Le 5 septembre 2026, bellinsongroup.com répond normalement et affiche toujours la même vitrine « Bellinson Group » : dix-huit mois après la publication de l’enquête de BrokerDefense et plus d’un an après son inscription sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, la fausse société de gestion tokyoïte n’a jamais interrompu son activité.
Sommaire
- Bellinsongroup.com : la fausse société de gestion toujours en ligne
- Le « gestionnaire offshore » de Tokyo : une vitrine sans société identifiable
- Inscrit sur la liste noire de l’AMF en avril 2025, toujours listé en septembre 2026
- Une façade activement entretenue
- Un formulaire d’ouverture de compte qui réclame l’état civil complet
- Bellinsongroup.com : les réponses à vos questions
Bellinsongroup.com : la fausse société de gestion toujours en ligne
Nos vérifications du 5 septembre 2026 sont sans ambiguïté : bellinsongroup.com renvoie une réponse HTTP 200 et charge sa page d’accueil sans la moindre interruption. La promesse affichée n’a pas changé d’un mot : « The Bellinson Group is a Tokyo-based investment manager… », accompagnée de la même adresse Kyobashi MID Bldg., du même numéro de téléphone japonais +81 3 6863 5381 et de la même adresse électronique [email protected].
Les données d’enregistrement du nom de domaine confirment une présence délibérément pérennisée. Le nom a été créé le 26 février 2024 chez le registraire Name.com ; son échéance est fixée au 26 février 2027, ce qui signifie qu’il a été renouvelé et reste payé. Les serveurs DNS sont ceux de Name.com, l’extension DNSSEC est active et le titulaire est masqué derrière un service de confidentialité : aucun responsable identifiable.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 05/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de bellinsongroup.com, telle qu’elle se présente le 5 septembre 2026 avec sa vitrine « Bellinson Group ». Utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Le « gestionnaire offshore » de Tokyo : une vitrine sans société identifiable
Lors de l’enquête publiée en avril 2025, la vitrine bellinsongroup.com se présentait comme un gestionnaire d’investissement « indépendant » et « offshore » établi à Tokyo, à l’adresse Kyobashi MID Bldg., 13-10, Kyobashi 2-chome, Chuo-ku. Les services proposés couvraient la gestion patrimoniale à long terme, la planification de la retraite, la gestion successorale et la philanthropie. La page « À propos » mettait en avant un « Investment Strategy Group » fort de « plus de 150 ans d’expérience cumulée » censé piloter les portefeuilles clients.
Derrière ce vernis, aucune réalité juridique : aucune entité immatriculée sous le nom « Bellinson Group KK », « Bellinson Group LLC » ou toute autre forme sociale n’était identifiable, ni dans les registres japonais ni ailleurs. Aucun numéro d’agrément, aucune autorité de régulation, aucun dirigeant nommé. Les visuels du site provenaient de banques d’images ; les seuls points de contact étaient l’adresse [email protected] et le numéro +81 3 6863 5381.
Ce procédé, consistant à habiller une structure fantôme d’une ancienneté inventée et d’une implantation internationale crédible, est loin d’être isolé. Début septembre 2026, notre enquête sur Briand Montève révélait une « gestion de patrimoine » dont le domaine avait été enregistré le 30 juin 2026, en totale contradiction avec une prétendue fondation en 2019 : la même mécanique, le même écart entre la légende affichée et la réalité documentaire.
Inscrit sur la liste noire de l’AMF en avril 2025, toujours listé en septembre 2026
L’Autorité des marchés financiers a inscrit bellinsongroup.com sur sa liste noire le 10 avril 2025, soit deux jours avant la publication de l’enquête de BrokerDefense du 12 avril 2025. Cette chronologie est importante : l’AMF avait identifié le risque de façon indépendante, avant que notre article ne paraisse.
Plus significatif encore : la consultation de la liste le 5 septembre 2026 mentionne toujours bellinsongroup.com. Dix-huit mois de présence sur une liste officielle n’ont pas conduit à la disparition de la vitrine ni à la suspension de sa collecte. L’inscription n’a pas interrompu l’activité. La liste noire des sites non autorisés est publiée par l’AMF à la page listes noires et mises en garde : toute personne sollicitée par une offre de gestion peut y vérifier le nom d’un opérateur avant tout contact.
D’autres faux gestionnaires ont fait l’objet de mesures similaires en 2026 : l’AMF a ainsi inscrit audacia212.com le 6 juillet 2026 pour usurpation de l’identité d’une société de gestion de portefeuille agréée, rappelant que ce type de montage reste très actif.
Une façade activement entretenue
Les éléments techniques relevés le 5 septembre 2026 ne laissent aucun doute sur le fait que la vitrine est maintenue de façon délibérée. Le certificat de sécurité du site, délivré par Let’s Encrypt, a été renouvelé le 31 juillet 2026 et reste valable jusqu’au 29 octobre 2026 : ce renouvellement récent suppose une intervention sur le serveur, réalisée six semaines seulement avant nos vérifications. Le nom de domaine, quant à lui, est payé jusqu’au 26 février 2027.
