Depuis le 21 septembre 2026, le nom de domaine vendome-participations-3.com figure au répertoire public que tiennent conjointement l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et l’Autorité des marchés financiers. Deux libellés l’y accompagnent : « Crédits livrets paiements assurances » d’un côté, « Usurpation Professionnel » de l’autre. Aucun des deux ne décrit une vitrine ; le second nomme le procédé.
Le nom, lui, n’ouvre plus sur rien. Interrogé aujourd’hui, il ne rend aucune adresse, ni sous sa forme nue, ni précédé de www. Aucun certificat de sécurité ne lui a jamais été délivré, aucune trace de ses pages n’a été gardée par un service public, et le service de notation qui l’a examiné le place au plus bas de son échelle, à 1 %.
Sommaire
- Un nom fiché pour des services financiers et pour usurpation
- Emprunt d’identité : plusieurs sociétés françaises portent ce nom
- Enregistrement du nom : statuts de gel et silence total
- Dossier du nom : aucun certificat, aucun titulaire publié
- Documenter un virement fait sous un nom d’emprunt
- Questions posées devant un nom d’emprunt inscrit au fichier
- Ce que cette inscription laisse à ceux qui ont versé
Un nom fiché pour des services financiers et pour usurpation
L’inscription tient en une seule ligne, mais elle engage deux constats distincts. Le premier porte sur l’activité : le nom était présenté comme propre à procurer des crédits, des livrets, des moyens de paiement et des assurances, quatre domaines soumis à habilitation. Le second porte sur la qualité revendiquée, l’usurpation d’une identité professionnelle. La mention ne désigne ni société ni personne : elle vise le nom de domaine, tel qu’il apparaissait dans les échanges.
Une précision s’impose sur la portée d’une telle ligne. Elle constate un défaut d’habilitation ; elle ne retient aucun délit et ne prononce aucune peine. Elle ne dit pas non plus qui se tient derrière le nom. Cette limite est ce qui la rend utile : elle fixe un point de départ daté, que le reste de ce dossier vient documenter.
La même paire de mentions revient, du reste, sur des lignes plus anciennes du répertoire. Une entrée du 23 août 2022 vise une adresse de courrier bâtie sur holding-vendome.fr ; une entrée du 28 novembre 2025 vise le nom vendomecapitalholding.com ainsi qu’une adresse de courrier rattachée à ce nom. D’autres lignes, en 2023 et en 2024, ne portent que la seconde mention. Rien, dans les documents consultés, n’établit que ces inscriptions relèvent d’un même opérateur : la seule chose que ces lignes partagent est leur libellé.
Dernière mise à jour : 22/09/2026
Emprunt d’identité : plusieurs sociétés françaises portent ce nom
Le nom retenu dans le répertoire n’a pas été inventé. L’annuaire officiel des entreprises françaises recense deux immatriculations portant exactement le libellé « Vendôme Participations 3 », l’une à Nanterre, l’autre à Troyes, auxquelles s’ajoute une société parisienne dont la dénomination se passe du chiffre final. Le nom de domaine reprend cette dénomination et n’y ajoute qu’une extension.
Aucune de ces sociétés n’est mise en cause. Rien dans ce que nous avons relevé n’indique qu’elles aient déposé ce nom de domaine, qu’elles l’aient autorisé, ni qu’elles aient eu connaissance de son usage. Le rapprochement se limite à une constatation : un nom qui sert à solliciter des fonds reproduit une dénomination sociale existante, ce que la seconde mention de l’inscription vient confirmer.
Le suffixe numérique fait partie de la dénomination elle-même. Le nom de domaine la reprend telle quelle, majuscules mises à part. Une recherche menée sur ce libellé conduit donc à des immatriculations réelles, ce qui prête au nom une consistance qu’aucun document publié ne corrobore.
Enregistrement du nom : statuts de gel et silence total
Le dossier public du nom se lit en quelques lignes. La réservation a été prise le 15 avril 2026 auprès du bureau d’enregistrement NameCheap, et elle court jusqu’au 15 avril 2027. Deux statuts y figurent : « client hold » et « client transfer prohibited ». Le premier est le plus lourd : il suspend la délégation du nom, qui cesse alors de répondre, tout en le laissant réservé. Le second interdit son transfert vers un autre bureau.
