La vitrine qui revendique un capital de 510 000 000 d’euros répond toujours, à la même adresse, trois ans après notre première enquête. Le titre de la page n’a pas changé, le pied de page affiche encore l’année 2008, et le groupe bancaire européen dont elle se dit la filiale n’a, à ce jour, jamais été nommé. La persistance de ce dispositif de collecte, actif sans interruption depuis au moins juin 2023, est le fait central de ce dossier mis à jour.
Le domaine qui porte cette vitrine peut désormais être écrit : online-privatebanq.com. Ce nom a été déposé le 8 avril 2023 et reste enregistré jusqu’au 8 avril 2027. Les pages consultées le 14 septembre 2026 ne livrent le nom d’aucune société ; aucun siège n’y est mentionné, aucun numéro d’immatriculation n’y apparaît.
Sommaire
- La même vitrine qu’en 2023, servie à la même adresse
- Avril 2023 : un dépôt conservé jusqu’en 2027
- Le même capital affiché, le même groupe jamais nommé
- Une page légale sans nom d’exploitant
- Le formulaire d’ouverture de compte, jusqu’à la pièce d’identité
- Les démarches ouvertes une fois les fonds partis
- Les questions que la vitrine laisse ouvertes
La même vitrine qu’en 2023, servie à la même adresse
Notre constat du 9 juin 2023, établi selon la norme AFNOR Z67-147, relevait déjà, sur l’adresse https://online-privatebanq.com/, le titre « OP-BANK | ONLINE PRIVATE BANQUE », la revendication d’un capital de 510 000 000 d’euros et un pied de page portant la mention « © ONLINE PRIVATE BANQUE 2008 | Tous droits réservés ». À cette date, le serveur répondait depuis une adresse réseau que le relevé a consignée. La page répondait, et le dispositif était opérationnel.
Le 14 septembre 2026 à 22 h UTC, la même adresse répond, avec un titre de page inchangé : « OP-BANK | ONLINE PRIVATE BANQUE ». La revendication de capital figure toujours en page d’accueil. Le pied de page porte toujours la même mention datée de 2008. Le serveur annoncé est LiteSpeed et la page pèse environ 55 000 octets. Entre les deux relevés, l’adresse de serveur sous-jacente a changé : la page est désormais servie depuis une adresse réseau différente de celle relevée en 2023. Le nom de domaine lui-même, en revanche, est resté actif d’un bout à l’autre de la période. Les reproductions archivées de la page existent à plusieurs millésimes couvrant les 24 juillet et 11 octobre 2023, les 16 avril et 11 août 2024, et le 7 avril 2025, ce qui confirme une présence continue depuis notre premier constat.
Dernière mise à jour : 14/09/2026
Avril 2023 : un dépôt conservé jusqu’en 2027
Enregistré le 8 avril 2023 auprès de Hostinger, UAB, online-privatebanq.com est aujourd’hui conservé jusqu’au 8 avril 2027 : la première échéance, fixée à avril 2024, a donc été honorée. Le dossier de registre porte une dernière modification datée du 21 avril 2026. Les deux serveurs de noms actuels sont ns1.defaultserver.net et ns2.defaultserver.net ; le nom est en outre verrouillé, ce qui restreint son transfert vers un autre bureau. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Depuis 2023, plusieurs points techniques ont changé. Au moment de notre constat initial, l’identité du titulaire n’était pas publique : un prestataire de confidentialité, établi aux États-Unis, la dissimulait. Les serveurs de noms étaient alors différents de ceux relevés aujourd’hui. Ces changements indiquent que le nom a fait l’objet d’une gestion active : il n’a pas été abandonné, il a été reconduit, ses paramètres techniques ont été modifiés, et il continue d’être exploité aujourd’hui. Le certificat de sécurité présenté par le site a été émis le 26 août 2026 par une autorité de certification publique et court jusqu’au 24 novembre 2026 ; il couvre à la fois la vitrine et les sous-domaines de messagerie rattachés au même nom, ce qui confirme que l’infrastructure est entretenue.
Le même capital affiché, le même groupe jamais nommé
La page d’accueil d’online-privatebanq.com affiche en français, au 14 septembre 2026, la phrase suivante : « ONLINE PRIVATE BANQUE est la filiale d’un des groupes bancaires les plus puissants d’Europe et du monde avec un capital de 510 000 000 d’euros. » Cette formule est présente depuis au moins notre constat de juin 2023. Elle désigne un groupe bancaire européen sans jamais en donner le nom. Il n’existe sur le site aucune page, aucun document, aucune mention qui permettrait d’identifier cet établissement supposé. La même page d’accueil promet une ouverture de compte en moins de trois minutes, un IBAN « rapidement et gratuitement », des comptes professionnels accessibles « quel que soit votre historique de crédit ou votre situation, sans aucune visite en succursale requise », et formule l’ambition de « promouvoir le bien du peuple en maintenant la stabilité monétaire et financière ».
Trois dates coexistent sur le site et aucune ne peut correspondre aux deux autres. Le pied de page indique « © ONLINE PRIVATE BANQUE 2008 », ce qui suggère une existence depuis 2008. La page « à propos » déclare pour sa part que l’enseigne a été « Lancé en 2014 » et revendique « plus de 6,5 millions de clients ». Le nom de domaine, lui, a été déposé le 8 avril 2023 : il n’existait pas avant cette date. Une entité fondée en 2008 ou en 2014 ne peut pas reposer sur un nom de domaine créé en 2023, et un nom déposé en 2023 ne peut pas desservir 6,5 millions de clients accumulés depuis 2008 ou 2014. Ces trois affirmations se contredisent mutuellement.

Une page légale sans nom d’exploitant
La page « Mention légale » d’online-privatebanq.com n’identifie aucune société mère, ne donne aucun numéro d’immatriculation et ne cite aucune autorité de régulation financière ; elle n’indique aucune adresse physique. Elle mentionne en revanche « l’espace Gestion Patrimoniale de online-privatebanq.com » et affirme que celui-ci « utilise des photos des produits de la gamme Roset, avec leur aimable accord » : cette référence à une gamme de mobilier est sans lien avec les services bancaires annoncés en page d’accueil. Le même texte évoque « Ma banque en ligne » et « Elys PC » comme s’il s’agissait de services proposés par le site, mais ces dénominations n’apparaissent nulle part ailleurs sur l’ensemble des pages consultées. Le seul texte législatif cité est la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, sans viser aucune des évolutions législatives et réglementaires intervenues depuis lors. Ces mentions ne correspondent à aucun service nommé par le site lui-même : elles évoquent un texte dont l’origine est ailleurs.
La seule coordonnée affichée en pied de page, au 14 septembre 2026, est une boîte de courrier électronique rattachée au domaine : [email protected]. Notre constat de 2023 relevait une adresse différente, [email protected], ce qui signifie que même ce point de contact a été modifié entre les deux relevés. Il n’existe aucun numéro de téléphone, aucune adresse postale, aucun formulaire de contact identifiant un interlocuteur réel. Ce schéma se retrouve dans d’autres dossiers documentés sur BrokerDefense : Wettex Bank, dont les textes légaux portaient encore le nom d’une autre enseigne, et ifiied.com, une fausse banque sans existence légale. Ce rapprochement porte sur le mode opératoire et non sur une identité d’exploitant commune.

Le formulaire d’ouverture de compte, jusqu’à la pièce d’identité

Le formulaire d’ouverture de compte accessible sur online-privatebanq.com demande, dans l’ordre, la civilité, le nom, les prénoms, la situation matrimoniale, la date de naissance, le numéro de téléphone, l’adresse électronique, un mot de passe saisi deux fois, un numéro de fax, l’adresse postale complète, le code postal, la ville, le pays et le type de compte souhaité. Il prévoit en outre le dépôt d’un fichier joint. Cette dernière fonctionnalité est compatible avec la transmission d’une copie de document d’identité. L’ensemble de ces données constitue un profil d’identité complet, transmis à un exploitant qui ne s’est identifié nulle part.
Un espace de connexion séparé, accessible à l’adresse https://online-privatebanq.com/ebanking/, répond également et sert une page de connexion qui réclame une adresse de courrier électronique accompagnée d’un mot de passe. Cette page propose un lien de récupération de mot de passe oublié et un renvoi vers le formulaire d’ouverture de compte. L’existence de cet espace suggère que des comptes ont pu être créés et que des personnes ont pu s’y connecter. Lorsqu’un exploitant n’est pas identifiable, les données transmises lors de l’inscription, comme lors de toute connexion ultérieure, ne peuvent être rattachées à aucune entité légale responsable de leur traitement.
L’entretien filmé ci-dessous revient sur une décision judiciaire où l’établissement qui avait exécuté les virements d’une personne abusée a été condamné à lui en restituer l’intégralité. Il est présenté par Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate rattachée à l’Ordre des avocats de Paris, qui expose les fondements juridiques de cette condamnation et les conditions dans lesquelles une telle action peut être engagée.
