Le nom venturofx.com ne répond plus depuis le 9 octobre 2026 : ce jour-là, son dossier d’enregistrement est passé en suspension chez NICENIC International Group, et la zone DNS du domaine a cessé d’exister. La plateforme de courtage qui s’y présentait comme un intermédiaire « établi en 2016 » et « agréé par la CySEC » disparaît donc sans laisser ni société enregistrée, ni licence vérifiable, ni adresse où écrire. Notre mise à jour du 15 octobre 2026 complète l’enquête publiée le 4 septembre en documentant la fin de cette exploitation et ce qu’elle laisse derrière elle.
La fiche d’enregistrement du domaine, créé le 26 mai 2026 chez ce registraire basé à Hong Kong, pour une échéance fixée au 26 mai 2027, porte désormais la mention « client hold », qui traduit une suspension décidée du côté du registrar. Le titulaire, lui, reste masqué derrière un service de confidentialité. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
La plateforme d’analyse ScamDoc, qui évalue les sites signalés par les internautes, avait relevé dès le 4 septembre un indice de confiance faible pour ce domaine, en soulignant sa jeunesse. Le verdict reste consultable via l’analyse publiée par ScamDoc sur venturofx.com.
Dernière mise à jour : 15/10/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de venturofx.com. Retrouvez l’apparence originale de cette fausse plateforme de courtage même après sa fermeture : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Sommaire
- Le 9 octobre, le registraire a suspendu le nom
- Onze ans séparent la date revendiquée du dépôt réel
- « VenturoFX Ltd » n’apparaît dans aucun registre
- Six traders satisfaits, quatre dirigeants du même site
- Une salle de marchés d’occasion restée au nom d’un site éteint
- Un versement passé sur venturofx.com : réunir les pièces avant d’agir
Le 9 octobre, le registraire a suspendu le nom
Trois mois et demi après sa création, venturofx.com a basculé sous « client hold ». Le statut figure au dossier du domaine et porte la date du 9 octobre 2026 ; il accompagne les deux protections inscrites depuis l’origine, l’interdiction de suppression et celle de transfert. Le « client hold » relève d’une tout autre logique : c’est le registrar qui retire le nom de la zone publique, le plus souvent parce qu’une vérification de coordonnées est restée sans réponse ou parce qu’un signalement d’abus a été traité. Effet immédiat, le domaine ne résout plus rien : aucune adresse IP, aucun serveur de messagerie, aucune page.
Rien ne dit pour autant que le nom ait été libéré. Son échéance demeure fixée au 26 mai 2027 et le dossier reste aux mains du même titulaire masqué : venturofx.com n’est pas retourné dans le pot commun, il est gelé. Les deux serveurs de noms Cloudflare autrefois rattachés au domaine figurent toujours à son état civil, alors même que la zone qu’ils desservaient a disparu : la marque d’un arrêt brutal, pas d’un déménagement préparé.
Cette fin s’accorde avec la durée de vie du dispositif. Entre son ouverture, en mai 2026, et sa suspension, en octobre, la vitrine a tenu environ quatre mois et demi, le temps de récolter des dépôts, puis de se retirer. La salle de marchés logée sous platform.venturofx.com et les espaces crm, api et socket qui apparaissaient dans les journaux de certificats ne répondent plus à aucune requête.
Onze ans séparent la date revendiquée du dépôt réel
La page d’accueil annonçait « Est. 2016 » et son pied de page affichait « © 2019 VenturoFX Ltd. All rights reserved ». Le nom de domaine, lui, a été enregistré le 26 mai 2026 : à peine douze semaines d’existence au moment de notre premier examen. Un intermédiaire financier qui existerait depuis 2016 aurait laissé des traces de cette activité : immatriculation, présence dans les annuaires professionnels, comptes publiés. Ici, tout commence le même mois de mai 2026 : le registrar, les serveurs de noms Cloudflare et les premières mentions du nom concordent. La date de 2016 n’a qu’une fonction : rassurer un visiteur qui ne penserait pas à ouvrir la fiche d’enregistrement du domaine.
Les chiffres affichés ne tiennent pas davantage. La page promettait « 2 840 millions de dollars négociés aujourd’hui », soit 2,84 milliards, puis « 2 milliards de dollars de volume quotidien » un peu plus bas, et encore « 12 400 traders actifs » pour une plateforme âgée de quelques semaines. Le levier maximal annoncé, 1:500, dépasse le plafond que la réglementation européenne impose aux clients de détail, sans empêcher le site de proposer des comptes « professionnels » à quiconque s’inscrivait.
