Sommaire
- Un écran de connexion monté sur le même socle que d’autres dossiers
- Calqué sur le nom de la banque néerlandaise Bunq
- L’AMF a rangé ce nom sous la qualification Usurpation en juin 2021
- Un espace client verrouillé, ouvert seulement sur invitation
- Un nom sans titulaire déclaré, sans serveur et sans traces
- Interroger la banque sur les paiements exécutés
- Trois éclaircissements sur cette adresse
Un écran de connexion monté sur le même socle que d’autres dossiers
La page de connexion de bunqfx.com ne constituait pas une construction originale. Elle reposait sur un socle technique identique à celui relevé dans plusieurs dossiers que BrokerDefense a instruits séparément : Munich-fg.com, Gr-Ortelius.com, Ener-2Crowd, Advent-CMLTD et la Financière Cinqus partagent exactement les mêmes ressources. Les scripts CommonCrypto.js et ScriptCrypto.js, ainsi que TranslationFR.js et le sélecteur de langue jquery.polyglot.language.switcher, étaient tous servis depuis un dossier commun : /Themes/Common/Content/Scripts/. Seule la partie propre au domaine vivait dans un répertoire dédié, /Themes/bunqfx/, qui contenait notamment l’image de fond login-bg2.jpg.
Cette architecture dit quelque chose d’important : ce type de vitrine ne se reconnaît pas à une identité ou à un contenu propre, mais à ses ressources partagées. Plusieurs facades différentes peuvent ainsi être montées et démontées depuis le même socle, avec un effort minimal de personnalisation. L’ensemble des scripts jQuery habituels s’y retrouvait, de jquery.validate à owl.carousel, en passant par bootstrap, popper, aos et KeepSessionAlive. La copie publique conservée du 14 avril 2021, dont l’en-tête portait le nom « BunqFX » suivi du mot « Accueil », ne livrait qu’un bouton « Espace Client » et un lien « Accès » : rien d’autre n’était accessible sans identifiants.
Aujourd’hui, il ne subsiste plus rien de cette adresse. Le fichier du registre des .com ne restitue plus aucune fiche au nom de bunqfx.com. Rien ne répond plus à ce nom, qu’il s’agisse d’une adresse IP, d’un serveur de noms, d’un enregistrement de messagerie ou d’un champ texte quelconque. Le domaine ne répond plus, et la demande d’annuaire au format structuré revient en erreur 404.
Dernière mise à jour : 02/10/2026
Calqué sur le nom de la banque néerlandaise Bunq
Le choix du nom bunqfx.com n’était pas anodin. « Bunq » est le nom d’une banque néerlandaise réelle, titulaire d’un agrément bancaire, dont la notoriété s’est développée notamment auprès d’une clientèle jeune et mobile en Europe. La construction du domaine empruntait cette consonance pour bénéficier d’une crédibilité immédiate, sans avoir à construire une réputation propre. L’ajout du suffixe « fx », évocateur des marchés de change, complétait l’illusion d’une offre financière sérieuse.
Ce procédé, qui consiste à capitaliser sur la notoriété d’un acteur agréé plutôt qu’à établir une identité propre, est précisément ce que le régulateur qualifie d’usurpation. Il n’est pas isolé : le dossier sec-access-bnq.net documente une seconde reprise du même radical « bunq », survenue en 2023, soit deux ans après la disparition de bunqfx.com. La même logique d’emprunt y est à l’œuvre, ce qui confirme que la consonance de la banque néerlandaise reste exploitée comme vecteur de tromperie.
L’AMF a rangé ce nom sous la qualification Usurpation en juin 2021
Le nom www.bunqfx.com figure dans le fichier public de l’Autorité des marchés financiers depuis le 15 juin 2021, soit quatre jours avant la première publication de ce dossier sur BrokerDefense. La qualification retenue est « Usurpation », ce qui correspond à l’usage frauduleux d’une dénomination proche de celle d’un établissement agréé. Ce classement est consultable à tout moment dans le répertoire des acteurs non autorisés que l’AMF met à disposition des épargnants.
Le fichier consolidé des autorités françaises, qui regroupe les signalements de plusieurs régulateurs sectoriels, porte quant à lui deux entrées distinctes rattachées à ce domaine : le nom de domaine lui-même, et une adresse de messagerie construite sur ce même domaine. Les qualifications associées couvrent plusieurs champs : crédits, livrets, paiements, assurances et usurpation professionnelle. Cette multiplicité de qualifications indique que la plateforme était présentée sous plusieurs angles commerciaux selon les interlocuteurs démarchés. L’ensemble de ces signalements est accessible dans les signalements rassemblés par le régulateur français.
Un espace client verrouillé, ouvert seulement sur invitation
La vitrine bunqfx.com ne proposait aucun contenu librement consultable. Toute la surface visible se réduisait à un formulaire de connexion : sans identifiants, aucune page n’était accessible. Ce choix de conception n’est pas neutre. Il signifie que l’épargnant ne pouvait pas évaluer l’offre, comparer les conditions, lire des mentions légales ou vérifier une quelconque information avant d’avoir été contacté et d’avoir reçu des accès personnalisés.
