Le contrat que zyvralen.net fait accepter à ses visiteurs désigne son propre éditeur sous la variable « company_name », restée telle quelle dans le texte publié, et définit l’activité comme de la publicité pour le compte de tiers. La page d’accueil, elle, vend un moteur d’exécution crypto, une réserve de liquidités et la supervision de trois autorités américaines et britanniques.
Sommaire
- Cinquième nom de la série, et un contrat resté à « company_name »
- Des conditions générales qui décrivent un démarcheur, pas une salle de marché
- L’adresse de signalement ne peut recevoir aucun courriel
- Un XRP à 45 512 dollars, 270 pays ici et 135 là
- Douze juillet chez Dynadot, un certificat de septembre
- Ce qu’il faut conserver si un conseiller a déjà appelé
- Les réponses que la vitrine ne donne pas sur elle-même
Cinquième nom de la série, et un contrat resté à « company_name »
zyvralen.net est le cinquième domaine d’un même assemblage que nous documentons depuis le 8 septembre : après le dossier mzeldravoq.com, puis les deux publications du 22 octobre consacrées à mirrubinotrx.com et à uvikelront.org, et le dossier leperixfin.net paru ce matin. On y retrouve le même bandeau de notes attribuées à Capterra, SourceForge, Slashdot et « Avis Google », le même encart d’accès prioritaire, le même annuaire de dix-neuf bureaux avec rue, code postal et effectif, la même adresse suisse place Saint-François à Lausanne, et le même refus opposé à nos adresses. Ce sont les artefacts du gabarit qui rapprochent les cinq noms, pas le registre.
Un détail ne figure dans aucun des quatre articles précédents. À l’article premier des conditions d’utilisation, une phrase est censée nommer l’exploitant : « The Website is operated by company_name, and can be accessed via company_name. » La variable du constructeur n’a jamais été remplacée avant la publication. Le document le plus engageant du site, celui dont l’acceptation conditionne l’accès aux services, ne désigne donc ni société, ni siège, ni numéro d’immatriculation, ni représentant.
Dernière mise à jour : 27/10/2026
📄 Éléments de la capture
Ci-dessous, l’écran que reçoit un visiteur ordinaire du domaine, relevé le 27 octobre 2026 et conservé par BrokerDefense. Le bandeau de notes repris à des comparateurs, les compteurs de comptes, le formulaire d’accès prioritaire ouvert par quatre champs et la rangée des trois sigles réglementaires y figurent dans leur mise en page d’origine. Autant de repères qui datent la mouture actuellement en service.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Des conditions générales qui décrivent un démarcheur, pas une salle de marché
Le même contrat prend soin de définir ce que la société prétend faire. Il annonce une gamme de « marketing, promotional, advertising, and related services », et précise que la plateforme sert à découvrir et à obtenir des biens et services proposés par des fournisseurs tiers, par le moyen de campagnes publicitaires menées par ses soins. À l’article 1.6, la société déclare ne vendre, ne concéder et ne fournir aucun produit ni service à l’utilisateur, et n’apporter aucune garantie sur la qualité, le prix ou l’adéquation de ce que ces tiers proposent. L’article suivant ajoute qu’elle n’offre aucune assurance sur la situation réglementaire des produits en question.
Rien de cela ne décrit une plateforme de trading. Le contrat écarte même, une à une, les promesses de la page d’accueil : pas de conseil en investissement, pas d’exécution d’ordres pour le compte du client, pas de conservation d’actifs, et une clause de décharge qui couvre d’avance tout ce qui peut arriver entre l’internaute et le tiers vers lequel il a été orienté. Autrement dit, la page vend un moteur d’exécution et une réserve de liquidités, tandis que le document opposable à l’éditeur organise sa mise hors de cause. Les deux textes ne parlent pas du même service, et c’est le second qui est accepté par case à cocher.
Deux clauses supplémentaires méritent d’être lues avant de laisser un numéro : la renonciation à toute action collective, et la possibilité pour l’éditeur de modifier les conditions à tout moment, la poursuite de la navigation valant acceptation des versions suivantes. Le contrat est rédigé en anglais, sans version française, alors qu’il est présenté à des visiteurs francophones.
