu, ou transféré des cryptomonnaies vers un portefeuille contrôlé par des escrocs ? Contrairement à une idée reçue tenace, les transactions en cryptomonnaie ne sont pas anonymes : elles sont inscrites de façon permanente et publique dans la blockchain. Avec la bonne méthodologie et les bons outils, il est donc possible de tracer des cryptomonnaies volées, d’identifier leur destination et de constituer un dossier exploitable par la police, la justice ou vos avocats. Voici comment fonctionne une analyse de traçage crypto, étape par étape.
Sommaire
- Les cryptomonnaies sont-elles vraiment traçables ?
- Comment fonctionne une analyse de traçage crypto ? La méthodologie Crypto&Check
- Démixage (demixing) : peut-on tracer des cryptos passées par un mixer ?
- Que contient un rapport de traçage recevable ?
- Attention aux faux services de traçage et de récupération
- Comment demander une étude de traçage ?
- Foire Aux Questions
Les cryptomonnaies sont-elles vraiment traçables ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Bitcoin, Ethereum et les principales cryptomonnaies reposent sur des blockchains publiques : chaque transaction y est horodatée, consultable par tous et impossible à effacer. Ce que la blockchain ne dit pas directement, c’est qui se cache derrière une adresse. Tout l’enjeu du traçage consiste donc à suivre le cheminement des fonds jusqu’à un point d’identification : le plus souvent, une plateforme d’échange soumise à des obligations réglementaires.
Car quel que soit le pays, les prestataires sérieux appliquent les principes de KYC (Know Your Customer, la connaissance du client) et d’AML (Anti-Money Laundering, la lutte anti-blanchiment). En Europe, le règlement MiCA encadre désormais les PSCA (prestataires de services sur crypto-actifs), agréés et recensés par les régulateurs. Lorsque des fonds volés atterrissent chez un prestataire régulé, celui-ci connaît l’identité du titulaire du compte : c’est ce qui rend une action pénale ou civile possible. Vous pouvez consulter les listes noires et mises en garde de l’AMF pour vérifier la réputation d’une plateforme.
Comment fonctionne une analyse de traçage crypto ? La méthodologie Crypto&Check
Chez Broker Defense, le traçage est réalisé par nos spécialistes blockchain selon la méthodologie Crypto&Check, développée en interne et présentée en détail sur notre page de service d’étude de traçage crypto. Elle se déroule en trois étapes.
Étape 1 : l’analyse préliminaire du dossier
Un premier échange, le plus souvent téléphonique, permet de qualifier votre situation à partir de vos premiers documents. Cette étape est un filtre indispensable. Dans certains cas, ce qui ressemble à une arnaque crypto relève en réalité d’une vente fictive de cryptomonnaie : aucun crypto-actif n’a jamais circulé. Un traçage blockchain n’est alors ni possible ni utile. Il faut orienter les actions vers des recours plus classiques, notamment bancaires. Cette qualification honnête vous évite de payer une étude qui ne servirait à rien.
Étape 2 : la reconstitution des transactions
Vient ensuite un travail minutieux : identifier et vérifier toutes les opérations de paiement. Date, heure, numéro de référence (hash), adresses de départ et de destination. C’est la matière première de l’analyse. D’où l’importance de conserver tous vos historiques et justificatifs.
Étape 3 : l’analyse on-chain avec des outils professionnels
Sur cette base, nos spécialistes utilisent des logiciels de traçage professionnels. Des explorateurs de blockchain gratuits existent sur internet. Mais ils ne fournissent que des données brutes, transaction par transaction. Des recherches simples prennent alors des heures, voire des jours. Et le néophyte s’expose à des erreurs d’interprétation. Or un contresens dans l’analyse signifie se tromper de cible, avec des conséquences fâcheuses pour la suite. Les outils professionnels, eux, visualisent les flux dans leur ensemble. Ils repèrent les regroupements d’adresses. Surtout, ils permettent de déterminer une cible juridiquement pertinente : personne physique, personne morale ou plateforme d’échange.
Démixage (demixing) : peut-on tracer des cryptos passées par un mixer ?
Pour brouiller les pistes, les escrocs recourent fréquemment à des mixers (ou tumblers) : des services qui mélangent les fonds de nombreux utilisateurs avant de les redistribuer, afin de casser le lien entre l’adresse d’origine et l’adresse de destination. Tornado Cash en est l’exemple le plus connu.
