Gestion-tam.com arnaque : le .com l’ignore, l’AMF maintient l’alerte

Une mise en garde de l’AMF qui survit au nom qu’elle visait

Le registre du .com ne restitue plus rien pour gestion-tam.com, alors que le régulateur maintient intacte la trace de ce nom : deux plans qui divergent, et qui résument à eux seuls la trajectoire du dossier. La fiche nominative que l’Autorité des marchés financiers consacre à l’adresse pré[email protected] est toujours accessible : l’adresse y est qualifiée d’« Usurpation » et renvoie au 08/11/2021. Le lien vers la fiche consacrée à cette adresse demeure actif : la mise en garde tient toujours.

Le fichier commun tenu par les deux autorités, AMF et ACPR, mentionne deux adresses distinctes pour ce nom : pré[email protected], inscrite dès novembre 2021, et [email protected], ajoutée en décembre 2021. Cette seconde adresse est assortie des libellés « Usurpation Professionnel » et « Crédits, livrets, paiements, assurances ». Ces inscriptions visent des adresses de courriel, non des personnes physiques identifiées.

La chronologie est instructive : le nom gestion-tam.com avait été créé le 25 octobre 2021, soit quatorze jours seulement avant que l’AMF ne publie sa première mise en garde le 08 novembre 2021. La vitrine avait été repérée dès sa mise en place, avant même que la première copie publique du site ne soit archivée le 17 novembre 2021. L’article d’origine de BrokerDefense suivait le 24 novembre 2021, et la dernière copie publique conservée date du 08 mars 2022.

Le seul repère d’enregistrement qui subsiste est réuni dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 11/10/2026

Aucune ligne d’enregistrement ne subsiste pour gestion-tam.com dans le .com

Le fichier des enregistrements, interrogé le 11 octobre 2026, ne rattache plus aucune ligne à gestion-tam.com. Il ne s’agit pas d’une simple coupure de résolution : ce nom a cessé d’être enregistré. Le fichier ne lui associe aucun contact technique, aucun prestataire d’enregistrement, aucun serveur de noms. La situation va donc bien au-delà d’un portail éteint.

Pour la résolution, le contrôle du 11 octobre 2026 montre que ni l’apex gestion-tam.com ni la forme www ne renvoient une adresse. Rien ne répond non plus côté serveurs de noms, enregistrements de messagerie ou alias. La vitrine est muette sous toutes ses formes.

Les journaux de transparence des certificats ne gardent aucune trace de chiffrement pour ce nom. Aucun domaine affilié n’y apparaît non plus. Ce constat clôt la possibilité de reconstituer, même partiellement, l’infrastructure qui soutenait la vitrine : l’identité du titulaire, celle du prestataire d’enregistrement comme celle de l’hébergeur restent hors de portée. Ce que l’on sait de l’hébergement provient de l’enquête d’origine de 2021, qui avait relevé une localisation en Islande, derrière une société écran rendant l’exploitant inidentifiable.

« Cabinet TAM » : un nom de cabinet de gestion sans société enregistrée

Le libellé « Cabinet TAM », affiché sous l’enseigne « Gestion TAM », évoquait la dénomination courte et mémorable d’une structure de gestion de patrimoine établie. Ce type de nom, sobre et professionnel, est précisément conçu pour inspirer confiance à première lecture. Aucune société réelle n’a jamais été retrouvée derrière ce libellé : aucun état civil d’entité ne peut être produit, aucun numéro d’immatriculation, aucun siège social.

Les 27 copies publiques conservées entre le 17 novembre 2021 et le 08 mars 2022 racontent ce que la vitrine proposait réellement. La toute première, datée du 17 novembre 2021, est une redirection. Toutes les suivantes affichent la même interface : une page de maintenance générique portant l’intitulé « Cabinet TAM en cours de maintenance », accompagnée du message « Si vous êtes client, vous pouvez accéder à votre compte ici » et d’un bouton intitulé « ACCES CLIENTS ». Aucune promesse de rendement, aucun descriptif de prestation, aucune présentation d’équipe, aucune mention de frais n’a jamais été archivée. Le site n’a donc jamais fonctionné comme une vitrine commerciale ordinaire : il servait uniquement de point de contact pour des personnes déjà démarchées.

Cette technique n’est pas isolée dans la vague d’usurpation de cabinets de gestion documentée à la même période. BrokerDefense avait ainsi publié un dossier sur vontobel-gestion.com, où le nom d’un établissement réputé avait été détourné selon la même technique. Quelques jours plus tard, le dossier primonial-group.fr documentait la même vague, avec le nom d’une société de gestion repris pour tromper des épargnants. Dans chacun de ces cas, la construction du nom visait à court-circuiter la méfiance naturelle des personnes contactées.

Des courriels prénom.nom@ pour obtenir pièces d’identité et ordres de virement

Le démarchage ne passait pas par le site, puisque celui-ci n’affichait qu’une page de maintenance. Il transitait par des courriels émis depuis des adresses au format pré[email protected], reproduisant exactement la convention d’un cabinet professionnel où chaque conseiller dispose de sa propre adresse nominative. Ce format est familier des épargnants qui ont déjà eu affaire à des établissements financiers légitimes, ce qui en faisait un vecteur de tromperie particulièrement efficace.

Une fois le contact établi, les demandes présentées comme de simples formalités administratives permettaient de collecter des pièces d’identité et des justificatifs de domicile. Cette étape, banalisée par la référence à des obligations réglementaires fictives, précédait les instructions de virement vers des comptes désignés par les opérateurs. Le schéma reproduit celui d’un processus d’entrée en relation classique, détourné pour capter des fonds.

