
Sommaire
- Cinq statuts au fichier du registre, dont un gel daté du 27 octobre 2026
- Subsiste une seconde adresse, xlence.com, servie sous la même licence
- Un nom transféré de bureau d’enregistrement et repoussé à 2031
- Quatorze jours entre le dernier certificat et le gel du nom
- La ligne du 17 octobre 2022 n’a pas quitté le fichier Forex
- Réunir les pièces d’un virement exécuté au bénéfice de Tradeco Limited
- Une adresse qui s’éteint, une licence qui continue
Cinq statuts au fichier du registre, dont un gel daté du 27 octobre 2026
Le 14 septembre 2026, le dossier d’enregistrement de t4trade.com ne portait qu’un seul verrou : l’interdiction de transfert. Il en porte cinq depuis le 27 octobre 2026, à 20 h 36 min 59 s UTC, heure de la dernière modification enregistrée par le registre des noms en « .com ». L’un de ces cinq statuts est le gel.
Ce statut, que le fichier écrit « client hold », produit un effet précis et mesurable : le nom demeure enregistré, mais il n’est plus publié dans la zone. Nos relevés du 28 octobre le montrent sans ambiguïté. L’apex comme le www ne renvoient plus aucune adresse : les interrogations de type A, AAAA, NS, SOA, MX, TXT et CNAME aboutissent toutes à un « nom inexistant », servi par l’autorité du « .com » elle-même. Trois tentatives de connexion chiffrée n’obtiennent, de leur côté, aucune réponse.
Le contraste avec le contenu du même fichier est instructif. Le registre déclare toujours six serveurs de noms, ns10 à ns15.dnsmadeeasy.com, ceux-là mêmes que le constat de juillet 2023 avait relevés. La délégation n’a donc pas été retirée par le détenteur du nom : elle cesse d’être relayée en amont. Un nom dont les serveurs restent déclarés et qui ne résout plus porte la signature d’une suspension prononcée au niveau du registre, et non celle d’un abandon.
Les motifs d’un tel gel ne sont pas rendus publics. Rien, dans les pièces auxquelles nous avons accès, ne permet de les établir, et nous ne les supposerons pas. Ce que les documents autorisent à écrire se limite à l’acte, à sa date, à l’autorité administrative qui l’a inscrit et à son effet technique.
L’écart avec notre précédent relevé est net. Le 14 septembre 2026, la vitrine répondait encore, mais uniquement par une page de contrôle anti-robot de moins d’un kilooctet, portant la mention « Request unsuccessful. Incapsula incident ID ». Il n’existe plus rien de tel aujourd’hui : aucune adresse réseau ne subsiste pour servir une page, fût-elle de contrôle.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 28/10/2026
Subsiste une seconde adresse, xlence.com, servie sous la même licence
Le registre public de l’autorité des services financiers des Seychelles, consulté le 14 septembre 2026 dans la rubrique des titulaires de licence de marché de capitaux, rattache deux adresses de site à une seule et même licence, la SD029 : t4trade.com et xlence.com. La seconde n’a pas suivi la première.
Interrogée le 28 octobre 2026, xlence.com répond. Deux adresses réseau, 45.60.31.180 et 45.60.103.180, servent une page de 977 239 octets dont le titre est « Xlence Broker : Smart online trading starts here ». La déclinaison française, à l’adresse /fr/, répond également, avec un document de 1 040 471 octets. Le nom est enregistré depuis le 1er avril 2003, son échéance est fixée au 1er avril 2029, son bureau d’enregistrement est Marcaria International LLC et son dossier a été modifié pour la dernière fois le 22 octobre 2026, cinq jours avant le gel de t4trade.com.
Les mentions portées au pied de cette page désignent la même société que celles relevées en 2023 sur la vitrine T4Trade : « Xlence, with registered address F20, 1st Floor, Eden Plaza, Eden Island, Seychelles, is a trade name of Tradeco Limited. Tradeco Limited is licensed and regulated by the Seychelles Financial Services Authority with licence number SD029. » Le copyright affiché indique « © 2026 Tradeco Limited. All Rights Reserved. » L’adresse d’Eden Plaza est celle que les mentions légales de T4Trade affichaient déjà, alors que le registre des Seychelles situe la société à Mahé : cet écart de mentions est un constat, décrit ici sans conclusion sur une intention.
