Commerce Wealth arnaque : l’AMF maintient l’inscription depuis 2021

L’AMF maintient le nom sur sa liste depuis janvier 2021

Le 18 janvier 2021, l’Autorité des marchés financiers inscrivait commercewealth.com sur son fichier des sites non autorisés, sous le libellé « Forex ». Cette inscription n’a pas bougé depuis : l’édition du 4 septembre 2026 de ce même fichier fait apparaître le nom à l’identique, soit cinq ans et huit mois sans retrait. Une telle durée est rare et mérite d’être soulignée, car le fichier du régulateur est mis à jour régulièrement et les retraits, lorsqu’ils ont lieu, y sont actés. Consultez les listes de l’AMF pour vérifier l’entrée dans le fichier officiel.

Ce dossier n’est pas isolé dans notre suivi de la marque. Le 12 juin 2021, nous publiions un premier article intitulé « Commercewealth.com pris à son propre jeu par le régulateur londonien », qui documentait un avertissement émis par le superviseur britannique déconseillant de traiter avec cette entité. Ces deux dossiers sont distincts et instruits séparément : rien dans nos pièces ne conduit à un exploitant commun.

L’inscription à l’AMF en janvier 2021 et l’avertissement britannique de la même période constituent deux signaux indépendants, émanant de deux autorités distinctes, et portant sur la même adresse. Pour tout épargnant français, la présence sur le fichier de l’AMF suffit à qualifier la situation : l’entité n’a pas obtenu l’autorisation de proposer des services d’investissement sur le territoire national.

Le libellé « Forex » retenu par le régulateur désigne les activités de change sur marge, une famille de produits fréquemment utilisée dans les schémas de démarchage frauduleux visant des particuliers sans expérience des marchés financiers. La durée de maintien sur la liste suggère qu’aucune régularisation n’a été accomplie depuis le premier signalement.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

CommerceWealth Ltd, la société déclarée derrière la vitrine

Le pied de page relevé sur la vitrine le 25 octobre 2023 indiquait, en anglais, que la plateforme était le site d’exploitation de CommerceWealth Ltd., société déclarée à Beachmont Business Centre, suite 117, Kingstown, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, sous le numéro 25880BC2020. La même page portait la mention de copyright « © 2020 CommerceWealth.com », ce qui place la création commerciale de la marque à cette année-là.

Un point de méthode s’impose ici : une immatriculation de société à Saint-Vincent-et-les-Grenadines n’est pas une autorisation de proposer des services d’investissement. Le numéro affiché est un numéro de société, pas un agrément délivré par une autorité de surveillance des marchés financiers. Cette juridiction n’exerce pas de contrôle prudentiel sur les activités de négociation sur marge et n’habilite pas les entités qui y sont enregistrées à offrir des produits financiers aux résidents européens.

Ce montage est documenté dans d’autres dossiers de notre base. Le cas Litegap.com, instruit à la même période, reposait sur le même appui juridictionnel offshore et avait également déclenché une alerte de l’AMF. Ces structures se ressemblent dans leur architecture déclarative : une adresse postale dans un centre d’affaires, un numéro de société local, et aucune autorisation régulée dans les pays où les clients sont démarchés.

Bas de page de la vitrine CommerceWealth relevé en octobre 2023, avec la société déclarée et son numéro.
Bas de page de la vitrine, relevé en octobre 2023 : la société déclarée et son numéro y sont affichés comme une garantie.

Un nom déposé en 2000 et trois bureaux d’enregistrement successifs

Le nom de domaine commercewealth.com a été créé le 1er mai 2000. Son échéance inscrite au registre est fixée au 1er mai 2027. Le nom a donc une ancienneté qui précède largement l’activité commerciale documentée sous cette enseigne, ce qui est cohérent avec l’acquisition d’un nom préexistant pour l’habiller d’une vitrine de négociation.

