webtrader.degiropartners.io arnaque : le nom gelé par son registrar

Le sous-domaine webtrader.degiropartners.io figure depuis le 10 septembre 2026 au fichier des acteurs non autorisés du régulateur français, avec la qualification « Usurpation ». Quatre jours plus tard, l’adresse ne répond plus : le nom de domaine a été gelé chez son bureau d’enregistrement, et ni le sous-domaine ni le domaine principal ne se résolvent désormais dans le DNS public.

Ce dossier tient en trois éléments vérifiables. Le nom a été déposé le 28 janvier 2026 chez Namecheap, sous anonymat complet : aucun titulaire n’apparaît dans les données publiques du registre. Le portail se présentait comme une interface de trading, servie sur un sous-domaine « webtrader » qui reprend la construction de l’adresse employée par le courtier DEGIRO pour sa propre plateforme. Enfin, l’évaluation publique rattachée à ce nom ne lui accorde qu’un pour cent de confiance. Notre enquête a été menée le 14 septembre 2026.

Une mise en garde du 10 septembre pour usurpation, quatre jours avant le gel du nom

La page que le régulateur français consacre à ce nom ne laisse aucune place à l’interprétation : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. » La date de mise en ligne indiquée sur la fiche consacrée à cette adresse est le 10 septembre 2026, et la qualification retenue est « Usurpation ». Ce mot n’est pas neutre : il signifie que le nom ne se présente pas comme une société simplement inconnue, mais qu’il emprunte l’identité d’un acteur qui existe réellement.

Le dépôt de cette inscription dans le fichier officiel publié par l’AMF permet de la dater précisément. Dans le document mis en ligne par le régulateur, webtrader.degiropartners.io figure aux côtés d’autres noms visés le même jour, dont plusieurs adresses de courriel utilisées pour démarcher des épargnants en France. Cette proximité de dates dessine une campagne lancée au début du mois de septembre, à laquelle le régulateur a répondu en publiant l’ensemble des noms signalés. Aucune société ne figure dans les registres français sous l’enseigne reprise par ce portail.

Dernière mise à jour : 14/09/2026

DEGIRO : l’adresse du portail reprise presque à l’identique

Le nom se décompose en deux morceaux. « Degiropartners » place la marque d’un courtier connu en tête du domaine, et « webtrader » désigne exactement le libellé que ce courtier utilise pour sa plateforme de trading. Les noms webtrader.degiro.fr et webtrader.degiro.nl existent bel et bien dans le DNS public et appartiennent à DEGIRO, dont le site français répond toujours. La construction de l’adresse frauduleuse reprend donc celle de l’interface réelle, et un épargnant peu attentif peut lire dans l’URL ce qu’il croit être le portail de son courtier.

Un nom de marque inséré dans une adresse ne constitue jamais une autorisation. BrokerDefense a déjà documenté une usurpation du même courtier : degirocoinoptions.co proposait en juin 2026 des placements en bitcoins derrière une vitrine entièrement fabriquée, avant d’être suspendue par son hébergeur. Dans les deux cas, la marque DEGIRO n’a aucun lien avec l’exploitation de ces sites, et rien dans les éléments que nous avons pu examiner ne permet de les attribuer à un même opérateur.

Le préfixe webtrader, une signature déjà épinglée par le régulateur

Le libellé « webtrader » n’apparaît pas pour la première fois sur une liste noire. Le fichier publié par l’AMF en rassemble plusieurs occurrences, rattachées à des noms distincts : webtrader.nuxeros.app le 4 septembre 2026, webtrader.quantiumax.net, webtrader.swisscapitalplatform.com, webtrader.capexgo.net, webtrader.aeratiqos.com, webtrader.unfaileryx-worlmeix.com ou encore webtrader.finaurex.org. Tous désignent des portails de trading qui ne détiennent aucune autorisation pour démarcher des épargnants en France.

Cette récurrence décrit une habitude de nommage, pas une organisation identifiée. Nous n’avons relevé aucun élément matériel, qu’il s’agisse d’une adresse IP partagée, d’un code de suivi commun ou d’un titulaire commun, qui relierait webtrader.degiropartners.io aux autres portails portant le même préfixe. La seule parenté que nous puissions établir est formelle : le portail webtrader.nuxeros.app servait lui aussi une page de connexion directement sous un sous-domaine visé par le régulateur, sans site vitrine sur le domaine principal. BrokerDefense en avait rendu compte dans l’enquête consacrée à webtrader.nuxeros.app.

Chez Namecheap depuis janvier 2026, un propriétaire jamais nommé

Le nom degiropartners.io a été créé le 28 janvier 2026 et son enregistrement court jusqu’au 28 janvier 2027. Le bureau d’enregistrement retenu est Namecheap. Le domaine s’appuie sur deux serveurs de noms hébergés par Cloudflare. Les données publiques ne mentionnent aucun titulaire : contrairement aux serveurs de noms, qui apparaissent en clair, l’identité du propriétaire est masquée par un service de confidentialité. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le détail le plus parlant tient dans les deux mentions de statut attachées au nom : « client hold » et « client transfer prohibited ». La seconde est un simple verrou de transfert. La première correspond à une suspension décidée par le bureau d’enregistrement : le nom reste enregistré, mais il est retiré de la circulation. C’est la raison pour laquelle webtrader.degiropartners.io comme le domaine principal ne renvoient plus rien aujourd’hui, ni en adresse IP, ni en serveur de messagerie. Le dernier changement consigné sur le nom date du 12 août 2026, quatre semaines avant l’inscription au fichier du régulateur.

L’évaluation publique rattachée à cette adresse va dans le même sens : l’indice de réputation de ce nom, relevé le 14 septembre 2026, s’établit à 1 %, l’un des niveaux les plus bas de cette échelle. Cet indice ne remplace pas une décision de justice, mais il traduit une absence totale d’éléments vérifiables : aucune raison sociale, aucune immatriculation, aucune adresse, et aucun passé vérifiable auprès du public.

Après des versements sur ce portail, les pièces à rassembler

Pour une personne qui a alimenté un compte annoncé comme un portefeuille de trading, l’urgence n’est pas de récupérer immédiatement les sommes, mais de figer ce qui reste consultable. Trois séries de documents méritent d’être réunies sans attendre. D’abord les relevés bancaires, avec pour chaque opération la date, le montant, le libellé et le nom du bénéficiaire, ainsi que les ordres de virement conservés par la banque. Ensuite les captures d’écran du portail de trading : la page de connexion, le tableau de bord, les positions affichées et, si l’accès est encore ouvert, le solde présenté par l’interface. Enfin les échanges, que ceux-ci passent par messagerie, par courriel ou par le chat intégré, avec les noms ou pseudonymes utilisés et les numéros de téléphone des interlocuteurs.

Quand un interlocuteur réclame un nouveau virement pour libérer un retrait ou régler une commission, la réponse est de ne plus rien envoyer. Chaque somme supplémentaire versée sur ce portail augmente une perte déjà engagée, sans jamais débloquer les fonds annoncés. Le dossier rassemblé à ce stade constitue la matière première des démarches pénales ouvertes aux personnes trompées. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate parisienne par son barreau, a accordé un entretien filmé consacré au parcours judiciaire de ces affaires : la mise en examen des auteurs, l’indemnisation des victimes et les recours ouverts à celles et ceux qui ont porté plainte.

Vos questions sur webtrader.degiropartners.io

webtrader.degiropartners.io dispose-t-il d’une autorisation pour proposer des placements en France ?

Non. La page que le régulateur français consacre à ce nom écarte toute autorisation : aucun agrément ne couvre cette adresse pour démarcher des épargnants, et l’inscription du 10 septembre 2026 la range sous la qualification « Usurpation ». Concrètement, aucune des informations publiées sur ce portail ne peut être vérifiée auprès d’un régulateur : ni une immatriculation de société, ni un numéro d’agrément, ni le nom d’une autorité de contrôle. Toute personne sollicitée au nom de ce portail doit considérer l’absence de ces éléments comme un signal, et non comme une formalité à compléter plus tard.

Que faire si j’ai viré de l’argent sur le portail webtrader.degiropartners.io ?

La première mesure consiste à n’envoyer aucun euro de plus, quel que soit l’argument avancé, y compris lorsqu’un retrait est présenté comme conditionné au paiement d’une taxe ou d’une commission. Rassemblez ensuite tout ce qui peut documenter l’opération : les relevés bancaires montrant chaque virement et le nom du bénéficiaire, les captures d’écran du portail de trading et de l’espace client, les échanges tenus avec vos interlocuteurs, par courriel comme par messagerie, ainsi que les identifiants et les numéros de téléphone employés. Ces pièces déterminent la suite : elles permettent d’identifier le destinataire des fonds et de soutenir une démarche devant le juge pénal.

Pourquoi le nom de domaine ne s’ouvre-t-il plus ?

Les données publiques d’enregistrement du nom degiropartners.io portent une mention de statut que l’on traduit par « client hold ». Il s’agit d’une suspension décidée par le bureau d’enregistrement : le nom reste enregistré jusqu’à son échéance du 28 janvier 2027, mais il n’est plus servi. C’est ce qui explique que ni webtrader.degiropartners.io ni le domaine principal ne répondent aujourd’hui, et qu’aucun enregistrement de messagerie ne subsiste. Une fermeture de ce type ne signifie pas que le dossier s’éteint : elle signifie que le nom a été retiré de la circulation, ce qui rend la conservation des preuves d’autant plus utile.

Un portail éteint, une procédure qui reste ouverte

La fermeture de webtrader.degiropartners.io ne clôt rien pour les personnes qui y ont déposé des sommes. Le nom a été retiré de la circulation, mais les virements, eux, ont bien été exécutés, et les interlocuteurs qui les ont obtenus ne se sont pas évaporés avec le domaine. C’est précisément la période où les preuves doivent être rassemblées : les pages encore accessibles, les messages, les coordonnées bancaires et les relevés. Une fois ces éléments réunis, une première analyse permet de savoir quelle voie reste praticable, entre la plainte, la mise en cause du compte bénéficiaire et les démarches d’indemnisation.

BrokerDefense, qui a suivi ce portail jusqu’à la disparition de son adresse, propose aux personnes concernées une lecture gratuite de leur dossier. Cette évaluation préalable, menée avant toute décision, sert à déterminer quelles pièces tiennent encore et à éviter les démarches engagées sur une base incomplète.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser