Le 27 août 2021, l’Autorité des marchés financiers inscrivait fmo-partners.com sur sa liste noire sous la qualification « Usurpation » : cet enregistrement n’a jamais été retiré et le nom figure toujours, cinq ans plus tard, dans le fichier que le régulateur maintient à jour pour protéger les épargnants.
Sommaire
- Un classement en usurpation prononcé le 27 août 2021
- La mise en garde que FMO avait publiée le 26 août 2021
- Ce que le WHOIS de Verisign ne retrouve plus
- Ce que les certificats conservent de cette adresse
- L’adresse de démarchage et le nom d’emprunt
- Ce qui reste possible pour les personnes trompées
- Questions fréquentes sur ce dossier
Un classement en usurpation prononcé le 27 août 2021
La fiche nominative que l’AMF a constituée pour fmo-partners.com est consultable à tout moment : la fiche publiée par le régulateur porte bien le nom du domaine et la mention de liste noire, et répond à l’adresse indiquée. Nous l’avons consultée le 20 septembre 2026 et elle demeure accessible.
La qualification retenue est sans ambiguïté : l’AMF range fmo-partners.com dans la rubrique « Usurpation », ce qui signifie que l’opérateur a présenté un nom ou des coordonnées appartenant à un établissement existant pour faire croire à un agrément qu’il ne détenait pas. La fiche rappelle par ailleurs que cet acteur n’a reçu de l’AMF aucune habilitation, sous quelque forme que ce soit, à offrir des services ou des placements financiers sur le territoire français.
L’inscription remonte au 27 août 2021. Notre article sur ce dossier avait été publié le 30 août 2021, soit trois jours après cette date. Depuis lors, aucune démarche n’a conduit le régulateur à retirer ce nom de la liste : en septembre 2026, fmo-partners.com y figure toujours sous la même qualification.
Dernière mise à jour : 20/09/2026
La mise en garde que FMO avait publiée le 26 août 2021
La veille de l’inscription par l’AMF, le 26 août 2021, l’établissement financier néerlandais de développement FMO publiait sur son site fmo.nl un communiqué intitulé « Warning against website FMO-partners.com ». Ce document est toujours accessible à l’adresse https://www.fmo.nl/news-detail/ac3e6d23-3370-4aec-94a0-f3ad14da256e/warning-against-website-fmo-partners-com.
Dans ce communiqué, FMO explique qu’un site présenté comme « français » s’approprie indûment son nom et ses coordonnées. L’établissement précise qu’il n’entretient aucune relation, directe ou indirecte, avec ce site ni avec ses exploitants. Il ajoute que toute demande d’information, toute proposition d’investissement ou toute sollicitation de paiement qui transiterait par ce site ou par les personnes qui le gèrent ne le concerne en rien. FMO souligne également qu’il n’emploie pas la désignation « FMO Partners » et qu’il ne dispose d’aucun bureau en France. Sa seule présence numérique officielle est fmo.nl ; celle de sa filiale dédiée à la gestion est FMO-im.nl. Enfin, l’établissement indique avoir demandé à l’hébergeur de procéder au retrait du site litigieux.
En résumé, la vitrine fmo-partners.com empruntait à la fois le nom et les coordonnées d’une institution réelle et reconnue, sans que celle-ci ait jamais autorisé ni même été informée de ce détournement avant d’en avoir pris connaissance par ses propres moyens.
Ce que le WHOIS de Verisign ne retrouve plus
Lorsque nous avons interrogé le registre central des noms en .com géré par Verisign le 20 septembre 2026, la réponse obtenue était sans appel : « No match for FMO-PARTNERS.COM ». Le nom n’est plus enregistré et le registre ne rend plus rien pour cette entrée. Les résolutions DNS associées, qu’il s’agisse de l’adresse du serveur, des enregistrements de messagerie ou des serveurs de noms, échouent toutes : la vitrine ne répond plus du tout.
Les données conservées dans notre relevé de 2021 indiquaient une création du nom au 25 avril 2021 et une échéance fixée au 25 avril 2022, soit un enregistrement d’exactement un an. Cette durée minimale se retrouve fréquemment sur ce type de plateforme frauduleuse, dont les exploitants savent dès le départ qu’ils n’ont pas vocation à maintenir une présence durable.

Pour les lecteurs qui souhaitent vérifier par eux-mêmes l’état actuel du nom, la fiche WHOIS complète sur DomainTools confirme l’absence de toute entrée active.
Ce que les certificats conservent de cette adresse
Les journaux de transparence des certificats TLS ont conservé la trace de trois certificats émis pour fmo-partners.com, tous délivrés par Let’s Encrypt via sa chaîne R3. Le premier a été émis le 25 avril 2021, le jour même de la création du nom, ce qui correspond à une mise en service immédiate. Le deuxième certificat a été délivré le 24 juin 2021, le troisième le 23 août 2021. Ce dernier expirait le 21 novembre 2021. Aucun certificat n’a été journalisé après le 23 août 2021 : plus rien n’a été délivré pour ce nom passé cette date, ce qui coïncide avec la période où FMO et l’AMF émettaient leurs signalements.