L’adresse de signalement ne peut recevoir aucun courriel
La page de signalement des abus donne une adresse de contact : [email protected]. Le domaine ne publie aucun enregistrement de messagerie. Interrogé le 27 octobre 2026, le nom ne renvoie ni serveur de courriel déclaré ni service externalisé, et l’acheminement d’un message vers cette adresse est donc impossible. Un site qui prétend recueillir des signalements d’abus tout en laissant son adresse inopérante n’a pas organisé la possibilité d’être joint.
Le reste du dispositif technique va dans le même sens. Le nom porte un enregistrement de vérification Google, ce qui trahit un référencement travaillé, mais il ne désigne aucune autorité de certification habilitée. Le fichier d’exclusion des robots interdit aux seuls Bingbot deux adresses : la page d’erreur et la page de remerciement. Celle-ci reste ainsi hors du champ d’indexation du moteur tout en demeurant accessible à qui vient de remplir le formulaire. Le plan de site ne déclare que cinq adresses, toutes datées du 18 septembre 2026, et aucune ne tient lieu de mentions légales : accueil, présentation, conditions d’utilisation, politique de confidentialité, signalement.
Les chemins qui porteraient un espace client n’existent pas. La connexion et le tableau de bord rendent une page « Oops. Nothing here… », l’inscription tombe sur une erreur de passerelle, et le bouton principal de la page d’accueil, libellé « Commencez à trader », n’ouvre aucune destination.
Un XRP à 45 512 dollars, 270 pays ici et 135 là
Le bandeau de flux en direct affiche une position « XRP/USDT Short @ 45512 ». La paire est libellée en dollars : lu à la lettre, le widget annonce donc un XRP à 45 512 dollars, pour un gain de 790 jetons de cotation. Les deux lignes qui l’accompagnent, « BTC/USDT » et « XRP/USDT », ne portent d’ailleurs aucun cours, seulement un montant. Le même encart annonce « 352 online », quand la page revendique 28 000 comptes vérifiés et 29 000 sessions actives un peu plus haut.
Les chiffres de couverture se contredisent d’une page à l’autre du même domaine. L’accueil annonce une présence dans « 135+ pays » et une équipe répartie sur dix-neuf bureaux ; la page de présentation parle de 53 900 traders connectés chaque jour « across 270+ countries ». Il n’existe pas 270 pays. La réserve de liquidités est donnée à « plus de 180 millions d’euros » dans un paragraphe, et résumée juste en dessous par une pastille à « 130 M€ ». La part des actifs conservés à froid est écrite en toutes lettres à 97,0 %, et la vignette voisine affiche « 100,0 % ».
Le bandeau de notes mérite le même examen. Quatre comparateurs sont convoqués, avec des scores de 4,9, 4,7, 4,8 et 4,8, et une mention « Basé sur 32 300 avis d’utilisateurs vérifiés ». Aucune de ces vignettes ne renvoie vers une fiche de comparateur, aucun des avis n’est daté, et pas un seul des profils présentés plus bas ne porte de lien vérifiable. Les certificats affichés dans la section sécurité, ISO 27001, PCI DSS et SOC 2, ne sont accompagnés ni d’un organisme certificateur, ni d’un numéro, ni d’une date.
Douze juillet chez Dynadot, un certificat de septembre
Le registre est net et tient en quatre lignes. zyvralen.net a été créé le 12 juillet 2026 chez Dynadot, bureau immatriculé sous le numéro 472, pour une échéance au 12 juillet 2027, avec un statut de transfert verrouillé et des serveurs de noms confiés à Cloudflare, grant et sunny. Le titulaire n’est pas publié. Le certificat présenté au navigateur est émis par Google Trust Services le 10 septembre 2026 et court jusqu’au 9 décembre ; il couvre le domaine et l’ensemble de ses sous-domaines. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Depuis nos adresses, chaque entrée reçoit la même réponse : une page d’erreur nginx de 1 526 octets, servie aussi bien sur la racine que sur les chemins internes, le fichier d’exclusion des robots ou l’icône du site. Un relais établi sur un autre réseau reçoit, lui, la page commerciale entière, trois cent dix-huit kilo-octets de HTML. Un serveur qui subit une avarie ne change pas de réponse selon l’adresse d’où vient la requête : cette régularité décrit un filtrage à l’entrée, non un incident. Nous avons donc travaillé sur la version servie aux visiteurs ordinaires, et c’est cette version que le bloc de capture ci-dessus conserve.
