Sommaire
- Totalfxtrader.com : plus rien au fichier des enregistrements
- Capital Markets Australia, la société australienne utilisée comme caution
- Un faux gérant, une adresse londonienne et un numéro ASIC recopié
- Ce que les contrôles menés le 3 octobre 2026 ont établi
- Les moyens d’action encore ouverts aux épargnants
- Les pièces à rassembler pour appuyer une plainte
- Trois sujets qui reviennent dans les messages reçus
Totalfxtrader.com : plus rien au fichier des enregistrements
Au 3 octobre 2026, le nom totalfxtrader.com ne donne lieu à aucune résolution : aucune réponse ne lui est associée, qu’il s’agisse d’un serveur, d’une messagerie, d’un enregistrement de texte ou d’un serveur de noms. Ce constat va cependant plus loin qu’une simple interruption technique.
L’interrogation du fichier des enregistrements de l’extension .com, conduite à la même date, ne retourne plus la moindre ligne à ce nom. Le domaine n’est donc plus enregistré au sens propre : il n’existe pas de titulaire identifiable, pas de bureau d’enregistrement auquel s’adresser, pas de date d’ouverture ni d’échéance consultable. L’infrastructure administrative qui soutient ordinairement un nom de domaine a entièrement disparu.
Nos recherches dans les journaux publics de certificats n’ont relevé aucune émission de certificat TLS pour ce nom, quelle que soit la période considérée. Cela signifie que le site n’a jamais proposé de connexion chiffrée, même durant la brève fenêtre au cours de laquelle une vitrine a pu être servie. Deux captures datées du 28 décembre 2021 bornent cette fenêtre, mais elles ne conservent aucun contenu exploitable : aucune copie publique des pages ne subsiste.
La conséquence directe de ces constats réunis est qu’aucun acteur ne peut plus être rattaché à ce domaine. Titulaire, bureau d’enregistrement, serveur, adresse de contact : chaque maillon de la chaîne administrative a disparu, ce qui rend toute remontée vers les exploitants hors de portée.
Pour retrouver la trace administrative de ce domaine, une seule source publique demeure consultable : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 03/10/2026
Capital Markets Australia, la société australienne utilisée comme caution
Capital Markets Australia Pty Ltd est une société australienne réelle, immatriculée auprès de l’ASIC sous le numéro 638 330 042. Elle n’entretient aucun lien avec le domaine totalfxtrader.com ni avec les personnes qui l’ont exploité : c’est elle qui a subi la reprise de son identité, et non l’une de ses émanations.
L’article d’origine, publié le 25 septembre 2021, avait constaté que les échanges produits par les opérateurs de ce nom citaient une partie des données d’immatriculation de cette société, en les associant à un numéro différent, CS536118, qui n’est pas le sien. Ce décalage entre un nom réel et un numéro inventé est précisément le signe d’une usurpation : la légitimité d’un opérateur existant est empruntée pour rassurer des épargnants, sans que cet opérateur en ait connaissance ni y ait consenti.
La reprise de l’identité d’une société réelle à des fins de démarchage n’est pas un cas isolé dans les dossiers que nous traitons. Le dossier Ogm-portail.com, de la même période, porte sur un nom inscrit sur la liste d’un régulateur et depuis disparu du registre et du système de noms de domaine. Dans un registre plus récent, le dossier Starffx documente un montage bâti sur une fausse inscription australienne et la reprise du nom d’un courtier réel, selon une logique très proche de celle observée ici.
Capital Markets Australia Pty Ltd n’a rien à voir avec les pratiques décrites dans cet article. Toute confusion entre la société australienne et les opérateurs de totalfxtrader.com doit être écartée.
Un faux gérant, une adresse londonienne et un numéro ASIC recopié
Le mécanisme documenté à l’époque reposait sur plusieurs éléments de mise en scène combinés. Un interlocuteur se présentait sous le nom de Thomas St Clair, affirmant exercer la fonction de gérant de portefeuille clients. Il approchait les épargnants et utilisait l’adresse électronique [email protected] comme canal de démarchage.
Au moment même où ces échanges avaient lieu, la vitrine associée au domaine ne s’ouvrait déjà pas : le nom servait donc essentiellement de support à une adresse de messagerie présentée comme professionnelle, sans que le site correspondant soit accessible à quiconque souhaitait vérifier l’existence de la structure.
Le dossier revendiquait une adresse physique située au 25 Canada Square, E14 5LB, dans le quartier d’affaires londonien, ainsi qu’une reconnaissance par l’autorité britannique des marchés financiers. Nos recherches n’ont trouvé, au registre des sociétés du Royaume-Uni, aucune entité correspondant à cette dénomination : ni l’adresse prestigieuse ni la référence réglementaire ne reposaient donc sur un fondement vérifiable.
À ces éléments s’ajoutait la citation de Capital Markets Australia Pty Ltd, assortie d’un numéro d’immatriculation différent de celui que détient réellement cette société auprès de l’ASIC. Ce détail révèle la méthode : emprunter le nom d’un opérateur réel tout en brouillant les références chiffrées, de façon à rendre toute vérification rapide difficile. Seules les personnes qui ont exploité ce domaine sont visées par les faits décrits ici ; aucun homonyme ni aucun tiers au nom proche n’est concerné.
