Le 3 septembre 2026, nos vérifications sur wettex-bank.com ont mis au jour un oubli qui en dit long : les pages légales de cette prétendue « banque en ligne » sont encore titrées au nom d’une autre enseigne, EasyBank, et datées de plusieurs mois avant la création du domaine. Sur la politique de confidentialité comme sur les conditions d’utilisation, le navigateur affiche « Protection de vos données chez EasyBank » ou « EasyBank – Votre banque en ligne », tandis que le domaine wettex-bank.com n’a été enregistré que le 4 novembre 2025.
Le site se présente comme « Wettex Bank », une banque de détail « 100 % en ligne » domiciliée 13 place de Vénétie à Paris, proposant comptes, cartes, crédits et épargne dans une dizaine de langues. La page d’accueil française affirme que l’établissement est « agréé et soumis à la surveillance des autorités bancaires (ACPR) », et le pied de page répète « Établissement financier agréé et régulé ». Aucune trace de cet agrément n’existe : aucun numéro d’immatriculation, aucun SIREN ni RCS n’apparaît sur les cent pages que nos outils ont visitées, et aucune entité nommée « Wettex Bank » ne figure dans les registres consultés.
Dernière mise à jour : 03/09/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de wettex-bank.com. Retrouvez l’apparence originale de cette fausse banque même après sa fermeture : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
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Sommaire
- Une « banque » qui n’a pas effacé le nom de son modèle : EasyBank
- John Doe, Jane Smith et un Intermarché : l’identité fictive de la « banque »
- Crédit « sans justificatif » et ouverture de compte : la collecte de coordonnées comme unique activité
- Une vitrine déclinée en série sur les mêmes serveurs
- Coordonnées transmises ou frais versés : les démarches à engager
- Wettex Bank en questions
- Conclusion : une fausse banque assemblée à la hâte, encore en ligne
Une « banque » qui n’a pas effacé le nom de son modèle : EasyBank
L’indice le plus parlant ne se trouve pas dans les promesses de la page d’accueil mais dans les onglets du navigateur. La politique de confidentialité, consultable en français comme en anglais, porte le titre « Politique de confidentialité | Protection de vos données chez EasyBank | Wettex Bank – It’s Over 9000! ». Les conditions d’utilisation affichent, elles, « Conditions Générales d’Utilisation | EasyBank – Votre banque en ligne ». Sur les cent pages capturées lors de notre exploration, vingt-trois documents juridiques, toutes langues confondues, mentionnent encore EasyBank. Le gabarit juridique de la vitrine a été conçu pour un autre clone, puis repris sans que les balises de titre soient mises à jour.
La datation des textes confirme le recyclage : la politique de confidentialité est datée d’« Avril 2025 » et les conditions d’utilisation de « June 2025 », soit plusieurs mois avant l’enregistrement du domaine le 4 novembre 2025. Un document légal daté avant la naissance du site qu’il est censé régir ne peut qu’avoir été rédigé pour une autre exploitation. Le suffixe « It’s Over 9000! », présent dans le titre de quatre-vingt-neuf pages sur cent, achève de démontrer qu’aucun relecteur n’a jamais personnalisé cette vitrine : aucune banque digne de ce nom ne laisserait une référence de culture internet s’afficher dans chaque onglet de ses clients.
John Doe, Jane Smith et un Intermarché : l’identité fictive de la « banque »
La page « À propos » raconte une banque « fondée il y a plus de quinze ans », avec une chronologie datée : naissance de l’idée en 2008, lancement officiel en 2010 « après deux ans de développement et l’obtention de nos licences ». Ces licences ne sont jamais précisées, et pour cause : le domaine n’existe que depuis le 4 novembre 2025, soit dix mois avant notre enquête. Une institution qui affiche plus de quinze ans d’histoire sur un domaine âgé de dix mois ne peut qu’avoir emprunté son récit.
La même page présente l’équipe dirigeante : « John Doe, President & Founder (CEO) », « Jane Smith, Chief Technology Officer » et « Samuel Lee, Chief Operating Officer ». John Doe et Jane Smith sont les noms de substitution utilisés par défaut dans les formulaires et les maquettes anglo-saxons, l’équivalent de « Monsieur X » : les opérateurs n’ont même pas pris la peine d’inventer des identités. Aucun dirigeant réel, aucun conseil d’administration, aucune forme juridique ne sont mentionnés, ce qui serait inconcevable pour un établissement de crédit agréé en France, tenu de publier sa dénomination sociale complète.
