Le 25 novembre 2019, la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier, régulateur luxembourgeois) a publié un avertissement public contre le site al-investements.com, qui se faisait passer pour l’organisme de placement collectif luxembourgeois AL Investments : une entité sans agrément, sans existence légale vérifiable, prétendant exercer depuis le Luxembourg sans y détenir le moindre agrément. Aujourd’hui, le nom de domaine a disparu du registre .com, effacé jusqu’à la dernière donnée d’enregistrement. Il ne reste rien : ni serveur, ni bureau d’enregistrement, ni date de création, ni contenu archivé.
Cette disparition ne réduit pas le risque pour les personnes qui ont confié des fonds à cette plateforme entre 2019 et les années suivantes. Les faux gestionnaires de patrimoine laissent rarement de traces exploitables une fois leur vitrine démantelée. C’est précisément pourquoi documenter le mode opératoire de sites comme al-investements.com reste indispensable : pour aider les victimes à comprendre ce qui s’est passé et à engager les démarches appropriées.
BrokerDefense avait alerté sur ce site dès le 19 novembre 2019, quelques jours avant l’intervention du régulateur. Cette mise à jour compile l’ensemble des constats, des faits établis par la CSSF et l’état actuel du domaine vérifié au 24 août 2026.
Sommaire
- La CSSF a dénoncé l’usurpation d’AL Investments dès novembre 2019
- Deux dénominations sur le site, aucune société dans les registres
- AL Investments, un OPCVM luxembourgeois bien réel, sans lien avec le site
- Un domaine rayé du registre .com, plus aucune trace en ligne
- Une unique trace en 2024 : une redirection, puis le silence
- Vous avez investi avec AL Investments : les démarches à engager
- FAQ : ce que les victimes de l’arnaque AL Investments doivent savoir
La CSSF a dénoncé l’usurpation d’AL Investments dès novembre 2019
Dans son communiqué du 25 novembre 2019, la CSSF a signalé qu’une entité se présentait comme gestionnaire de patrimoine et conseiller en investissement sous la dénomination AL Investments, en affirmant être établie au 5 Allée Scheffer à Luxembourg. Cette adresse, située dans un quartier d’affaires de la capitale luxembourgeoise, conférait une apparence de sérieux à la démarche commerciale du site. Pourtant, la CSSF a été formelle : cette entité ne disposait d’aucun agrément pour la prestation de services d’investissement ou d’autres services financiers au Luxembourg ou à partir du Luxembourg. Elle n’était inscrite dans aucun registre officiel de la CSSF et n’était soumise à aucune supervision réglementaire.
Le régulateur a également précisé que l’organisme de placement collectif de droit luxembourgeois portant la dénomination AL Investments, dûment agréé et soumis à la loi du 17 décembre 2010 sur les organismes de placement collectif, n’avait strictement aucun lien avec le site visé par l’avertissement. L’usurpation était donc doublement caractérisée : une adresse physique empruntée, un nom réel détourné. Vous pouvez consulter l’avertissement publié par la CSSF le 25 novembre 2019 pour en lire le texte intégral.
Dernière mise à jour : 24/08/2026
Deux dénominations sur le site, aucune société dans les registres
L’enquête publiée par BrokerDefense le 19 novembre 2019 avait relevé une première anomalie frappante : selon les pages du site, la plateforme se présentait tantôt sous la dénomination « AL Investments », tantôt sous celle d' »AL Investments Gestion Privée ». Cette incohérence dans l’identité affichée est caractéristique des vitrines frauduleuses, qui construisent leur apparence au fil des pages sans souci de cohérence juridique, faute précisément d’existence juridique réelle.
Aucune société portant l’un ou l’autre de ces noms ne figurait dans les listes publiées par la CSSF au moment de l’enquête. La plateforme tentait par ailleurs de se faire passer pour la société Andalis, une entité réellement inscrite auprès du régulateur luxembourgeois. Or, nos recherches n’avaient recensé aucune fusion, aucun changement de dénomination ni aucune cession d’activité d’Andalis qui aurait pu justifier un quelconque lien avec le site al-investements.com. Il s’agissait d’une tentative d’adossement à une société réelle pour emprunter sa crédibilité réglementaire, sans aucun fondement légal.
AL Investments, un OPCVM luxembourgeois bien réel, sans lien avec le site
La CSSF a pris soin de le préciser dans son avertissement : il existe bien, au Luxembourg, un organisme de placement collectif (OPCVM) agréé portant la dénomination AL Investments. Cet organisme est soumis à la loi luxembourgeoise du 17 décembre 2010 sur les organismes de placement collectif, qui encadre strictement la gestion collective, les obligations de transparence et la protection des investisseurs. Il s’agit d’une structure réglementée, supervisée, totalement étrangère au site al-investements.com.
C’est précisément ce mécanisme que les opérateurs du site ont cherché à exploiter. En empruntant le nom d’une entité réellement agréée au Luxembourg, ils espéraient bénéficier, par association, de la confiance attachée à cette structure. Un investisseur qui aurait effectué une recherche rapide sur « AL Investments Luxembourg » aurait pu tomber sur des références à l’OPCVM légitime et conclure, à tort, que le site était lié à une entité supervisée. Ce type de confusion délibérément entretenue est l’un des ressorts les plus efficaces des arnaques dites au « faux gestionnaire de patrimoine ».
