Le 3 septembre 2026, nos vérifications établissent que kracoin.fr a totalement disparu : le nom ne répond plus sur aucun protocole, aucune adresse IP ne lui est associée et le registre des .fr n’en conserve aucune trace. La fausse plateforme de trading, dénoncée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) le 29 octobre 2020 puis par BrokerDefense le 2 novembre 2020, a quitté le registre des .fr sans laisser de présence numérique. Ce que nos recherches avaient documenté il y a près de six ans ne constitue désormais plus qu’un dossier fermé, mais ses victimes potentielles méritent une mise au point complète sur ce qu’était cette vitrine et sur les démarches encore envisageables.
Sommaire
- Kracoin.fr : la plateforme de trading dénoncée en 2020 a totalement disparu
- Une inscription sur la liste noire de l’AMF dès le 29 octobre 2020
- Une adresse londonienne empruntée et un accord client introuvable
- Avoir versé des fonds à Kracoin.fr : les démarches à envisager
- Vos questions sur l’arnaque Kracoin.fr
Kracoin.fr : la plateforme de trading dénoncée en 2020 a totalement disparu
Nos contrôles du 3 septembre 2026 confirment que le nom kracoin.fr ne résout plus dans le système de noms de domaine. Aucun serveur ne répond à aucune requête, que ce soit sur le protocole web ordinaire ou sur tout autre canal : le nom est techniquement inexistant. Le registre français des noms en .fr affiche, pour ce nom précis, la mention indiquant qu’aucune fiche n’existe. Le domaine a été retiré du registre et la date exacte de ce retrait n’est pas connue de nos services. Ce qu’il faut retenir, en revanche, c’est que le nom est aujourd’hui revenu dans le domaine public des .fr : il pourrait être ré-enregistré à tout moment par un tiers, ce qui impose une vigilance particulière si un site portant ce nom venait à réapparaître.
Les dernières traces publiques relevées par nos recherches datent de septembre 2020, soit quelques semaines avant l’inscription de kracoin.fr sur la liste noire de l’AMF. Rien n’indique que la vitrine ait continué à fonctionner après l’automne 2020. Des certificats de sécurité ont été émis pour ce nom à une époque où son opérateur en contrôlait techniquement le domaine, ce qui confirme qu’une plateforme sécurisée a bien existé et a pu inspirer une confiance de façade à ses visiteurs. Mais tout cela appartient désormais au passé.
Le 31 octobre 2020, deux jours avant la publication de l’alerte sur Kracoin.fr, BrokerDefense dénonçait déjà une autre vitrine frauduleuse, invicta-securities.com, une arnaque par usurpation dont l’enquête avait mis en évidence qu’elle partageait un numéro de téléphone avec deux autres fausses plateformes d’investissement, signe qu’un opérateur unique pouvait piloter plusieurs vitrines simultanément. Ce type de structure coordonnée illustre la logique industrielle qui sous-tendait les arnaques à l’investissement de cette période.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 03/09/2026
Une inscription sur la liste noire de l’AMF dès le 29 octobre 2020
L’AMF a inscrit kracoin.fr sur sa liste noire le 29 octobre 2020, au titre des offres non autorisées de produits dérivés sur crypto-actifs. BrokerDefense a publié son alerte quatre jours plus tard, le 2 novembre 2020, en s’appuyant sur les mêmes constats que le régulateur français. Cette concordance de calendrier illustre la rapidité avec laquelle certaines vitrines frauduleuses pouvaient être identifiées, tout en soulignant que des épargnants avaient déjà été exposés pendant plusieurs mois avant que l’alerte ne soit officiellement donnée.
La page des listes noires et mises en garde de l’AMF reste consultable par tous les épargnants souhaitant vérifier si un site ou une société figure parmi les acteurs non autorisés signalés par le régulateur : la page des listes noires et mises en garde de l’AMF constitue un réflexe de base avant tout placement.
Le lendemain de la publication de l’alerte sur Kracoin.fr, BrokerDefense analysait alpha-connectcapital.com, une fausse plateforme d’investissement par usurpation dont le nom de domaine a lui aussi fini par être intégralement rayé du registre des .com, un sort directement comparable à celui de kracoin.fr. Ces disparitions successives témoignent d’un phénomène de rotation rapide des vitrines frauduleuses : une fois repérées et dénoncées, elles finissent par abandonner leurs noms de domaine, qui retournent dans le domaine public.
Une adresse londonienne empruntée et un accord client introuvable
L’enquête de 2020 avait mis au jour plusieurs éléments caractéristiques de la fraude. La vitrine se présentait comme une plateforme de trading aux ambitions internationales, exploitée par une société dénommée « Kracoin » et domiciliée à Londres. L’adresse indiquée, « 18 King William St, Londres, EC4N 7BP », appartient en réalité à Fidelity International, l’un des grands gestionnaires d’actifs mondiaux. Mentionner le nom d’une rue de la City et l’associer implicitement à une institution financière réelle faisait partie des mécanismes de mise en confiance utilisés par ce type de vitrine.
