Le site bridgemarks.cc se présente comme la vitrine d’une « prop firm », une société qui promet de financer les traders après une évaluation payante, récompensée chaque année « depuis 2020 » et créditée de « 1,4 milliard de dollars » de transactions pour l’année écoulée. Les données publiques des registres de noms de domaine racontent une autre histoire : bridgemarks.cc a été enregistré le 28 mai 2026, et son jumeau bridgemarks.online, qui héberge en réalité la plateforme de trading, est né six minutes plus tôt le même jour. Constat vérifié le 4 septembre 2026.
L’enregistrement de bridgemarks.cc est daté du 28 mai 2026 chez l’enregistreur PDR Ltd, qui opère sous la marque PublicDomainRegistry, avec une expiration fixée au 28 mai 2027 et des serveurs de noms Cloudflare ; le titulaire n’est pas identifiable publiquement, la confidentialité WhoIs masquant ses coordonnées. Le même jour, à 17 h 59 UTC, soit six minutes avant bridgemarks.cc (18 h 05 UTC), le nom bridgemarks.online était enregistré chez le même prestataire avec les mêmes serveurs de noms : c’est ce second domaine qui accueille la plateforme de négociation accessible depuis les boutons « Sign In » et « Get Started » de la vitrine, sur le sous-domaine webtrader.bridgemarks.online. Aucune des deux adresses ne figure dans les archives de la bibliothèque Internet Archive, ce qui confirme l’absence de toute activité antérieure à 2026. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
La plateforme indépendante ScamDoc, qui analyse les sites signalés par les internautes, a publié sa première analyse de bridgemarks.cc le 29 mai 2026, au lendemain de la création du nom : le domaine y obtient un indice de confiance de 25 %, qualifié de « faible », la jeunesse de l’enregistrement (moins de six mois) étant comptée comme un signal défavorable. Retrouvez la page dédiée à bridgemarks.cc pour le détail de cette évaluation.
Dernière mise à jour : 04/09/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de bridgemarks.cc. Retrouvez l’apparence originale de cette plateforme de trading même si le site venait à fermer : utile pour identifier la vitrine, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
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Sommaire
- Une « prop firm primée depuis 2020 » dont les deux domaines sont nés le 28 mai 2026
- « Bridge Marks Limited » : des conditions générales signées d’une adresse en placeholder
- Challenges de « prop firm », comptes jusqu’à un million d’euros, bonus : la double vitrine
- Témoignages « vérifiés par Google », actualités datées de 2014 : un gabarit jamais fini
- Fonds versés sur bridgemarks.cc : les premières démarches
- bridgemarks.cc : les questions que vous vous posez
- Conclusion : une « prop firm de l’année » qui n’a même pas trois mois
Une « prop firm primée depuis 2020 » dont les deux domaines sont nés le 28 mai 2026
La page d’accueil de bridgemarks.cc accumule les marqueurs de respectabilité : la mention « Since 2020 », trois trophées « EXCELLENCE AWARDS » (dont « Top Prop Forex Firm of the Year 2020-2026 » et « Most Trusted Prop Firm 2022 »), et le chiffre de « 1,4 milliard de dollars » de transactions exécutées « l’année dernière ». Aucune source indépendante ne permet de confirmer l’existence de ces récompenses : la vitrine ne renvoie vers aucun organisme organisateur, aucune cérémonie, aucun palmarès. Surtout, ces prétentions se heurtent à un fait d’état civil numérique : le nom de domaine qui porte cette « société » n’existe que depuis le 28 mai 2026, soit un peu plus de trois mois avant notre vérification.
Le montage technique confirme la précipitation. Le certificat de sécurité du site, délivré par Let’s Encrypt pour bridgemarks.cc et ses sous-domaines, a été émis le 27 juillet 2026, deux mois après l’enregistrement du nom. La plateforme de trading proprement dite n’est pas sur bridgemarks.cc : elle est servie par webtrader.bridgemarks.online, un sous-domaine du domaine frère créé six minutes plus tôt, qui ne répond d’ailleurs que sur ce sous-domaine, son adresse principale ne résolvant pas. Deux noms achetés coup sur coup, un certificat posé deux mois plus tard, aucune archive : l’édifice « récompensé depuis 2020 » a été assemblé au printemps 2026.
« Bridge Marks Limited » : des conditions générales signées d’une adresse en placeholder
Les conditions générales du site décrivent « Bridge Marks Limited » comme un « Licensed Service Provider » proposant des services d’investissement par l’intermédiaire de ses « Trading Platforms ». Le document précise ensuite, sans rire : « The operational address is: Bridge Marks office 000, 8888, City, Country ». Autrement dit, la société présentée comme titulaire d’une licence n’a pas d’adresse : le gabarit du document juridique n’a jamais été rempli, et le numéro de bâtiment, le code postal et le nom de ville sont restés à l’état d’exemple.
