Invicta-securities.com : une arnaque par usurpation rayée du registre des .com

Six ans après la publication de notre enquête, le nom invicta-securities.com, qui servait de vitrine à une usurpation de la firme britannique Invicta Securities Limited, a été rayé du registre des .com : aucune fiche d’enregistrement ne subsiste pour ce nom. La plateforme se faisait passer pour Invicta Securities Limited, une firme d’investissement réellement enregistrée auprès de la Financial Conduct Authority britannique, afin de capter la confiance d’épargnants francophones. Notre enquête du 31/10/2020 avait conclu sans équivoque à une usurpation d’identité : la plateforme n’avait aucun lien avec la vraie firme. L’AMF avait inscrit www.invicta-securities.com sur sa liste noire avec le libellé « Usurpation » dès le 26 octobre 2020, cinq jours avant notre publication. Mise à jour août 2026 : le nom a depuis été totalement rayé du registre des .com, et le réseau frauduleux dont il faisait partie est désormais intégralement documenté.

Dernière mise à jour : 29/08/2026

Trois plateformes, un même numéro de téléphone : le réseau démasqué

Le détail qui trahit tout réseau frauduleux, c’est le numéro de téléphone. Dans le cas d’invicta-securities.com, le numéro +44 0xxx 8650 était utilisé simultanément par trois plateformes présentées comme des sociétés d’investissement distinctes. Trois vitrines, trois noms différents, mais un seul et même canal de contact : cette configuration est physiquement impossible pour trois entités indépendantes, et elle constitue la signature d’un opérateur unique opérant derrière plusieurs façades.

Strenuus-capital.com employait exactement la même stratégie de présentation trompeuse qu’invicta-securities.com : copie de l’identité d’une firme réelle, vitrine web incomplète, et recours au même numéro de téléphone partagé entre les trois plateformes du réseau. Notre enquête sur ce site, publiée le 28 octobre 2020, avait établi les mêmes caractéristiques d’usurpation.

Rx-securities.com figurait également dans ce dispositif collectif : le site reproduisait le schéma documenté pour les deux autres plateformes, en copiait l’identité d’une firme d’investissement réelle et partageait le même numéro de contact. Notre enquête du 29 octobre 2020 avait conclu au vol d’identité.

Les trois plateformes usurpaient l’identité de sociétés d’investissement réellement enregistrées, dont Invicta Securities Limited, firme enregistrée auprès de la FCA britannique. Consulter la fiche de la firme Invicta Securities Limited sur le registre de la FCA permet de vérifier qu’il s’agit d’une entité réelle, enregistrée, sans lien avec aucune des trois plateformes frauduleuses.

Une fiche d’enregistrement introuvable pour invicta-securities.com

Lorsque l’on interroge aujourd’hui le registre des noms de domaine en .com pour invicta-securities.com, la réponse est sans ambiguïté : « No match ». Il ne subsiste aucune fiche d’enregistrement pour ce nom, ni titulaire identifié, ni date de création, ni registrar associé. Cette situation est différente d’un simple abandon : un nom laissé expirer entre dans une phase de récupération qui conserve des données pendant plusieurs semaines. Ici, le nom a été rayé du registre, ce qui correspond à une suppression totale et délibérée.

Au niveau technique, le constat est identique : le nom ne résout plus dans le DNS. Aucune adresse IP ne lui est associée, et aucun serveur de noms ne répond à des requêtes le concernant. Les journaux de transparence des certificats SSL, qui consignent l’ensemble des certificats émis pour un nom de domaine, ne montrent aucune trace active pour invicta-securities.com.

Les archives web conservent néanmoins des captures de la vitrine telle qu’elle existait entre novembre 2020 et février 2022. La première capture disponible sur la Wayback Machine date du 6 novembre 2020, soit quelques jours après la publication de notre enquête. La dernière trace utile remonte au 22 février 2022. Ces archives constituent les seules traces documentaires accessibles de cette vitrine d’usurpation.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Inscrit sur la liste noire de l’AMF dès le 26 octobre 2020

www.invicta-securities.com figure sur la liste noire de l’AMF avec le libellé « Usurpation », inscrit le 26 octobre 2020. Cette date est notable : elle précède de cinq jours la publication de notre enquête du 31 octobre 2020. Le régulateur avait donc identifié et qualifié la menace avant même que BrokerDefense ne rende son analyse publique.

