Verdisparsecuritiesas.com arnaque : inscrit avant notre alerte

L’AMF a inscrit le nom la veille de notre propre mise en garde

Le 18 août 2021, l’Autorité des marchés financiers a fait figurer le nom verdisparsecuritiesas.com dans sa liste nominative ; la qualification portée par cette entrée est « Autre acteur non autorisé ». Notre article d’origine a paru le 19 août 2021, soit un jour après cette inscription. La fiche du régulateur consacrée à ce nom était encore consultable et répondait normalement lors de nos vérifications du 20 septembre 2026 ; elle demeure portée par l’édition du 11 septembre 2026 de ces listes, sous la même qualification et à la même date du 18 août 2021.

La fiche consigne que cet acteur ne figurait parmi aucun des professionnels habilités à s’adresser aux épargnants en France, un constat qui situe précisément la nature de l’activité reprochée. Cette qualification n’a pas évolué depuis 2021 : cinq ans plus tard, l’inscription demeure, intacte.

Une seconde inscription, antérieure de quinze jours à la nôtre, figure dans le fichier consolidé des listes noires tenu conjointement par l’ACPR et l’AMF. Ce fichier porte le nom sous deux libellés, « Usurpation Professionnel » et « Crédits livrets paiements assurances », à la date du 4 août 2021. Notre article est paru le 19 août 2021, soit quinze jours après cette première inscription et un jour après celle de l’AMF. Ces chronologies sont celles que les relevés établissent ; elles ne traduisent aucun lien de cause à effet entre nos publications et les décisions des autorités.

Le réseau dans lequel s’inscrit ce nom ne repose pas sur une date de relevé commune dans un fichier d’autorité : les listes sont publiées par lots, et une même date de relevé ne prouve ni exploitant commun, ni filiation. Le lien que l’on peut établir avec certitude est celui de la marque partagée. La vitrine verdisparsecuritiesas.com et la vitrine dashboardvs.com revendiquaient toutes deux l’identité de Verdispar Securities : c’est ce point précis qui constitue un réseau. Nous avons consacré à dashboardvs.com un dossier distinct ; l’inscription du 18 août 2021 y porte sur la forme www.dashboardvs.com, sous la même qualification « Autre acteur non autorisé », et ce nom n’est plus enregistré, lui non plus, depuis cette période.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

En 2026, plus aucune ligne au fichier des enregistrements des .com

En interrogeant le fichier des enregistrements des .com le 20 septembre 2026, nos vérifications n’ont restitué aucune ligne pour verdisparsecuritiesas.com. Le nom n’est plus enregistré. Le même jour, un nom enregistré du même registre, interrogé comme témoin, a bien répondu : l’interrogation n’était donc pas en cause, et l’absence de ligne est réelle.

Les conséquences techniques sont totales. Il n’est plus possible d’obtenir ni bureau d’enregistrement, ni date d’échéance, ni serveur de noms rattachés à ce nom. Le nom ne résout plus du tout : nos relevés ne relèvent ni adresse de machine, ni serveur de noms, ni trace de messagerie, ni zone de texte.

Deux certificats ont en revanche été journalisés sous ce nom commun, couvrant chacun le nom et sa forme en « www ». Aucune date d’émission n’est disponible pour l’un ni pour l’autre, mais leur existence confirme que la vitrine a bien été servie à un moment donné avec une connexion sécurisée, ce qui contribuait à lui donner une apparence de légitimité.

Les personnes qui ont eu affaire à cette vitrine peuvent consulter l’historique technique complet via la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Cette vitrine revendiquait l’identité de Verdispar Securities

Cette vitrine se présentait comme la propriété d’une société dénommée Verdispar Securities. Notre article d’origine, publié le 19 août 2021, relevait pourtant qu’elle ne contenait aucune information concrète sur cette entreprise : ni adresse, ni numéro d’immatriculation, ni document permettant d’en vérifier l’existence.

Le bas de page était vide de toute mention légale, de toute politique de confidentialité et de toute rubrique de présentation. On y lisait néanmoins que la plateforme avait été créée en 2008. La fiche d’enregistrement consultée à l’époque situait pourtant la création du nom au 30 mars 2021, soit moins de cinq mois avant la publication de notre article. L’écart entre la date proclamée et la date réelle constituait à lui seul un signal sérieux.

Le titulaire du nom était masqué au moment de nos recherches initiales, rendant toute identification directe impossible. Notre article de 2021 rappelait que les montages de ce type ont souvent une durée de vie d’un an seulement : la vitrine est conçue pour durer le temps d’une campagne de démarchage, puis disparaître avant que les recours ne s’organisent. La trajectoire de verdisparsecuritiesas.com illustre ce schéma avec précision.

La fiche d'enregistrement du nom, telle que nous l'avions consultée en 2021, ne laissait apparaître aucun titulaire identifiable.
La fiche d’enregistrement du nom, telle que nous l’avions consultée en 2021 : aucun titulaire identifiable.

Une seule copie conservée, et c’est une page de suspension

Quatre relevés ont été conservés sous ce nom ; ils portent tous la date du 27 décembre 2021. Aucune copie postérieure n’existe. Le seul de ces relevés qui restitue effectivement une page porte l’intitulé « Account Suspended » : il s’agit de la page de suspension de compte caractéristique d’un hébergement mutualisé.

Ce constat permet d’établir prudemment que, dès la fin décembre 2021, soit environ quatre mois après la publication de notre article, le compte d’hébergement de la vitrine était suspendu. Rien n’a été conservé au-delà de cette date, ce qui signifie que la vitrine avait cessé de répondre avant même la fin de l’année 2021.

Cette trace impose une réserve importante : elle ne dit pas qui a décidé de la suspension ni pour quelle raison précise. Elle établit seulement qu’il ne restait plus rien à voir à cette date. La suspension peut résulter d’une décision de l’hébergeur, d’un non-renouvellement, ou de toute autre cause que nos relevés ne permettent pas de déterminer. On notera toutefois que le compte d’hébergement a été suspendu alors que les inscriptions aux fichiers des autorités françaises étaient déjà en place depuis plusieurs mois.

L’appui que procure un ordre de virement conservé

L’absence de vitrine consultable ne clôt pas les voies ouvertes aux épargnants sollicités. Un ordre de virement conservé constitue une pièce dont la valeur ne dépend pas de l’état du nom de domaine : il identifie l’établissement qui a reçu les fonds, il fixe la date et le montant, et il peut fonder une mise en cause de la responsabilité de cet établissement si des signaux d’alerte étaient visibles au moment de l’exécution.

Les échanges écrits avec l’interlocuteur qui se présentait comme un intermédiaire chaleureux constituent une seconde pièce de même nature. Le mécanisme décrit en 2021 reposait sur un inconnu qui abordait sa cible avec une offre présentée comme exceptionnelle, puis orientait vers la vitrine pour y effectuer des versements. Ces échanges, quelle qu’en soit la forme, peuvent reconstituer la chronologie du démarchage et établir le lien entre la promesse formulée et les fonds versés.

Un dossier comparable illustre ce que ces pièces permettent d’obtenir en pratique. Notre dossier consacré à gti-capital.com, autre nom relevé à la même date que le nôtre dans le fichier des autorités et dont la vitrine est depuis devenue une page vide, montre que la disparition de la vitrine ne réduit pas les fondements d’une action dès lors que les pièces du dossier ont été réunies.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le cabinet et le barreau sont parisiens, revient plus bas sur la condamnation d’une banque à indemniser une personne trompée à hauteur de 209 000 euros récupérés, et selon quel raisonnement la responsabilité d’un établissement bancaire peut être recherchée lorsque des virements ont été laissés passer sans que les signaux d’alerte n’aient été traités.

Ce qu’il faut demander à sa banque, et sous quel délai

La première démarche consiste à demander sans attendre à l’établissement teneur du compte les pièces complètes du ou des virements exécutés vers les coordonnées bancaires indiquées à l’époque par la vitrine ou par l’intermédiaire. Ces coordonnées, une fois identifiées, permettent de déterminer quel établissement a reçu les fonds et d’évaluer si sa responsabilité peut être engagée.

