Sommaire
- La liste des mises en garde portait cette adresse dès le 23 novembre 2020
- La vitrine avertissait des risques sans jamais dire qui la tenait
- Une même séquence d’inscriptions, déjà documentée par nos dossiers
- Des certificats renouvelés jusqu’en décembre 2023, plus rien ensuite
- Retracer les versements quand l’interlocuteur a disparu
- Interroger l’établissement qui a accueilli le virement
- Ce qu’un dossier de 2020 permet encore d’ouvrir
La liste des mises en garde portait cette adresse dès le 23 novembre 2020
Deux jours avant que notre article du 25 novembre 2020 ne paraisse, l’Autorité des marchés financiers avait déjà ajouté mycoinology.com à sa liste d’avertissements, sous la qualification « Forex ». Ce n’est donc pas notre enquête qui a attiré l’attention sur ce nom : la ligne existait déjà, datée du 23 novembre 2020, et elle figurait toujours au relevé que nous avons consulté le 23 septembre 2026, inchangée dans son libellé.
La même séquence chronologique porte, à quelques jours d’intervalle, d’autres inscriptions sous la même qualification : b2trades.com et any-trades.com au 13 novembre 2020, puis www.rush-fx.com le 1er décembre suivant. Rien, dans les documents que nous avons consultés, n’établit que ces noms relèvent d’un exploitant commun.
Le répertoire complet est accessible depuis les mises en garde recensées par l’Autorité des marchés financiers.
Dernière mise à jour : 23/09/2026
La vitrine avertissait des risques sans jamais dire qui la tenait
L’un des éléments les plus frappants que retenait notre dossier d’origine était la présence, sur la vitrine elle-même, d’une mise en garde sur les risques du trading. Afficher un tel avertissement donnait à la plateforme un vernis de sérieux, comme si ses concepteurs avaient voulu imiter la forme des sites régulés. Dans le même temps, aucune information ne permettait d’identifier qui se trouvait derrière.
La plateforme revendiquait une firme anglaise sans avancer la moindre adresse. Elle affichait un numéro de téléphone à indicatif britannique, le +44, mais l’analyse de son serveur montrait un hébergement sans titulaire identifiable. Ce décalage entre l’apparence d’une structure installée au Royaume-Uni et l’opacité totale sur son exploitant constituait l’un des signaux les plus nets relevés à l’époque.
Notre dossier d’origine rapportait en outre que le régulateur britannique avait lui-même émis une mise en garde à l’encontre de ce nom. Quant au registre britannique des sociétés, nos vérifications du 23 septembre 2026 n’y ont trouvé aucune société liée à ce nom : ce constat vaut au relevé de cette date et ne préjuge pas d’éventuels enregistrements antérieurs que nous n’aurions pas consultés.
L’ensemble de ces éléments dessinait une vitrine conçue pour rassurer sans livrer la moindre prise réelle : pas de siège vérifiable, pas de dirigeant nommé, pas de numéro d’agrément cité, et un hébergement qui ne menait à aucun titulaire.
Une même séquence d’inscriptions, déjà documentée par nos dossiers
La fin de l’année 2020 a produit une série d’inscriptions rapprochées dans ce même répertoire. Mycoinology.com s’inscrit dans cette séquence sans qu’aucun lien d’exploitation commune entre les noms concernés ne soit établi par les documents que nous avons examinés.
Notre dossier consacré à rush-fx.com documente une plateforme de trading dont le nom figurait lui aussi sur deux listes officielles avant notre enquête et qui s’inscrit dans cette même séquence d’inscriptions de la fin 2020.
Un second dossier traite de onze noms de 2020 que le répertoire des mises en garde portait encore en 2026, mycoinology.com compris.
Ce que ces inscriptions partagent se limite à leur voisinage de dates et à leur libellé commun. Aucune attribution d’exploitant commun n’est établie, et nos recherches n’ont pas permis de relier ces noms à une même structure identifiable.
Des certificats renouvelés jusqu’en décembre 2023, plus rien ensuite
Interrogé le 23 septembre 2026, l’annuaire des noms en .com ne rend plus rien au nom de mycoinology.com. La consultation que nous avons faite a répondu qu’aucune correspondance n’existait, et la seconde source d’enregistrement sollicitée le même jour n’a pas été plus bavarde. Ce silence ne vient pas de nos outils : appelé ce jour-là pour un autre nom de la même extension, le même service a répondu sans difficulté. Le nom, comme sa variante préfixée, ne renvoie aucune adresse, aucun serveur de noms et aucun enregistrement de messagerie.
Les relevés de certificats conservés retracent une présence technique réelle, puis un arrêt net. Un premier certificat est conservé au 25 septembre 2020, émis sous Cloudflare. Une série d’émissions sous Let’s Encrypt couvre ensuite la période du 27 janvier 2022 au 8 décembre 2023, par renouvellements réguliers : 27 janvier 2022, 29 mars 2022, 30 juillet 2022, 12 décembre 2022, 13 mars 2023, 11 juin 2023, 9 septembre 2023 et 8 décembre 2023. Aucune émission n’est conservée au-delà de cette dernière date.
Les copies publiques disponibles complètent ce tableau. La plus ancienne porte la date du 24 novembre 2020, la veille de notre article. Des relevés de mai et juin 2021 montrent encore une page servie. Celui du 16 décembre 2021 renvoie une page d’erreur. Les trois relevés du 15 août 2022 montrent une page qui propose le nom à l’achat par un intermédiaire de revente de noms de domaine. Le relevé le plus récent est daté du 2 décembre 2023 et ne représente plus qu’un kilo-octet.