Le libellé « Usurpation » retenu par l’AMF est l’un des plus précis que le régulateur emploie pour qualifier une inscription sur sa liste noire. Il désigne explicitement un site qui se fait passer pour un acteur financier légitime, en copiant son nom, son identité visuelle ou ses références réglementaires, sans en avoir ni l’autorisation ni le statut. Ce n’est pas une simple mise en garde pour absence d’agrément : c’est la reconnaissance d’une fraude délibérée à l’identité d’une entité réelle.

Pour les investisseurs qui auraient procédé à des vérifications préalables sur les listes officielles, cette inscription constitue un signal d’alarme sans ambiguïté. Le problème est que beaucoup ne consultent ces listes qu’après avoir subi des pertes.

Invicta Securities Limited, la firme britannique dont l’identité a été copiée

Invicta Securities Limited est une firme d’investissement réellement enregistrée auprès de la Financial Conduct Authority britannique. Sa fiche de la firme Invicta Securities Limited sur le registre de la FCA est publiquement consultable et confirme son existence légale et son statut réglementaire au Royaume-Uni. Cette firme n’a aucun lien avec le site invicta-securities.com et n’a jamais autorisé l’utilisation de son nom par quelque plateforme que ce soit.

C’est précisément parce qu’Invicta Securities Limited est une entité légitime, dotée d’un historique et d’un enregistrement vérifiable, qu’elle constituait une cible attractive pour les fraudeurs. En copiant le nom et la présentation d’une société réelle, les opérateurs de la plateforme frauduleuse s’appuyaient sur une réputation existante pour court-circuiter la méfiance naturelle des investisseurs. Un épargnant qui cherche rapidement le nom « Invicta Securities » sur un moteur de recherche pouvait tomber sur la vitrine frauduleuse avant de trouver la fiche officielle de la FCA.

Le mécanisme est rodé : plus la firme usurpée est crédible, plus la tromperie est efficace. Les investisseurs francophones visés par ce type de démarchage en ligne ne vérifient pas systématiquement que l’adresse du site correspond bien à celle de la firme enregistrée, et ne comparent pas les coordonnées affichées avec celles figurant dans le registre officiel. C’est sur cet écart d’attention que repose toute l’arnaque.

Des onglets fictifs et une identité volée

La vitrine invicta-securities.com présentait une interface conçue pour imiter la structure d’un site financier professionnel. Elle affichait notamment des onglets intitulés « C.G.V » et « Mentions légales », deux éléments attendus sur tout site proposant des services financiers. Mais ces onglets étaient de faux liens hypertextes : ils ne répondaient à aucun clic, ne menaient vers aucune page, et n’affichaient aucun contenu.

Sur un site financier légitime, les conditions générales de vente et les mentions légales sont des documents obligatoires, accessibles à tout moment, qui précisent l’identité de l’opérateur, les conditions contractuelles et les voies de recours. Leur absence ou leur inaccessibilité est en elle-même un signal rédhibitoire d’illégitimité. Les afficher comme des liens morts revient à simuler la conformité sans jamais la respecter.

Le mode opératoire du réseau reposait sur trois piliers combinés : la copie de l’identité d’une firme réellement enregistrée pour créer une apparence de légitimité, une vitrine web incomplète dont les éléments obligatoires restaient inaccessibles, et un numéro de téléphone unique partagé entre trois sites distincts pour centraliser les contacts avec les victimes. Chaque élément pris isolément aurait pu suffire à alerter un investisseur averti. Leur combinaison ciblait délibérément des épargnants non spécialisés, qui faisaient confiance au nom affiché sans pousser la vérification plus loin.