Cette seconde adresse ne figure dans aucun des six fichiers de mises en garde publiés par l’Autorité des marchés financiers, à leurs dates d’export, de décembre 2023 à octobre 2026. L’absence d’entrée dans un document de ce genre ne vaut pas quitus de régularité : elle indique qu’aucun signalement n’y avait été porté à cette date, sans rien dire de la suite.
Le rapprochement avec un dossier voisin s’impose ici. Publiée le 1er octobre 2026, notre enquête sur le faux IFBANK fiché sous deux noms décrivait déjà une enseigne servie par plusieurs adresses, dont une seule portait la mise en garde. La configuration de T4Trade est différente, puisque c’est l’adresse inscrite au relevé Forex qui a été coupée et l’adresse non inscrite qui continue de répondre.
Rien, dans les pièces consultées, n’établit que xlence.com ait servi à recueillir les fonds versés par des personnes ayant traité avec T4Trade, et nous ne l’affirmerons pas. Le fait mesuré est autre, et il se suffit à lui-même : une licence qui s’affichait sur deux vitrines continue d’être servie par l’une au moment où l’autre est coupée.
Un nom transféré de bureau d’enregistrement et repoussé à 2031
Le constat du 28 juillet 2023 avait conservé la fiche d’enregistrement de l’époque : bureau d’enregistrement EuroDNS S.A., établi au Luxembourg, titulaire dissimulé derrière un prestataire de confidentialité luxembourgeois, échéance au 16 mars 2026, absence de signature DNSSEC.
Notre relevé du 14 septembre 2026 donnait une autre échéance, le 17 mars 2029, et datait la dernière modification du dossier au 5 novembre 2024. L’échéance a donc déjà été repoussée deux fois depuis le constat, et une troisième fois depuis : le fichier interrogé le 28 octobre 2026 porte une expiration au 17 mars 2031.
Le même fichier désigne désormais un autre bureau d’enregistrement, GoDaddy.com, LLC, là où nos relevés de septembre mentionnaient encore EuroDNS. Un changement de cette nature suppose une opération volontaire du détenteur du nom, et il précède ici le gel de quelques jours au plus. Nous en consignons la date sans en déduire le motif, qui n’est pas documenté.
Trois échéances successives, un transfert et cinq verrous : l’ensemble décrit un nom entretenu, payé et verrouillé, non un nom laissé à l’abandon. C’est précisément ce qui rend la coupure du 27 octobre singulière : elle intervient sur un actif en cours de validité, entretenu jusqu’au mois précédent.
Quatorze jours entre le dernier certificat et le gel du nom
L’historique public des certificats de sécurité enregistre 406 émissions pour ce nom depuis le 6 août 2018, correspondant à 333 certificats distincts, plusieurs journaux de transparence réinscrivant parfois le même document. Deux de ces pièces méritent l’attention.
La première a été délivrée le 1er septembre 2026 pour www.t4trade.com par Let’s Encrypt, et sa validité court jusqu’au 30 novembre 2026. La seconde a été délivrée le 13 octobre 2026 pour le sous-domaine go.t4trade.com par Google Trust Services, avec une validité jusqu’au 11 janvier 2027. Autrement dit, quatorze jours avant le gel, une pièce d’authentification neuve était encore demandée pour un sous-domaine, et le certificat de la vitrine principale restait valable plus d’un mois après la coupure. Le service s’est arrêté sans épuiser ses certificats.
Le constat de 2023 avait par ailleurs relevé une protection anti-robot en place dès cette époque, sur une adresse de la famille 45.60.x, et les deux adresses réseau qui servent aujourd’hui xlence.com appartiennent à la même famille. Il s’agit d’une infrastructure de protection partagée par de nombreux sites : ce seul élément ne prouve pas un opérateur commun, et nous ne l’utilisons pas comme tel.
La ligne du 17 octobre 2022 n’a pas quitté le fichier Forex
L’Autorité des marchés financiers tient un relevé des sites de trading sur le Forex qu’elle considère comme non autorisés. L’édition du 28 septembre 2026 de ce fichier porte toujours la ligne « www.t4trade.com », datée du 17 octobre 2022. Quatre ans se sont écoulés depuis cette inscription, et elle n’a pas été retirée.
La fiche nominative que le régulateur consacre à cette adresse répondait encore le 28 octobre 2026. Elle rappelle la date du 17 octobre 2022, puis indique, en une phrase que nous citons dans son amorce : « Cet acteur n’est pas autorisé » à proposer des services ou placements financiers. Le même recueil reste consultable depuis la page des listes noires et des mises en garde du site du régulateur.
