Sommaire
- Le domaine ne figure plus au registre du .net, et aucun serveur ne répond
- En 2023, une page de connexion copiée sur celle de la banque Bunq
- Le nom « bunq » avait déjà été repris en 2021 par bunqfx.com
- Ce que le fichier WHOIS restitue encore de ce nom
- Aucun des fichiers du régulateur ne reprend ce nom, et cela s’explique
- Reprendre le dossier à partir des paiements exécutés
- Les précisions réclamées par nos lecteurs sur ce dossier
Le domaine ne figure plus au registre du .net, et aucun serveur ne répond
Sec-access-bnq.net n’existe plus. Le contrôle mené le 14 septembre 2026 donne un résultat net : la consultation du fichier du registre .net ne restitue plus aucune fiche au nom de ce domaine, et les deux graphies employées à l’époque, sec-access-bnq.net et sec-acces-bnq.net, restent désormais muettes. Quelques jours plus tôt, la connexion expirait encore sans aboutir ; aujourd’hui, il n’y a même plus d’adresse à interroger, donc plus de serveur à atteindre.
L’effacement est total. Aucune autorité de certification publique ne conserve de certificat émis pour ce nom, aucune archive publique n’en garde de copie, et les serveurs de noms du .net ne répondent plus rien à son sujet. La vitrine qui se faisait passer pour l’interface de connexion de la banque néerlandaise Bunq n’a donc laissé derrière elle ni adresse active, ni serveur, ni titulaire identifiable. Ce que l’on sait de son exploitation repose entièrement sur les relevés effectués avant sa disparition.
Dernière mise à jour : 14/09/2026
En 2023, une page de connexion copiée sur celle de la banque Bunq
Pour mesurer ce que cet effacement clôt, il faut revenir à ce que documentait notre enquête d’août 2023. L’adresse ne vendait alors aucun produit financier et ne promettait aucun rendement : elle reproduisait, trait pour trait, l’écran de connexion que les clients de Bunq utilisent pour accéder à leurs comptes. Le procédé tenait à la fois du hameçonnage et de l’usurpation d’identité, puisqu’il s’agissait d’amener un client de la banque à saisir ses identifiants sur une page qui n’appartenait pas à sa banque.
Deux détails rendaient la copie crédible. Le premier tenait à la qualité graphique de la page, suffisamment proche de l’originale pour qu’un visiteur pressé ne remarque rien. Le second tenait aux mentions légales : celles-ci renvoyaient aux informations de la société réellement immatriculée, ce qui donnait à l’ensemble une apparence de sérieux que rien ne venait étayer. Une fois ces deux leurres posés, l’essentiel du travail de l’escroc était fait, car il n’avait ni structure à maintenir, ni service à rendre, ni clientèle à fidéliser.
Le reste du site trahissait pourtant l’entreprise. Les autres pages du domaine ne menaient à rien : notre relevé de l’époque ne remontait qu’une succession d’erreurs, signe d’une façade montée autour d’un seul écran de connexion. Le même réflexe de copie a été observé sur des dossiers voisins, comme celui de Wettex Bank, où les pages d’une autre enseigne bancaire avaient été reprises sans autorisation pour donner corps à une banque qui n’en était pas une.
Le nom « bunq » avait déjà été repris en 2021 par bunqfx.com
L’emprunt du nom n’était pas une première. Deux ans avant l’apparition de sec-access-bnq.net, un domaine appelé bunqfx.com avait déjà capitalisé sur la même consonance pour se présenter comme une plateforme d’épargne et d’investissement. Notre dossier consacré à bunqfx.com relevait alors un enregistrement entièrement anonyme, l’absence de date de création comme d’échéance exploitables, et surtout une inscription au fichier des acteurs non autorisés tenu par l’AMF.
Les deux épisodes ne relèvent pas du même mécanisme : bunqfx.com cherchait à faire verser de l’argent sur une prétendue plateforme, quand sec-access-bnq.net cherchait à capter des identifiants bancaires. Ils partagent en revanche un choix constant chez les opérateurs de ce type, celui de s’abriter derrière un nom déjà connu du public plutôt que d’en construire un de toutes pièces. C’est cette économie de la notoriété qui rend la surveillance des marques bancaires utile, et qui explique que les mêmes radicaux réapparaissent d’une année sur l’autre.
Ce que le fichier WHOIS restitue encore de ce nom
Interrogé directement, le service d’annuaire du registre répond qu’il ne connaît pas sec-access-bnq.net et renvoie vers les conditions générales d’utilisation de sa base, sans livrer la moindre donnée d’enregistrement. Il n’y a donc plus de date de création, plus de date d’échéance, plus de bureau d’enregistrement et plus de serveur de noms à examiner. Pour une adresse qui a pourtant été active, l’absence de toute trace publique surprend d’abord ; elle s’explique ensuite par une suppression pure et simple de l’enregistrement, qui retire la fiche du répertoire au lieu de la laisser en attente.
Cette disparition administrative n’abolit pas le souvenir de l’exploitation. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Les historiques conservés par les services spécialisés permettent, eux, de retrouver la chronologie de l’enregistrement, les serveurs de noms utilisés successivement et la date à laquelle le nom a cessé d’être délégué.
Aucun des fichiers du régulateur ne reprend ce nom, et cela s’explique
Nous avons passé ce nom au crible des deux répertoires de surveillance français, ceux de l’AMF et de l’ACPR. Ni l’un ni l’autre ne restitue quoi que ce soit au nom de sec-access-bnq.net. Cette absence surprend moins qu’il n’y paraît. Ces répertoires recensent des acteurs qui proposent des services ou des placements financiers sans y être autorisés, ou des sites qui usurpent l’identité d’entités surveillées. Un écran de connexion copié sur celui d’une banque étrangère ne relève d’aucun de ces deux cas de figure : il ne propose rien, il capte. Ce sont les services de police, l’autorité judiciaire et les cellules de lutte contre la cybercriminalité que ce type de page intéresse au premier chef.
Cette répartition des rôles ne signifie pas que les victimes d’une usurpation bancaire soient dépourvues de recours. Elle signifie que la preuve ne se cherche pas du côté du régulateur boursier. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate exerçant à Paris, rattachée au barreau, revient dans l’entretien ci-dessous sur la condamnation d’un établissement bancaire tenu de réparer le préjudice d’une personne trompée, et sur les sommes que cette voie permet de récupérer.
Reprendre le dossier à partir des paiements exécutés
La disparition du domaine modifie la façon de documenter un dossier, elle n’y met pas fin. Les éléments les plus solides ne sont pas sur le site, qui n’est plus consultable, mais dans les relevés du compte qui a servi au transfert : libellé exact du bénéficiaire, référence de l’opération, date et heure d’exécution, montant, coordonnées bancaires du destinataire. Ces pièces désignent la banque qui a encaissé le transfert et, si la vigilance a manqué, celle qui a laissé filer une opération hors norme.
Viennent ensuite les échanges. Les conversations conservées sur une messagerie, les courriels de relance, les identifiants fournis par les interlocuteurs et les captures d’écran prises avant la fermeture forment un second bloc de preuves, d’autant plus utile que le site n’est plus accessible pour constater l’apparence qu’il offrait. Il est prudent de rassembler ces pièces sans attendre, car les conversations et les historiques de navigation ne se conservent pas indéfiniment sur les terminaux.
Sur cette base, deux voies coexistent : une réclamation auprès de la banque qui a exécuté le virement, sur le terrain de son obligation de vigilance, et une plainte pénale pour escroquerie, usurpation d’identité et accès frauduleux à un système de traitement de données. Les recours ouverts malgré la disparition du site sont détaillés sur notre page consacrée à la plainte pénale. La fermeture de l’adresse ne rend pas la plainte irrecevable : elle oblige seulement à appuyer la démonstration sur autre chose que la capture du site.
Les précisions réclamées par nos lecteurs sur ce dossier
Non. L’adresse a repris l’apparence de l’écran de connexion de cette banque néerlandaise sans y être autorisée. Bunq est une banque réelle, victime de cette copie, et l’entreprise n’a jamais exploité le domaine en question.
Le réflexe est de prévenir immédiatement sa banque pour faire bloquer les accès et surveiller les opérations, puis de vérifier les mouvements des derniers jours sur le compte concerné. Une déclaration de connexion non autorisée et la conservation des messages reçus complètent utilement le signalement.
Oui. Le fait que le domaine ne soit plus enregistré ne supprime ni la trace du transfert ni la responsabilité éventuelle de l’établissement qui l’a exécuté. Les délais de contestation et de prescription s’apprécient au cas par cas, à partir de la date de l’opération.
Les personnes qui ont saisi des identifiants ou exécuté un transfert sur sec-access-bnq.net peuvent demander un premier examen de leur dossier : Contactez notre service d’aide aux victimes.
Article réécrit le 14/09/2026


