WethioProperties arnaque : blacklisté par l’AMF puis effacé

WethioProperties, arnaque au projet crypto version immobilier
Le logo affiché par la vitrine Wethio Properties

Une fiche au nom de « www.wethioproperties.com » figure, depuis le 9 janvier 2024, sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, avec le libellé « Plateformes de partage de revenus immobiliers ». Depuis lors, le nom a été effacé du registre public des domaines en .com : il ne correspond plus à aucune adresse, aucune page n’est servie et aucun exploitant identifiable ne subsiste sous ce nom.

Notre enquête d’origine, publiée le 12 janvier 2024 et limitée à 428 mots, décrivait les promesses d’investissement immobilier tokenisé et l’absence de transparence de la vitrine, mais ne faisait état d’aucune inscription réglementaire. La mise à jour que nous publions aujourd’hui comble cette lacune et dresse un état complet du dossier, tel qu’il ressort de nos relevés effectués le 12 septembre 2026.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Liste noire de l’AMF : www.wethioproperties.com y figure depuis le 9 janvier 2024

Consultée le 12 septembre 2026, la fiche de l’Autorité des marchés financiers porte le nom « www.wethioproperties.com » et le libellé « Plateformes de partage de revenus immobiliers ». La date de mise en ligne de cette inscription est le 9 janvier 2024, soit trois jours avant la publication de notre première enquête. L’AMF y écrit, mot pour mot, que « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. »

Pour un épargnant, cette inscription a une signification concrète et sans ambiguïté : la plateforme n’a jamais détenu d’autorisation pour collecter des fonds ou proposer des placements en France. Toute somme versée sur cette vitrine l’a donc été en dehors de tout cadre réglementaire reconnu. La fiche est consultable directement : la fiche d’inscription de www.wethioproperties.com sur la liste noire de l’AMF.

Notre première enquête du 12 janvier 2024 ne mentionnait aucune inscription réglementaire, alors que la fiche existait depuis trois jours. Ce point méritait d’être corrigé. Le nom wethioproperties.com a depuis été effacé du registre des domaines en .com et ne correspond plus à aucune adresse : la fiche de l’AMF demeure donc l’un des rares documents officiels qui attestent encore de l’existence de cet acteur.

Un nom créé en août 2022, aujourd’hui absent du registre des domaines

Les données d’enregistrement relevées lors de notre constat du 10 janvier 2024 permettaient d’établir les éléments suivants : le nom wethioproperties.com avait été créé le 18 août 2022 ; le bureau d’enregistrement était GANDI SAS, identifié sous le numéro IANA 81 ; une mise à jour avait été enregistrée le 18 août 2023 ; la date d’expiration était fixée au 18 août 2024 ; le nom était frappé d’une interdiction de transfert ; il ne bénéficiait d’aucune signature DNSSEC ; il reposait sur les serveurs de noms Cloudflare, à savoir chris.ns.cloudflare.com et lisa.ns.cloudflare.com. L’identité du titulaire était masquée au nom de la confidentialité : seul un pays était déclaré dans les données d’enregistrement, en l’occurrence la France, sans que cela permette d’identifier une personne physique ou morale.

Nos recherches sur les journaux publics de certificats de sécurité font apparaître des émissions continues au nom de ce domaine depuis la fin du mois d’août 2022 jusqu’à la fin du mois de juillet 2025, successivement par Let’s Encrypt, Google Trust Services et Sectigo. Cette continuité indique qu’une infrastructure a été entretenue bien au-delà de notre première enquête de janvier 2024. Les copies publiques conservées de la vitrine s’arrêtent quant à elles au 18 septembre 2024, alors que la période d’archivage documentée commence au 15 septembre 2022. L’écart entre la fin de l’archivage de la vitrine et la dernière émission de certificat relevée, soit près de dix mois, suggère que des opérations techniques ont eu lieu après la disparition visible des pages.

Le nom wethioproperties.com ne figure plus, à la date de nos relevés du 12 septembre 2026, dans le fichier public des enregistrements de domaines en .com. Plus aucune adresse ne lui correspond et aucune page n’est servie. Il n’existe donc plus ni bureau d’enregistrement interrogeable, ni serveurs de noms actifs, ni titulaire à contacter. La fiche WHOIS complète sur DomainTools est désormais le seul endroit où consulter l’historique enregistré du nom, les données d’enregistrement actives ayant disparu avec lui.

Un jeton Wethi, des villas à Marrakech et un éco-refuge au Panama

La vitrine intitulée « Wethio Properties » se présentait, selon son titre de page, comme « l’immobilier tokenisé de nouvelle génération ». Son slogan d’accroche était « Investir dans l’immobilier tokenisé », suivi d’une phrase d’argumentaire : « La tokenisation des actifs révolutionne le secteur de l’immobilier et change la façon dont les investissements génèrent de la plus value. » Trois blocs développaient ensuite cet argumentaire. Le premier, intitulé « Accessibilité », promettait de « devenir propriétaire de biens d’exception dès 500 € d’investissement ». Le deuxième, intitulé « Rendement », annonçait de « bénéficier d’une plus value supérieure au marché sans aucun frais administratif ». Le troisième, intitulé « Sécurité », affirmait que « vos investissements et propriétés sont protégés sur la blockchain ».

Le fonctionnement annoncé se décomposait en quatre étapes : créer un compte sur la plateforme, effectuer un transfert de fonds, recevoir ses tokens Wethi sur son wallet, puis investir sur une propriété et obtenir ses gains. La vitrine précisait que l’investisseur n’aurait « rien à gérer » : les revenus locatifs devaient être perçus en USDT directement sur le wallet, et la cession des royalties serait possible à tout moment sur le marché secondaire. Le jeton, appelé « Wethi », était présenté comme « l’accès à la liberté financière ».

Deux programmes étaient mis en avant sur la vitrine. Le premier, intitulé « Les Jardins de Sofia, Marrakech », était décrit comme trois villas d’exception hors marché avec un potentiel de plus value affiché de 20 %. Le second, « Isla Solarte, Panama », était présenté comme un programme éco-refuge. La vitrine affichait ces deux projets comme les actifs sous-jacents aux tokens distribués, sans qu’aucun document de vérification, aucun acte de propriété ni aucune certification indépendante ne soit produit.

Sur le plan de la transparence, la vitrine ne comportait ni adresse de société, ni numéro d’immatriculation, ni pays de régulation, ni nom légal d’un opérateur. Seules des conditions générales de vente étaient publiées ; aucune page de mentions légales complète n’existait. Le seul moyen de contact proposé était de « Contacter un conseiller ». Ce schéma n’est pas isolé : la vitrine invesco.group empruntait le nom d’un gestionnaire d’actifs réel et proposait, elle aussi, un actif tokenisé sans que la moindre société identifiable ne soit désignée comme opérateur.

Une application bâtie sur Next.js, des images stockées chez un hébergeur américain

Le constat technique effectué lors de nos relevés du 10 janvier 2024 a permis de décrire précisément la construction de la vitrine. L’application reposait sur la bibliothèque Next.js, dont les fichiers étaient servis sous le chemin /_next/static, une architecture typique des déploiements de ce cadre de développement JavaScript. Les pages recensées étaient au nombre de huit : l’accueil, une page « nos-projets », une page « fonctionnement », une page « a-propos », une page de connexion accessible sous /auth/login, une page de projet dédiée à « les-jardins-de-sofia », une page « contacter-un-conseiller » et une page « general-condition ».

Les photographies des biens présentés n’étaient pas hébergées sur les serveurs principaux de la vitrine : elles étaient stockées séparément sur un espace Microsoft Azure, dont l’adresse de stockage était de type wethiopropblobpubprod.blob.core.windows.net. La page elle-même était servie depuis une adresse d’hébergement Microsoft localisée aux États-Unis, correspondant à l’adresse 20.115.136.152. Le journal des échanges réseau enregistré lors du constat ne faisait apparaître que les polices de caractères Google Fonts, un lien de contact vers WhatsApp et aucun outil de mesure d’audience, ce qui signifie que la vitrine ne collectait pas de données comportementales visibles. Le certificat de sécurité alors présenté était délivré par Let’s Encrypt et couvrait *.wethioproperties.com.

Cette combinaison d’éléments mérite d’être relevée. Une plateforme qui se présente comme un opérateur immobilier international, capable de gérer des propriétés à Marrakech et au Panama, de distribuer des revenus locatifs en USDT et de tenir un marché secondaire de royalties, ne mentionnait pas le nom d’une seule société sur sa page d’accueil, stockait ses visuels sur un espace nuage d’un prestataire américain, et proposait pour seul contact un lien vers une messagerie instantanée. L’infrastructure était soignée techniquement, mais son opérateur restait entièrement invisible.

Ce qu’il faut réunir après un versement vers wethioproperties.com

Pour les personnes ayant viré des fonds après avoir été convaincues par les pages de cette vitrine, les relevés bancaires constituent le premier élément du dossier : ils font apparaître le bénéficiaire du virement, la date et le montant de chaque opération. Ces données sont indispensables pour établir la réalité et le périmètre de la perte. Les échanges écrits avec l’interlocuteur rencontré, qu’il s’agisse de courriels, de conversations de messagerie instantanée ou du contact par WhatsApp que la vitrine proposait, doivent être conservés dans leur intégralité, y compris les métadonnées d’envoi et de réception. Les justificatifs des versements effectués en cryptomonnaies, notamment les identifiants de transaction sur la blockchain, complètent l’ensemble et permettent de retracer le chemin des fonds.

La plateforme Legacy Group relevait d’un mode opératoire similaire, celui d’une plateforme à jetons dont la vitrine a disparu, laissant ses utilisateurs sans interlocuteur ni recours immédiat. Dans ces configurations, la solidité du dossier repose entièrement sur les pièces que l’investisseur a conservées avant que le site ne devienne inaccessible. Pour engager une procédure, le guide du dépôt d’une plainte pénale décrit les étapes et les éléments à rassembler avant de se présenter.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, expose les conditions dans lesquelles la responsabilité d’un établissement bancaire peut être recherchée lorsque des virements frauduleux ont transité par des comptes qu’il héberge. Elle détaille le manquement au devoir de vigilance susceptible d’être reproché à la banque, la condamnation solidaire qui peut être prononcée par un tribunal et l’indemnisation que cette condamnation ouvre aux victimes. Un virement effectué vers wethioproperties.com a, par définition, laissé une trace bancaire exploitable dans ce type de démarche.

WethioProperties : les questions qui nous reviennent

Que signifie concrètement le fait que wethioproperties.com soit inscrit sur la liste noire de l’AMF ?

Cette inscription, mise en ligne le 9 janvier 2024, vaut constat officiel : wethioproperties.com n’a jamais été habilitée à commercialiser des placements en France. Le libellé retenu par l’Autorité des marchés financiers est « Plateformes de partage de revenus immobiliers ». Il ne s’agit pas d’une condamnation pénale, mais d’un avertissement public : aucun des garde-fous propres aux intermédiaires autorisés ne s’appliquait aux sommes engagées par les épargnants.

J’ai envoyé de l’argent à Wethio Properties, que faire maintenant que le site a disparu ?

Que le site soit hors service et que le nom ait quitté le registre des domaines ne bloque pas l’ouverture d’une procédure. Ce qui compte, ce sont les pièces conservées : le relevé du virement litigieux, la correspondance échangée avec le conseiller de la vitrine et, le cas échéant, l’identifiant des transactions en cryptomonnaies. À partir de là, un dépôt de plainte pénale est envisageable et, selon la façon dont les fonds ont circulé, la responsabilité des banques qui ont reçu les opérations peut être examinée. BrokerDefense peut se charger de ce premier examen sur demande.

Le jeton Wethi et les rendements promis par la vitrine avaient-ils une valeur réelle ?

La vitrine promettait un potentiel de plus value de 20 % sur les villas de Marrakech, des revenus locatifs versés en USDT et une cession des royalties possible à tout moment sur un marché secondaire. Aucun document de vérification, aucun titre de propriété et aucune certification indépendante n’étaient produits à l’appui de ces affirmations. Le jeton Wethi n’était adossé à aucune garantie ni à aucun actif détenu par une entité identifiée. La plateforme n’ayant jamais été autorisée par l’AMF, ces promesses de rendement ne reposaient sur aucun cadre légal de protection des investisseurs.

Conclusion : une liste noire, un registre vidé, aucun interlocuteur

Le dossier wethioproperties.com se referme sur une configuration particulièrement défavorable aux personnes qui ont versé des fonds en croyant acquérir des tokens Wethi adossés à des propriétés immobilières. La vitrine n’a jamais été autorisée à proposer des placements en France, ainsi que l’atteste l’inscription de l’AMF du 9 janvier 2024. Les projets présentés, les trois villas de Marrakech avec leur potentiel de plus value de 20 % et le programme éco-refuge au Panama, constituaient les arguments commerciaux d’une plateforme dont l’opérateur n’a jamais été nommé. Les revenus locatifs annoncés en USDT et la cession des royalties promise sur le marché secondaire n’ont jamais reposé sur un cadre contractuel transparent.

Le nom wethioproperties.com a depuis été effacé du registre des domaines en .com. Aucune adresse ne lui correspond plus, aucune page n’est servie et aucun bureau d’enregistrement n’héberge plus de données sur ce nom. La fiche de l’AMF et l’historique conservé par le service d’annuaire WHOIS demeurent les deux sources documentaires encore accessibles pour établir que cette vitrine a existé et qu’elle opérait sans autorisation.

Si des fonds ont été engagés sur wethioproperties.com pour acquérir des tokens adossés à des biens immobiliers, le dossier mérite d’être repris pièce par pièce : ce qui subsiste, ce qui reste exploitable et si un établissement financier peut être mis en cause. BrokerDefense propose de conduire ce tri initial via son formulaire d’assistance.

Article réécrit le 12/09/2026

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