Le passage par un mixer complique le traçage, mais ne le rend pas impossible. Les techniques de démixage (demixing) s’appuient sur l’analyse des montants, des horodatages, des schémas de transaction et des regroupements d’adresses pour reconstituer, avec un degré de probabilité documenté, le cheminement des fonds à travers le mixer. C’est un travail d’expert, long et méthodique et c’est précisément l’une des capacités de nos outils d’analyse. Deux points doivent cependant être posés honnêtement : le démixage n’aboutit pas dans 100 % des cas, et son résultat s’exprime en probabilités étayées, que le rapport d’analyse documente de manière transparente pour être exploitable en justice.
Que contient un rapport de traçage recevable ?
L’objectif final du traçage n’est pas la performance technique. C’est de produire un document exploitable dans une procédure. Le rapport d’analyse Crypto&Check synthétise le cheminement des fonds de manière claire et sourcée. Il comporte aussi des éléments d’information générale. Un non-initié peut ainsi comprendre le contenu de l’investigation. Ce rapport sert trois usages :
- Corroborer une plainte pénale : le rapport apporte un maximum d’éléments matériels aux enquêteurs.
- Fonder un recours civil : quand la plateforme de destination des fonds est identifiée, elle devient une cible actionnable.
- Documenter l’origine de fonds crypto : utile aussi hors litige, pour une justification bancaire ou une succession.
Attention aux faux services de traçage et de récupération
Le traçage crypto est malheureusement devenu lui-même un terrain d’escroquerie. De faux « experts blockchain » contactent les victimes en promettant de retrouver et restituer leurs fonds, moyennant des « frais de validation », de prétendus frais de gas ou l’usage d’un pseudo-logiciel de récupération. Aucun logiciel ne « récupère » des cryptomonnaies : un traçage produit de l’information et des preuves, jamais une restitution automatique. Nous avons consacré une enquête complète à l’arnaque de la fausse récupération crypto, déclinaison du phénomène plus large de l’arnaque à la récupération de fonds. En cas de doute, signalez les faits sur PHAROS et consultez Cybermalveillance.gouv.fr.
Comment demander une étude de traçage ?
Nos études Crypto&Check sont proposées en forfaits selon le montant du litige : litige inférieur à 30 000 € (500 € TTC), litige entre 30 000 et 100 000 € (950 € TTC), litige supérieur à 100 000 € (1 800 € TTC). Pour toute situation particulière, demandez une première analyse gratuite : notre équipe qualifie votre dossier avant tout engagement.
Retrouvez également nos enquêtes sur les arnaques à la cryptomonnaie et notre bibliothèque de constats d’arnaque.
Foire Aux Questions
Non. Le traçage est réalisable sur les cryptomonnaies les plus répandues (Bitcoin, Ethereum et les principaux actifs), qui représentent l’écrasante majorité des arnaques. Pour les actifs plus confidentiels ou orientés anonymat, une vérification de faisabilité est effectuée avant tout engagement.
Non, il est pseudonyme : toutes les transactions sont publiques et permanentes, seule l’identité derrière les adresses n’est pas directement visible. C’est le traçage jusqu’à un prestataire régulé (PSCA), soumis aux obligations KYC, qui permet de lever ce pseudonymat dans un cadre légal.
Entre une semaine et deux semaines en général, selon la complexité des mouvements dans la blockchain, notamment lorsque les fonds sont passés par des mixers et qu’un travail de démixage est nécessaire.
Non, et méfiez-vous de quiconque vous le promet. Le traçage produit des preuves et identifie une cible juridiquement pertinente ; la récupération dépend ensuite des procédures pénales ou civiles engagées. Toute promesse de restitution garantie est le signe d’une fausse récupération crypto.
Non. Aucun logiciel ne restitue des cryptomonnaies volées. Ce discours, souvent accompagné de « frais de validation » ou de prétendus frais de gas, est la signature des arnaques à la fausse récupération. Ne payez rien et faites vérifier l’interlocuteur.
L’étude est réalisable à distance à partir de vos historiques de transactions et des adresses concernées, et le rapport peut être produit dans d’autres langues, notamment en anglais.



4 Comments
Bonjour, on ne prête qu’au riches. Une personne ayant très peu d’argent, décide d’épargner sur 6 mois 500€, dans le but d’augmenter ses revenus en misant sur un rapport très intéressant en cryptomonnaie. Pour récupérer ses 500€, il devrait recevoir, après 112jours, 1200€. Mais il ne peut pas retirer ses bénéfices. Il fait appel à vous. Pour récupérer son investissement il devra vous payer 500€. Voyez le « couac «
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