
Sommaire
- L’inscription de www.mywitrade.com au fichier de l’AMF reste en vigueur
- Une page d’inscription qui renvoyait vers deux autres noms
- Le nom mywitrade.com ne figure plus au fichier du registre
- Hong Kong annoncé, un numéro britannique, aucune société au Royaume-Uni
- Un assemblage de briques grand public derrière la page
- Des copies conservées qui s’arrêtent au printemps 2025
- Ce qu’il est encore possible de documenter après un virement
- MyWiTrade : ce qui reste à établir en 2026
L’inscription de www.mywitrade.com au fichier de l’AMF reste en vigueur
Nos vérifications arrêtées au 10 octobre 2026 le confirment : l’Autorité des marchés financiers a inscrit www.mywitrade.com sur sa liste noire le 12 mars 2024, sous l’intitulé « produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette entrée reste consultable dans les mises en garde publiées par l’AMF, où il est indiqué que l’adresse n’est pas habilitée, en France, à proposer des services ou des placements financiers.
Cette décision est datée et nommée. Elle a été prise cinq jours après la publication de notre première enquête consacrée à cette vitrine, qui ne la mentionnait pas encore. Une inscription de cette nature ne se confond ni avec un signalement d’observateur ni avec l’avis d’un internaute : elle émane d’une autorité dont c’est la mission légale, et elle fixe un point de repère que la disparition du site ne remet pas en cause.
C’est ce qui fait la valeur de ce repère aujourd’hui. La plateforme a cessé de fonctionner, et le nom de domaine lui-même ne figure plus au fichier du registre ; l’inscription du régulateur, elle, demeure consultable. Pour qui a confié de l’argent à cette vitrine, cette entrée constitue une pièce datée et opposable, à joindre à tout dossier.
Dernière mise à jour : 10/10/2026
Une page d’inscription qui renvoyait vers deux autres noms
Les relevés versés au dossier en décembre 2023 ont établi que la page d’inscription de la vitrine ne renvoyait pas vers une seule adresse de contact, mais vers deux, rattachées à des noms distincts : l’une construite sur mypolar-x.com, l’autre sur jpmconnect.io. Deux enseignes présentées comme indépendantes partageaient ainsi un même gabarit de plateforme de trading, un même décor et les mêmes coordonnées.
BrokerDefense a documenté la première de ces enseignes dans le dossier consacré à MyPolarX, publié le 4 mars 2024, soit trois jours avant notre premier article sur MyWiTrade. Les deux noms ont cessé de fonctionner depuis, et aucun des deux ne figure plus au fichier du registre du .com. Le troisième nom, jpmconnect.io, ne se résout plus lui non plus.
Rien dans les données disponibles ne permet de désigner nommément un exploitant commun, et nous nous en tenons à ce que les vérifications établissent. Mais la simultanéité de ces disparitions, conjuguée au partage d’une adresse de contact, rend l’examen des trois noms indissociable.
Le nom mywitrade.com ne figure plus au fichier du registre
Le constat conservé de décembre 2023 situe la création du nom au 25 juin 2023. Le service d’enregistrement était alors Namecheap, et l’identité du titulaire protégée par un prestataire de confidentialité établi à Reykjavik, en Islande. Les serveurs de noms déclarés appartenaient à l’infrastructure du réseau de diffusion utilisé par la vitrine. L’échéance portait sur le 25 juin 2026.
Au 10 octobre 2026, cette échéance est passée sans reconduction. Une interrogation directe du fichier du registre ne renvoie plus aucune correspondance pour mywitrade.com, et les relevés de résolution confirment l’absence de toute adresse, y compris pour la forme précédée du préfixe d’usage. Autrement dit, l’adresse ne mène plus nulle part : aucune page servie, aucun serveur de messagerie, aucune redirection vers une autre enseigne.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Hong Kong annoncé, un numéro britannique, aucune société au Royaume-Uni
La vitrine se présentait sous la dénomination MYWITRADE Ltd., avec un numéro d’immatriculation annoncé comme hongkongais et une adresse commerciale à Hong Kong. Elle affichait également un numéro de téléphone britannique, une incohérence géographique relevée dès notre premier article, et se bornait à associer son nom au sous-titre « TRADING PLATFORM », sans équipe dirigeante ni fondateurs.
Une vérification effectuée le 10 octobre 2026 dans le registre du commerce britannique ne retourne aucune entité correspondant au nom « mywitrade ». La référence britannique mise en avant par la vitrine ne correspond donc à aucune société enregistrée. Quant à l’immatriculation annoncée, les relevés du dossier ne permettent pas d’en confirmer l’existence.
Cette combinaison, une adresse en Asie et un numéro en Europe sans société vérifiable dans l’un ou l’autre pays, dessine le décor classique d’une vitrine construite pour paraître ancrée dans des juridictions sérieuses sans l’être réellement.
Un assemblage de briques grand public derrière la page
Le rapport de technologies établi en décembre 2023 documente précisément l’équipement de la vitrine. Les graphiques financiers provenaient de TradingView, service public de visualisation de marchés. Le cadre applicatif reposait sur Next.js, outil de construction d’interfaces. Les bibliothèques d’interface étaient chargées depuis un réseau de distribution public, et les polices d’écriture depuis le service d’un grand fournisseur.