La prise de contact venait toujours des démarcheurs, jamais du prospect. La séquence type était la suivante : un premier appel téléphonique, une présentation orale de l’opportunité, puis la remise d’identifiants permettant d’accéder à un espace affichant des positions, des rendements et un solde fictif. Ce dispositif avait pour effet de placer l’épargnant en situation de dépendance vis-à-vis du démarcheur dès le premier contact, et de rendre toute vérification indépendante très difficile. Quiconque recevait ce type de sollicitation et se retrouvait face à un écran de connexion fermé, présenté comme une plateforme d’épargne ou de placement, avait toutes les raisons de marquer une pause avant d’aller plus loin.
Un nom sans titulaire déclaré, sans serveur et sans traces
L’enregistrement du domaine avait été réalisé de façon entièrement anonyme : aucun titulaire, aucun contact administratif ou technique ne figurait dans les données publiques. La date de création et la date d’échéance n’étaient pas exploitables. Neuf certificats TLS ont été journalisés au total, couvrant la période du 31 août 2020 au 16 octobre 2021. Les premiers provenaient d’une autorité cPanel et de Let’s Encrypt, les trois émis en août et septembre 2020. À partir du 16 novembre 2020, les certificats suivants ont été délivrés par Cloudflare, jusqu’au dernier, daté du 16 octobre 2021.
Ces certificats couvraient, outre le domaine principal, plusieurs noms techniques révélateurs d’un hébergement mutualisé : mail, webmail, cpanel, webdisk et www. Cette configuration, courante chez les hébergeurs partagés à bas coût, confirme que la plateforme ne reposait pas sur une infrastructure dédiée. Aujourd’hui, l’adresse n’est plus servie sous quelque forme que ce soit. Le fichier du registre des .com ne restitue plus aucune fiche, aucun serveur de noms ne répond, aucun enregistrement de messagerie n’est actif. Le domaine ne répond plus.
Les annuaires spécialisés gardent la trace de cet enregistrement : consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Interroger la banque sur les paiements exécutés
Les personnes ayant effectué des virements vers cette plateforme disposent de recours concrets, même lorsque le domaine a cessé d’exister. La première démarche consiste à rassembler l’ensemble des preuves disponibles : copies des échanges reçus pendant le démarchage, captures d’écran de l’espace client, confirmations de virement et tout document remis par les opérateurs de la plateforme. C’est de cet ensemble que dépend la solidité d’une réclamation, qu’elle soit portée devant un avocat, un médiateur ou la justice pénale.
Le rôle de la banque qui a laissé passer ces transferts mérite lui aussi d’être examiné de près. Une jurisprudence récente du tribunal judiciaire de Paris a condamné un établissement à indemniser intégralement des victimes, au motif qu’il n’avait pas exercé la vigilance requise face à des transferts présentant des caractéristiques inhabituelles. Dans l’entretien ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate exerçant à Paris, au barreau, revient sur ce jugement et sur les moyens d’obtenir la condamnation de la banque à une indemnisation complète.
Pour les victimes qui envisagent une plainte pénale, la page consacrée à la plainte pénale détaille les étapes et les points de vigilance à connaître avant de déposer.
Trois éclaircissements sur cette adresse
Oui, à condition de savoir le repérer. Le domaine bunqfx.com empruntait la consonance de la banque néerlandaise Bunq sans lui être rattaché d’aucune façon. L’accès restait intégralement fermé à qui n’avait pas reçu d’identifiants de la part des démarcheurs, ce qui rendait toute vérification indépendante impossible. Le fichier du registre des .com ne restitue aujourd’hui plus aucune fiche à ce nom : la plateforme a cessé d’exister sans laisser de trace exploitable pour qui cherche à la retrouver.
La disparition du domaine ne clôt pas les recours. Les preuves rassemblées pendant la relation avec la plateforme, qu’il s’agisse des échanges reçus, des confirmations de virement ou des captures de l’espace client, conservent toute leur valeur pour saisir la justice pénale ou engager une procédure civile. Un avocat spécialisé peut évaluer la solidité du dossier et orienter vers la voie la plus adaptée selon les montants en jeu et les éléments disponibles.
Des décisions judiciaires ont établi qu’un établissement bancaire peut être condamné à rembourser des fonds transférés vers une plateforme frauduleuse lorsqu’il n’a pas exercé la vigilance attendue au moment des opérations. Cela suppose de démontrer que les virements présentaient des caractéristiques inhabituelles que la banque aurait dû détecter. Ce type d’argument doit être développé avec l’aide d’un avocat, en s’appuyant sur l’ensemble des pièces disponibles dès le départ.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 02/10/2026



3 Comments
je pense faire partie des personnes dupées et escocquées par ce site.
Quels actions peuvent etre entamées contre es escrocs
A vous lire
Bonjour, Merci pour votre commentaire concernant Bunqfx, nous vous contactons au plus vite afin de vous orienter. N’hésitez pas à nous téléphoner au 09 77 218 278