Il faut être exact sur la portée d’un tel document. Un relevé de mises en garde n’est pas une sanction et ne tranche aucune responsabilité : il se borne à relever qu’une autorisation manque. Mais sa longévité, jointe à un nom renouvelé jusqu’en 2031 puis gelé, compose un dossier que les personnes ayant versé des fonds ont intérêt à connaître. Le mécanisme n’est d’ailleurs pas isolé : le 28 septembre 2026, nous consacrions une enquête à un club d’affaires inscrit sur les listes du régulateur, avec la même difficulté à retrouver, derrière l’enseigne, une entité contrôlable.
Un éclairage juridique accompagne cette mise à jour : Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au barreau de Paris, revient sur une affaire dans laquelle l’auteur des faits a été arrêté puis placé en détention provisoire, et sur ce qu’une plainte pénale change concrètement pour la personne trompée.
Réunir les pièces d’un virement exécuté au bénéfice de Tradeco Limited
La disparition d’une adresse ne fait pas disparaître les traces d’un versement. La première pièce à retrouver est le relevé bancaire : il porte le libellé exact du bénéficiaire, l’établissement qui a exécuté l’ordre, la date de valeur et le montant. Ce libellé détermine contre qui une action peut être dirigée, et il ne coïncide pas nécessairement avec l’enseigne affichée par la plateforme.
Viennent ensuite les éléments qui documentent la façon dont le contact s’est noué chez T4Trade : les courriels échangés, les transcriptions de la fenêtre de conversation intégrée au site, les captures des pages consultées à l’époque, les documents remis à l’ouverture du compte et les éventuelles relances téléphoniques. Chaque pièce doit être conservée telle quelle, sans annotation ni retouche, car une capture modifiée perd sa valeur probatoire.
Sur le fond, la plainte devant le juge répressif reste la voie la plus directe lorsque les fonds ont été obtenus par une mise en scène de garanties réglementaires, et l’inscription du nom au relevé Forex de l’AMF depuis octobre 2022 constitue un élément de contexte daté. Une personne démarchée sous la licence SD029, quelle que soit l’adresse utilisée pour la contacter, a intérêt à conserver les mêmes pièces : la licence est commune, les preuves à réunir le sont aussi.
Une adresse qui s’éteint, une licence qui continue
T4Trade offre en 2026 un cas de figure que nous rencontrons de plus en plus souvent : un nom de domaine entretenu pendant vingt-six ans, renouvelé jusqu’en 2031, verrouillé, puis soudain retiré de la résolution le 27 octobre, tandis qu’une seconde adresse placée sous la même licence seychelloise continue de servir une vitrine de courtage, y compris en français. Les personnes qui ont viré des fonds à cette enseigne entre 2023 et 2026 ne se trouvent donc pas devant une plateforme éteinte, mais devant une plateforme dont l’accès a été coupé, avec une inscription réglementaire toujours en place et une licence toujours affichée ailleurs.
C’est pourquoi un examen préalable de chaque situation reste utile : il permet d’établir la chronologie des versements, d’identifier le bénéficiaire réel de chaque opération et de déterminer, pièce par pièce, ce qui peut encore être porté devant une juridiction. Notre service d’aide aux victimes peut procéder à cette évaluation avant toute démarche.
Techniquement, le nom n’est plus publié dans la zone : plus aucune adresse réseau ne permet de joindre la vitrine, alors que le nom reste enregistré jusqu’au 17 mars 2031. Juridiquement, ce gel ne modifie ni la nature des faits ni les recours : les relevés bancaires, le libellé du bénéficiaire et les échanges conservés restent les pièces déterminantes d’un dossier.
Le registre des services financiers des Seychelles rattache les deux adresses de site à une seule licence, la SD029, détenue par Tradeco Limited. Les mentions publiées au pied de xlence.com désignent également Tradeco Limited et la même licence. En revanche, rien dans les pièces consultées n’établit que xlence.com ait recueilli les fonds versés par des clients de T4Trade.
Non. L’adresse figure toujours dans l’édition du 28 septembre 2026 du relevé Forex, sous la date du 17 octobre 2022, et la fiche nominative correspondante répondait encore le 28 octobre 2026. Cette inscription relève qu’une autorisation manque ; elle n’est pas une sanction et ne préjuge pas des responsabilités individuelles.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 28/10/2026


