Capital-partnersonline.com arnaque : l’AMF et la CySEC l’ont écarté

Deux vitrines au nom de la même société d’investissement chypriote

Ce qui distingue capital-partnersonline.com d’une simple vitrine frauduleuse isolée, c’est la signature commune qu’il partageait avec un autre dispositif déjà analysé par BrokerDefense : les deux sites se réclamaient de la même société chypriote, B.I.S. Blueport Investment Services Ltd, réellement agréée par la CySEC. Le cas de top-epargne.info, documenté par BrokerDefense en avril 2021, repose sur le même schéma : nom de la société empruntée, prestations et pages exclusivement en français, numéro de téléphone français à la place du numéro authentique de la société cypriote (+357 22 021 232). L’adresse électronique officielle de B.I.S. Blueport Investment Services Ltd, [email protected], n’apparaissait sur aucune des deux vitrines. La convergence de ces détails, relevée dans notre enquête d’avril 2021, établit un réseau construit autour d’un seul nom d’emprunt.

Sur la forme, capital-partnersonline.com adoptait tous les attributs d’une société d’investissement légitime opérant depuis Chypre : références réglementaires d’une entité existante, numéro de téléphone à indicatif français pour rassurer une clientèle française, absence totale des coordonnées authentiques de la société dont le nom était repris. Ce type de montage repose sur la confusion entre un acteur autorisé et une vitrine qui se glisse sous son identité sans jamais en détenir les accréditations.

Aucune des deux autorités de surveillance concernées, ni l’AMF du côté français, ni la CySEC du côté chypriote, n’a reconnu ce site comme un intermédiaire habilité. B.I.S. Blueport Investment Services Ltd est la victime de cet emprunt d’identité : rien dans nos vérifications ne relie son activité propre à l’exploitation de l’une ou l’autre de ces vitrines.

Dernière mise à jour : 13/09/2026

Le libellé « Usurpation » retenu par l’AMF

L’entrée publiée par l’Autorité des marchés financiers ne se contente pas de signaler un acteur non autorisé : elle précise la nature du procédé. L’inscription à la liste noire de l’AMF porte l’entrée « www.capital-partnersonline.com » sous le libellé « Usurpation » et a été mise en ligne le 8 avril 2021, soit onze jours avant la publication de notre propre enquête, le 19 avril 2021. La formulation officielle est sans ambiguïté : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. »

Le choix du libellé « Usurpation » traduit une qualification précise : la vitrine ne s’est pas simplement présentée comme un prestataire financier générique, elle a revendiqué l’identité d’une société d’investissement chypriote réellement agréée. Ce type d’inscription distingue les cas d’acteurs simplement non enregistrés des cas où une identité existante est délibérément reprise pour créer une apparence de légitimité.

La CySEC, de son côté, a également inscrit capital-partnersonline.com sur sa liste des entités non autorisées. Ce régulateur est précisément celui dont relève B.I.S. Blueport Investment Services Ltd, la société dont l’identité était empruntée : il a donc estimé nécessaire de signaler explicitement que le nom de domaine n’avait reçu de lui aucune autorisation, qu’il s’agisse d’un agrément propre ou d’une délégation quelconque.

L’immatriculation d’une société britannique reprise dans la page de contact

La vitrine ne se limitait pas à emprunter l’identité d’une société chypriote : elle mobilisait également une adresse britannique et un numéro d’enregistrement au Royaume-Uni. La page de contact affichait « Flat 18 Dolphin House, Smugglers Way, Londres, SW18 1DE, Royaume-Uni » et le numéro 11486763. Ce numéro correspond à COIN FINANCIAL LTD, une société immatriculée à cette même adresse et aujourd’hui dissoute selon le registre britannique des sociétés, où elle apparaît sous la mention « dissolved ».

COIN FINANCIAL LTD est, ici aussi, la victime d’une reprise d’identité. Aucun des éléments relevés lors de nos vérifications ne relie son activité propre à l’exploitation de capital-partnersonline.com. Son numéro d’enregistrement et son adresse ont été utilisés pour donner une apparence de crédibilité à une vitrine qui n’avait avec elle aucun lien réel.

Ce doublement de l’emprunt d’identité, une société chypriote pour les références réglementaires, une société britannique pour l’adresse physique, constitue une construction cohérente visant à rendre difficile l’identification immédiate du dispositif. Nos vérifications n’ont trouvé aucune société britannique portant le nom capital-partnersonline.com, et le nom ne figure sur aucune autre liste de régulateur consultée en dehors des fiches AMF et CySEC déjà citées.

Un nom sorti du fichier des enregistrements et une vitrine muette fin 2021

Le registre des domaines en .com, interrogé le 13 septembre 2026, ne retourne plus aucune fiche rattachée à ce nom et répond « No match for « CAPITAL-PARTNERSONLINE.COM » ». Le domaine ne répond plus non plus dans le système d’adressage, ni sous sa forme nue ni avec le préfixe d’usage. Le nom ne figure plus dans le fichier des enregistrements en .com. Aucune adresse n’est publiée. Il n’est pas possible de dater précisément ce retrait.

