Sommaire
- Un robot crypto inscrit sur la liste noire de l’AMF, puis effacé du registre des .com
- Des rendements affichés sans la moindre preuve
- Une adresse des Champs-Élysées et des « partenaires » jamais prouvés
- Ce que montrent les vérifications de septembre 2026
- Vous avez versé des cryptomonnaies à ZeriaFunding : vos recours
- Après la disparition de ZeriaFunding, vos questions
Un robot crypto inscrit sur la liste noire de l’AMF, puis effacé du registre des .com
Le 27 juin 2025, douze jours avant la publication de notre enquête du 9 juillet 2025, l’Autorité des marchés financiers inscrivait zeriafunding.com sur sa liste noire des sites non autorisés, au titre des crypto-actifs. Cette inscription, absente de notre article d’origine, établit que le régulateur avait identifié la plateforme comme dangereuse avant même que BrokerDefense n’en documente le fonctionnement. En 2026, une deuxième rupture est venue clore le dossier : le nom zeriafunding.com a disparu du registre des .com, effacé de ses fichiers d’enregistrement sans que nous puissions en dater précisément la radiation.
Cette double disparition, d’abord du champ de la légalité puis du registre lui-même, rappelle le sort de Zyntra Vault, dénoncé par BrokerDefense le 21 juillet 2025, dont le domaine a lui aussi été effacé du registre des .com dans les mois suivants : une série de vitrines crypto nées et mortes au cours de l’été 2025.
La fiche correspondante est toujours consultable sur le site de l’AMF : zeriafunding.com figure sur la liste noire des sites non autorisés à proposer des crypto-actifs.
Dernière mise à jour : 04/09/2026
Des rendements affichés sans la moindre preuve
La vitrine de ZeriaFunding reposait sur un argumentaire commercial simple et efficacement trompeur : un « robot » de trading piloté par un « algorithme avancé » serait capable de générer, mois après mois, des rendements de 7 % à 12 %. La plateforme proposait plusieurs « plans » d’investissement, dont les promesses oscillaient entre 10 % et 16 % de rendement mensuel. Des courbes ascendantes et des témoignages de clients heureux habillaient l’ensemble, sans qu’aucun justificatif, aucune démonstration live, aucun historique de performance vérifiable ne viennent étayer ces chiffres.
Ce schéma est un signal d’alerte classique dans l’univers des fausses plateformes d’investissement en crypto-actifs : les rendements sont suffisamment élevés pour paraître extraordinaires, suffisamment réguliers pour rassurer, et formulés de façon à faire croire que le risque de perte est inexistant. Aucun acteur sérieux du secteur ne garantit de tels gains, a fortiori sur une base mensuelle. Les graphiques qui « montent toujours » ne reflètent aucune réalité de marché : ils sont produits pour convaincre, non pour informer.
Une adresse des Champs-Élysées et des « partenaires » jamais prouvés
Pour asseoir sa crédibilité, ZeriaFunding affichait une adresse au 8 avenue des Champs-Élysées à Paris. Ce type d’adresse de prestige est couramment utilisé par des services de domiciliation que n’importe quelle entité peut louer sans y établir de présence physique réelle. La plateforme ne communiquait aucun numéro de téléphone, aucun numéro SIRET, aucune immatriculation au registre du commerce et des sociétés. Aucun dirigeant, aucune équipe, aucun visage n’était associé au service : impossible d’identifier une personne physique ou morale susceptible de répondre de quoi que ce soit.
Les logos de Binance et de Kraken apparaissaient sur la vitrine sous l’intitulé « partenaires stratégiques », sans qu’aucun document, communiqué ou lien officiel de ces plateformes ne confirme une quelconque relation commerciale. Cette pratique, qui consiste à emprunter la notoriété d’acteurs établis pour habiller un vide total, est l’un des procédés les plus fréquents dans la construction de fausses plateformes crypto. Aucune entité responsable n’était identifiable, et aucune voie de recours directe n’existait dès le premier jour.
Ce que montrent les vérifications de septembre 2026
Lors de nos vérifications du 4 septembre 2026, le nom zeriafunding.com ne figurait plus dans les fichiers d’enregistrement publics du registre des .com : l’interrogation du registre ne retourne aucune fiche pour ce nom. Aucune adresse associée au site ne répond, le nom ne résout plus vers aucun serveur. Les dernières traces archivées de la vitrine datent de fin juillet 2025, la capture la plus récente remontant au 29 juillet 2025. Depuis cette date, aucune archive supplémentaire n’a été produite.
Le nom étant redevenu libre, un tiers pourrait l’enregistrer à tout moment. Si une plateforme réapparaissait demain sous le nom ZeriaFunding ou sous un nom phonétiquement ou visuellement proche, la prudence s’imposerait immédiatement : le passif documenté par l’AMF et par BrokerDefense serait à consulter en priorité avant toute démarche d’investissement. Le cas de CoinGet (binixon.com), coquille vide dénoncée par BrokerDefense le 10 juillet 2025, illustre la même fabrication de vitrines crypto sans substance ni autorisation, produites à la même période et disparues dans les mêmes délais.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Vous avez versé des cryptomonnaies à ZeriaFunding : vos recours
La situation des victimes de ZeriaFunding présente deux caractéristiques qui compliquent les démarches mais ne les rendent pas vaines. D’une part, les fonds ont été versés en crypto-actifs sur une plateforme sans agrément, inscrite depuis le 27 juin 2025 sur la liste noire de l’AMF. D’autre part, les escrocs sont injoignables depuis la disparition du site : aucun téléphone, aucun courriel fonctionnel, aucune adresse physique vérifiable ne permettent un contact direct.
Dans ce contexte, la constitution d’un dossier solide est la première priorité. Conservez toutes les captures d’écran des tableaux de bord et des promesses de rendement affichées sur la plateforme, l’ensemble des relevés et historiques de transactions en crypto-actifs (adresses de portefeuilles, montants, dates, frais), ainsi que tous les courriels échangés avec la plateforme, y compris les messages de relance ou d’incitation à verser davantage. Ne versez plus aucun fonds sous quelque prétexte que ce soit, notamment pour « débloquer » un retrait ou « valider » un compte. Méfiez-vous en particulier des faux « services de récupération » qui recontactent les victimes d’arnaques connues en proposant de récupérer les fonds moyennant paiement préalable : ce procédé constitue une deuxième escroquerie ciblant les mêmes victimes. Signalez les faits aux autorités et porter plainte auprès des services compétents.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Dans la vidéo ci-dessous, Maître Irina Georgieva, avocate au barreau de Sofia, revient sur des dossiers d’indemnisation obtenus sans procès pour des victimes de fausses plateformes de cryptomonnaies et explique pourquoi agir rapidement, dès la disparition de la plateforme, peut permettre d’obtenir une résolution amiable favorable avant tout contentieux judiciaire.
Après la disparition de ZeriaFunding, vos questions
Non : lors de nos vérifications du 4 septembre 2026, le nom ne figurait plus dans les fichiers d’enregistrement du registre des .com et aucune adresse du site ne répondait. Les dernières traces archivées de la vitrine datent de la fin juillet 2025.
Non. La plateforme ne disposait d’aucun agrément et l’AMF l’a inscrite le 27 juin 2025 sur sa liste noire des sites non autorisés, au titre des crypto-actifs, soit douze jours avant la publication de notre enquête du 9 juillet 2025.
Conservez toutes les preuves (captures des tableaux de bord et des promesses de rendement, historiques de transactions en crypto-actifs, courriels), ne versez plus aucun fonds, méfiez-vous des faux « services de récupération », signalez les faits et portez plainte. Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense propose une évaluation préalable gratuite de votre situation.
ZeriaFunding ciblait des épargnants attirés par la promesse d’un robot de trading générant des rendements mensuels élevés en crypto-actifs, sans risque affiché, sur une plateforme dépourvue de toute autorisation. Ces profils, souvent sans expérience préalable des marchés financiers, ont versé des crypto-actifs à une entité que ni un numéro de téléphone, ni un SIRET, ni un agrément ne rattachaient à une réalité juridique vérifiable. Si vous vous reconnaissez dans ce profil, BrokerDefense propose une évaluation préalable gratuite de votre situation, sans engagement, pour examiner les démarches envisageables au regard des éléments que vous avez conservés.
Article réécrit le 04/09/2026


