IBC CPT arnaque : les deux noms de la façade effacés des registres

Dix-huit mois après la publication de l’enquête sur la façade de trading « IBC CPT », un point de situation daté du 12 octobre 2026 permet de dresser un constat sans ambiguïté : les deux noms de domaine du dispositif ont quitté leurs fichiers d’enregistrement respectifs et ne résolvent plus sous aucune forme. Les pièces techniques versées au dossier en avril 2025 offrent désormais une chronologie fermée, qui situe l’existence administrative de la façade dans une fenêtre de douze mois précisément délimitée. Cette mise à jour restitue l’ensemble des éléments dans leur ordre chronologique, sans rien ajouter aux faits établis.

Deux noms sortis des fichiers d’enregistrement, une existence datée par les pièces du dossier

Le 12 octobre 2026, ni ibcmarkets.io ni ibc-cpt.org ne résolvent, que ce soit sous leur forme principale ou précédés de « www ». Le fichier du .io ne restitue plus la moindre ligne pour ibcmarkets.io. Le fichier du .org ne restitue plus la moindre ligne pour ibc-cpt.org. Rien de tout cela ne subsiste aujourd’hui : plus de personne titulaire désignée, plus de délégation technique, plus de boîte de correspondance.

Les pièces techniques datées du 14 avril 2025 permettent pour la première fois de dater précisément l’existence administrative du nom inscrit par le régulateur. Le nom ibc-cpt.org a été créé le 24 février 2025. Son échéance d’enregistrement était fixée au 24 février 2026. Cette échéance n’a pas été reconduite. La dernière modification de la fiche remonte au 1er mars 2025, soit cinq jours après la création, ce qui indique que la configuration initiale n’a plus été retouchée par la suite.

Le bureau d’enregistrement retenu pour ibc-cpt.org était Ultahost, identifié sous le numéro IANA 4331. C’est auprès de cet opérateur qu’ont été déclarées toutes les informations administratives du nom, y compris le pays du titulaire, masqué derrière un service de confidentialité mais déclaré comme relevant du Royaume-Uni, plus précisément de l’Angleterre.

La chronologie est donc désormais fermée : la façade a existé administrativement pendant exactement douze mois, du 24 février 2025 au 24 février 2026, et le nom a quitté le fichier d’enregistrement sans être renouvelé. Aucun rattachement exploitable ne peut aujourd’hui être reconstitué à partir du nom.

Les éléments d’enregistrement rattachés à ce nom demeurent consultables à travers la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 12/10/2026

Le relevé technique d’avril 2025 : dépôt du nom, serveurs de noms et application embarquée

Les pièces techniques du 14 avril 2025 décrivent avec précision la configuration du nom ibc-cpt.org au moment de l’enquête. Du côté de l’enregistrement administratif, les serveurs de noms déclarés étaient remy.ns.cloudflare.com et riya.ns.cloudflare.com, deux points de délégation appartenant à l’infrastructure de diffusion Cloudflare. L’adresse du serveur visé, 188.114.96.0, était localisée en Allemagne et se trouvait elle aussi derrière un relais de diffusion, ce qui rendait impossible l’identification directe de l’hébergement effectif.

La page figée ce jour-là portait l’intitulé « Ouvrez la porte à des opportunités de trading illimitées ». Nos relevés techniques ont permis d’identifier la pile complète utilisée pour la construire : un moteur WordPress équipé du thème Divi, une application JavaScript Vue 2 accompagnée de la bibliothèque de gestion d’état Vuex, un canal temps réel Socket.IO, une bibliothèque de remontée d’erreurs Sentry, webpack comme outil de compilation, jQuery 3.7.1, des polices servies par Google et des images provenant d’une banque d’images.

Cette combinaison de briques grand public ne comporte aucun composant professionnel de gestion d’ordres. Socket.IO peut simuler une apparence de flux en temps réel, mais il ne constitue en aucun cas une infrastructure de routage vers des marchés réglementés. L’ensemble de la construction relevait de la vitrine, non d’une plateforme d’exécution.