Aucun identifiant ne permet d’aller plus loin : pas de numéro d’immatriculation, pas de registre de commerce indiqué, pas d’adresse exploitable. Les seuls canaux de contact annoncés sont un numéro de téléphone mobile britannique (+44 7520 644403), une messagerie WhatsApp mise en avant par la page « Whatsapp Education », et l’adresse [email protected]. Or le nom de domaine bridgemarks.info, enregistré le 1er mai 2026 chez NameSilo, présente aujourd’hui un statut « client hold » dans le registre et ne répond plus : l’adresse du service client pointe vers un domaine gelé. Une « société de trading » qui ne laisse à ses clients d’autre recours que WhatsApp, avec une adresse électronique morte, n’offre aucune garantie de retrait ni aucun interlocuteur identifiable.
Challenges de « prop firm », comptes jusqu’à un million d’euros, bonus : la double vitrine
Bridge Marks entremêle deux modèles qui n’ont normalement rien à voir. Le premier est celui des « prop firms » : la page d’accueil vend des « Trading Challenges » (paliers Lite, Pro, Infinity et Ultimate) avec frais dits « refundable », objectifs de profit, « Daily Drawdown », « Minimum Trading Days » et partage des gains annoncé jusqu’à « Profit Split : 85 % ». Le second est celui d’un courtier classique : la page « Account Types » décline six comptes de dépôt, du « Starter » à 200 euros jusqu’au « Prime » à 1 000 000 euros, avec spreads, « Investment Protection Fund », « 5 % Annual Yield on Uninvested Funds » pour le compte Elite, accès PAMM et API FIX. Une structure censée rémunérer ses traders n’a aucune raison de demander jusqu’à un million d’euros de dépôt à ses clients ; la superposition des deux promesses est typique des vitrines bâclées qui reprennent tous les arguments susceptibles d’attirer un dépôt.
La page « Deposit and Withdrawal » décrit trois moyens d’alimenter un compte : carte bancaire, virement et Bitcoin. Elle demande au client qui choisit la carte de « fournir une photo ou un scan de sa carte, recto et verso » pour « éviter la fraude » : une pratique que les établissements régulés ne réclament jamais, car elle expose l’intégralité des données de paiement. Les quatre pages de bonus (No Deposit Bonus, Welcome Bonus, Insurance Bonus, Standard Bonus) promettent des fonds « gratuits » ou une couverture des pertes, tout en plafonnant les retraits, par exemple à « 20 % du montant du bonus » pour le « Start Bonus ». Les métaux précieux sont proposés avec un effet de levier de 1:200 et des actions américaines sans aucune information sur l’exécution des ordres. Rien n’indique où partent les fonds, qui les détient, ni comment un retrait est garanti.
Témoignages « vérifiés par Google », actualités datées de 2014 : un gabarit jamais fini
Le reste du site porte les stigmates d’un assemblage rapide. La section témoignages affiche une note « 4.9 From 2k Members, Reviewed by Google » : Google ne décerne pas ce type de certification aux plateformes de trading, et les avis signés « John D., Australia » ou « Maria L., Germany » ne renvoient vers aucun profil vérifiable. Le blog « Latest Updates & Headlines » présente des articles datés du 25 février 2014, douze ans avant la création du domaine, comme « How to Start Your Forex Trading Journey » : du contenu préfabriqué recyclé pour meubler la vitrine. La page « About Us » est une coquille vide, sans le moindre paragraphe. Les fautes de gabarit trahissent le montage : le questionnaire d’entrée est présenté comme un « Investorz uestionnaire » et les conditions générales renvoient au « official website of the company Bridge Marks.com », comme si le texte avait été copié d’une autre marque sans être relu.
Ce procédé, une marque financière jetable posée sur des gabarits préfabriqués avec des domaines achetés en série, a déjà été documenté par BrokerDefense sur d’autres domaines, sans lien établi entre leurs opérateurs : venturofx.com, démonté le 4 septembre 2026, vendait une plateforme de courtage « agréée » par un régulateur chypriote alors que sa société britannique n’existait dans aucun registre et que son domaine datait du 26 mai 2026, tandis que invexxia.com, enquêté le 3 septembre 2026, reposait sur une salle de marchés clé en main partagée par plusieurs opérateurs. La réutilisation des mêmes recettes, des mêmes gabarits et des mêmes calendriers d’enregistrement d’une arnaque à l’autre signale une production en série de fausses plateformes.
