Le 12 avril 2025, BrokerDefense documentait la façade de trading « IBC CPT », hébergée sur ibcmarkets.io et présentée comme une plateforme d’investissement accessible à tous. Le 5 septembre 2026, les vérifications conduites par la rédaction établissent que ce nom et celui qu’avait inscrit l’Autorité des marchés financiers deux jours avant la publication de l’enquête, à savoir ibc-cpt.org, ont tous deux disparu des registres de noms de domaine qui les hébergeaient.
Sommaire
- IBC CPT : les deux noms de la façade effacés des registres en 2026
- « Ouvrez la porte à des opportunités de trading illimitées » : la promesse d’avril 2025
- Une adresse de la City de Londres posée sur une coquille vide
- Aucune société identifiable, aucun agrément, une seule adresse email
- L’AMF avait inscrit ibc-cpt.org deux jours avant l’enquête
- Après un versement à IBC CPT : les démarches à engager
- IBC CPT : les réponses à vos questions
IBC CPT : les deux noms de la façade effacés des registres en 2026
Les vérifications du 5 septembre 2026 ont confirmé une situation inédite dans ce dossier : les deux adresses sous lesquelles la façade « IBC CPT » s’était présentée ont été supprimées de leurs registres respectifs, sans laisser la moindre trace d’enregistrement. Le premier nom, ibcmarkets.io, celui que l’enquête BrokerDefense du 12 avril 2025 avait documenté comme point de contact principal du dispositif, ne résolvait plus à cette date. Le registre du .io, géré par Identity Digital, ne contenait plus aucune fiche le concernant : la réponse retournée était une absence totale d’enregistrement, comme si ce nom n’avait jamais existé dans la base de données officielle.
Dernière mise à jour : 05/09/2026
Le deuxième nom, ibc-cpt.org, a connu un sort identique. C’est cette adresse que l’Autorité des marchés financiers avait inscrite sur sa liste noire le 10 avril 2025, soit deux jours avant la publication de l’enquête BrokerDefense. Le registre du .org, géré par le Public Interest Registry, ne contenait lui non plus aucune fiche d’enregistrement au 5 septembre 2026 : le nom a été rayé du registre, sans substance administrative subsistante. Ces deux suppressions simultanées, dans deux registres distincts, témoignent d’une disparition organisée de l’empreinte numérique du dispositif. La mise en garde publiée par l’AMF à propos de ibc-cpt.org, elle, reste consultable en ligne et continue de signaler le risque aux épargnants qui effectuent des recherches sur ce nom.
« Ouvrez la porte à des opportunités de trading illimitées » : la promesse d’avril 2025
L’enquête publiée le 12 avril 2025 décrivait une vitrine soigneusement construite pour inspirer confiance. Le slogan affiché en évidence, « Ouvrez la porte à des opportunités de trading illimitées », donnait le ton d’un discours commercial axé sur l’abondance et l’accessibilité. La charte graphique bleue, le logo épuré et la mise en page léchée contribuaient à donner une apparence de sérieux à un dispositif qui, comme le relevait l’enquête de l’époque, ne reposait sur aucune réalité vérifiable.
La plateforme se décrivait elle-même comme un acteur engagé, professionnel et soucieux de ses utilisateurs, promettant un « environnement sécurisé, transparent, orienté utilisateur ». Les produits proposés couvraient un spectre très large : actions, forex, indices, cryptomonnaies, contrats sur ETF et matières premières. Cette diversité apparente visait à rassurer des épargnants aux profils variés, en leur laissant croire que chaque type d’actif financier était accessible depuis une seule et même plateforme réglementée. L’enquête d’avril 2025 relevait également la présence d’une offre de « formation » au trading, élément classique dans les dispositifs qui cherchent à retenir l’attention du prospect avant de le convaincre de déposer des fonds.
Le système de comptes à paliers, baptisés « Bronze », « Silver », « Gold » et « Platinum », avait été décrit dans l’enquête comme un mécanisme destiné à pousser progressivement l’épargnant vers des engagements financiers croissants. Chaque niveau supérieur était présenté comme l’accès à de meilleures conditions, à davantage de services, à des gestionnaires de compte dédiés : autant d’incitations à verser toujours plus, dans un dispositif dont les interlocuteurs ne disposaient d’aucune qualification ni d’aucun mandat légal.