Les copies conservées les plus anciennes disponibles remontent à la fin du mois de novembre 2021 et à décembre 2021. Elles ne montrent plus la vitrine d’investissement en activité, mais une simple page d’attente de registrar indiquant que le nom venait d’y être enregistré, avec la mention « Copyright 2021 ». Aucune copie de la vitrine telle qu’elle fonctionnait en avril 2021 n’a été conservée : il n’est donc pas possible de décrire son apparence visuelle. Les éléments de contenu disponibles proviennent des données relevées lors de notre enquête d’origine et des informations de registre.

Sur le plan technique, un certificat couvrant le nom et l’ensemble de ses sous-domaines (« *.capital-partnersonline.com ») a été émis par l’autorité de certification de Cloudflare, avec une validité allant du 19 novembre 2020 au 18 novembre 2021. La vitrine était donc diffusée à travers un réseau de diffusion de contenu, ce qui lui permettait de masquer l’infrastructure d’hébergement sous-jacente. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Ces relevés constituent désormais les seuls repères techniques exploitables, le nom ne figurant plus dans le fichier des enregistrements en .com.

La trace bancaire, point de départ d’un éventuel recours

La fermeture du domaine ne clôt pas les voies de recours disponibles. Toute somme envoyée à la vitrine a transité par un ou plusieurs comptes bancaires réels : les références de ces virements figurent dans les relevés des personnes concernées et constituent la trace la plus solide disponible pour engager une démarche. L’expérience des dossiers que nous avons accompagnés montre que cette trace peut servir aussi bien à une plainte pénale qu’à une action civile contre l’établissement bancaire ayant exécuté les opérations.

Pour les personnes qui ont versé des fonds, la priorité est de rassembler sans attendre les justificatifs de virement, les échanges écrits avec les interlocuteurs de la vitrine et toute capture des pages consultées à l’époque. Ces pièces constituent le socle d’un dossier. Concernant la plainte pénale, notre article consacré à la marche à suivre pour déposer plainte détaille les étapes concrètes. Le cas de ccs-patrimoine.com, sur lequel BrokerDefense a publié une enquête similaire, illustre la même mécanique d’identités empruntées et de vitrines sans existence durable.

Contactez notre service d’aide aux victimes

La question de la responsabilité des banques qui ont exécuté les virements reste ouverte, et c’est l’objet de l’intervention qui suit. Maître Goce Novakov, avocat dont le barreau d’appartenance est celui de Paris, y décrypte un arrêt de la cour d’appel de Paris dans une affaire de placement fictif : la banque, qui avait laissé passer des ordres au profil atypique sans réagir, a été condamnée et les victimes indemnisées. Ce précédent est directement utile à quiconque cherche à évaluer l’éventuelle responsabilité de son établissement bancaire dans un dossier comparable.

Ce que ce dossier laisse encore en suspens pour les épargnants

Pourquoi l’inscription de capital-partnersonline.com porte-t-elle le libellé « Usurpation » ?

Cette qualification indique que la vitrine a exploité le nom d’une entité enregistrée auprès du régulateur. Ici, elle revendiquait la propriété de B.I.S. Blueport Investment Services Ltd, une société d’investissement chypriote réellement agréée. L’entrée porte le nom www.capital-partnersonline.com et une date de mise en ligne au 8 avril 2021. La fiche reproduit la formule officielle : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. »

Le nom capital-partnersonline.com est-il encore enregistré aujourd’hui ?

Non. Le registre des domaines en .com, interrogé le 13 septembre 2026, ne retourne plus aucune fiche rattachée à ce nom et répond « No match for « CAPITAL-PARTNERSONLINE.COM » ». Le domaine ne répond plus dans le système d’adressage, ni sous sa forme nue, ni avec le préfixe d’usage. Les copies conservées les plus récentes datent de décembre 2021 et ne montraient déjà plus qu’une page d’attente de registrar.

Comment agir après avoir envoyé des fonds à capital-partnersonline.com ?

La disparition du nom ne referme pas les pistes. Chaque versement a laissé une écriture sur un compte bancaire réel, et ces mouvements apparaissent dans les relevés de leurs titulaires. Mieux vaut rassembler dès maintenant les ordres de virement, les échanges écrits avec les interlocuteurs de la vitrine et les copies d’écran des pages consultées à l’époque. Ces pièces permettent d’envisager un signalement, un dépôt de plainte devant les autorités judiciaires et, le cas échéant, une action contre la banque qui a laissé partir les fonds. BrokerDefense peut, sur demande, aider à déterminer laquelle de ces voies reste la plus adaptée.

Le dossier capital-partnersonline.com illustre une mécanique qui ne se limite pas à un seul site : derrière l’emprunt successif de deux identités légales, une société chypriote et une société britannique, se dessine un dispositif pensé pour maximiser la durée d’activité avant toute détection. La convergence des avertissements de l’AMF et de la CySEC montre que la mobilisation simultanée de plusieurs régulateurs reste le levier le plus rapide pour interrompre ce type de montage. Pour toute personne qui a eu affaire à ce domaine et cherche à comprendre sa situation, le point de départ le plus solide reste la reconstitution complète des flux financiers tracés dans ses propres relevés bancaires.

Article réécrit le 13/09/2026

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