Sommaire
- Kreditmarket-banking.com : le régulateur a retenu « Usurpation Professionnel »
- Une vitrine bancaire portant les identifiants d’un établissement réel
- Ce nom n’est plus rattaché à aucun titulaire
- Deux années d’enregistrement, cinq relevés d’archives
- Des virements adressés à cette banque : ce qui reste possible
- Kreditmarket-banking.com : les réponses aux interrogations les plus courantes
Kreditmarket-banking.com : le régulateur a retenu « Usurpation Professionnel »
Sur les listes noires des autorités publiées par l’ABEIS, une ligne relevée le 10 octobre 2026 vise « kreditmarket-banking.com » sous la dénomination « KREDIT BANK / KREDIT MARKET BANKING », avec deux qualifications retenues par l’ACPR et l’AMF : « Crédits livrets paiements assurances » et « Usurpation Professionnel ». L’inscription est datée du 21 janvier 2022, soit huit jours avant la publication de notre article d’origine.
Ce décalage mérite d’être souligné : lorsque nous publiions notre enquête initiale, l’inscription du régulateur était déjà effective. La qualification « Usurpation Professionnel » n’est pas un libellé anodin ; elle désigne précisément le procédé consistant à se présenter comme un professionnel dûment autorisé sans l’être. Ce n’est pas une simple mise en garde de prudence : c’est la qualification retenue par les deux autorités compétentes après examen du dossier.
Aucune personne physique n’est nommée dans cette inscription. La ligne vise le nom de domaine et la dénomination commerciale, ce qui est cohérent avec la nature de l’opération : une vitrine construite pour ressembler à un établissement bancaire agréé, sans qu’aucun titulaire identifiable n’ait jamais revendiqué publiquement cette identité.
Un dossier voisin illustre la même mécanique : notre enquête sur Genebanque.fr, autre fausse banque fichée par le régulateur, montre que ce type de vitrine se multiplie en empruntant les codes visuels et les promesses d’un établissement de crédit ordinaire pour tromper des épargnants.
La fiche WHOIS complète sur DomainTools reste le point de contrôle à partir duquel reconstituer les données d’enregistrement.
Dernière mise à jour : 10/10/2026
Une vitrine bancaire portant les identifiants d’un établissement réel
La copie d’archive conservée révèle ce que le pied de page de la vitrine affichait : une date d’immatriculation au registre, le 4 juin 2003, un numéro SIREN, « 448 503 946 », et le numéro SIRET d’établissement qui l’accompagne. Ces identifiants correspondent, dans le registre français des entreprises, à un établissement réel enregistré sous le nom « BANCO BPI », dont l’activité déclarée relève de la banque. Il va de soi que cet établissement n’est en rien responsable de l’usage qui a été fait de ses identifiants : il en a été la victime indirecte, au même titre que les personnes que la vitrine cherchait à attirer.
Le procédé retenu consistait donc à emprunter l’identité légale d’un professionnel autorisé pour conférer une apparence de légitimité à une structure qui n’avait obtenu aucune autorisation. Pour un visiteur non averti, la présence d’un numéro SIREN et d’une date d’immatriculation RCS pouvait suffire à dissiper les doutes : ces éléments sont précisément ceux qu’un établissement bancaire sérieux est tenu d’afficher.
D’après le relevé du 21 janvier 2022, la vitrine proposait l’ouverture de compte, une offre de bienvenue, trois niveaux de cartes Visa (Classic, Premier, Infinite), des comptes d’épargne, un prêt personnel affiché à un taux préférentiel, une assurance vie et une assurance habitat. Un sélecteur de langue donnait accès à seize versions, dont le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le russe et l’ukrainien, ce qui indique une ambition de ciblage très large, bien au-delà du seul marché francophone.
Aucune de ces offres ne reposait sur une autorisation délivrée par une autorité compétente. Nos recherches menées le 10 octobre 2026 n’ont par ailleurs trouvé aucune société enregistrée sous le nom « KREDIT MARKET BANKING » dans les registres consultés. La dénomination n’existe donc pas en dehors de la ligne d’inscription sur les listes de l’ABEIS et de la vitrine elle-même.
Ce nom n’est plus rattaché à aucun titulaire
Nos relevés du 10 octobre 2026 le confirment : kreditmarket-banking.com ne peut plus être rattaché à un titulaire. La réponse rendue par la base des .com est « No match », et l’interrogation officielle du registre se solde par une erreur 404. Aucune requête DNS, qu’il s’agisse de l’adresse du serveur, des serveurs de noms ou des enregistrements de messagerie, ne reçoit de réponse : le nom ne résout plus sous aucune forme.
Il importe de distinguer deux situations très différentes. Lorsqu’un site cesse d’être accessible mais que son nom reste enregistré, le titulaire demeure identifiable : les données d’enregistrement sont conservées au registre, et des voies existent pour obtenir communication de l’identité du déposant. Ici, la situation est autre : le nom ne dépend plus d’aucun déposant, et les données d’enregistrement susceptibles d’identifier un responsable ne sont plus consultables par les canaux ordinaires.
