Le domaine cybertecx.net, qui hébergeait la fausse agence d’investigation Cyber Tecx, a été rayé du registre .NET : le WHOIS Verisign ne le reconnaît plus (« No match ») et le site ne répond plus depuis le 10 août 2026. Cette structure se présentait comme une agence privée capable de traquer les fraudeurs de la finance et de restituer les fonds perdus par leurs victimes, affichant un taux de réussite de 98 % et une équipe de 2 000 experts en cybersécurité. Nos vérifications du 15 août 2026 confirment que le domaine a été totalement supprimé du registre, une disparition plus radicale qu’un simple arrêt de serveur, qui laisse sans recours les personnes ayant transmis des informations ou versé des frais dans l’espoir de récupérer leurs pertes.
Sommaire
- La radiation totale du registre .NET : quand le traqueur efface ses propres traces
- Un domaine rayé quatre mois après ses derniers certificats SSL
- Une « agence d’investigation » qui n’a jamais existé
- Une vitrine technique assemblée pour inspirer confiance
- Des victimes déjà fragilisées, ciblées une seconde fois
- Questions pratiques après la fin de Cyber Tecx
La radiation totale du registre .NET : quand le traqueur efface ses propres traces
Nos vérifications techniques du 15 août 2026 ont mis en évidence une situation sans ambiguïté : cybertecx.net n’existe plus en tant que domaine enregistré. L’interrogation RDAP auprès de Verisign, l’autorité de registre du .NET, renvoie une réponse HTTP 404 Not Found — ce qui signifie que le domaine est introuvable dans la base de données officielle. Le WHOIS Verisign, de son côté, répond sans détour : « No match for « CYBERTECX.NET » ». Cette formulation n’est pas celle d’un domaine expiré ou suspendu : elle indique une suppression totale de l’entrée dans le registre, sans période de grâce, sans possibilité de rachat par un tiers.
Au niveau DNS, le constat est identique : cybertecx.net renvoie un NXDOMAIN sur l’ensemble des types d’enregistrements testés (A, MX, NS, TXT, CNAME). Nos outils ont tenté trois connexions HTTP distinctes vers https://cybertecx.net/ ; chacune s’est soldée par un échec de résolution (curl exit 6, nom introuvable). Le site ne répond plus, et aucune infrastructure résiduelle ne subsiste.
Ce qui rend cette disparition particulièrement révélatrice, c’est le contraste avec l’activité récente du domaine. Nos recherches sur crt.sh, la base de données publique des certificats SSL, indiquent que des certificats étaient encore émis pour le domaine et ses sous-domaines fin avril 2026 : un certificat wildcard *.cybertecx.net le 30 avril 2026, www.cybertecx.net le 28 avril, et les sous-domaines apps.cybertecx.net, staging.cybertecx.net et login.cybertecx.net le 27 avril. L’existence de sous-domaines dédiés à la connexion (login) et à des environnements de test (staging) trahit une infrastructure pensée pour durer, pas pour fermer. Entre la dernière émission de certificat et la radiation du registre, moins de quatre mois se sont écoulés. La fausse agence qui prétendait retrouver les escrocs a appliqué à elle-même la technique qu’elle attribuait à ses cibles : disparaître sans laisser de trace exploitable.
Dernière mise à jour : 15/08/2026
Un domaine rayé quatre mois après ses derniers certificats SSL
D’après les données techniques recueillies lors de notre enquête initiale publiée le 25 juillet 2025, cybertecx.net avait été enregistré le 10 mai 2024 auprès du registrar Namesilo. La résolution DNS s’appuyait sur les serveurs de Namecheap et de Cloudflare, ce dernier assurant également une partie de la protection et du routage du trafic. L’hébergement physique était localisé aux Pays-Bas, chez HostSailor, avec un point de présence complémentaire aux États-Unis via l’infrastructure Cloudflare. La Wayback Machine a archivé 100 captures du site entre juillet 2023 et août 2025, ce qui témoigne d’une présence en ligne maintenue sur plus de deux ans.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Pour comprendre comment des victimes d’arnaques financières peuvent faire valoir leurs droits afin de récupérer des fonds, Me Julie Younes, avocate au barreau de Paris, revient sur les démarches possibles, du recours précontentieux à la procédure civile. Découvrez son portfolio.