Au moment du constat d’octobre 2023, le bureau d’enregistrement était Namecheap et le titulaire était masqué derrière un service de confidentialité domicilié à Reykjavik, en Islande. Les serveurs de noms étaient alors hébergés chez un fournisseur de services cloud. Depuis, la situation a évolué : au 20 septembre 2026, le bureau d’enregistrement est désormais NameSilo, la dernière modification enregistrée date du 27 juillet 2026, et le statut indique que le transfert du nom est interdit sans l’accord du titulaire. Les serveurs de noms actifs sont ns1.sedoparking.com et ns2.sedoparking.com. Une vitrine de courtage financier servie par ces serveurs de noms ne correspond à aucune infrastructure de marché : ce sont ceux d’un service d’annonces de noms de domaine.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le passage de Namecheap à NameSilo entre 2023 et 2026 témoigne d’au moins un transfert de gestionnaire depuis la période active de la vitrine. Cette mobilité entre bureaux d’enregistrement est fréquente pour des noms dont l’usage commercial est révolu mais dont le titulaire conserve la maîtrise formelle jusqu’à l’échéance.

Quatorze pages et quatre captures pour figer la vitrine

Le 25 octobre 2023, un constat internet dressé selon la norme AFNOR Z67-147 a figé l’état de la vitrine : quatorze pages, quatre captures d’écran de 1 911 x 1 838 pixels, et une page servie de 178 581 octets. Le titre relevé était « Invest in Commodities, Currencies & Stocks | CommerceWealth », ce qui décrit une offre portant sur les matières premières, les devises et les actions.

L’analyse technique du journal réseau de ce constat révèle une architecture entièrement sous-traitée. Les feuilles de style et les scripts de la vitrine étaient distribués depuis le domaine d1blz5v5l6t29j.cloudfront.net, soit un réseau de distribution tiers. La page appelait les outils de mesure d’audience de Google (googletagmanager.com, region1.google-analytics.com), les polices hébergées par Google (fonts.googleapis.com, fonts.gstatic.com) et un service de messagerie instantanée (cdn.livechatinc.com, api.livechatinc.com, secure.livechatinc.com).

Deux éléments plus révélateurs encore ressortent du journal réseau : une passerelle d’interface de négociation louée à un tiers (apis-proxy.mt5.mtapis.co) et un back-office hébergé chez un prestataire distinct (public.testing.backend.sweetmanage.co). Aucune de ces briques n’est une infrastructure de marché. L’interface de négociation et la gestion des comptes passaient par des services loués, ce qui explique qu’une telle vitrine s’ouvre et se referme sans laisser de traces industrielles.

Aujourd’hui, un gabarit d’annonce occupe l’adresse

Au 20 septembre 2026, l’adresse commercewealth.com est servie depuis l’adresse IP 64.190.63.111. La page chargée est un gabarit publicitaire d’une régie de courtage de noms de domaine : les images de ce gabarit sont servies depuis img.sedoparking.com et le titre de la page annonce que l’adresse est présentée comme disponible à la reprise. Il ne subsiste aucune interface de négociation, aucun espace client, aucun formulaire de connexion.

Cette situation est cohérente avec l’évolution observée dans d’autres dossiers de notre base. Le cas 24trading.co, dont l’enseigne avait suivi un trajet comparable, avait lui aussi abouti à une page qui propose la reprise de l’adresse après la disparition de la vitrine de négociation. Ce schéma de fin de cycle est documenté et reconnaissable.

Pour les personnes qui ont interagi avec la plateforme avant sa disparition, le constat de cet état actuel est utile : il confirme que l’entité n’exploite plus l’adresse sous la forme d’un service actif, et que les démarches de récupération de fonds ne peuvent plus s’appuyer sur un interlocuteur joignable à cette adresse.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate relevant de l’ordre des avocats de Paris, intervient dans l’entretien ci-dessous pour expliquer comment un dossier de faux investissement se construit, ce que les pièces réunies permettent d’établir devant une juridiction, et ce qu’une décision de justice peut concrètement apporter aux personnes trompées.