Les démarches ouvertes une fois les fonds partis
Les premières pièces à réunir sont les relevés bancaires et les relevés de compte de paiement retraçant l’ensemble des opérations effectuées, les ordres de virement avec les libellés des bénéficiaires tels qu’ils apparaissent sur ces documents, les copies des pages telles qu’elles étaient affichées au moment des échanges, ainsi que la totalité des échanges écrits menés avec les interlocuteurs du site, qu’il s’agisse de courriels, de messages via un espace client ou de tout autre canal. Ces éléments forment le socle de tout dossier.
La responsabilité de l’établissement bancaire ou de paiement qui a exécuté les virements sans les signaler peut être engagée. Lorsqu’une opération présente des caractéristiques qui auraient dû alerter l’établissement, notamment des virements vers des bénéficiaires inhabituels ou des montants disproportionnés au profil du client, les juridictions ont reconnu, dans plusieurs affaires documentées, que l’établissement avait manqué à son obligation de vigilance. Le dépôt d’une plainte reste la démarche centrale : elle ouvre une procédure pénale, elle fixe la date des faits, elle contraint les autorités compétentes à ouvrir un registre. Pour comprendre les modalités de cette procédure et les juridictions compétentes, les informations utiles figurent sur la page consacrée à la saisine du tribunal correctionnel.
Les questions que la vitrine laisse ouvertes
Le visiteur d’online-privatebanq.com ne dispose, au terme de sa navigation, d’aucun élément permettant d’identifier l’exploitant du site. Aucune société n’est nommée, aucun siège social n’est mentionné, aucun numéro d’immatriculation au registre du commerce n’apparaît, aucune autorité de régulation financière n’est citée et aucun représentant légal n’est identifiable. La pile technique relevée sur le nom repose sur des composants librement accessibles : des pages en PHP servies par un serveur web mutualisé, des polices et des icônes issues de bibliothèques publiques, des bibliothèques d’affichage et d’interface empruntées à des projets ouverts, un module de traduction reposant sur un service public, et la prise en charge des adresses réseau de dernière génération. Aucune brique de sécurité propre à un environnement bancaire réel n’a été relevée.
Le relevé effectué le 14 septembre 2026 sur les listes publiées par l’AMF montre que les six fichiers de mise en garde que cette autorité publie ne comportent aucune entrée correspondant au nom Online Private Banque ni au domaine online-privatebanq.com. Ce constat de vérification ne vaut ni satisfecit ni reconnaissance d’une quelconque régularité : l’absence d’une mention dans ces listes ne signifie pas qu’une enseigne est autorisée à exercer une activité bancaire, et elle ne dispense pas d’examiner si les conditions légales d’exercice sont réunies, ce qu’aucune page du site ne permet de vérifier.
Une revendication de capital sans nom de société vérifiable et sans référence à un registre ou à une autorité de tutelle ne peut pas être contrôlée. Il est impossible de confirmer l’existence du groupe évoqué, de vérifier s’il détient réellement une filiale portant ce nom, ou de s’assurer que le capital annoncé correspond à une réalité comptable déposée quelque part. Cette absence d’identité est précisément ce qui rend la revendication invérifiable.
Le formulaire collecte un profil d’identité complet : état civil, date de naissance, coordonnées, mot de passe et, via la fonctionnalité de fichier joint, potentiellement une copie de document d’identité. Ces données sont transmises à un exploitant qui ne s’est identifié nulle part. Elles peuvent être utilisées à des fins d’usurpation d’identité ou revendues à des tiers, sans qu’aucune entité légale responsable de leur traitement ne soit identifiable pour en répondre.
Oui. La persistance du site signifie que le dispositif continue de fonctionner et que d’autres personnes peuvent être sollicitées. Pour celles qui ont déjà effectué des virements, le fait que la vitrine soit toujours accessible constitue une pièce à conserver : une capture datée de la page au moment des faits, ou la constatation que le site était encore en ligne à la date d’un dépôt de plainte, renforce la matérialité du dossier. Cela ne modifie pas les démarches à engager, mais cela en confirme l’urgence.
Online Private Banque, exploitée à l’adresse online-privatebanq.com, présente une configuration précise : un compte annoncé en moins de trois minutes, un IBAN promis rapidement et gratuitement, des comptes professionnels accessibles sans condition d’historique, et derrière cette promesse, une entité dont aucune société ne répond légalement. Les personnes qui ont suivi ce parcours ont viré des fonds vers un bénéficiaire que ni un registre du commerce ni une liste d’établissements agréés ne permettent d’identifier. La vitrine, elle, est toujours en ligne.
BrokerDefense examine les dossiers qui lui sont soumis avant toute orientation. Cette évaluation préalable permet d’apprécier les éléments disponibles, de situer les démarches adaptées à la situation et d’identifier les leviers juridiques mobilisables selon la nature et le montant des opérations concernées.
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Article réécrit le 14/09/2026