Comme le vérifiait l’enquête de 2020, aucune entreprise portant le nom « Kracoin » n’apparaissait dans le registre des sociétés financières autorisées par la Financial Conduct Authority (FCA) britannique. L’enquête de l’époque n’a trouvé aucune entreprise de ce nom dans le registre britannique, ce qui suffit à disqualifier toute prétention de cette plateforme à exercer légalement des services financiers au Royaume-Uni ou en direction de ressortissants européens.
Le troisième mensonge documenté par l’enquête de 2020 concernait la base contractuelle de la relation avec les utilisateurs. En bas de page de la vitrine figurait une invitation à « examiner attentivement l’accord client », formulation supposée rassurer les visiteurs sur l’existence d’un cadre juridique. Or aucune section correspondante, aucune page de conditions générales, aucun document contractuel n’existait sur le site. Cette mise en garde sans contenu révèle une mécanique classique : emprunter le vocabulaire de la conformité pour créer une apparence de sérieux, sans jamais en assumer les obligations.
Avoir versé des fonds à Kracoin.fr : les démarches à envisager
Les personnes qui ont été approchées par Kracoin.fr en 2020, ont versé des fonds par virement en vue d’un placement, notamment sur des produits dérivés liés à des crypto-actifs, puis se sont retrouvées sans interlocuteur lorsque la vitrine a cessé de fonctionner, ne doivent pas considérer que la disparition du site met fin à toute possibilité d’agir. Plusieurs démarches restent envisageables.
La première priorité est de rassembler et de sécuriser toutes les preuves disponibles : relevés de virement ou de transaction bancaire, courriels échangés avec des personnes se présentant comme des représentants de la plateforme, captures d’écran des pages visitées et des offres reçues. Ces éléments constituent le socle de toute démarche ultérieure, qu’elle soit pénale ou civile. Il est également indispensable de ne plus verser aucun fonds sous quelque prétexte que ce soit, et de ne répondre à aucune sollicitation présentant le déblocage de fonds prétendument retenus comme subordonné au paiement de frais supplémentaires : ce type de demande est le signe d’une escroquerie secondaire visant les victimes déjà lésées.
Pour connaître la procédure pénale adaptée à votre situation, consultez notre page dédiée aux plaintes pénales, qui détaille les étapes du dépôt de plainte et les autorités compétentes à saisir selon les circonstances.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Si vous avez perdu des fonds au profit d’une fausse plateforme de trading comme Kracoin.fr, il peut être utile de comprendre l’ensemble des voies de recours disponibles avant d’engager toute démarche. Me Caroline Willm, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, présente dans la vidéo ci-dessous les principaux mécanismes de défense des victimes d’arnaques financières : indemnisation, recours précontentieux, protocole transactionnel, procédure pénale et civile. Son éclairage est particulièrement adapté aux personnes qui ont versé des fonds à une vitrine se présentant sous des dehors professionnels avant de disparaître sans rembourser quiconque.
Vos questions sur l’arnaque Kracoin.fr
Non. La fausse plateforme de trading a cessé de fonctionner et le nom de domaine ne figure plus dans le registre des .fr : nos vérifications du 3 septembre 2026 montrent qu’il a été retiré du registre et qu’aucun serveur ne référence plus le site. Les dernières traces publiques de la vitrine datent de septembre 2020.
Non. Le site prétendait être exploité par une société « Kracoin » basée à Londres, dont il donnait l’adresse « 18 King William St, Londres, EC4N 7BP », une adresse appartenant à Fidelity International. L’enquête menée par BrokerDefense en 2020 n’a trouvé aucune entreprise de ce nom dans le registre des sociétés financières britanniques.
Conservez toutes les preuves : relevés de virement, courriels échangés avec la plateforme, captures d’écran des pages. Ne versez plus aucun fonds, ne répondez à aucune demande de frais supplémentaires et déposez plainte. Faites évaluer votre situation par le service d’aide aux victimes de BrokerDefense avant d’engager toute démarche.
Kracoin.fr restera dans les annales de l’arnaque financière en ligne comme une vitrine construite sur une superposition de mensonges soigneusement calculés : une fausse assise londonienne bâtie autour de l’adresse d’une société réelle et d’une entité introuvable dans le registre des autorités britanniques, une mise en garde contractuelle renvoyant à un accord client qui n’existait nulle part, et une apparence de conformité qui s’est effondrée dès la première vérification sérieuse. L’AMF avait inscrit le site sur sa liste noire le 29 octobre 2020 ; BrokerDefense avait relayé cette alerte quatre jours plus tard. Le nom a depuis quitté le registre des .fr sans laisser de trace, et les personnes qui ont versé des fonds à cette plateforme n’ont vraisemblablement jamais revu leur argent. Pour quiconque se trouve dans cette situation, une évaluation préalable par BrokerDefense permet de déterminer quelles voies de recours restent réalistes et comment les aborder dans les meilleures conditions.
Article réécrit le 03/09/2026



2 Comments
Je suis victime de ce site (environ 60 000 €).
Quelle est la procédure à suivre pour récupérer tout ou partie de la somme investie ?
Cordialement.
N’hésitez pas à contacter Broker Défense : +33 9 77 218 278 ou par e-mail : [email protected].