L’adresse affichée dans le pied de page, « 13 Pl. de Vénétie, 75013 Paris », ne résiste pas non plus à la vérification : les annuaires publics situent à cette adresse un hypermarché Intermarché, pas le siège d’une banque. Le numéro de téléphone associé, présenté sous la forme « +33 0773245653 », conserve un zéro initial après l’indicatif, format qui n’existe pas pour les lignes françaises. La seule adresse email, [email protected], renvoie vers le domaine de la vitrine elle-même : aucune société ne peut être jointe autrement que par les escrocs.
Crédit « sans justificatif » et ouverture de compte : la collecte de coordonnées comme unique activité
La promesse principale du site est le crédit : la page d’accueil vante des financements de 1 000 à 50 000 euros sur des durées allant jusqu’à 84 mois, « sans justificatif d’utilisation », avec une « réponse rapide en 24 h ». La page « Demande de financement » réclame en réalité un dossier complet : nom, email, numéro de téléphone, motif du projet, montant, devise, durée, adresse postale, ville et pays. Une mention y précise que « pour traiter votre demande, vous devez avoir un compte chez Wettex Bank » et que, après soumission, le visiteur « sera redirigé vers la page d’inscription » ; une autre indique qu’en soumettant le formulaire, l’internaute « accepte d’être contacté par nos conseillers ». Le formulaire n’est donc pas un crédit : c’est un entonnoir destiné à récupérer des coordonnées complètes avant un appel de faux conseillers.
L’ouverture de compte suit la même logique sur le sous-domaine account.wettex-bank.com : un assistant en quatre étapes demande devise, civilité, nom, prénom, adresse email et téléphone, sans aucune vérification d’identité ni pièce justificative. Un établissement de crédit agréé est tenu de connaître ses clients (dispositif dit KYC) ; ici, aucune pièce d’identité n’est demandée, car il n’y a ni compte à ouvrir ni agrément à respecter. Le certificat SSL du site, délivré par Let’s Encrypt et couvrant les sous-domaines account, mail, webmail et ftp, est un certificat standard de serveur mutualisé, sans aucun lien avec une infrastructure bancaire.
La fiche consacrée au domaine par la plateforme indépendante ScamDoc est consultable sur la page dédiée à wettex-bank.com, avec un indice de confiance faible. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une vitrine déclinée en série sur les mêmes serveurs
Le domaine wettex-bank.com a été enregistré le 4 novembre 2025 auprès du registrar Tucows, avec des serveurs DNS du fournisseur Trouble-Free et une adresse IP américaine (206.72.206.88). Ces trois caractéristiques sont partagées avec banksvolks.com, une vitrine néerlandaise « Banksvolks » créée dix jours plus tôt, le 25 octobre 2025, chez le même registrar, sur les mêmes serveurs DNS et la même adresse IP. Les deux sites reprennent la même trame : mêmes montants de crédit annoncés (1 000 à 50 000 euros), même durée maximale de 84 mois, même discours de « banque coopérative appartenant à ses membres », et le même suffixe « It’s Over 9000! » dans le titre de chaque page. Il ne s’agit pas de deux sociétés concurrentes : c’est le même gabarit de fausse banque, déployé sous plusieurs noms et traduit en plusieurs langues.
La vitrine wettex-bank.com est d’ailleurs proposée dans dix langues (français, anglais, allemand, espagnol, portugais, danois, norvégien, suédois, luxembourgeois, français canadien) via un widget de traduction instantanée de pages, une technique fréquente dans les fermes de sites frauduleux pour ratisser large avant de personnaliser l’escroquerie. L’ensemble repose sur un gabarit technique standard (serveur LiteSpeed, cadre applicatif Laravel) et des textes que les analyses signalent comme générés par intelligence artificielle : une production à la chaîne, cohérente avec l’empreinte d’EasyBank laissée dans les pages légales.
Les personnes qui ont versé des fonds à la suite d’une demande de crédit ou d’ouverture de compte sur wettex-bank.com, par exemple pour de prétendus frais de dossier ou de déblocage, peuvent se tourner vers la banque qui a reçu leurs virements : un établissement qui encaisse des fonds pour le compte d’une entité frauduleuse peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, présente dans la vidéo ci-dessous un jugement d’escroquerie dans lequel des victimes de faux investissements ont été indemnisées intégralement après la condamnation de la banque bénéficiaire ; retrouvez sa présentation sur sa page dédiée.
Coordonnées transmises ou frais versés : les démarches à engager
La première priorité est de couper tout contact avec les opérateurs de wettex-bank.com, que la conversation ait eu lieu par email depuis [email protected], par téléphone ou après un appel de « conseiller ». Ne répondez plus à aucune demande de paiement, quel que soit le motif avancé (frais de dossier, frais d’ouverture de compte, frais de déblocage, caution) : ces demandes successives sont le cœur du mécanisme, et chaque versement en appelle un autre. Rassemblez les captures d’écran des pages visitées, l’historique des échanges et les relevés des virements effectués : ces éléments constituent la base de toute procédure.
Si vous avez transmis vos données personnelles via le formulaire de crédit ou l’assistant d’ouverture de compte, signalez-le à la CNIL, autorité française de protection des données. Si des fonds ont été versés, déposez plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou, pour les victimes en France, via le portail Thésée (thesee.interieur.gouv.fr) ; notre guide pratique sur la page dédiée aux procédures de plainte détaille les étapes selon votre situation. Ces montages de fausses banques ne sont pas nouveaux : optima-cred, une fausse banque qui se prétendait licenciée, et credit-financea, un faux courtier de crédit à l’identité empruntée, ont déjà été documentés par BrokerDefense avec des mécanismes comparables. Pour un accompagnement personnalisé, la page d’assistance de BrokerDefense permet de soumettre directement votre dossier.
Wettex Bank en questions
Non. Le site affirme être un « établissement financier agréé » soumis à la surveillance de l’ACPR, mais aucun registre ne mentionne cette entité et aucune page du site ne publie de SIREN, de numéro d’agrément ou de forme juridique. Le domaine a été créé le 4 novembre 2025 et ses pages légales, datées du printemps 2025, portent encore le nom d’« EasyBank » : elles proviennent d’un autre montage. La plateforme ScamDoc attribue au domaine un indice de confiance faible.
Non. Le formulaire de demande de financement collecte nom, email, téléphone, adresse et projet, puis renvoie vers une page d’inscription ; le site précise lui-même que le visiteur « sera contacté par nos conseillers ». Aucun organisme de crédit agréé ne peut prêter « sans justificatif » et sans vérification d’identité. Le formulaire sert uniquement à récupérer des coordonnées qui seront exploitées par de faux conseillers, généralement pour réclamer des frais qui ne mènent à aucun crédit.
Cessez immédiatement tout échange avec les opérateurs du site et ne versez plus aucun montant. Conservez toutes les preuves : captures d’écran, emails, relevés de virements. En France, déposez plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou via le portail Thésée, et signalez la collecte de vos données à la CNIL. Vous pouvez également soumettre votre dossier sur la page d’assistance de BrokerDefense pour être orienté dans vos démarches.
Conclusion : une fausse banque assemblée à la hâte, encore en ligne
Wettex-bank.com additionne les preuves de son caractère frauduleux : textes légaux recyclés d’un autre clone sans même en effacer le nom, dirigeants aux patronymes de substitution, adresse d’un hypermarché parisien, histoire « fondée en 2008 » sur un domaine de dix mois et promesses de crédit sans justificatif destinées à collecter des coordonnées. Aucune autorité de régulation ne reconnaît cette « banque », et le site était toujours accessible au moment de notre enquête du 3 septembre 2026.
Les personnes qui cherchent un crédit rapide ou une banque en ligne, contactées après avoir laissé leurs coordonnées sur ce site, s’exposent à des demandes de frais répétées, à la revente de leurs données personnelles et, pour celles qui auront viré des fonds, à des pertes financières directes. Avant de donner la moindre information à un établissement financier rencontré en ligne, une évaluation préalable sur BrokerDefense permet de repérer en quelques minutes les signaux que cette fausse banque multiplie sur chacune de ses pages.