Une adresse de la City de Londres posée sur une coquille vide
Parmi les éléments relevés par l’enquête d’avril 2025 figurait l’adresse affichée en bas de page de la vitrine : « The Leadenhall Building, 122 Leadenhall St, London EC3V 4AB ». Ce bâtiment existe bel et bien dans la City de Londres ; il s’agit d’un gratte-ciel emblématique, siège d’acteurs reconnus du secteur financier et de l’assurance. Afficher une telle adresse n’est pas anodin : pour un épargnant peu familier des pratiques des fausses plateformes de trading, la référence à un immeuble aussi identifiable dans l’un des quartiers financiers les plus réputés d’Europe peut suffire à dissiper les doutes.
Le constat de l’époque était cependant sans équivoque : rien ne reliait IBC CPT à ce bâtiment. Aucun contrat de domiciliation, aucune présence physique vérifiable, aucun document public ne permettait d’établir un lien entre la façade numérique et cette adresse. Il s’agissait d’un nom de lieu prestigieux posé sur une structure sans épaisseur, une technique bien connue des enquêteurs spécialisés dans la fraude à l’investissement, qui consiste à emprunter la crédibilité d’un lieu réel sans en détenir la moindre légitimité.
Aucune société identifiable, aucun agrément, une seule adresse email
L’enquête du 12 avril 2025 avait mis en évidence l’absence totale de toute information permettant d’identifier l’entité exploitant la plateforme. Aucun nom de société n’était mentionné, aucun numéro d’enregistrement commercial, aucun pays de rattachement juridique, aucun dirigeant, aucune équipe présentée, aucune société mère. Cette opacité systématique n’est pas le signe d’un oubli ou d’une négligence : dans les plateformes de trading sans agrément, elle constitue un choix délibéré pour éviter toute traçabilité en cas de plainte ou d’enquête réglementaire.
Aucune trace d’un agrément délivré par la Financial Conduct Authority britannique, l’Autorité des marchés financiers française ou l’autorité chypriote CySEC n’avait pu être trouvée au moment de l’enquête. Le seul point de contact documenté était l’adresse électronique [email protected] et un numéro de téléphone à indicatif +44, partiellement masqué dans le dossier d’enquête. Ces coordonnées, insuffisantes pour identifier un interlocuteur réel ou saisir une autorité de tutelle, constituaient l’unique passerelle entre les victimes potentielles et des interlocuteurs dont l’identité demeurait totalement inconnue. Le verdict formulé dans l’enquête d’avril 2025 était sans nuance : façade de trading frauduleuse.
La plateforme finvestai.org, blacklistée par l’AMF et elle aussi disparue des registres, avait été documentée par BrokerDefense en juin 2025 selon un schéma comparable : aucune société identifiable, aucun agrément, une présentation soignée masquant un vide juridique complet. De même, la fausse plateforme crypto abc2.fr, dont le nom a été supprimé du registre après l’enquête BrokerDefense de juin 2025, illustre le fait que d’autres vitrines de trading liées aux crypto-actifs ont connu ce même destin de disparition, leurs noms ne figurant plus dans les registres après avoir été signalées.
L’AMF avait inscrit ibc-cpt.org deux jours avant l’enquête
Le 10 avril 2025, l’AMF inscrivait ibc-cpt.org sur sa liste noire des acteurs non autorisés proposant des produits dérivés sur crypto-actifs. Deux jours plus tard, BrokerDefense publiait son enquête sur le dispositif « IBC CPT », documenté sous l’adresse ibcmarkets.io. Ces deux démarches, menées de façon indépendante à deux jours d’intervalle, pointaient vers le même dispositif, présenté sous deux noms de domaine distincts mais portant la même identité commerciale et les mêmes caractéristiques opérationnelles.
Il est important de souligner la chronologie avec précision : l’inscription de l’AMF précédait l’enquête BrokerDefense de deux jours. L’autorité réglementaire française avait donc identifié et signalé le risque avant même la publication de l’analyse de la rédaction. La mise en garde de l’AMF consacrée à ibc-cpt.org reste accessible en ligne au 5 septembre 2026, permettant à tout épargnant de vérifier le statut de ce nom auprès d’une source officielle.