Réunir les pièces utiles avant toute démarche

Avant d’entreprendre toute démarche, il est nécessaire de rassembler les documents qui permettront d’établir la réalité des faits et l’identité des flux financiers. Les pièces à réunir en priorité sont les suivantes : les relevés bancaires et les avis de virement qui identifient le compte récepteur des sommes versées, les courriels et messages échangés avec les interlocuteurs de la plateforme, les relevés du compte ouvert sur la vitrine de négociation, les documents contractuels reçus lors de l’ouverture du compte, et les captures d’écran de l’espace client effectuées avant sa fermeture.

Ces pièces servent deux objectifs distincts. D’une part, elles permettent de documenter le préjudice de façon précise et opposable. D’autre part, elles peuvent être transmises aux autorités compétentes dans le cadre d’une procédure formelle. Aucune démarche ne pourra prospérer sans un dossier factuel solide, constitué avant que les traces numériques ne disparaissent.

Pour comprendre la procédure à engager, consultez les démarches pour porter plainte : cette page décrit la marche à suivre dans une situation de ce genre et les autorités auprès desquelles un signalement peut être déposé.

Précisions sur la liste du régulateur et sur l’état du nom

Peut-on encore accéder à une interface de négociation sur commercewealth.com ?

Non. Au 20 septembre 2026, l’adresse commercewealth.com affiche un gabarit publicitaire d’une régie de courtage de noms de domaine. Aucune interface de connexion, aucun espace client et aucun formulaire de dépôt ne sont accessibles à cette adresse. La vitrine de négociation documentée en octobre 2023 n’est plus servie.

Que signifie une inscription sur la liste noire de l’AMF datant de janvier 2021 et toujours présente en 2026 ?

L’AMF met à jour son fichier des sites non autorisés de façon régulière. Lorsqu’un nom y reste inscrit pendant cinq ans et huit mois sans être retiré, cela indique qu’aucune régularisation n’a été accomplie et que l’autorité n’a pas reçu de justification suffisante pour lever l’alerte. L’inscription de commercewealth.com sous le libellé « Forex » depuis le 18 janvier 2021 reste donc entièrement valide.

Quelles pièces une personne ayant viré des fonds vers cette plateforme peut-elle encore réunir ?

Les pièces les plus utiles sont les avis de virement bancaire identifiant le compte destinataire, les relevés du compte ouvert sur la plateforme, les messages échangés avec les interlocuteurs, les documents contractuels reçus et les captures d’écran de l’espace client réalisées avant sa fermeture. Ces éléments doivent être rassemblés le plus tôt possible, car certains peuvent disparaître avec le temps.

La présence de commercewealth.com sur le fichier de l’AMF depuis janvier 2021 constitue, à elle seule, un signal d’alerte permanent et opposable. Elle signifie que l’entité n’a jamais été autorisée à proposer des services d’investissement en France et que le régulateur n’a, à ce jour, reçu aucun élément justifiant un retrait de la liste.

L’architecture technique documentée en octobre 2023 confirme ce que l’inscription réglementaire laissait déjà supposer : une vitrine assemblée à partir de services loués, sans infrastructure de marché propre, conçue pour être déployée rapidement et abandonnée sans laisser de traces industrielles. Le passage à un gabarit publicitaire d’une régie de courtage de noms de domaine en est la conclusion logique.

Les personnes qui ont versé des fonds vers cette adresse disposent d’un fondement solide pour agir : l’alerte du régulateur français, l’avertissement du régulateur britannique documenté séparément, et les éléments techniques réunis dans les constats. Ces pièces constituent la base d’un dossier transmissible aux autorités compétentes et, le cas échéant, à un conseil juridique.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

1 Comment

  1. Marguerite dit :

    Nous avons été victime mon époux et moi de ces charlatans, comment pouvons nous récupérer nos économies s’il vous plaît, tous nos projets sont tombés à l’eau cause de ces escros

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser