Sommaire
- À 4 h 13 UTC le 28 octobre, une mise en attente chez Hostinger éteint le nom
- Un dossier ouvert jusqu’en octobre 2027, et un certificat arrivé à son terme la veille
- Quarante-huit jours après l’entrée au fichier des crypto-actifs, sans annonce de l’AMF
- Neuf cent quarante-huit adresses archivées, dont quarante-cinq analyses boursières
- Six profils aux intitulés de restauration et un standard pris dans la plage de fiction
- Ce qu’un versement à cette enseigne laisse d’exploitable malgré la coupure
- Un retour du nom reste-t-il possible, et sous quelle forme ?
À 4 h 13 UTC le 28 octobre, une mise en attente chez Hostinger éteint le nom
Le 28 octobre 2026, à 4 h 13 UTC, le dossier d’enregistrement de cryptobullbear.com a changé d’état. Deux mentions y figurent désormais : le nom est placé en attente sur décision de son bureau d’enregistrement, et son transfert est bloqué. Depuis cet instant, le nom ne résout plus.
Trois passes successives d’interrogation du registre du .com ont rendu le même silence. Le nom et sa forme avec www ne renvoient aucune adresse, aucune donnée de texte, aucune entrée de courrier. Les serveurs de noms que l’hébergeur applique par défaut figurent encore dans le dossier, mais aucune délégation ne subsiste à la racine du .com : c’est précisément ce que produit une mise en attente. Le dossier annonce des serveurs ; le registre ne les reconnaît plus.
La date d’échéance du nom reste fixée au 2 octobre 2027, soit trois cent trente-neuf jours après la coupure. Le nom n’était pas en fin de vie. Il avait été déposé le 2 octobre 2025 et a vécu trois cent quatre-vingt-onze jours avant que son bureau d’enregistrement n’agisse. Le motif de cette mise en attente n’est pas public : aucun document accessible ne l’indique, et il serait inexact d’en avancer un. Ce qui est certain, c’est que la décision appartient à Hostinger, qu’elle est horodatée, et que son effet sur le nom est, à ce stade, irréversible.
Dernière mise à jour : 28/10/2026
📄 Document
La capture de la page d’accueil relevée le 14 septembre 2026 reste consultable ici : on y voit la grille de prestations à quinze dollars, les six portraits de l’équipe et les deux témoignages restés au modèle d’origine.
Une production en justice suppose la version sans filigrane, jointe au pack annexe du dossier pénal.

Un dossier ouvert jusqu’en octobre 2027, et un certificat arrivé à son terme la veille
Les données d’enregistrement du domaine sont précises. Le nom a été créé le 2 octobre 2025 à 8 h 12 UTC. Son échéance tombe le 2 octobre 2027, à la même heure précise. Hostinger operations, qui porte le numéro 1636 au registre des bureaux accrédités, tient ce dossier. La signature électronique de la zone n’a pas été déployée.
La mise en attente ne déplace pas cette date d’échéance. Elle ne change pas le titulaire, et le nom reste inscrit au registre. Elle coupe le service de résolution, rien d’autre. Le nom demeure techniquement enregistré jusqu’en octobre 2027, mais il est inaccessible. Les motifs d’une telle décision ne sont pas rendus publics par les bureaux d’enregistrement, et rien dans les archives disponibles ne permet de dire qui l’a demandée ni dans quel cadre. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools afin de contrôler les mentions portées au dossier du domaine.
Le certificat TLS mérite une attention particulière. Émis le 29 juillet 2026 à 3 h 07 UTC par l’autorité Let’s Encrypt, il couvrait le nom et sa forme avec www. Son terme tombait le 27 octobre 2026 à 3 h 07 UTC, soit la veille exacte de la coupure. Aucun certificat plus récent n’a été détecté. La vitrine avait donc cessé d’être renouvelée avant même d’être mise en attente : deux signaux distincts, deux dates consécutives, un même résultat. À partir du 27 octobre au matin, le certificat n’était plus valide, et toute connexion aurait déclenché un avertissement du navigateur. L’indice de confiance public relevé sur cette adresse plafonnait à un pour cent, un niveau qui n’a jamais varié depuis l’ouverture du dossier.
Quarante-huit jours après l’entrée au fichier des crypto-actifs, sans annonce de l’AMF
Le 10 septembre 2026, l’Autorité des marchés financiers publiait une fiche consacrée à cryptobullbear.com. Ce document indique que cet acteur n’est pas habilité par l’Autorité à proposer des services ou placements financiers aux résidents français. Consultez la fiche publiée par l’AMF pour ce nom pour en vérifier le libellé exact.
Entre cette publication et la coupure du 28 octobre, quarante-huit jours se sont écoulés. Le régulateur n’a annoncé nulle part la mise en attente du nom. L’inscription du 10 septembre reste la seule décision publique attachée à cryptobullbear.com, et elle ne mentionne aucune procédure judiciaire. Une telle inscription constate qu’une autorisation manque ; elle ne constitue pas une sanction et n’ouvre droit à aucune suite en soi.
Notre relevé du 10 septembre avait rattaché ce nom à une série de huit inscriptions datées du même jour. Parmi elles figurait corpagenesis-fr.net, dont le dossier consacré à Corpagenesis détaille un montage comparable. Être inscrit au fichier des crypto-actifs de l’AMF signifie qu’une autorisation manque, pas qu’une sanction a été prononcée.
Neuf cent quarante-huit adresses archivées, dont quarante-cinq analyses boursières
Les archives publiques recensent neuf cent quarante-huit adresses distinctes rattachées à cryptobullbear.com pour la seule année 2026. Quarante-cinq d’entre elles portent un intitulé construit sur le modèle « société en bourse ». On y trouve des analyses consacrées à Vinci, à Virbac, à Wavestone, à Voltalia, à Wendel, à Worldline ou encore à VusionGroup. D’autres pages traitent de jetons et de protocoles de finance décentralisée. Des intitulés comme « Vinci en bourse, analyse des performances et perspectives pour 2025 » ou « Worldline en bourse, performance et perspectives pour 2025 » illustrent la mécanique : des pages datées de 2026 qui annoncent encore l’année précédente.
La dernière page conservée dans ces archives porte la date du 11 juillet 2026. La page d’accueil y apparaît pour la dernière fois le 18 mai 2026. Ce calendrier décrit une chaîne de pages rédigées sur un modèle unique, destinée à capter la recherche boursière française, alors qu’en septembre la même adresse ne présentait plus qu’une boutique de prestations à quinze dollars. Le contenu éditorial servait d’appât ; la boutique était la destination.
Ce type de montage n’est pas isolé. L’enquête menée sur Quantiumax documente une architecture de pages similaire, sans lien établi entre les deux dossiers.
Six profils aux intitulés de restauration et un standard pris dans la plage de fiction
Les constats relevés le 14 septembre 2026 sur la vitrine méritent d’être rappelés, car la coupure du 28 octobre ne les rend pas caducs. La page « À propos » affichait six profils dont les intitulés correspondaient à des postes de brigade de cuisine : commis, second de cuisine, chef de partie. Aucun nom de famille vérifiable n’y était associé. Les deux témoignages de la page d’accueil conservaient la formule de gabarit « Poste, nom de l’entreprise », jamais remplacée par un contenu réel.
Le seul numéro de contact était pris dans la plage 202-555, réservée par convention à la fiction dans les productions audiovisuelles américaines. La seule adresse de messagerie était une boîte gratuite, sans lien avec un domaine professionnel. L’adresse californienne affichée ne correspondait à aucune présence vérifiable à San Diego.
Ces détails produisent un effet précis sur un épargnant peu averti : une apparence de cabinet structuré, aucun responsable nommable, et un tarif de quinze dollars assez bas pour désarmer la méfiance. La somme demandée ne justifie pas, dans l’esprit de beaucoup, une vérification approfondie. C’est exactement ce que ce type de montage exploite. Tout cela a été documenté le 14 septembre 2026 ; la mise en attente du nom ne modifie en rien ces constats.
