
Sommaire
- Rush-fx.com figurait sur deux listes officielles avant notre premier article
- Fin 2019, douze mille clients revendiqués et aucun compte à produire
- Le dernier certificat émis porte la date du 29 novembre 2022
- Automne 2020 : quatre noms du même créneau dans nos dossiers
- Une banque condamnée pour n’avoir pas vu venir le virement
- Les pièces qu’un virement laisse derrière lui
- Les points que nos lecteurs veulent éclaircir
Rush-fx.com figurait sur deux listes officielles avant notre premier article
Avant même que notre enquête sur rush-fx.com ne soit publiée le 14 décembre 2020, le nom avait déjà été inscrit à deux reprises sur des listes officielles. Une première inscription au 1er septembre 2020 figure dans la liste noire publiée par les autorités de contrôle, avec les qualifications « Crédits livrets paiements assurances » et « Forex ». Une seconde inscription au 1er décembre 2020 figure dans la fiche que l’Autorité des marchés financiers consacre à ce nom, avec la seule qualification « Forex ». Notre article a suivi treize jours après cette deuxième inscription.
Dans la formulation du régulateur, l’inscription d’un acteur sur une telle liste signifie qu’il n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Les deux entrées relevées portent des qualifications distinctes : la première est libellée « Crédits livrets paiements assurances » puis « Forex », la seconde se limite à « Forex ». Les dates retenues sont celles que portent les relevés officiels.
Aujourd’hui, le nom ne résout plus et le répertoire des enregistrements des .com ne rend plus aucune fiche à son sujet. Pourtant, la liste tenue par l’Autorité des marchés financiers, dans sa version du 4 septembre 2026, porte toujours l’entrée « www.rush-fx.com » à la date du 1er décembre 2020 : le nom n’a pas été retiré de ce relevé. Dès le 13 février 2021, nous avions signalé cette persistance dans le récapitulatif des noms de 2020 restés sur la liste noire, qui recensait nommément rush-fx.com parmi les entrées de cette période toujours portées par la liste de l’Autorité des marchés financiers.
Deux autorités distinctes ont donc inscrit ce nom, à trois mois d’intervalle, sur des fondements différents : la première relevant de la banque et de l’assurance, la seconde des marchés financiers. Sept ans après la parution de notre enquête, la seconde inscription subsiste, alors que le nom lui-même ne produit plus rien sur le plan technique. Cette asymétrie, entre une mention régulatrice toujours entretenue et un nom dont le répertoire ne porte plus de trace, caractérise ce dossier.
Dernière mise à jour : 22/09/2026
Fin 2019, douze mille clients revendiqués et aucun compte à produire
La vitrine de rush-fx.com, telle que notre article d’origine la restituait, mettait en avant une société dénommée RushFX, présentée comme existante depuis au moins 2019. Deux chiffres y occupaient une place centrale : à la fin de l’année 2019, « plus de 12 000 clients » lui auraient accordé leur confiance, et « près de 200 millions d’euros d’encours sous gestion » y auraient été gérés. Ces deux affirmations étaient exposées sans qu’aucun compte, aucun rapport ni aucun document vérifiable ne vienne les étayer.
La vitrine renvoyait vers des bureaux présentés comme londoniens. L’adresse de courriel mise en avant était bâtie sur une terminaison différente de celle de la plateforme elle-même, et cette autre terminaison ne correspondait à aucun site actif. Ce seul point aurait dû alerter toute personne cherchant à vérifier la cohérence des informations présentées. La page affirmait par ailleurs que la société était « enregistrée et agréée, sous de strictes réglementations », et se déclarait autorisée à des activités d’exécution, de gestion de portefeuille, de conseil en investissement et d’agence. Pour siège social, elle indiquait l’adresse d’une autre société, Nextrade LTD, présentée comme établie aux îles Marshall.
Ce déséquilibre est la marque du dispositif : des chiffres imposants et des qualités réglementaires revendiquées d’un côté, aucune pièce vérifiable de l’autre. Nos vérifications de 2020 n’avaient relevé aucune mention d’une société RushFX dans les registres britanniques, et notre article d’origine l’avait publié. Nos recherches du 22 septembre 2026 n’ont pas davantage rattaché de société portant ce nom à un enregistrement britannique.
Le dernier certificat émis porte la date du 29 novembre 2022
Nos relevés techniques du 22 septembre 2026 établissent qu’aucune résolution n’est obtenue pour rush-fx.com, que le nom soit interrogé seul ou précédé de « www ». Le répertoire des enregistrements des .com, consulté le même jour, ne restitue plus rien pour ce nom : aucune trace du bureau auprès duquel il aurait été déposé, aucune durée de validité, aucun serveur de noms, aucun titulaire, aucune coordonnée. Pour établir que le répertoire lui-même fonctionnait correctement, nous avons interrogé le même jour un autre nom de la même extension : celui-ci a retourné une fiche complète, ce qui confirme que l’absence de réponse pour rush-fx.com lui est propre.
La chronologie technique retrace néanmoins une présence prolongée. Un premier certificat couvrant toutes les sous-adresses du nom a été émis le 29 mars 2020. Des émissions ont suivi régulièrement, portant chacune sur l’ensemble des sous-adresses. La dernière émission relevée porte la date du 29 novembre 2022, avec une validité s’achevant le 27 février 2023. Le nom a donc été maintenu sur le plan technique un peu plus de deux ans après la publication de notre article, puis tout entretien a cessé.