Une « agence d’investigation » qui n’a jamais existé
Cyber Tecx se présentait sous le slogan « The Best Private Investigation Services » et affirmait disposer de 2 000 experts en cybersécurité capables de mener des opérations de surveillance, de traçage d’actifs et de récupération de fonds (« asset tracing & recovery investigations »). Le taux de réussite affiché — 98 % — était accompagné de garanties de confidentialité absolue (« 100% confidential », « Confidentiality Guaranteed »). Ces formules, calibrées pour rassurer des victimes déjà éprouvées, ne reposaient sur aucune réalité vérifiable.
L’adresse affichée, 1651 19th St, Denver, CO 80202, États-Unis, correspondait à un immeuble de bureaux générique sans lien avec une quelconque agence d’investigation enregistrée. Le numéro de téléphone +1 (657)-387-9182 et l’adresse email [email protected] constituaient les seuls points de contact, sans nom de responsable, sans numéro de licence professionnelle, sans mention d’une quelconque régulation — ni SEC, ni FinCEN, ni FCA, ni CNIL. Aucun des 2 000 experts annoncés n’était identifiable, aucune certification professionnelle n’était citée. Le Cyber Tecx avis que nous avions publié en juillet 2025 relevait déjà l’absence totale de toute mention légale ou réglementaire, un vide qui, rétrospectivement, annonçait la disparition programmée de la structure.
Des structures comparables ont suivi le même schéma : Trust Recov promettait elle aussi la récupération de fonds derrière un écran sans identité, tandis que Netixos et Swiss Capital Hub ont respectivement vu leur domaine gelé et leur site blacklisté par l’AMF avant de disparaître à leur tour.
Une vitrine technique assemblée pour inspirer confiance
Derrière la façade de l’agence d’investigation se trouvait une infrastructure technique soigneusement assemblée pour inspirer confiance. Nos investigations ont identifié un serveur web LiteSpeed avec support du protocole QUIC, garantissant des temps de chargement rapides et une apparence de modernité. Le site utilisait PHP 7 côté serveur, et s’appuyait côté client sur jQuery 1.12.4 ainsi que sur un ensemble de bibliothèques d’interface : Fancybox pour les galeries, OwlCarousel2 pour les diaporamas, Font Awesome pour les icônes, Popper.js et WOW pour les animations au défilement. Ces composants, courants dans les kits de thèmes commerciaux, permettaient de produire rapidement un site à l’apparence professionnelle sans développement spécifique.
La certification SSL était assurée par Let’s Encrypt et Sectigo, deux autorités reconnues dont les certificats sont gratuits ou peu coûteux — un cadenas HTTPS ne garantit en aucun cas la légitimité d’un site. Un chat en direct Crisp était intégré pour capter les visiteurs en temps réel, notamment les victimes en détresse cherchant à entrer en contact rapidement. Google Font API habillait la typographie, et la protection anti-spam Jellyfish de Namecheap filtrait les formulaires de contact. L’ensemble était complété par une « Anti Money Laundering Policy » affichée en bonne place : un vernis réglementaire destiné à simuler la conformité d’une structure sérieuse, sans qu’aucune autorité n’ait jamais été en mesure de vérifier son application. L’IPv6 était activé, signe d’une infrastructure pensée pour la durée — une durée qui s’est finalement révélée très limitée.
Des victimes déjà fragilisées, ciblées une seconde fois
Le modèle économique de Cyber Tecx reposait sur une logique de double victimisation. La cible n’était pas le grand public : c’était précisément la personne ayant déjà perdu de l’argent dans une première escroquerie financière — un faux courtier forex, une plateforme d’investissement frauduleuse, une arnaque aux cryptomonnaies. Ces victimes, souvent isolées et désespérées de récupérer leurs fonds, constituaient un vivier idéal pour une structure promettant de « traquer les criminels de la finance ».