S’y ajoutaient plusieurs composants frontaux : une bibliothèque de tableaux de données, deux bibliothèques d’interactions, un module d’animation, une fenêtre superposée et un canal d’échange permanent. La diffusion et la protection du trafic étaient assurées par Cloudflare, tout comme la résolution des noms. Le certificat était émis par une autorité gratuite, et le nom disposait d’une adresse de protocole récent.
Sur les pages de souscription, des composants de paiement tiers et un module d’authentification renforcée étaient chargés, ce qui indique que le parcours d’inscription conduisait directement à une saisie de coordonnées bancaires. La messagerie du nom était hébergée chez le même prestataire que le bureau d’enregistrement, avec les mécanismes de signature et de politique d’envoi correspondants.
Aucune de ces briques n’a de lien avec une activité financière régulée. Chacune est accessible à n’importe quel éditeur, quelle que soit son activité réelle. Leur accumulation donne l’apparence d’une plateforme professionnelle sans rien dire de celui qui l’exploite.
Des copies conservées qui s’arrêtent au printemps 2025
Les copies publiques conservées de mywitrade.com couvrent une période allant de juillet 2023 à avril 2025. Elles montrent une vitrine active, avec ses pages d’inscription, ses formulaires et ses argumentaires de rendement. Au-delà de cette date, aucune trace de la plateforme n’apparaît.
Cette interruption est cohérente avec le reste du dossier. La dernière échéance du nom est intervenue en juin 2026, et le nom a quitté le registre sans reconduction. Autrement dit, la vitrine a d’abord cessé de produire du contenu, avant que l’enregistrement lui-même ne cesse à son tour.
Aucune adresse ne permet donc plus, à ce jour, de joindre ceux qui tenaient le rôle de conseillers ou de gestionnaires au nom de cette vitrine. La disparition de la page ne signifie pas pour autant que l’activité des personnes qui l’exploitaient ait cessé : elle s’exerce ailleurs, sous d’autres noms.
Ce qu’il est encore possible de documenter après un virement
Pour qui a versé des fonds après s’être inscrit sur cette vitrine, la première étape est documentaire : rassembler les ordres de virement et les relevés de compte correspondants, les captures du parcours d’inscription et des pages consultées, les échanges écrits avec les interlocuteurs, ainsi que les justificatifs de chaque dépôt. Le nom n’existant plus, ces éléments forment l’unique support d’une procédure, qu’elle soit pénale ou civile.
Le second volet est pénal : notre site expose pas à pas la manière de porter plainte au pénal. Un signalement auprès de l’Autorité des marchés financiers demeure possible après la disparition du nom, et l’inscription de MyWiTrade sur sa liste noire peut être jointe au dossier comme élément de contexte. Faute d’exploitant désignable, l’établissement qui a exécuté les virements reste souvent le seul maillon traçable, et sa responsabilité éventuelle mérite d’être interrogée. D’autres dossiers proches de ce schéma figurent sur ce site, en particulier l’enquête consacrée à VenturoFX.
MyWiTrade aura donc tenu, pendant un peu plus de deux ans, une vitrine de trading sans société identifiable, signalée par le régulateur cinq jours après notre première enquête, avant que son nom ne quitte le registre sans reconduction. Pour qui a engagé de l’argent sous cette enseigne, ce constat ne modifie ni la réalité des sommes versées, ni les recours encore praticables pour tenter de les récupérer.
Lorsque l’argent a été dirigé vers des comptes situés à l’étranger, reste à savoir ce qu’une juridiction française peut encore trancher. Maître Goce Novakov, avocat dont l’activité se situe à Paris, détaille dans l’entretien ci-dessous une décision du tribunal judiciaire de Perpignan : une banque y a été condamnée pour avoir manqué à son obligation de vigilance dans un dossier d’usurpation d’enseigne bancaire et de faux conseiller, la victime obtenant réparation d’une partie de ses pertes. Le raisonnement vaut pour les virements partis vers l’étranger après une souscription faite sous un nom comme mywitrade.com.
MyWiTrade : ce qui reste à établir en 2026
Non. L’échéance du nom, fixée au 25 juin 2026, est passée sans reconduction, et mywitrade.com ne figure plus au fichier du registre du .com. Les relevés de résolution confirment qu’aucune adresse ne répond, ni pour le nom seul ni pour sa forme préfixée. La plateforme décrite par BrokerDefense en mars 2024 ne sert donc plus aucune page.
Les relevés versés au dossier rattachent la page d’inscription de MyWiTrade à deux adresses extérieures, l’une construite sur mypolar-x.com et l’autre sur jpmconnect.io. Les enseignes concernées reposaient sur un même gabarit de plateforme et un même décor. Les trois noms ont cessé de fonctionner. Rien ne permet toutefois de désigner nommément un exploitant commun, et nous nous en tenons à ce que les vérifications établissent.
Il faut d’abord reconstituer la chaîne documentaire : ordres de virement et relevés de compte, captures du parcours d’inscription et de la plateforme, échanges écrits avec les interlocuteurs, justificatifs des dépôts. Le nom n’existant plus, tout repose sur ces pièces. Une page dédiée de ce site décrit comment déposer plainte, et l’établissement qui a exécuté les virements peut être interrogé sur son propre rôle.
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Article réécrit le 10/10/2026