Tous les certificats relevés portaient sur l’ensemble des sous-adresses du nom, et non sur une seule d’entre elles. Après l’émission du 29 novembre 2022, aucune autre n’a été enregistrée, soit près de deux ans de maintenance technique après la parution de notre article de décembre 2020.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Automne 2020 : quatre noms du même créneau dans nos dossiers
Le relevé publié le 4 septembre 2026 par l’Autorité des marchés financiers permet de replacer rush-fx.com dans une séquence d’inscriptions concentrées sur quelques semaines. Any-trades.com et b2trades.com y figurent tous deux à la date du 13 novembre 2020. Mycoinology.com y apparaît au 23 novembre 2020 : notre dossier consacré à Mycoinology.com, publié le 25 novembre 2020, avait précédé de quelques jours notre publication sur rush-fx.com. Puis vient l’entrée « www.rush-fx.com » au 1er décembre 2020.
Ces quatre noms avaient chacun fait l’objet d’un dossier de notre part à l’époque. Tous quatre figurent encore dans le relevé publié le 4 septembre 2026, sans qu’aucun n’ait été retiré de la liste. Cette persistance commune indique que la période de l’automne 2020 a concentré plusieurs inscriptions portant des qualifications liées au Forex, mais elle n’établit aucun lien entre ces noms sur le plan des opérateurs ou des mécanismes : chaque dossier reste à examiner pour lui-même.
Une banque condamnée pour n’avoir pas vu venir le virement
Pour les personnes ayant effectué des virements vers les comptes associés à ce type de dispositif, une décision judiciaire rendue devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand a condamné solidairement l’établissement ayant accueilli le compte des auteurs. Ce jugement modifie le paysage des recours : il ouvre la voie à des demandes fondées sur la responsabilité de la banque réceptrice, indépendamment de toute procédure visant les auteurs eux-mêmes.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate, dont le barreau s’établit à Paris, détaille dans cet entretien la condamnation solidaire de la banque qui avait accueilli le compte des auteurs, le devoir de vigilance attendu des établissements recevant de tels fonds, la question de la provenance des virements et les recours encore ouverts aux victimes, dans ce dossier dénoué devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand.
Les pièces qu’un virement laisse derrière lui
Le schéma que notre enquête d’origine restituait tenait en un dispositif dépouillé : une vitrine qui annonçait la gestion de portefeuille et un encours sous gestion considérable, sans jamais produire le moindre compte ni la moindre pièce vérifiable, et qui renvoyait vers une adresse de courriel bâtie sur un autre nom que le sien ainsi que vers des bureaux présentés comme londoniens. Pour les personnes qui ont confié des fonds sur la foi de ces affirmations, ce contact minimal laisse pourtant des traces précises : c’est sur elles que reposent les démarches encore envisageables.
Les documents à réunir sont ceux que le virement lui-même génère : les relevés de compte montrant les mouvements effectués, les confirmations d’ordre de virement remises par la banque du payeur, les échanges conservés avec le service clientèle de la plateforme, et toute reproduction de la vitrine dans l’état où elle se trouvait alors. Ces pièces permettent d’établir la chronologie, de documenter les promesses formulées et de matérialiser le lien entre le contact et le virement.
Deux axes de responsabilité méritent d’être examinés. D’une part, la position de l’établissement auprès duquel le compte bénéficiaire des fonds avait été ouvert : la décision de Clermont-Ferrand mentionnée en section précédente illustre ce que cette voie peut produire. D’autre part, le contrôle que l’on était en droit d’attendre de la banque du payeur, qu’il est possible d’interroger dès lors que le virement présentait des caractéristiques susceptibles d’alerter. Déposer plainte auprès du procureur compétent constitue par ailleurs une étape qui conditionne l’accès à certaines procédures ultérieures.
Notre guide pratique sur le dépôt de plainte en matière de fraude financière détaille les étapes, les autorités à saisir et les éléments à joindre au dossier.
Les points que nos lecteurs veulent éclaircir
Non. Nos recherches du 22 septembre 2026 montrent que le répertoire des enregistrements des .com ne retourne plus aucune fiche pour rush-fx.com : le nom n’y est plus rattaché à un déposant, à une durée, à un serveur de noms ou à un titulaire. Le dernier certificat technique relevé portait la date du 29 novembre 2022 et sa validité s’est achevée le 27 février 2023. Depuis lors, aucun entretien du nom n’a été constaté.
Ces deux chiffres étaient affichés sans qu’aucun document vérifiable ne vienne les appuyer. Aucun compte, aucun rapport, aucune pièce comptable n’était produit. Nos vérifications de 2020 n’avaient trouvé aucune société RushFX dans les registres britanniques, et nos recherches de 2026 n’ont pas davantage rattaché de société portant ce nom à un enregistrement identifiable.
Les recours ne sont pas fermés. Il convient de réunir sans délai les relevés bancaires retraçant les mouvements, les ordres de virement confirmés par la banque du payeur, les échanges conservés avec le service clientèle de la plateforme et un instantané de la vitrine dans son état d’alors. Ces éléments permettent d’examiner la position de la banque qui a encaissé les fonds, de mettre en question le contrôle exercé par l’établissement du payeur, puis de déposer plainte. La condamnation solidaire prononcée à Clermont-Ferrand dans une affaire voisine montre ce que ces démarches peuvent donner.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 22/09/2026



4 Comments
Bonjour j’ai investi quelques millier d’euro et maintenant leur site a disparu, j’essaye de rentrer en contact avec eux mais rien, pourriez vous me donner des renseignement au sujet de comment essayer de récupérer ma mise s’il vous plait.
Bonjour, merci pour votre commentaire, nous vous contactons à ce sujet.
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[…] année concernent des noms que nous avons également documentés, parmi lesquels mycoinology.com et rush-fx.com, tous deux étudiés par nos soins à la même […]