Notre analyse a également relevé que le fichier d’instructions destiné aux robots de recherche écartait nommément le robot d’un moteur de recherche russe, un paramétrage qui ne correspond pas aux usages d’un intermédiaire financier établi. La page ne comportait aucune authentification apparente à ce stade des vérifications.

La promesse d’avril 2025 : un slogan, des paliers et aucun mandat

Sous l’intitulé « Ouvrez la porte à des opportunités de trading illimitées », la façade présentait une offre structurée en paliers : Bronze, Silver, Gold et Platinum. Chaque niveau était assorti d’une promesse d’accès progressif à des instruments financiers, sans que les conditions exactes de chaque palier soient opposables à qui que ce soit, faute de toute entité juridique identifiable derrière le dispositif.

Les produits annoncés couvraient un spectre large : actions, forex, indices, crypto-actifs, contrats sur ETF et matières premières. Une offre de formation au trading complétait la présentation, ressort classique des dispositifs de ce type pour retenir l’attention et justifier des délais avant tout retrait supposé.

La façade ne mentionnait aucune dénomination sociale, aucun numéro d’enregistrement, aucun pays de rattachement, aucun dirigeant et aucune équipe. Aucun agrément n’avait été délivré par l’Autorité des marchés financiers, par l’autorité britannique ni par l’autorité chypriote. Cette absence totale d’identité juridique est un marqueur que nos dossiers retrouvent dans des configurations similaires.

Nos enquêtes sur finvestai.org, plateforme signalée par l’Autorité des marchés financiers dont le nom a ensuite quitté le fichier d’enregistrement, illustrent ce même schéma de dissolution administrative après signalement. Le dossier abc2.fr, fausse plateforme crypto dont le nom a également été retiré du fichier d’enregistrement, suit une trajectoire comparable. Dans les deux cas, le retrait du nom du fichier d’enregistrement ne correspond pas à une cessation volontaire et transparente, mais à l’abandon pur du dispositif.

Une adresse de la City posée sur une structure sans titulaire

En pied de page, la façade affichait l’adresse The Leadenhall Building, 122 Leadenhall St, London EC3V 4AB. Ce gratte-ciel existe réellement dans la City de Londres et abrite des acteurs reconnus du secteur financier et de l’assurance. Son usage comme référence de prestige est précisément ce qui lui confère une valeur d’emprunt pour des dispositifs qui n’y ont aucune présence.

Nos vérifications n’ont trouvé aucun contrat de domiciliation, aucune présence vérifiable et aucun lien établi entre la façade et ce bâtiment. L’adresse fonctionnait comme un signal de légitimité visuelle, sans aucune substance juridique derrière elle.

Le seul point de contact disponible était l’adresse électronique [email protected], rattachée à un nom de domaine qui ne figure plus dans aucun fichier d’enregistrement à la date du 12 octobre 2026. Un numéro à indicatif +44 apparaissait également dans le dossier, partiellement masqué, et les investigations n’ont jamais permis d’en identifier le titulaire.

Le contraste entre la référence à un immeuble de premier rang de la finance mondiale et l’absence totale d’identité juridique résume à lui seul la mécanique du dispositif : emprunter l’apparence d’un environnement régulé sans en supporter aucune des contraintes.

L’inscription de l’AMF, deux jours avant l’enquête

Le 10 avril 2025, l’Autorité des marchés financiers a inscrit ibc-cpt.org sur sa liste noire sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription est antérieure de deux jours à la publication de l’enquête du 12 avril 2025, ce qui établit que le régulateur avait identifié le dispositif de manière indépendante.

L’inscription sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs » indique que l’AMF a qualifié le dispositif au regard des instruments annoncés, et non seulement de sa configuration technique. Cette qualification couvrait une partie des produits présentés par la façade, qui affichait également des actions, du forex, des indices, des contrats sur ETF et des matières premières.