Les échanges écrits venus de l’interlocuteur qui se présentait comme un intermédiaire doivent être conservés dans leur intégralité, quelle que soit la messagerie utilisée. Il convient également de fixer les dates avec précision : la date du premier contact, celle à laquelle verdisparsecuritiesas.com a été présenté, et celle de chaque virement. Cette chronologie est nécessaire pour démontrer que les fonds ont transité par un nom qui figurait déjà dans les fichiers des autorités françaises au moment des faits.

Si l’établissement bancaire n’a rien signalé alors que les signaux étaient visibles, la saisine d’un juge reste ouverte. L’Autorité des marchés financiers met à disposition des épargnants les ressources nécessaires pour comprendre les droits applicables et identifier les acteurs non autorisés.

Pour ce qui concerne le volet pénal, nos travaux sur comment engager une procédure pénale face à une escroquerie financière détaillent les conditions et les étapes à connaître avant de saisir le juge.

Trois points à vérifier quand le nom a disparu du registre

verdisparsecuritiesas.com est introuvable aujourd’hui : mes recours sont-ils fermés ?

Non. Le fait que la vitrine ne soit plus accessible ne referme aucune des démarches possibles. Les ordres de virement, les échanges écrits avec l’intermédiaire et les coordonnées bancaires utilisées à l’époque conservent leur valeur indépendamment de l’état actuel du nom. Ce sont ces pièces qui fondent une mise en cause de l’établissement ayant reçu les fonds ou une plainte pénale.

Le nom était inscrit aux listes françaises dès août 2021 : cela change-t-il quelque chose pour ma demande d’indemnisation ?

Oui, potentiellement. Le nom verdisparsecuritiesas.com figurait dans le fichier consolidé des autorités françaises dès le 4 août 2021, puis dans la liste nominative de l’AMF dès le 18 août 2021. Si des virements ont été exécutés après ces dates, il est possible de faire valoir que l’établissement bancaire aurait pu détecter le signal. Un avocat spécialisé peut évaluer si cette chronologie renforce le dossier.

La société Verdispar Securities existe-t-elle réellement ?

Nos vérifications du 20 septembre 2026 n’ont trouvé aucune société sous le nom verdisparsecuritiesas dans le registre britannique des sociétés. Les autorités chypriotes, interrogées à la même date, ne portent pas davantage ce nom. La vitrine revendiquait cette identité sans fournir aucune information vérifiable sur l’entreprise, et son bas de page était dépourvu de toute mention légale.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

1 Comment

  1. NOSSENT dit :

    Après plusieurs recherches de renseignements sur Internet, j’ai été sollicitée par téléphone une première fois le 27 mai 2021, par « Benoît Fouquet », se disant travailler pour la société VERDISPAR(siège implanté en Norvège). Il m’a mise en confiance en m’assurant de la légitimité de VERDISPAR, registrée sous le N°28422 au REGAFI, m’a fait envoyer la copie de mon passeport ainsi qu’un RIB et un justificatif de domicile et m’a convaincue de faire un virement SEPA de 10000€ le 13 juin, pour un placement sécurisé par la signature d’un « contrat découverte » (bénéfices de 1,50% minimum, avec les fonds de base bloqués pendant trois mois).Puis, Monsieur Jim Anthony, conseiller, m’a assurée des bénéfices déjà acquis avec un virement de 450€ en ma faveur en sollicitant un autre virement de 5000€ le 5 juillet.
    Je n’ai jamais pu obtenir le N° ORIAS ou de siren, comme demandé. Ce site vitrine datant de 2021 n’appartient visiblement pas à la société d’origine de 2008, comme me l’a confirmé la conseillère de l’AMF que j’ai alors contactée. Et pourtant, il ne figurait pas encore sur les listes noires que j’avais également consultées et des articles comme celui-ci n’étaient donc pas encore créés….J’ai voulu faire jouer mon droit de rétractation, d’autant qu’aucune mention à ce propos ne figurait sur le contrat, mais les escrocs et les moyens de les joindre sont alors devenus inexistants… J’ai porté plainte le 19 juillet 2021 et me suis adressée à ma banque pour une demande de retour de fonds, mais je n’ai aucune nouvelle, malgré mes différentes relances….
    Je ne sais plus quoi faire…

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