Retrouver l’exploitant d’une telle adresse devient, dans ces conditions, particulièrement difficile. Les données d’enregistrement qui auraient pu orienter une enquête ou appuyer une demande en justice ne sont plus accessibles par les canaux habituels. Nos relevés de 2022 et les copies d’archives conservées constituent dès lors les seuls éléments techniques disponibles sur l’histoire de ce nom.
Deux années d’enregistrement, cinq relevés d’archives
Nos relevés de 2022 établissent que le nom kreditmarket-banking.com avait été créé le 10 août 2020 pour une durée de deux ans, avec une échéance fixée au 10 août 2022. Il n’a pas été renouvelé à cette date, ce qui explique sa disparition du fichier du registre.
Cinq relevés de la page d’accueil ont été conservés, s’échelonnant du 11 décembre 2021 au 21 janvier 2022. La période d’exploitation visible est donc brève : quelques semaines à peine séparent le premier et le dernier instantané disponible. Cette fenêtre étroite contraste avec l’ampleur des services annoncés, qui supposaient en théorie une relation durable entre la banque et ses clients.
Un enregistrement de courte durée, non renouvelé, ne s’accorde pas avec l’activité qu’une banque à distance promet à ses clients. Un établissement bancaire sérieux s’inscrit dans le temps long : il renouvelle ses noms de domaine, maintient ses infrastructures, assure la continuité de ses services. Ici, le nom a été créé, utilisé pendant quelques semaines visibles, puis abandonné sans renouvellement. Ce calendrier est en lui-même révélateur de la nature réelle de l’opération.
Des virements adressés à cette banque : ce qui reste possible
La disparition du nom ne clôt pas les voies ouvertes à ceux qui ont envoyé des fonds. Il convient d’abord de rassembler les pièces encore en main : ordres de virement, relevés bancaires détaillant les opérations débitées, courriels échangés avec la prétendue banque, et copies des pages consultées avant d’agir. Sans ces pièces, aucune démarche ne peut être utilement engagée.
Il est également indispensable de s’adresser à sa propre banque pour obtenir le détail précis des opérations et l’identification du bénéficiaire des fonds. La question du devoir de vigilance mérite d’être posée explicitement : tant l’établissement qui a reçu les fonds que celui qui a exécuté l’ordre de virement peuvent voir leur responsabilité engagée s’il est établi qu’ils n’ont pas accompli les vérifications qui s’imposaient.
Notre enquête sur Intitu-capital.com, autre fausse banque inscrite sur les listes du régulateur, illustre comment ce type de dossier peut être conduit jusqu’à une mise en cause de la responsabilité bancaire. Les mécanismes sont comparables, et les résultats obtenus dans des affaires similaires montrent que la démarche n’est pas sans issue.
Pour les victimes qui envisagent une action pénale, la page où nous détaillons la plainte pour escroquerie présente les étapes concrètes à suivre et les éléments à réunir avant de saisir les autorités compétentes.
L’entretien filmé avec Maître Goce Novakov, avocat plaidant à Paris, porte sur la condamnation d’un établissement bancaire dont la vigilance a été jugée insuffisante face à une escroquerie, sur l’indemnisation alors accordée à la victime, et sur les conditions dans lesquelles la banque ayant exécuté les virements a vu sa responsabilité engagée.
Kreditmarket-banking.com : les réponses aux interrogations les plus courantes
Cette qualification désigne le fait de se présenter comme un professionnel dûment autorisé à exercer une activité bancaire ou financière sans disposer d’aucune autorisation. Dans le cas de kreditmarket-banking.com, le régulateur a estimé que la vitrine imitait délibérément l’apparence d’un établissement agréé, notamment en affichant les identifiants légaux d’une banque réelle, pour obtenir la confiance de visiteurs qui n’avaient aucune raison de douter de sa légitimité.
Au 10 octobre 2026, ce nom ne peut plus être rattaché à un titulaire dans la base des .com. La réponse retournée est « No match », l’interrogation officielle du registre aboutit à une erreur 404, et aucune requête DNS ne reçoit de réponse. Le nom n’appartient plus à personne et n’est plus accessible sous aucune forme. Il avait été enregistré le 10 août 2020 pour deux ans et n’a pas été renouvelé à l’échéance du 10 août 2022.
La disparition du nom ne supprime pas les voies de recours. Il faut réunir immédiatement tous les justificatifs disponibles, contacter sa propre banque pour obtenir le détail des opérations et l’identification du bénéficiaire, et interroger explicitement les établissements concernés sur leur devoir de vigilance. Une plainte pénale pour escroquerie reste possible et peut s’appuyer sur les copies d’archives et les relevés techniques conservés par BrokerDefense.
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Article réécrit le 10/10/2026