Ce qu’un versement à cette enseigne laisse d’exploitable malgré la coupure
La mise en attente du nom change une chose concrète pour quiconque a eu des échanges avec cette enseigne : la boîte de messagerie rattachée au domaine ne reçoit plus rien. Tout message envoyé à une adresse en @cryptobullbear.com depuis le 28 octobre part dans le vide. Les échanges antérieurs doivent donc être conservés dans leur forme du moment, sans attendre qu’une réponse confirme leur réception.
Les pièces à réunir restent les mêmes qu’avant la coupure. Un avis de virement avec sa date, son montant et son libellé exact. Les relevés bancaires correspondants. Les coordonnées du compte bénéficiaire telles qu’elles ont été transmises, qu’il s’agisse d’un IBAN, d’une adresse de portefeuille ou d’un identifiant de plateforme. Les messages échangés, dans leur intégralité. Les captures de la vitrine prises à la date où elles l’ont été : leur horodatage compte.
Un point de droit mérite d’être posé clairement. La banque qui a exécuté le virement peut être mise en cause pour manquement à son devoir de vigilance. Une partie de la charge de la preuve lui revient : elle doit démontrer qu’elle a respecté ses obligations avant d’exécuter l’ordre. Ce levier existe, et il est distinct de toute plainte pénale. Pour comprendre comment articuler ces deux voies, la démarche de plainte expliquée pas à pas détaille les étapes dans l’ordre.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, expose dans l’entretien ci-dessous le mécanisme de l’arnaque au faux conseiller bancaire : à quelles conditions un établissement doit rendre à son client une opération qu’il n’a pas autorisée, et de quel côté bascule la preuve quand la contestation est portée devant un juge.
Cet entretien a été enregistré dans un contexte général, mais ses développements s’appliquent directement aux situations où un virement a été exécuté vers un interlocuteur dont l’identité s’est révélée fictive.
Un retour du nom reste-t-il possible, et sous quelle forme ?
La coupure du nom ne fait pas disparaître les fonds transférés. Un virement exécuté vers un compte bénéficiaire reste traçable par la banque émettrice, indépendamment de l’état du domaine cité dans les échanges. Le nom ne répondant plus, les interlocuteurs de la vitrine ne peuvent plus être joints par ce canal, mais les coordonnées bancaires ou les adresses de portefeuille communiquées avant la coupure restent des éléments exploitables dans une procédure. Conserver tous les documents reçus avant le 28 octobre est la priorité immédiate.
Non. La mise en attente a été prononcée par Hostinger operations, bureau d’enregistrement du domaine, et non par l’Autorité des marchés financiers. L’AMF a publié sa fiche le 10 septembre 2026 : c’est la seule décision publique du régulateur attachée à ce nom. Les deux actes sont distincts, émanent d’acteurs différents et n’ont pas le même fondement. Le motif de la décision d’Hostinger n’est pas public.
Une mise en attente n’est pas définitive par nature. Le titulaire du dossier, ou un tiers agissant dans un cadre légal, peut demander la levée de la restriction avant l’échéance du 2 octobre 2027. Si le nom revenait en service, il résoudrait à nouveau et un nouveau certificat serait émis. Pour vérifier l’état du nom à tout moment, il suffit d’interroger les données d’enregistrement du domaine via un service public comme DomainTools ou le registre Verisign : la présence ou l’absence de délégation à la racine du .com est visible sans outil spécialisé.
Le 28 octobre 2026, cryptobullbear.com a cessé de résoudre à 4 h 13 UTC, trois cent trente-neuf jours avant l’expiration de son dossier. La vitrine de septembre 2026, avec ses profils de brigade, ses témoignages non renseignés et son tarif à quinze dollars, n’est plus joignable. Ce qu’il en reste, ce sont les traces laissées dans les échanges de ceux qui ont interagi avec elle. Avant de confier des fonds à une enseigne de conseil financier, quelle que soit la somme affichée, BrokerDefense propose une évaluation préalable du dossier : c’est le moment de s’en servir, pas après.
Article réécrit le 28/10/2026