La rubrique « News » du site ajoute une autre dimension à cet entretien. Nos outils ont relevé qu’elle est alimentée chaque nuit, aux alentours de 3 heures, par plusieurs articles de presse économique issus de Fortune, du Financial Times et d’Investing.com, repris tels quels avec leurs liens d’origine. Les publications les plus récentes dataient de la veille de nos vérifications. Cette mécanique donne à la façade une apparence de vie permanente : le site semble actif, suivi, sérieux.
Or une société de gestion réelle n’a pas besoin de faire défiler des dépêches importées chaque nuit pour rassurer ses clients. Ce type de mise en scène est précisément conçu pour tromper : il donne l’illusion d’une structure attentive à l’actualité des marchés, alors qu’aucune équipe de gestion n’existe derrière la vitrine.
Un formulaire d’ouverture de compte qui réclame l’état civil complet
La page « Brokerage Account Application Form », accessible à l’adresse bellinsongroup.com/__form/, est toujours en ligne au 5 septembre 2026. Ce formulaire d’ouverture de « compte de courtage » réclame des informations particulièrement détaillées : type de compte souhaité, civilité, nom et prénom, date de naissance, adresse postale complète, numéros de téléphone, nationalité, situation professionnelle (employeur, nature de l’activité, fonction occupée, années d’ancienneté), situation familiale et profil d’investisseur évalué par classe d’actifs.
Ce formulaire est l’outil central de la vitrine. La réunion de ces données personnelles et financières permet de construire un profil détaillé de la cible, d’affiner le discours commercial et de préparer les demandes de versement ultérieures. La collecte ne s’arrête pas à l’identité : elle vise à cartographier la situation financière et professionnelle de la personne démarchée.
Si vous avez été contacté via [email protected], si vous avez échangé avec un interlocuteur se réclamant de bellinsongroup.com, si vous avez rempli le formulaire d’ouverture de compte ou si vous avez reçu un appel depuis le +81 3 6863 5381, voici les réflexes à adopter sans délai : interrompre immédiatement tout échange, ne verser aucune somme supplémentaire quel qu’en soit le motif présenté (frais de dossier, frais de déblocage, taxes de transfert), conserver l’intégralité des preuves (courriels, formulaire rempli, captures d’écran, justificatifs de paiement), alerter votre établissement bancaire sans attendre si un virement a été effectué, signaler les faits sur la plateforme Pharos et sur cybermalveillance.gouv.fr, puis déposer plainte auprès des services compétents. Pour structurer cette dernière démarche, le guide de BrokerDefense sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre.
Les personnes qui ont transmis des données personnelles via le formulaire ou répondu à une offre de gestion émanant d’une société sans existence vérifiable disposent de voies de recours judiciaires. Des décisions de justice récentes ont reconnu le caractère frauduleux de montages similaires et conduit à l’indemnisation de victimes, y compris lorsque des établissements bancaires ont manqué à leur devoir de vigilance face à des virements liés à de faux investissements. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris spécialisé dans ce contentieux, présente dans la vidéo ci-dessous une affaire tranchée en appel : escroquerie établie, condamnation de la banque bénéficiaire des virements, indemnisation des victimes.
Bellinsongroup.com : les réponses à vos questions
Oui. Nos vérifications du 5 septembre 2026 confirment que bellinsongroup.com répond normalement et affiche toujours la vitrine « Bellinson Group ». Le nom est enregistré depuis le 26 février 2024, chez Name.com, avec une échéance fixée au 26 février 2027 : la vitrine reste accessible près de dix-huit mois après la publication de l’enquête de BrokerDefense.
Non. La vitrine se présente comme un gestionnaire d’investissement « indépendant » et « offshore » basé à Tokyo, mais aucun nom de société immatriculée, aucun numéro d’agrément et aucune autorité de régulation ne sont mentionnés. L’AMF a inscrit bellinsongroup.com sur sa liste noire le 10 avril 2025, et le nom y figure toujours en septembre 2026.
Interrompez tout échange et ne versez plus aucun montant, quel qu’en soit le motif (frais de dossier, de déblocage ou de transfert). Conservez l’ensemble des échanges avec bellinsongroup.com (courriels échangés avec [email protected], formulaire d’ouverture de compte rempli, relevés de virement), alertez votre banque sans délai en cas de paiement, signalez les faits sur Pharos et cybermalveillance.gouv.fr, puis déposez plainte. BrokerDefense peut vous aider à structurer vos démarches.
Bellinsongroup.com illustre ce que peut être une arnaque à la gestion de patrimoine construite pour durer : une fausse société tokyoïte sans existence légale, sans dirigeant identifiable, sans agrément d’aucune autorité, qui collecte l’état civil complet de ses cibles via un formulaire d’ouverture de compte toujours accessible, joignable par courriel à [email protected] et par téléphone au +81 3 6863 5381, et dont la vitrine reste en ligne malgré dix-huit mois d’inscription sur la liste noire de l’AMF. Face à toute sollicitation de ce type, le premier réflexe doit être la vérification : une société de gestion réelle est immatriculée sous une forme juridique précise, dispose d’un agrément vérifiable auprès d’un régulateur et figure dans les registres officiels. Une vitrine soignée, une adresse prestigieuse et un vocabulaire financier châtié ne remplacent aucun de ces éléments. Consulter les listes noires des régulateurs avant tout échange reste la protection la plus simple et la plus efficace.
Article réécrit le 05/09/2026