Deux copies d’archive de la page ont été conservées, la première datant du 19 mai 2021 et renvoyant vers la seconde. Ces instantanés constituent les seules traces directement consultables de ce qu’affichait la vitrine pendant son exploitation.
Ce dossier s’inscrit dans une série de cas construits sur le même procédé : un nom de domaine élaboré à partir de la notoriété d’un établissement réel, une exploitation courte, puis un abandon. Le dossier bellecour-capital présente la même architecture : l’AMF y avait visé une adresse de courriel pour usurpation et le registre ne rend plus aucune entrée pour ce nom. Le dossier fidelity-sicav suit le même schéma, avec là aussi une qualification « Usurpation » prononcée par l’AMF, et un nom qui a depuis quitté le fichier central. Ces rapprochements ne permettent pas de conclure à un exploitant commun, mais ils illustrent un procédé répété : s’appuyer sur la réputation d’une institution existante, ouvrir rapidement, puis disparaître.
L’adresse de démarchage et le nom d’emprunt
La vitrine fmo-partners.com ne proposait aucun espace de connexion privée : il n’existait pas de portail client derrière lequel un utilisateur aurait pu suivre l’évolution prétendue de ses fonds. Cette absence de tableau de bord ne rendait pas la plateforme moins dangereuse pour autant : le contact passait par une adresse de courriel, ce qui suffisait à engager les personnes démarchées dans des échanges et, le cas échéant, dans des virements.
L’interlocuteur se présentait sous le nom de « Julio Torelli » et était joignable à l’adresse mail [email protected], construite sur le domaine litigieux. Ce nom d’emprunt permettait de personnaliser la relation et d’instaurer un sentiment de confiance, tandis que le nom de domaine lui-même conférait une apparence d’adossement à l’établissement FMO. En réalité, ni l’identité ni la structure ne correspondaient à quoi que ce soit de réel : FMO avait explicitement démenti employer cette désignation et avoir le moindre bureau en France.
La combinaison d’un nom institutionnel détourné, d’une adresse de courriel bâtie sur ce nom et d’un interlocuteur fictif constitue le cœur du procédé d’usurpation que l’AMF a formalisé dans sa qualification du 27 août 2021.
Ce qui reste possible pour les personnes trompées
Les personnes qui ont été démarchées en 2021 par fmo-partners.com ou par l’adresse mail [email protected] doivent rassembler et conserver l’intégralité des traces disponibles : relevés de virements effectués, relevés bancaires correspondants, courriels reçus et envoyés depuis ou vers des adresses en fmo-partners.com, captures d’écran des pages consultées à l’époque, et tout nom utilisé par les interlocuteurs. Ces éléments constituent la base documentaire de toute démarche ultérieure. Interroger sa banque sur l’identité du bénéficiaire des virements est également une démarche utile, notamment pour établir vers quelles structures les fonds ont été dirigés.
Pour vérifier si d’autres acteurs liés à ce type d’opération ont fait l’objet de signalements, les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF offrent un point de départ complet et régulièrement actualisé.
Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’entrée au barreau s’est faite à Paris, intervient dans la vidéo ci-dessous pour expliquer comment une affaire d’arnaque aux faux investissements a pu aboutir à une victoire devant la Cour de cassation après onze ans de procédure. Ce retour d’expérience concret illustre à la fois la complexité de ces dossiers et les issues que la voie judiciaire peut encore offrir aux personnes qui ont subi ce type de préjudice.
Pour comprendre les étapes concrètes d’un dépôt de plainte et les démarches qui restent ouvertes devant le juge pénal, notre page dédiée détaille la procédure applicable à ce type de dossier.
Questions fréquentes sur ce dossier
La qualification « Usurpation » retenue par l’AMF le 27 août 2021 traduit le fait que fmo-partners.com s’appropriait le nom et les coordonnées d’un établissement réel, FMO, pour faire croire à un rattachement institutionnel qui n’existait pas. FMO l’avait d’ailleurs formellement démenti dans sa mise en garde du 26 août 2021. Cette qualification est distincte d’une simple absence d’agrément : elle signale un détournement d’identité au sens strict.
La disparition du nom et l’absence de réponse de la vitrine ne signifient pas nécessairement que toute action est close. Les virements effectués laissent des traces bancaires, et les autorités compétentes peuvent, dans le cadre d’une enquête pénale, chercher à identifier les bénéficiaires des fonds. Conserver tous les justificatifs disponibles, y compris les courriels reçus de [email protected], reste indispensable pour toute démarche.
L’absence de portail client sur fmo-partners.com indique que le procédé reposait entièrement sur un démarchage par adresse de courriel, sans interface de suivi prétendu des placements. Ce modèle simplifié permet aux exploitants de fonctionner sans infrastructure technique élaborée et de cesser toute activité très rapidement, comme en témoigne l’abandon du nom avant même l’échéance de l’enregistrement en avril 2022.
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Article réécrit le 20/09/2026