« VenturoFX Ltd » n’apparaît dans aucun registre
La vitrine se présentait comme « VenturoFX Ltd », « autorisée et réglementée par la CySEC sous le numéro de licence CIF 123/12 », avec un siège à School Ln, Cookham, Maidenhead SL6 9QH, au Royaume-Uni. Cette adresse britannique devait produire l’impression d’une entreprise réelle et contrôlable. Or la recherche menée le 15 octobre 2026 dans le registre des sociétés britanniques ne retourne toujours aucune entité « VenturoFX », ni sous ce nom exact ni sous une forme voisine. L’adresse de Cookham existe bien : elle héberge des sociétés de production musicale et de formation au marketing, sans le moindre lien avec le courtage.
Le reste du dossier réglementaire ne résiste pas mieux. Le balisage Schema.org désignait « VenturoFX Ltd » comme une organisation dont le siège fondateur se situe à « Limassol, Cyprus », pour coller à la licence chypriote revendiquée, quand le pied de page renvoyait au Royaume-Uni. Une société d’investissement chypriote agréée par la CySEC est immatriculée à Chypre ; elle n’a aucune raison d’afficher un siège britannique qui n’existe dans aucun registre. Le domaine, lui, ne figurait pas dans la liste des sites agréés que publie le régulateur chypriote pour les sociétés qu’il supervise ; et le numéro CIF 123/12 ne renvoie vers aucune entreprise vérifiable. La vitrine s’appuyait aussi sur des logos « Financial Times », « Bloomberg » ou « Euromoney » alignés en bas de page, sans le moindre article pour les étayer. Le régulateur britannique et le régulateur chypriote tiennent tous deux à jour des mises en garde publiques ; consulter la liste des mises en garde diffusées par les autorités reste le premier réflexe avant tout versement.
Six traders satisfaits, quatre dirigeants du même site
La section « Trusted by professionals » alignait six portraits de traders comblés : « Thomas Berger, Independent Trader, Francfort », « Aisha Khan, Proprietary Trader, Genève », « Marcus Okoro, Fund Manager, Dubaï », « Kenji Sato, Algo Trader, Singapour », « Ingrid Holm, Family Office, Stockholm » et « David Lang, Head of Trading, Londres ». Chacun vantait l’exécution « institutionnelle », le « relationship manager » dédié ou la transparence des prix, avec la précision de témoignages de commande.
Ces personnes existaient bel et bien, mais dans une autre rubrique du même site. La page « About » présentait l’équipe dirigeante : « David Lang, cofondateur et responsable du trading », « Aisha Khan, cofondatrice et directrice de la relation client », « Marcus Okoro, responsable de la liquidité et de l’exécution » et « Kenji Sato, directeur technique ». Les « clients » de la page d’accueil sont donc les dirigeants de l’entreprise, servis sous les mêmes noms et les mêmes profils. Un témoignage client signé par le cofondateur de la société n’est pas un témoignage : c’est un argument de vente fabriqué, et la preuve que la vitrine ne reculait devant aucune mise en scène pour attirer des dépôts.
Une salle de marchés d’occasion restée au nom d’un site éteint
Les boutons « Client Login » et « Open Trading Account » menaient vers un sous-domaine, platform.venturofx.com, qui hébergeait une salle de marchés clé en main. Ce logiciel, reconnaissable à la structure de son gabarit, est commercialisé auprès de multiples opérateurs, et l’équipe de VenturoFX n’avait pas pris la peine d’en effacer toutes les traces de ses prédécesseurs. La fenêtre de politique de retrait livrée aux clients contenait ainsi une consigne étrangère au site : « Please e-mail [email protected] with such requests ». Le domaine aydopro.com, enregistré en décembre 2025, ne répond plus lui non plus : c’est le résidu d’une exploitation antérieure du même logiciel, recouverte sans être nettoyée. Un même gabarit repris d’une marque à l’autre, c’est ce que nous avions déjà décrit à propos de bridgemarks.cc, dont la vitrine avait été suspendue, et de infinitemarkets.trade, servi sans la moindre autorisation.
La même salle de marchés accumulait les incohérences. La rubrique « Our Banking Details » restait vide : aucun nom de banque, aucun bénéficiaire, aucun IBAN, alors que le virement bancaire était proposé comme moyen de dépôt avec un délai de « 2 à 5 jours ». Les portefeuilles de cryptomonnaies affichaient « The wallet for this method is not set up » et renvoyaient vers un « agent ». Les horloges internes indiquaient une date du 1er janvier 1970, celle d’un système jamais initialisé. Surtout, la politique de retrait précisait que les demandes sont traitées « dans les 30 premiers jours suivant l’ouverture du compte », un délai qu’aucun intermédiaire régulé ne pratique, et qui servait à retenir les fonds le temps que les victimes comprennent la supercherie. Les dépôts, eux, étaient encaissés sans délai, par carte bancaire, par virement ou en cryptomonnaie, au moyen de dizaines de passerelles de paiement agrégées.