Le mode opératoire documenté lors de notre enquête initiale suivait un schéma précis : prise de contact via le formulaire ou le chat Crisp, collecte de données personnelles et de détails sur la première escroquerie, puis demande de frais de dossier présentés comme nécessaires au lancement de l’enquête. Dans certains cas, des simulations de récupération partielle étaient organisées pour convaincre la victime de verser des montants supplémentaires. L’ironie de la situation est totale : Cyber Tecx appliquait à ses propres victimes exactement la technique des escrocs qu’elle prétendait poursuivre. Les personnes qui avaient transmis leurs coordonnées bancaires, leurs documents d’identité ou des virements à cette prétendue agence se retrouvent aujourd’hui sans interlocuteur, face à un domaine rayé du registre et un site définitivement inaccessible. Pour toute démarche judiciaire, notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes du dépôt de plainte et les recours disponibles.
Questions pratiques après la fin de Cyber Tecx
La disparition du domaine cybertecx.net du registre .NET ne clôt pas pour autant vos recours juridiques. Elle rend en revanche toute démarche amiable impossible, puisqu’il n’existe plus aucun interlocuteur joignable via le site, le chat ou l’adresse [email protected]. Il reste possible de déposer une plainte pénale pour escroquerie auprès du procureur de la République ou via la plateforme Thésée, en fournissant les preuves de vos échanges et des virements effectués. Un avocat spécialisé peut également engager des démarches de traçage des flux financiers auprès des établissements bancaires concernés.
Les fausses agences de récupération partagent plusieurs caractéristiques identifiables : elles contactent proactivement des victimes d’arnaques ou apparaissent en réponse à des recherches sur des forums de victimes ; elles affichent des taux de réussite irréalistes (98 % dans le cas de Cyber Tecx) sans aucune référence vérifiable ; elles demandent des frais de dossier avant toute action concrète ; elles ne fournissent aucun nom de responsable, aucune licence professionnelle, aucun numéro d’enregistrement auprès d’une autorité de régulation. L’absence totale de mentions légales et la domiciliation dans une adresse générique sont des signaux déterminants. Avant tout contact avec une telle structure, une évaluation indépendante par BrokerDefense permet d’éviter la double arnaque.
Si vous avez communiqué des documents d’identité à Cyber Tecx, signalez-le immédiatement à la CNIL (en France) pour risque d’usurpation d’identité, et surveillez vos comptes bancaires ainsi que vos accès en ligne. Si vous avez effectué un virement, contactez sans délai votre banque pour signaler une opération frauduleuse : un rappel de fonds (chargeback) reste possible dans certains délais selon le mode de paiement utilisé. Conservez l’ensemble des preuves — captures d’écran des échanges, relevés de virements, emails reçus de [email protected] — et consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour structurer votre dossier avant tout dépôt de plainte.
La radiation de cybertecx.net du registre .NET marque la fin d’une escroquerie à deux étages : une première fraude financière qui avait déjà privé des victimes de leurs fonds, suivie d’une fausse agence d’investigation conçue pour les dépouiller une seconde fois sous couvert de les aider. Les personnes ayant versé des frais de dossier ou transmis leurs données personnelles à Cyber Tecx dans l’espoir de récupérer leurs pertes se retrouvent aujourd’hui face au silence absolu d’un domaine effacé, sans adresse, sans téléphone opérationnel, sans aucun interlocuteur. Avant de confier quoi que ce soit — informations, documents ou fonds — à une structure qui prétend traquer des fraudeurs ou récupérer des actifs perdus, une évaluation préalable par BrokerDefense permet d’identifier les signaux d’alerte que Cyber Tecx présentait pourtant en nombre dès son lancement.
Article réécrit le 15/08/2026



1 Comment
J’ai la certitude que Monsieur MARC BOUZY m’aider à récupérer mes fonds