Les personnes qui ont versé des fonds sur bridgemarks.cc, par carte bancaire, par virement ou en Bitcoin vers les comptes désignés par la plateforme, peuvent aussi se tourner vers la banque qui a reçu leurs virements : Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, présente dans la vidéo ci-dessous une affaire de faux investissements jugée en appel, où la banque bénéficiaire a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance ; retrouvez sa présentation sur sa page dédiée.
Fonds versés sur bridgemarks.cc : les premières démarches
Si vous avez réglé un « challenge » ou déposé des fonds sur bridgemarks.cc après un échange sur WhatsApp ou après avoir rempli le formulaire d’inscription, n’ajoutez aucun versement supplémentaire, par carte, par virement ou en Bitcoin : chaque dépôt augmente la perte et finance le fonctionnement de la vitrine. Rassemblez dès maintenant toutes les preuves : captures d’écran du site et de l’espace client, messages WhatsApp du « conseiller », relevés de carte bancaire, confirmations de virement et justificatifs des paiements en cryptomonnaies, puis déposez plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou via le portail de signalement en ligne ; la page dédiée aux procédures de plainte détaille la marche à suivre.
Si vos fonds sont partis par virement vers un compte bancaire, notez précisément le numéro du compte bénéficiaire : la banque qui a reçu les fonds peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance, comme l’illustre la vidéo ci-dessus. Pour les paiements par carte, contestez les opérations auprès de votre banque dans les délais légaux. Conservez enfin les échanges avec le support de bridgemarks.cc, même si l’adresse [email protected] ne répond plus : les dernières promesses de remboursement ou les explications sur des retraits « bloqués » font partie des pièces utiles à l’enquête. Vous pouvez aussi soumettre votre dossier à BrokerDefense pour être orienté dans vos démarches et connaître les recours possibles face à cette plateforme.
bridgemarks.cc : les questions que vous vous posez
Non : les données publiques du registre montrent que bridgemarks.cc a été enregistré le 28 mai 2026, tout comme bridgemarks.online, créé six minutes plus tôt le même jour. Aucune archive ne conserve la moindre trace d’une activité antérieure, et les trophées « EXCELLENCE AWARDS » ne sont rattachés à aucun organisme identifiable. Les mentions « Since 2020 » et « 1,4 milliard de dollars de transactions » sont des arguments de vitrine sans support vérifiable.
Rien ne permet de l’établir. Les conditions générales présentent « Bridge Marks Limited » comme un « Licensed Service Provider » mais indiquent comme adresse opérationnelle « office 000, 8888, City, Country », un simple exemple jamais remplacé. Aucun numéro d’immatriculation n’est fourni, le téléphone est une ligne mobile britannique et l’adresse du support, [email protected], pointe vers un domaine aujourd’hui gelé. ScamDoc attribue au site un indice de confiance de 25 %, qualifié de faible.
Cessez tout versement et constituez un dossier complet : captures d’écran du compte, relevés de carte bancaire, confirmations de virement ou de paiement en Bitcoin, messages WhatsApp échangés avec la plateforme. Déposez plainte pour escroquerie, contestez les paiements par carte auprès de votre banque dans les délais légaux et signalez les comptes bancaires qui ont reçu vos virements : leur banque peut être mise en cause pour manquement à son devoir de vigilance. Signalez également le site sur ScamDoc pour alerter d’autres internautes, puis soumettez votre dossier à BrokerDefense pour être accompagné.
Conclusion : une « prop firm de l’année » qui n’a même pas trois mois
Bridgemarks.cc appartient à cette famille de fausses plateformes que BrokerDefense voit se multiplier : une marque financière inventée, des domaines achetés le même jour au printemps 2026, des gabarits de site et de documents juridiques jamais terminés, et une promesse de gains faciles adressée aux particuliers attirés par le statut de « prop firm ». Les personnes qui s’y inscrivent sont invitées à payer un « challenge » ou à déposer des fonds par carte, par virement ou en Bitcoin ; elles découvrent ensuite que les retraits sont bloqués, que le support ne répond plus ou que la vitrine a changé d’adresse. L’adresse placeholder des conditions générales, les « récompenses » invérifiables et la jeunesse des noms de domaine suffisent à écarter toute confiance. Comme toujours, BrokerDefense recommande de vérifier l’autorisation réelle d’un intermédiaire financier auprès d’un régulateur européen avant le moindre versement ; notre service d’évaluation préalable des plateformes de trading permet d’éviter ce type de piège.