Un versement passé sur venturofx.com : réunir les pièces avant d’agir
La fermeture du site ne fait pas disparaître les versements. Si vous avez déposé de l’argent sur venturofx.com, par carte bancaire, par virement ou en cryptomonnaie, cessez d’abord toute opération nouvelle vers les coordonnées que la plateforme vous a communiquées : un compte fermé ne restitue rien, mais une somme supplémentaire envoyée au même « relationship manager » est perdue pour de bon. Rassemblez ensuite les éléments qui datent la relation : relevés de carte et confirmations de virement, justificatif d’achat de cryptomonnaies, courriels et conversations avec le gestionnaire qui vous a attribué la plateforme, captures des écrans de votre compte et de la salle de marchés. Ces pièces se conservent d’autant mieux que le site n’est plus consultable : la capture publiée par BrokerDefense peut servir de repère visuel pour décrire l’interface devant un enquêteur.
Vient ensuite le volet judiciaire. Un dépôt de plainte pour escroquerie s’adresse au procureur de la République ou passe par le portail Thésée ; la page dédiée aux procédures de plainte en détaille les étapes. Si vos versements ont été exécutés au profit d’un compte bancaire désigné par la plateforme, il faut le mentionner précisément : la banque qui a reçu ces fonds peut voir sa responsabilité recherchée pour manquement à son devoir de vigilance. Pour les paiements par carte, la contestation se fait auprès de votre banque dans les délais légaux ; pour les cryptomonnaies, la déclaration doit aussi être portée à la plateforme d’échange utilisée.
La séquence qui suit donne la parole à Maître Anne Bernard-Dussaulx (barreau de Paris), avocate partenaire de BrokerDefense : elle y décortique une fraude au faux RIB ayant détourné 200 000 € lors d’un achat immobilier, de l’interception des coordonnées bancaires à la vérification des IBAN et aux recours ouverts contre la banque. Un éclairage transposable aux versements effectués vers une plateforme dont le nom a cessé de répondre.
La disparition du site ne signifie pas que l’argent s’est évaporé sans laisser de trace. Les virements laissent une trace au nom du bénéficiaire qui les a reçus et, lorsqu’ils ont transité par une banque, celle-ci peut être interrogée sur son devoir de vigilance. Ce qui change avec la fermeture, c’est qu’il n’existe plus aucune interface pour réclamer : la preuve de la relation dépend désormais des pièces que vous avez conservées : relevés, confirmations, échanges avec le gestionnaire.
Le statut « client hold » inscrit au dossier du domaine est une décision du registrar, qui retire le nom de la zone publique. Elle intervient généralement après une vérification de coordonnées restée lettre morte ou le traitement d’un signalement. Le nom n’en est pas pour autant libéré : son échéance reste fixée au 26 mai 2027 et il demeure rattaché au même titulaire masqué.
Non. Les mises en garde des autorités n’énumèrent que les noms qui leur ont déjà été signalés ; l’absence d’un domaine de ces listes ne prouve donc rien sur sa régularité. Ici, aucun registre professionnel ne confirmait l’existence de « VenturoFX Ltd », le numéro de licence avancé ne renvoyait vers aucune société et le site ne figurait pas parmi les entités agréées par le régulateur invoqué. La vérification utile consiste à confronter l’existence légale de l’intermédiaire et son autorisation réelle, pas seulement son absence sur une liste.
venturofx.com rejoint désormais la série des plateformes de trading qui s’éteignent avant même d’avoir un an : quatre mois et demi de vitrine, une identité réglementaire empruntée, un héritage commercial inventé, des témoignages fabriqués et un nom aujourd’hui suspendu par son propre registraire. Les personnes visées étaient celles qui se croient à l’abri en se présentant comme des traders « professionnels » : exécution institutionnelle, levier maximal, gestionnaire dédié et dépôt minimal conseillé de 25 000 dollars composaient un décor destiné à faire baisser la garde avant l’ouverture du robinet à dépôts. Rien de tout cela ne survit à une vérification publique, et la fermeture brutale du nom en est la démonstration la plus récente. Comme toujours, BrokerDefense recommande de contrôler l’existence légale d’un intermédiaire et son inscription auprès d’un régulateur avant le moindre versement ; notre évaluation préalable des plateformes de trading existe précisément pour repérer ces montages avant qu’ils ne coûtent de l’argent.
Article réécrit le 15/10/2026