Le même recensement conserve les deux adresses utilisées dans ce dispositif : pré[email protected], inscrite dès le 08 novembre 2021 sous le libellé « Usurpation », et [email protected], ajoutée en décembre 2021 avec les libellés « Usurpation Professionnel » et « Crédits, livrets, paiements, assurances ». La présence de cette seconde adresse indique que le dispositif avait élargi ses points de contact au fil des semaines.

Ce que les vérifications du jour confirment sur ce dossier

Notre relevé du 11 octobre 2026 établit plusieurs points fermes. Le titulaire du nom gestion-tam.com est aujourd’hui inconnu : le registre ne restitue plus rien, et l’hébergement islandais derrière une société écran, relevé lors de l’enquête d’origine, avait déjà rendu l’exploitant inidentifiable à l’époque. La vitrine ne répond plus sous aucune forme, et aucun certificat ne figure dans les journaux publics de transparence. Il est impossible de reconstituer la structure commerciale qui se présentait sous le nom « Cabinet TAM ».

Du côté des régulateurs, l’examen mené le 11 octobre 2026 établit que les deux adresses restent inscrites. Pour vérifier ces inscriptions, les mises en garde du régulateur restent consultables en accès libre.

Ces constats permettent d’affirmer que gestion-tam.com n’était pas un acteur autorisé, que les adresses utilisées pour le démarchage sont formellement qualifiées d’usurpation par le régulateur, et que le nom ne relève plus d’aucun titulaire identifiable. Ils laissent toutefois dans l’ombre l’identité des personnes ayant opéré derrière ce dispositif, et ne permettent pas de reconstituer les flux financiers collectés. L’anonymat organisé dès la création du nom était une composante délibérée du montage.

Conserver les messages, prévenir la banque, saisir la justice

L’absence du nom au fichier des enregistrements ne ferme pas la porte aux recours. Les personnes qui ont reçu des courriels depuis des adresses pré[email protected] ou [email protected], ou qui ont transmis des pièces d’identité à la suite de ces contacts, disposent d’éléments concrets à réunir : les messages reçus et envoyés, les éventuels accusés de réception, les extraits de compte correspondant aux virements opérés vers les comptes désignés.

La première démarche auprès de la banque consiste à contester le virement en signalant qu’il a été effectué à la suite d’une usurpation d’identité d’un professionnel financier. Cette contestation doit être formalisée par écrit et accompagnée des preuves du démarchage frauduleux, notamment les courriels reçus depuis les adresses gestion-tam.com. L’identification de l’intermédiaire bancaire ayant reçu les fonds reste possible à partir des relevés, même si ce nom n’est plus enregistré.

Sur le plan pénal, une plainte peut être déposée pour escroquerie et usurpation d’identité. La page consacrée à les étapes concrètes à suivre pour un dépôt de plainte détaille la procédure applicable à ce type de dossier. Les pièces à réunir comprennent l’ensemble de la correspondance, les justificatifs de virement, et toute capture d’écran de la page de maintenance « Cabinet TAM » ou du bouton « ACCES CLIENTS » que la personne concernée aurait conservée.

Maître Caroline Willm, avocate, dont le barreau se trouve à Paris, a accordé un entretien dans lequel elle expose la notion d’extranéité, c’est-à-dire la configuration où les fonds ont transité par des établissements situés hors de France, et ce que cette situation modifie concrètement pour les démarches des victimes : compétence des juridictions, coopération internationale, délais et points de vigilance spécifiques.

FAQ : un courriel reçu de gestion-tam.com, quelles suites ?

gestion-tam.com ne relève plus d’aucun titulaire : qu’est-ce que cela change ?

Non. Le domaine n’est plus enregistré et la vitrine ne répond plus, mais les inscriptions de l’AMF et de l’ACPR demeurent actives au 11 octobre 2026. La mise en garde publiée le 08 novembre 2021 pour l’adresse pré[email protected], et celle ajoutée en décembre 2021 pour [email protected], restent consultables. Le retrait du nom ne vaut pas clôture des recours pour les personnes qui ont été contactées.

Un courriel reçu d’une adresse pré[email protected] est-il encore dangereux aujourd’hui ?

Le domaine n’est plus enregistré et aucun serveur de messagerie n’est actif pour lui, ce qui rend l’émission de nouveaux courriels depuis ces adresses techniquement impossible dans l’état actuel. Toutefois, si un message de ce type est conservé dans une boîte de réception, il constitue une pièce à valeur probatoire : il ne faut pas le supprimer. Tout contact récent se réclamant de « Cabinet TAM » ou de « Gestion TAM » par un autre canal doit être traité comme une tentative d’escroquerie et signalé au régulateur.

Une personne ayant transmis ses pièces d’identité et effectué un virement suite aux instructions reçues peut-elle encore agir ?

Oui. La transmission de pièces d’identité à la suite d’un démarchage par courriel pré[email protected], suivie d’un virement vers un compte désigné, constitue un faisceau d’éléments suffisant pour engager une démarche pénale et une contestation bancaire. Il convient de rassembler l’ensemble des messages reçus, les références du virement et tout document remis, puis de contacter sa banque par écrit et de déposer une plainte. La page dédiée aux démarches pénales sur BrokerDefense détaille la procédure applicable.

Le dossier gestion-tam.com illustre une situation désormais bien documentée : un nom créé le 25 octobre 2021, une page de maintenance affichant « Cabinet TAM en cours de maintenance » et un bouton « ACCES CLIENTS » comme seul contenu visible, des courriels au format prénom.nom@ pour collecter des pièces d’identité et déclencher des virements, puis un nom dont le fichier des enregistrements ne garde plus rien. Pour les personnes qui ont suivi ces instructions, les recours restent ouverts, à condition de ne pas attendre et de conserver chaque pièce en leur possession.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 11/10/2026

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