Ces constats établissent que le nom n’est plus actif et qu’aucune infrastructure ne lui est associée à la date de nos vérifications. Ils n’établissent pas les circonstances dans lesquelles cette situation s’est produite, ni si d’autres noms ont pu prendre le relais de cette activité.
Pour retrouver l’historique d’enregistrement de ce nom, il reste la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Retracer les versements quand l’interlocuteur a disparu
Que ce nom ne figure plus dans l’annuaire et que la plateforme ne soit plus joignable ne supprime pas les démarches encore possibles pour ceux qui ont viré de l’argent. Les extraits bancaires retraçant les mouvements forment le premier socle d’un dossier : ils permettent d’identifier les références des virements, les dates et les montants exacts transmis à la contrepartie.
Les confirmations remises par la banque du payeur au moment des opérations complètent ces extraits. Les échanges gardés avec l’interlocuteur de la plateforme, courriels, messages dans une messagerie ou captures d’écran, permettent de reconstituer la relation telle qu’elle s’est nouée. Les reproductions conservées de la page dans son état d’alors, notamment la copie du 24 novembre 2020, apportent la preuve de ce que la vitrine affichait au moment des faits.
La place tenue par l’établissement qui a reçu les versements représente un angle complémentaire, développé dans la section suivante. Sur le terrain pénal, notre marche à suivre pour porter plainte pour escroquerie financière détaille les étapes et les pièces utiles à réunir pour engager cette voie.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate qui exerce dans la capitale, décrypte dans la séquence qui suit une décision du Tribunal judiciaire de Paris : un escroc condamné, des épargnants remboursés intégralement, et une banque étrangère sanctionnée pour avoir laissé passer les virements.
Interroger l’établissement qui a accueilli le virement
Lorsqu’une plateforme présentée comme une firme britannique collecte des versements sans figurer dans aucun registre consulté, la question de l’établissement qui a ouvert un compte à son nom mérite d’être posée directement. Cet établissement a accepté une entrée en relation avec une entité que ni le registre britannique des sociétés ni aucun registre d’agrément ne répertorie, au moins au relevé du 23 septembre 2026.
Les vérifications qui s’imposent à l’entrée en relation avec un client professionnel incluent l’identification de l’entité, la vérification de son existence légale et l’examen de la nature de son activité. Lorsque ces vérifications n’ont pas été menées ou qu’elles n’ont pas permis de détecter une situation manifeste, la responsabilité de l’établissement peut être recherchée sur ce terrain.
La position de la banque dans les décisions rendues sur ce type de dossier constitue l’un des axes que nos recherches ont mis en évidence. Sans citer de décision qui ne figure pas dans les faits que nous avons établis, il est utile de noter que l’interrogation de l’établissement ayant accueilli les fonds peut être menée en parallèle des démarches pénales, et que ces deux voies ne s’excluent pas.
Reconstituer le chemin des fonds depuis le compte du payeur jusqu’au compte destinataire, avec l’aide des pièces bancaires disponibles, est souvent le préalable à toute démarche structurée dans cette direction.
Ce qu’un dossier de 2020 permet encore d’ouvrir
L’inscription du 23 novembre 2020 figure toujours dans ce répertoire, sous la qualification « Forex », au relevé du 23 septembre 2026. Cette persistance n’est pas anodine : elle signifie que les autorités n’ont pas levé la mise en garde, et qu’un dossier constitué autour de cette plateforme s’appuie sur une base documentaire officielle encore active.
Ce que les personnes concernées ont gardé chez elles, extraits bancaires, ordres de virement confirmés, conversations avec l’interlocuteur de la plateforme, reproductions de la vitrine dans son état de 2020, demeure utilisable même si le nom a quitté l’annuaire. L’ancienneté des faits ne suffit pas à fermer ces pistes, en particulier sur le terrain pénal ou face à la banque qui a encaissé les versements.
Un examen de dossier permet de déterminer quelles pièces sont disponibles, lesquelles manquent et quelle démarche est la plus adaptée à la situation particulière de chaque personne concernée.
Oui, et sans discontinuité. Le nom apparaît encore dans le répertoire des mises en garde arrêté au 23 septembre 2026, avec la qualification « Forex » et la date d’inscription du 23 novembre 2020. Cette ligne n’a jamais été levée.
Que le nom ait quitté l’annuaire ne clôture aucune voie. Les extraits bancaires, les confirmations d’ordre de virement, les échanges gardés avec la plateforme et les copies de la vitrine restent des pièces utilisables pour engager une démarche pénale ou interroger l’établissement ayant reçu les versements.
La plateforme revendiquait une firme anglaise et affichait un numéro à indicatif britannique. Nos vérifications du 23 septembre 2026 n’ont trouvé aucune société liée à ce nom dans le registre britannique des sociétés. Ce constat vaut au relevé de cette date.
L’affichage d’un avertissement sur les risques du trading donnait à la vitrine un vernis de sérieux, imitant la forme des plateformes régulées. Cet élément coexistait avec une opacité totale sur l’identité de l’exploitant, l’absence d’adresse et un hébergement sans titulaire identifiable, ce qui en faisait un signal trompeur plutôt qu’une garantie.
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Article réécrit le 23/09/2026