Ce que les contrôles menés le 3 octobre 2026 ont établi
Le 3 octobre 2026, nos recherches ont porté sur plusieurs registres et listes de référence. La consultation, le 3 octobre 2026, des listes publiées par l’AMF, tous fichiers confondus, ne retourne aucune ligne correspondant à cette dénomination. La même recherche conduite du côté de l’autorité chypriote et du registre des sociétés du Royaume-Uni n’a rien retourné non plus.
L’absence de copie publique exploitable des pages empêche toute reconstitution du contenu de la vitrine. Les deux captures datées du 28 décembre 2021 bornent la fenêtre durant laquelle le site a pu être accessible, mais elles ne conservent pas le contenu que les visiteurs auraient pu lire. Il est donc impossible d’établir avec certitude ce qui y était affiché.
Ces constats permettent d’affirmer qu’il n’existe plus aucun point d’entrée technique ou administratif vers ce nom, et qu’aucune autorité de régulation consultée n’en a connaissance dans ses listes publiées. En revanche, ils ne permettent pas d’identifier les personnes physiques ayant opéré sous ce nom, ni de reconstituer l’étendue exacte du démarchage conduit à l’époque.
Les moyens d’action encore ouverts aux épargnants
La disparition du nom de domaine ne clôt pas les recours disponibles pour les personnes qui ont été démarchées. Les relevés bancaires constituent la première pièce à solliciter : ils permettent de retracer les virements effectués et d’identifier l’établissement qui a reçu les fonds, lequel peut être mis en cause sur le fondement de sa propre obligation de vigilance.
La recherche de l’intermédiaire ayant servi de canal entre l’épargnant et les opérateurs du domaine reste également possible. Si le contact s’est noué par l’intermédiaire d’une plateforme, d’un réseau social ou d’une messagerie tierce, les éléments techniques liés à ces échanges peuvent être préservés et produits à l’appui d’une procédure.
La responsabilité de l’établissement bancaire qui a exécuté les ordres de virement peut être soulevée, notamment lorsque les fonds ont été dirigés vers des comptes ouverts hors de l’Union européenne ou lorsqu’aucun contrôle sérieux n’a été exercé sur l’origine des sommes. Cette action se conduit indépendamment de la plainte au pénal, et les deux peuvent avancer en parallèle.
Quelles que soient les démarches envisagées, leur fondement repose sur les pièces conservées : il importe de ne rien supprimer, ni les courriels reçus depuis l’adresse de démarchage, ni les ordres de virement, ni aucun échange écrit lié à ce dossier.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate, barreau parisien, revient dans l’entretien ci-dessous sur la mise en cause pénale des escrocs, sur les conditions dans lesquelles une arrestation et une mise en examen des auteurs peuvent intervenir, et sur ce que les victimes peuvent concrètement attendre d’une procédure engagée jusqu’à son terme.
Les pièces à rassembler pour appuyer une plainte
Les fonds concernés dans ce dossier ont transité par des virements bancaires sollicités par un interlocuteur se présentant comme gérant de portefeuille et joignable par courrier électronique. Ce canal particulier laisse des traces écrites que les personnes démarchées doivent conserver dans leur intégralité : chaque message reçu depuis l’adresse [email protected], chaque réponse envoyée, ainsi que tout document transmis au cours des échanges.
Les ordres de virement exécutés constituent la pièce centrale d’un dossier pénal. Il convient de les réunir avec leurs confirmations bancaires, en notant le bénéficiaire, le montant et la date de chaque opération. Ces éléments permettront à un enquêteur ou à un magistrat de matérialiser le préjudice et d’identifier le destinataire des fonds.
Si des documents ont été fournis pour appuyer la prétendue régularité du service, comme une copie d’agrément, une fiche de présentation de la société ou un relevé de performance, ils doivent être conservés tels quels, même s’ils paraissent faux : leur production permettra d’établir la tromperie.
Pour structurer la démarche et comprendre les étapes qui suivent le dépôt d’un signalement, nous renvoyons à notre guide consacré à la plainte pour escroquerie.
Trois sujets qui reviennent dans les messages reçus
Aucun élément ne confirme cette qualité. L’article d’origine avait constaté qu’aucune inscription correspondant à ce nom ni à la structure présentée n’existait auprès de l’autorité britannique des marchés financiers. L’adresse revendiquée au 25 Canada Square et la référence à un agrément régulateur n’ont jamais pu être vérifiées, et nos recherches menées en octobre 2026 n’ont rien retourné non plus.
Non. Capital Markets Australia Pty Ltd est une société australienne réelle, immatriculée auprès de l’ASIC sous le numéro 638 330 042. Son identité a été reprise sans son consentement pour donner une apparence de légitimité aux échanges conduits sous ce nom de domaine. Elle est victime de cette usurpation et n’est en aucun cas liée aux opérateurs de totalfxtrader.com.
Oui. La disparition du domaine ne supprime pas les voies de recours. Les relevés bancaires, les courriels échangés depuis l’adresse [email protected] et les ordres de virement constituent des preuves exploitables dans le cadre d’une plainte pénale ou d’une mise en cause de l’établissement ayant reçu les fonds. Il est conseillé de rassembler ces pièces sans délai et de consulter un professionnel pour évaluer les démarches adaptées à votre situation.
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Article réécrit le 03/10/2026