Les vérifications effectuées le 5 septembre 2026 sur l’état du nom ibc-cpt.org confirment qu’il ne résolvait plus et qu’aucune fiche d’enregistrement ne subsistait dans le registre du .org. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Après un versement à IBC CPT : les démarches à engager
Les personnes ayant versé des fonds à IBC CPT l’ont fait dans le cadre d’une promesse de trading sur actions, forex, cryptomonnaies, ETF ou matières premières, après un démarchage en ligne ou une inscription sur ibcmarkets.io. Les échanges avec la plateforme se limitaient, selon le dossier d’enquête, à des contacts avec de prétendus « managers de compte » dont l’identité réelle n’était pas établie, et à l’adresse électronique [email protected]. Si un numéro à indicatif +44 était affiché, aucun interlocuteur identifiable n’était joignable de façon vérifiable. Face à cette configuration, la première urgence est de cesser immédiatement tout nouveau versement et de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de la plateforme et de ses offres de comptes, confirmations de virements, relevés bancaires, courriels reçus de [email protected], historiques de conversation avec les faux gestionnaires de compte.
La mise en garde de l’AMF consacrée à ibc-cpt.org constitue un élément de preuve officiel qu’il convient de joindre à tout signalement ou à toute plainte. Le dépôt d’une plainte pénale pour escroquerie est une démarche que les victimes de ce type de dispositif peuvent envisager sans délai : pour en connaître les modalités pratiques, il est possible de consulter notre page consacrée au dépôt de plainte. Par ailleurs, informer sa banque des virements effectués au profit de la plateforme peut permettre, dans certains cas, d’explorer des voies d’indemnisation. Pour un accompagnement personnalisé dans l’analyse du dossier et l’orientation vers les démarches les mieux adaptées à chaque situation, il est possible de contacter le service d’aide aux victimes de BrokerDefense.
Lorsque des fonds ont quitté un compte bancaire français en direction d’une façade de trading sans agrément et sans identité vérifiable, la question du devenir de ces virements mérite d’être examinée sous un angle souvent méconnu des épargnants. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, a analysé une décision rendue par une cour d’appel dans une affaire où une banque avait laissé partir des virements vers une plateforme d’investissement frauduleuse sans alerter son client. La cour a retenu la responsabilité de l’établissement bancaire pour manquement à son devoir de vigilance et a ordonné l’indemnisation de la victime. Ce précédent, issu d’une condamnation réelle, illustre qu’une voie de recours supplémentaire peut exister au-delà de la plainte pénale, notamment lorsque la banque aurait dû détecter et signaler des opérations anormales.
IBC CPT : les réponses à vos questions
Non : l’enquête publiée par BrokerDefense le 12 avril 2025 décrivait une façade de trading sans société identifiable, sans agrément et sans adresse vérifiable, qui promettait des gains sur actions, forex, cryptomonnaies, ETF et matières premières. L’AMF avait inscrit ibc-cpt.org, l’autre adresse du dispositif, sur sa liste noire deux jours plus tôt. Rien ne permettait de considérer IBC CPT comme un intermédiaire financier établi.
Non : le 5 septembre 2026, le nom ne résolvait plus et le registre du .io ne contenait plus aucune fiche d’enregistrement le concernant. Il en va de même pour ibc-cpt.org, l’adresse inscrite par l’AMF le 10 avril 2025, qui a disparu du registre du .org. Les deux noms sous lesquels la façade s’était présentée ont donc été effacés, tandis que la mise en garde de l’AMF reste consultable.
Ne procédez à aucun versement supplémentaire, rassemblez toutes les preuves (captures d’écran de la plateforme et des plans d’investissement, relevés de virements, courriels échangés avec [email protected], historiques de conversation avec les faux « managers de compte »), signalez les opérations à votre banque dans les meilleurs délais et envisagez de porter plainte. Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense peut analyser votre dossier et vous orienter vers les démarches adaptées.
Les personnes ayant fait confiance à IBC CPT et versé des fonds sur ibcmarkets.io dans l’espoir de réaliser des gains en trading se trouvent aujourd’hui face à une double réalité : la plateforme n’existe plus sous aucun de ses deux noms, et les recours possibles supposent d’agir rapidement, avec des preuves rassemblées avec soin. La vérification préalable de l’agrément d’un intermédiaire financier, de l’identité réelle de la société qui le gère et de la cohérence entre l’adresse affichée et une présence légalement établie constitue un rempart essentiel contre ce type de dispositif. Aucune plateforme sérieuse ne se présente sans dénomination sociale, sans numéro d’enregistrement et sans régulateur identifiable. Les épargnants qui ont eu affaire à IBC CPT ne sont pas seuls face à cette situation, et des démarches concrètes, tant pénales qu’auprès des établissements bancaires ayant traité les virements, peuvent être envisagées avec l’accompagnement de professionnels compétents.
Article réécrit le 05/09/2026