La fiche publiée par le régulateur est toujours accessible au 12 octobre 2026, alors que le nom ibc-cpt.org, dont l’échéance était fixée au 24 février 2026, ne figure plus dans ce fichier : la fiche publiée par l’AMF.

Les vérifications conduites le 12 octobre 2026 au registre des sociétés du Royaume-Uni n’ont trouvé aucune société portant le nom « ibcmarkets ». Les mêmes recherches menées sur la liste de l’autorité chypriote n’ont produit aucun résultat. À aucun des trois niveaux de contrôle, britannique, chypriote et français, la façade ne disposait d’un agrément ou d’une existence légale identifiable.

Après un versement à IBC CPT : les démarches à engager

Les fonds versés à IBC CPT l’ont été dans le cadre d’une prétendue plateforme d’investissement proposant des actions, du forex, des crypto-actifs, des contrats sur ETF et des matières premières. Le canal habituel de ces dispositifs passe par une inscription sur le site, suivie d’échanges avec de prétendus gestionnaires de compte qui orientent les décisions de versement et découragent les demandes de retrait.

La première pièce à réunir est le relevé bancaire qui documente chaque virement effectué. Il faut y adjoindre les ordres de virement eux-mêmes, les courriels échangés avec l’adresse [email protected], ainsi que toute capture d’écran des offres de paliers Bronze, Silver, Gold ou Platinum telles qu’elles apparaissaient sur la façade. Ces éléments constituent le socle d’un dossier cohérent.

Le signalement à l’établissement bancaire doit intervenir le plus tôt possible, en précisant la nature exacte des opérations et en fournissant les pièces rassemblées. Parallèlement, un dépôt de plainte pénale pour escroquerie est nécessaire pour que les faits soient pris en charge par une juridiction compétente. Les étapes concrètes de cette démarche sont détaillées sur les étapes concrètes d’un dépôt de plainte pour escroquerie.

Ce que la banque doit, ou non, à un client dont les virements ont rejoint une plateforme frauduleuse : c’est l’axe que développe, dans un entretien avec notre rédaction, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’ordre professionnel relève de Paris. Elle y examine dans quelles conditions un établissement bancaire peut être tenu de répondre des virements émis, et quelle charge de la preuve pèse sur lui lorsque le client conteste avoir autorisé ou pleinement compris les opérations en cause.

IBC CPT : les réponses à vos questions

IBC CPT disposait-elle d’un agrément pour proposer des produits financiers en France ?

Non. Nos vérifications et l’enquête du 12 avril 2025 n’ont trouvé aucun agrément délivré par l’Autorité des marchés financiers, par l’autorité britannique ni par l’autorité chypriote. L’AMF a inscrit le nom ibc-cpt.org sur sa liste noire le 10 avril 2025 sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs », ce qui confirme que la façade opérait sans aucun mandat régulateur.

Les deux noms de domaine d’IBC CPT sont-ils encore accessibles en octobre 2026 ?

Non. Au 12 octobre 2026, ni ibcmarkets.io ni ibc-cpt.org ne résolvent, sous leur forme principale ou précédés de « www ». Les deux noms ont quitté leurs fichiers d’enregistrement respectifs : aucun des deux ne renvoie plus à une personne titulaire, à une machine désignée ou à une adresse de contact. Le nom ibc-cpt.org avait une échéance fixée au 24 février 2026 et n’a pas été renouvelé.

L’adresse The Leadenhall Building affichée par IBC CPT correspondait-elle à une présence réelle ?

Non. Le Leadenhall Building, situé au 122 Leadenhall St, London EC3V 4AB, est un immeuble qui existe réellement dans la City de Londres et qui abrite des acteurs reconnus du secteur financier. Cependant, aucun contrat de domiciliation ni aucune présence vérifiable n’a pu être établi entre ce bâtiment et la façade IBC CPT. L’adresse était affichée en pied de page sans aucune substance juridique correspondante.

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Article réécrit le 12/10/2026

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