Les recours des personnes ayant investi sur invicta-securities.com

Les épargnants qui ont transféré des fonds par virement bancaire vers invicta-securities.com croyaient confier leur argent à Invicta Securities Limited, une firme enregistrée à la FCA britannique. Ils ont en réalité alimenté une plateforme frauduleuse qui usurpait l’identité de cette firme. Ce contexte d’usurpation documentée, confirmée par l’inscription sur la liste noire de l’AMF, est un élément central pour construire un dossier de recours.

La première démarche est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : relevés de virements bancaires mentionnant le bénéficiaire, courriels et messages échangés avec les interlocuteurs de la fausse plateforme, captures d’écran de l’interface, documents contractuels reçus. Ces éléments constituent le socle de tout recours, qu’il soit bancaire ou judiciaire. Il est important de les conserver dès maintenant, avant que des traces numériques supplémentaires ne disparaissent.

Si vous recevez de nouvelles sollicitations prétendant provenir d’invicta-securities.com ou de ses représentants supposés, ne donnez aucune suite et n’effectuez aucun versement supplémentaire. Les tentatives de récupération, parfois présentées comme des frais de déblocage ou de conformité, constituent une deuxième arnaque distincte qui aggrave les pertes.

Signalez les transactions à votre établissement bancaire en précisant qu’elles ont été effectuées vers une plateforme inscrite sur la liste noire de l’AMF en libellé « Usurpation ». Engagez une procédure pénale en déposant plainte auprès des autorités compétentes : l’usurpation d’identité d’une firme réglementée et le démarchage frauduleux en ligne relèvent du droit pénal. BrokerDefense évalue les plateformes avant investissement et accompagne les victimes dans la constitution de leur dossier.

Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, intervient dans les dossiers d’escroquerie financière en ligne impliquant de faux investissements et des virements bancaires vers des plateformes frauduleuses. Il représente des victimes devant les juridictions françaises, y compris la Cour d’Appel de Paris, et a obtenu des condamnations pour escroquerie ainsi que la mise en cause de banques pour manquement à leur devoir de vigilance. La vidéo ci-dessous, intitulée « Parole d’Avocat avec Broker Défense : Victoire Cour d’Appel de Paris. Jugement d’escroquerie. », présente l’un de ces recours aboutis et l’indemnisation obtenue par les victimes.

FAQ : que deviennent les investisseurs d’invicta-securities.com ?

Le site invicta-securities.com existe-t-il encore ?

Non. Le nom a été rayé du registre des .com : les données d’enregistrement publiques ne renvoient plus que la mention « No match », le nom ne résout plus dans le DNS et aucun certificat SSL ne subsiste. La vitrine d’usurpation a totalement disparu.

Invicta Securities Limited était-elle une vraie société ?

Oui. Invicta Securities Limited est une firme d’investissement réellement enregistrée auprès de la FCA britannique. Mais elle n’a aucun lien avec le site invicta-securities.com, qui copiait son nom et sa présentation sans autorisation.

Que faire si j’ai investi des fonds sur cette fausse plateforme ?

Conservez toutes vos preuves (relevés de virements, courriels, captures d’écran, échanges avec les interlocuteurs), ne répondez plus aux sollicitations et n’effectuez aucun versement supplémentaire. Signalez les transactions à votre banque, déposez plainte, et contactez notre service d’aide aux victimes pour constituer un dossier utilisable en justice.

Des épargnants ont transféré de l’argent par virements bancaires vers invicta-securities.com en croyant investir auprès d’Invicta Securities Limited, une firme britannique régulée par la FCA. Ils ont en réalité été victimes d’une usurpation d’identité organisée, montée par un réseau qui opérait simultanément derrière trois vitrines différentes. Le nom de domaine a aujourd’hui disparu du registre des .com, mais les pertes subies par ces investisseurs, elles, ne s’effacent pas avec la fermeture du site.

Avant de confier des fonds à une plateforme d’investissement, vérifier son existence sur les registres officiels des régulateurs – FCA, AMF, et leurs équivalents européens – et consulter les listes noires publiques sont des précautions qui permettent d’éviter ce type d’arnaque. BrokerDefense publie des évaluations de plateformes pour aider les épargnants à distinguer les acteurs légitimes des vitrines frauduleuses, avant que le préjudice ne soit subi.

Article réécrit le 29/08/2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser