Mywitrade.com arnaque : l’AMF, puis l’effacement du nom

Mywitrade serait-il une arnaque ? Nous n'osons y croire... ou pas !
Le logo sobre et moderne du site douteux Mywitrade

Le 12 mars 2024, l’Autorité des marchés financiers inscrivait mywitrade.com sur sa liste noire des plateformes non autorisées ; l’enregistrement du nom, créé le 25 juin 2023, n’a pas été renouvelé à son échéance et le fichier du registre des .com ne porte plus aucune trace de mywitrade.com à la date du 12 septembre 2026. Ce double effacement, réglementaire puis technique, clôt le dossier ouvert par BrokerDefense en janvier 2024.

L’AMF a inscrit mywitrade.com deux mois après notre première enquête

Notre article du 12 janvier 2024 relevait qu’aucune autorité de régulation n’était mentionnée sur la vitrine, qu’aucun numéro d’agrément ne figurait nulle part et que la plateforme proposait pourtant des services de trading sur le Forex, les CFD et d’autres instruments financiers. Environ deux mois plus tard, le 12 mars 2024, l’AMF publiait l’inscription de www.mywitrade.com sur ses listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, sous la qualification « produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription constate que la vitrine proposait ces produits sans y être autorisée et sans qu’aucune structure identifiable n’assume l’activité. Elle reste consultable à ce jour sur le site du régulateur.

Parallèlement à cette enquête, notre enquête publiée le 7 mars 2024 avait établi que la page d’inscription de mywitrade.com portait les adresses de contact de deux autres noms de domaine, et documenté ainsi le maillage entre plusieurs enseignes présentant le même gabarit de plateforme de trading.

La chronologie mérite d’être soulignée : inscription à la liste noire deux mois après notre première publication, puis non-renouvellement de l’enregistrement à l’été 2026. Entre ces deux dates, aucune société n’a émergé pour revendiquer l’exploitation du nom, aucun régulateur étranger n’a accordé d’agrément, et aucun opérateur identifiable n’a repris le nom. Le dossier s’est refermé sans que la structure derrière la vitrine n’ait jamais été désignée publiquement.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le registre des .com ne porte plus aucune trace du nom

L’enregistrement de mywitrade.com avait été créé le 25 juin 2023 via le bureau d’enregistrement NameCheap. L’identité du titulaire était masquée derrière un service de confidentialité établi à Reykjavik, en Islande, et les serveurs de noms étaient ceux de Cloudflare. À l’échéance du 25 juin 2026, l’enregistrement n’a pas été renouvelé. Le nom mywitrade.com ne résout plus à la date du 12 septembre 2026 et le fichier du registre des .com ne porte plus aucune trace de cet enregistrement.

Des copies conservées de la vitrine couvrent la période de juillet 2023 à avril 2025 : elles constituent à présent le seul témoignage du contenu que la plateforme affichait. Au-delà d’avril 2025, aucune trace n’a été relevée. Pour les personnes qui auraient interagi avec la plateforme, ces archives publiques peuvent servir de support documentaire dans une démarche de réclamation, aux côtés des pièces personnelles conservées.

Une vitrine de trading sans autorisation ni mentions légales

Lors de la publication de notre article du 12 janvier 2024, mywitrade.com se présentait comme une plateforme de trading en ligne sous la marque MYWITRADE, avec un sous-titre indiquant une vocation de plateforme de trading. La vitrine affichait une adresse commerciale à Hong Kong, un numéro de téléphone britannique et une adresse de contact en @mywitrade.com.

L’examen du site révélait l’absence totale de page de mentions légales et de conditions générales détaillées. Aucun numéro d’enregistrement de société, aucun agrément, aucune référence à une quelconque autorité de tutelle ne figuraient sur les pages accessibles au public. Cette absence était cohérente avec la constatation ultérieure de l’AMF : la vitrine proposait des produits dérivés sur crypto-actifs sans y avoir été autorisée. La vérification effectuée le 12 septembre 2026 au registre du commerce britannique confirme par ailleurs qu’aucune société portant le nom « mywitrade » n’y est enregistrée : le numéro de téléphone britannique et l’adresse hongkongaise ne renvoyaient donc à aucune entité juridiquement constituée et identifiable au Royaume-Uni.

Le peu d’informations sur l’entreprise exploitante était l’un des signaux d’alerte relevés dès janvier 2024. Une plateforme de trading proposant des CFD et des instruments sur le Forex est soumise à des obligations strictes d’information précontractuelle dans la quasi-totalité des pays européens : mentions légales complètes, coordonnées de l’entité régulée, numéro d’agrément vérifiable. Aucune de ces obligations n’était satisfaite.

Un formulaire d’inscription branché sur deux autres noms de domaine

Les relevés OSINT réalisés en décembre 2023 avaient mis en évidence un fait que la vitrine ne rendait pas visible : la page d’inscription de mywitrade.com portait deux adresses de contact qui n’appartenaient pas au nom de domaine affiché. Il s’agissait de [email protected] et de [email protected], deux adresses rattachées à deux autres noms de domaine distincts, chacune présentant une délivrabilité élevée au moment des relevés, ce qui indiquait qu’elles étaient actives. La vitrine n’affichait publiquement qu’une adresse en @mywitrade.com.

Cette configuration signifie que les messages envoyés depuis le formulaire d’inscription de mywitrade.com pouvaient être acheminés vers des boîtes situées sous d’autres noms. La vitrine MyPolarX documentée le 4 mars 2024 affichait elle aussi une adresse à Hong Kong, un numéro de téléphone britannique et l’adresse [email protected], avec un numéro d’enregistrement hongkongais invérifiable : les deux vitrines partageaient ainsi un même gabarit de plateforme de trading et une même adresse de contact, sans qu’il soit possible de désigner nommément un exploitant commun. Une troisième enseigne au profil similaire, Tradiora, avait également été examinée par BrokerDefense à la même période, avec des caractéristiques de construction comparables.

L’adresse [email protected], rattachée au nom jpmconnect.io, n’a pas fait l’objet d’une enquête publiée distincte à ce jour ; son apparition dans les données de la page d’inscription de mywitrade.com reste un élément du dossier technique sans qu’aucune conclusion supplémentaire puisse en être tirée sans vérification complémentaire.

Ce que l’analyse technique de décembre 2023 relevait sur la vitrine

Le relevé des technologies chargées par mywitrade.com en décembre 2023 dessinait le profil d’un site construit avec des composants courants dans le secteur des plateformes de trading en ligne. Le framework JavaScript côté serveur utilisé était Next.js. Les graphiques financiers étaient fournis par TradingView, service de visualisation de marchés largement répandu. DataTables prenait en charge l’affichage des tableaux, les typographies étaient fournies par Google, tandis que Cloudflare assurait la distribution du trafic et la protection du réseau.

Ce qui distinguait la vitrine d’un simple site vitrine était la présence, sur les pages de souscription, de composants de paiement tiers : un prestataire de paiement en ligne et un module d’authentification 3-D Secure étaient chargés à l’étape d’inscription. Cela signifie que la plateforme était conçue pour collecter des paiements dès l’entrée dans le parcours utilisateur, sans que la structure juridique habilitée à recevoir ces fonds n’ait jamais été identifiée ni mentionnée. Ce point complique directement le traçage des fonds pour les personnes ayant effectué des versements : l’intermédiaire apparent, mywitrade.com, ne désignait aucune entité derrière lui.

Après des versements vers mywitrade.com : réunir les preuves, agir

Pour toute personne ayant viré des fonds à la plateforme, la priorité est de reconstituer la chaîne des opérations avant toute démarche. Les pièces à réunir comprennent les ordres de virement et les relevés de compte correspondants, les captures du parcours d’inscription et des pages de la plateforme conservées à l’époque, l’ensemble des échanges écrits avec les interlocuteurs du site, ainsi que tout justificatif des sommes déposées. Le nom mywitrade.com n’existant plus techniquement, ces documents deviennent la base irremplaçable de toute réclamation ou procédure.

La page consacrée au dépôt d’une plainte pénale détaille les étapes de la procédure et les éléments à fournir. Il est également possible de vérifier si l’établissement bancaire ayant exécuté les virements engage une responsabilité au titre de son devoir de vigilance. Ces recours ne garantissent pas un remboursement, mais ils constituent les voies légales disponibles face à une plateforme qui n’a jamais présenté d’opérateur identifiable.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Lorsque les fonds ont transité par des crypto-actifs ou que la piste des virements se révèle complexe, le traçage des mouvements et la recherche des responsables deviennent centraux. Maître Michel Orsini, inscrit au barreau de Paris, décompose dans cette présentation les rouages des escroqueries financières bâties sur de fausses plateformes crypto : montages frauduleux, blanchiment des flux, identification des auteurs et réparation du préjudice. Pour un dossier comme celui de mywitrade.com, où aucune structure habilitée à recevoir les fonds n’a jamais été désignée, ce fil conducteur est souvent le seul point d’entrée d’une procédure.

Vos questions sur la plateforme mywitrade.com

Que reste-t-il aujourd’hui de la plateforme mywitrade.com ?

Plus rien d’accessible. Le nom mywitrade.com ne résout plus le 12 septembre 2026 et le fichier du registre des .com ne porte plus aucune trace de cet enregistrement, arrivé à échéance le 25 juin 2026 sans renouvellement. La vitrine de trading décrite par BrokerDefense en janvier 2024 n’a donc plus d’existence technique, et aucune société n’a jamais pu être identifiée derrière elle.

Pourquoi mywitrade.com figure-t-il sur la liste noire de l’AMF ?

L’Autorité des marchés financiers a inscrit www.mywitrade.com sur ses listes noires le 12 mars 2024, sous le libellé « produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription constate que la vitrine proposait ces produits sans y être autorisée et sans qu’aucune société identifiable n’assume l’activité. Elle est intervenue environ deux mois après la publication de notre enquête et reste consultable sur le site de l’AMF.

Que faire si des fonds ont été virés après une inscription sur Mywitrade ?

Il faut d’abord reconstituer la chaîne des opérations : ordres de virement et relevés de compte, captures du parcours d’inscription et des pages de la plateforme, échanges écrits avec les interlocuteurs du site, justificatifs des dépôts. Le nom n’existant plus, ces pièces deviennent la base de toute démarche. La page consacrée au dépôt d’une plainte pénale détaille les étapes, et BrokerDefense peut examiner la situation pour orienter vers les recours adaptés, y compris du côté de l’établissement qui a exécuté les virements.

Mywitrade s’adressait à des personnes souhaitant trader en ligne sur le Forex ou les CFD et les incitait à virer des fonds à une plateforme qui n’a jamais présenté d’opérateur juridiquement constitué. L’inscription du nom sur la liste noire de l’AMF, deux mois après notre première enquête, et la disparition du registre des .com à l’été 2026 referment un dossier ouvert sans que la structure exploitante n’ait jamais été identifiée. Avant d’engager le moindre virement vers un intermédiaire de placement ou d’investissement, contrôler son identité, son immatriculation et son autorisation reste la seule protection sérieuse contre ce type de vitrine, et c’est la démarche que BrokerDefense conduit pour chaque dossier qu’il examine.

Article réécrit le 12/09/2026

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