Sur le site du régulateur français, la recherche par nom ne renvoie aucune fiche. Cette absence signifie qu’aucun avertissement n’a été publié à ce nom, et non qu’une autorisation existerait : la page des listes noires du régulateur français reste la référence à consulter avant tout versement. Les trois sigles alignés en bas de page, CFTC, FCA et SEC, apparaissent sans hyperlien, sans référence de dossier et sans identifier le moindre titulaire ; aucun de ces trois organismes n’a par ailleurs mandat pour encadrer un service vendu à des épargnants français.
Ce qu’il faut conserver si un conseiller a déjà appelé
Le parcours tient en quatre champs (prénom, nom, courriel, téléphone), deux cases à cocher et un envoi. La page de confirmation annonce un rappel téléphonique sous vingt-quatre heures, prévient que le numéro affiché peut n’être pas celui de l’appelant, et déconseille de renvoyer le formulaire une seconde fois. Elle affirme aussi « Your Account Is Set Up and Ready to Go » alors qu’aucun compte n’a été ouvert, et son décompte demeure figé à 23 heures, 59 minutes et 59 secondes.
Pour une personne qui a déjà répondu à ce formulaire, l’ordre des pièces compte davantage que le récit. Il faut mettre de côté l’écran affiché au moment du contact, l’heure et le numéro du rappel reçu, le nom annoncé par l’interlocuteur et le lien qu’il a fait ouvrir, puis, s’il y a eu versement, l’ordre de virement et l’identifiant du compte bénéficiaire, ou l’adresse de portefeuille et l’empreinte de la transaction pour un paiement en crypto-actifs. Ces éléments se réunissent pendant qu’ils sont encore lisibles. La manière de présenter les faits est décrite sur notre page dédiée au dépôt de plainte. Un service public de notation, consulté le 27 octobre 2026, affiche 25 % de confiance pour ce nom, note visible sur sa fiche.
L’éclairage de Maître Goce Novakov, du barreau de Paris, porte sur l’issue judiciaire de ces dossiers. Il commente les décisions rendues au Mans et à Toulouse, l’indemnisation obtenue par les personnes trompées sur de faux placements, et la reconnaissance, à l’encontre de la banque, d’un manquement à son devoir de vigilance.
Les réponses que la vitrine ne donne pas sur elle-même
Rien dans le site ne le documente. Les trois sigles du bas de page apparaissent sans hyperlien, sans référence de dossier et sans nommer un titulaire ; aucun d’eux n’a de compétence sur un service vendu en France. Les autorisations réellement délivrées dans le pays sont publiées par l’Autorité des marchés financiers, qui tient aussi la liste publique des mises en garde. Trois logos de quarante pixels ne remplacent pas une autorisation.
Elles décrivent un service de publicité et de promotion pour le compte de fournisseurs tiers, et écartent expressément toute vente de produit ou de service par l’éditeur. Elles ne nomment aucune société : la phrase censée identifier l’exploitant est restée à l’état de variable, « company_name ». Ce texte est rédigé en anglais, sans version française, et réserve la possibilité de le modifier à tout moment.
Aucune des adresses qui porteraient ces fonctions ne fonctionne. La connexion et le tableau de bord rendent une page d’erreur, l’inscription tombe sur une erreur de passerelle, et le bouton « Commencez à trader » ne mène nulle part. Le formulaire ne réclame aucune pièce et ne prévoit aucune authentification : quatre informations civiles, puis un rappel téléphonique sous vingt-quatre heures.
Réunir les pièces avant qu’elles ne disparaissent : relevé de l’écran au moment du contact, date, heure et numéro du rappel, nom annoncé par l’interlocuteur, courriels et messages échangés, puis ordre de virement et identifiant du bénéficiaire ou adresse de portefeuille si un paiement a eu lieu. Ces pièces se rassemblent tant qu’elles restent accessibles, et notre page dédiée au dépôt de plainte détaille la forme du dossier.
Vous avez déjà laissé vos coordonnées sur ce genre de page ?
Notre service d’aide aux victimes examine l’écran qui vous a été présenté, l’heure du rappel reçu et les coordonnées bancaires vers lesquelles les fonds ont été annoncés, puis précise les démarches encore ouvertes du côté de votre établissement bancaire.