Un domaine rayé du registre .com, plus aucune trace en ligne
Vérifié le 24 août 2026, le nom de domaine al-investements.com a été intégralement supprimé du registre .com administré par Verisign. L’interrogation des données d’enregistrement publiques ne retourne plus que la mention « Domain not found » : plus aucun bureau d’enregistrement listé, plus aucune date de création ni d’expiration, plus aucune donnée d’enregistrement d’aucune sorte. Le nom ne pointe vers aucun serveur, aucune adresse IP ne lui est associée, aucun échange de courrier n’est possible. Il ne s’agit pas d’un simple arrêt du site ni d’une expiration non renouvelée : c’est une suppression complète du nom, une radiation qui efface jusqu’à l’historique de son inscription.
Cette disparition radicale est cohérente avec le cycle de vie habituel des vitrines frauduleuses : une fois l’activité terminée, les opérateurs ne se contentent pas de couper l’accès, ils suppriment les traces pouvant faciliter leur identification. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une unique trace en 2024 : une redirection, puis le silence
Les archives web ne conservent qu’une seule capture liée au domaine al-investements.com : le 18 février 2024, un robot d’archivage a enregistré une redirection HTTP de type 301 sur la page d’accueil du site. Aucun contenu n’a été capturé, aucune page archivée dans son contenu réel. Sur toute la durée d’existence du site, aucune archive de fond n’a été constituée : pas de textes, pas d’interfaces, pas de grilles tarifaires, rien qui permette de reconstituer ce que la plateforme proposait aux visiteurs.
Cette absence d’archive n’est pas anodine. Elle est cohérente avec une vitrine éphémère, conçue pour fonctionner le temps d’une campagne de démarchage avant de se fermer sans laisser de traces exploitables. La redirection capturée en 2024 est le dernier signal avant le silence complet.
Vous avez investi avec AL Investments : les démarches à engager
Si vous avez versé des fonds à la plateforme al-investements.com dans le cadre de services présentés comme de la gestion de patrimoine ou du conseil en investissement, la première priorité est de rassembler et de sécuriser toutes les preuves disponibles. Cela inclut les captures d’écran des pages du site consultées à l’époque, les relevés de virements effectués, les échanges de courriels avec les interlocuteurs de la plateforme, ainsi que tout document remis lors de la souscription ou attestant des versements réalisés. Ces éléments seront indispensables pour toute démarche ultérieure.
Il convient ensuite de signaler les faits aux autorités compétentes. En France, cela passe notamment par un dépôt de plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, et par un signalement à l’AMF. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes. Prendre contact avec un avocat spécialisé en droit financier ou en droit pénal des affaires reste également une étape clé pour évaluer les voies de recours civiles et pénales disponibles selon votre situation.
Le cas d’al-investements.com n’est pas isolé : BrokerDefense a documenté des schémas similaires, comme celui de wcifund.com, autre vitrine d’arnaque dénoncée par la CSSF qui a fini par disparaître de la même façon, ou encore celui de byblos-holding.com, qui reposait sur l’usurpation d’une société d’investissement réelle pour attirer les victimes. Ces cas montrent que l’effacement du domaine ne met pas fin aux conséquences pour les personnes lésées, et que des recours restent possibles même après la disparition du site.
Pour évoquer votre situation et les recours possibles, Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris, revient sur ce type de dossiers de faux investissement, l’indemnisation des victimes et les recours précontentieux.
FAQ : ce que les victimes de l’arnaque AL Investments doivent savoir
Non. Au 24 août 2026, le nom de domaine al-investements.com a été intégralement supprimé du registre .com : les données d’enregistrement publiques ne retournent plus que la mention « Domain not found ». Le nom ne pointe vers aucun serveur, aucune adresse IP ne lui est associée et aucun contenu n’est accessible. Il s’agit d’une suppression complète, plus définitive qu’un simple arrêt du site.
Il existe bien un organisme de placement collectif (OPCVM) agréé au Luxembourg portant la dénomination AL Investments, soumis à la loi du 17 décembre 2010 sur les organismes de placement collectif. Mais la CSSF a formellement confirmé que cet organisme n’avait aucun lien avec le site al-investements.com. Les opérateurs du site ont utilisé ce nom pour créer une confusion délibérée avec une entité réglementée, sans en avoir le moindre droit.
Commencez par rassembler toutes les preuves disponibles : relevés de virements, échanges de courriels, captures d’écran des pages du site et tout document remis lors de la souscription. Signalez ensuite les faits aux autorités compétentes (police, gendarmerie, AMF) et consultez un avocat spécialisé pour évaluer vos recours. La disparition du domaine ne ferme pas toutes les voies : des démarches pénales et civiles restent possibles même après l’effacement du site.
Les personnes qui ont confié des fonds à al-investements.com dans le cadre de prétendus services de gestion de patrimoine se retrouvent aujourd’hui face à une vitrine intégralement effacée, sans interlocuteur identifiable et sans aucun contenu archivé permettant de reconstituer les engagements pris. Cette situation, caractéristique du mode opératoire des faux gestionnaires de patrimoine qui usurpent le nom d’un OPCVM luxembourgeois réel pour crédibiliser leur démarche, ne doit pas conduire à l’abandon de tout recours. Les preuves constituées à l’époque des versements et les échanges conservés restent des éléments déterminants. BrokerDefense rappelle qu’avant tout versement à une plateforme de gestion de patrimoine ou de conseil en investissement, la vérification de l’agrément auprès du régulateur du pays concerné est une étape non négociable : la CSSF, l’AMF et leurs homologues européens publient des listes à jour des entités autorisées, consultables gratuitement en ligne.
Article réécrit le 24/08/2026