Les serveurs de noms déclarés sont dns1.registrar-servers.com et dns2.registrar-servers.com, soit deux machines du bureau d’enregistrement lui-même. Le dossier situe son dernier changement au 2 juillet 2026. Aucun titulaire n’y est publié : la mention qui en tient lieu ne renvoie à aucune identité vérifiable.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dossier du nom : aucun certificat, aucun titulaire publié
Aucune émission de certificat de sécurité ne figure au nom de ce domaine. Le contrôle porte sur le relevé public des certificats : ce relevé rend habituellement des centaines d’émissions pour un nom couramment visité, et il n’en rend aucune ici. Une vitrine qui reçoit du public se voit délivrer un certificat ; l’absence totale indique que rien n’a jamais été mis en service sous ce nom.
Aucune copie de ses pages n’est non plus gardée par un service public. Deux interrogations distinctes ont été conduites, l’une sur le nom seul, l’autre sur l’ensemble de ses chemins : toutes deux reviennent vides. La conclusion se tient sans être forcée : le nom n’a pas eu de vitrine à conserver.
Le service de notation qui a examiné ce nom le classe au plus bas de son échelle, avec une note de confiance de 1 % : l’indice de réputation de ce nom. Deux dossiers voisins documentent des montages comparables. Le premier, publié le même jour, porte sur une adresse fichée par les mêmes autorités : [email protected]. Le second, plus ancien, décrit la reprise du nom d’une société parisienne : sicav-patrimoine.com.
Documenter un virement fait sous un nom d’emprunt
Quand le nom ne répond plus, la documentation ne peut plus se constituer à la source : elle repose entièrement sur ce qui a été gardé au moment des faits. Trois ensembles de pièces conservent leur valeur. L’ordre de virement, et le relevé qui l’enregistre, fixent la date, le montant et le destinataire réel du paiement. Les échanges écrits avec les interlocuteurs du site, courriels ou messagerie, restituent les promesses faites et les coordonnées utilisées. Les documents transmis en retour, s’il y en a eu, éclairent le circuit de collecte.
Ces pièces se rassemblent dès maintenant, dans leur état d’origine, sans rien retoucher ni compléter. Le dépôt d’une plainte pénale en constitue la suite habituelle : la procédure, étape par étape, est décrite sur la page consacrée à la plainte pénale.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate, barreau de Paris, présente dans l’entretien ci-dessous les voies ouvertes à une personne trompée par une fausse promesse de placement : ce qu’une plainte permet d’obtenir, et comment la procédure se déroule devant le tribunal.
Questions posées devant un nom d’emprunt inscrit au fichier
Non. Cette mention constate l’absence d’habilitation ; elle n’établit ni le préjudice ni la personne à qui les fonds ont profité. Une demande d’indemnisation se construit sur pièces : les versements, leur date, leur destinataire et les documents qui les entourent.
Oui. Un nom retiré ne signifie pas que les interlocuteurs ont cessé leur activité ; ils changent souvent d’adresse et de nom. Les relevés de versement et les échanges conservés demeurent les seules pièces rattachées à ce nom, et ce sont elles qu’il faut réunir en priorité.
Les conserver tels quels, avec leur date d’envoi. Une pièce d’identité ou un relevé remis à un tiers non identifié peut resservir ailleurs, et il est utile de savoir exactement ce qui a été transmis, à quel moment et par quel canal.
Ce que cette inscription laisse à ceux qui ont versé
Les personnes qui ont répondu à une sollicitation venue de vendome-participations-3.com partagent la même situation : un nom qui emprunte une dénomination sociale française, deux mentions au répertoire des autorités, et plus rien à consulter depuis que le nom ne répond plus. Ce qui subsiste, ce sont les traces du versement et des échanges. Ce sont elles qui déterminent ce qui peut encore être tenté.
BrokerDefense propose aux personnes concernées un premier examen des pièces conservées, avant d’engager la moindre démarche.
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