Alt-cpm.com arnaque : l’inscription de l’AMF jamais retirée

Une inscription au relevé du régulateur en avril 2021, toujours portée cinq ans plus tard

Le 15 avril 2021, le régulateur français a retenu le libellé exact www.alt-cpm.com sur son relevé des sites non autorisés, sous la qualification « Usurpation ». Le classeur de listes mis à jour par le régulateur le 11 septembre 2026 la porte toujours, aucun retrait n’étant intervenu en cinq ans et cinq mois. La fiche nominative consacrée à www.alt-cpm.com sur le site du régulateur est accessible, et reprend le libellé avec son préfixe www, distinct de l’apex du domaine.

La date retenue par le régulateur, le 15 avril 2021, précède de cinq jours la publication de notre propre article d’origine, daté du 20 avril 2021. Ces deux dates coexistent dans les archives sans que l’on puisse établir de lien entre elles.

Trois autres entrées partagent la même date du 15 avril 2021 dans le même relevé : deux adresses de courriel et un chemin de connexion. Leur présence simultanée est un fait de relevé ; elle n’autorise à conclure ni à un réseau, ni à une filiation, ni à un exploitant commun.

Il convient de rappeler qu’une inscription au relevé du régulateur ne vaut pas décision de justice. Le régulateur publie ses listes par lots, ce qui signifie que la date portée dans le fichier peut ne pas correspondre au jour exact de l’instruction du signalement.

Pour ce nom, il ne subsiste qu’un seul document de référence consultable : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 21/09/2026

Jamais la moindre proposition de placement, seulement un formulaire

La copie archivée du 30 avril 2021 est la plus ancienne image publique conservée de la vitrine. Elle montre une page d’accueil titrée « Alt-Cpm », composée d’un en-tête de navigation, d’un formulaire « Espace Client » sollicitant un courriel et un mot de passe avec un bouton « Connexion » postant vers un service d’authentification, et d’un formulaire d’inscription rapide demandant prénom, téléphone, nom, courriel, mot de passe et confirmation du mot de passe, assortis d’une case d’acceptation de conditions générales. Des appels à un réseau de diffusion de polices d’icônes et des feuilles de style de thème, dont une déclinaison française, complètent le code relevé.

La page ne comporte aucun contenu de placement, aucune proposition chiffrée, aucune mention légale, aucune société identifiée et aucun agrément invoqué. Cette nudité n’est pas le signe d’une construction inachevée : une vitrine destinée à collecter des coordonnées et des identifiants n’a aucun besoin de documenter ce qu’elle prétend offrir. Il n’existe rien à opposer à un régulateur, rien à citer dans une réclamation, parce que rien n’a jamais été promis par écrit.

Le seul objectif lisible dans cette architecture est la collecte : obtenir des données d’identification et, le cas échéant, des informations bancaires auprès de personnes déjà contactées par un autre canal, vraisemblablement téléphonique. Le formulaire d’inscription rapide avec six champs constitue en soi l’intégralité du produit proposé.

Cette structure correspond précisément à ce que la qualification « Usurpation » retenue par le régulateur désigne : un dispositif qui imite les attributs formels d’un portail financier sans en posséder aucun des fondements légaux.

Ce nom ne possède plus aucune fiche au registre des noms en .com

Nos vérifications du 21 septembre 2026 établissent qu’alt-cpm.com ne résout plus sur aucun plan : il ne retourne ni adresse, ni enregistrement de messagerie, ni serveur de noms, ni alias. Le nom est techniquement muet.

Du côté du registre des noms en .com, nos recherches n’ont rendu aucune fiche pour ce nom. Afin de valider la méthode employée, un contrôle positif a été effectué dans la même passe sur un autre nom en .com actif : sa fiche complète est revenue sans difficulté, ce qui confirme que l’absence de résultat pour alt-cpm.com n’est pas un artéfact de requête mais bien le reflet de la situation réelle du nom.

Notre article d’origine, publié le 20 avril 2021, relevait un enregistrement daté du 17 janvier 2021 et une échéance fixée au 17 janvier 2022, avec un titulaire masqué. Ces deux dates sont des données collectées à l’époque et ne sont plus re-vérifiables aujourd’hui, le registre ne rendant plus de fiche pour ce nom.

La fiche WHOIS déjà citée en section précédente demeure le seul point d’accès à l’historique technique du nom ; elle n’est pas répétée ici.

Plusieurs relevés techniques, et deux dossiers voisins à comparer

Nos relevés techniques des certificats d’authentification révèlent une première émission journalisée le 11 février 2021, délivrée par l’autorité Cloudflare sur un nom d’hôte partagé de cette autorité. Dès son ouverture, la vitrine passait donc par un service de façade dissimulant son hébergement réel. Onze émissions supplémentaires ont été relevées entre le 15 février 2023 et le 15 mai 2024, auprès de Google Trust Services, Sectigo et GoDaddy, à un rythme de renouvellement court et régulier.

Ce calendrier des certificats éclaire une chronologie importante : les copies archivées de 2023 et 2024 montrent que le nom était encore enregistré et actif techniquement bien après que la vitrine avait cessé de répondre. C’est l’exploitation qui a cessé en premier, pas l’enregistrement du nom. Le domaine a donc été conservé plusieurs années après l’arrêt du portail, ce qui est cohérent avec un usage délibéré de la durée résiduelle du nom.

À partir de 2023, les copies archivées ne restituent plus qu’une page d’erreur. Dès février 2024, une page minuscule redirige le visiteur vers un répertoire nommé « lander », servi par un hébergement de masse intégrant un script publicitaire de monétisation. Ce mécanisme, fréquent dans la gestion des noms tombés en désuétude, n’appartient pas en propre à alt-cpm.com, mais il est ici documenté jusqu’en janvier 2025.

Notre dossier Capital-partnersonline.com, dont l’article date du 19 avril 2021, concerne un nom lui aussi porté au relevé du régulateur sous la qualification « Usurpation » et repris dans les avertissements du régulateur chypriote. Notre dossier Fxcm-group.io, traité dans notre article du 3 août 2021, documente un nom construit sur celui d’un courtier connu, lui aussi réduit aujourd’hui à une page servie par son bureau d’enregistrement.

Ce qui reste possible pour les personnes ayant versé des fonds

Rien, dans la disparition du portail, ne supprime les recours ouverts. Les relevés de compte forment la pièce maîtresse de tout dossier : ils établissent la réalité du flux, identifient le compte bénéficiaire et permettent de dater précisément chaque virement effectué après un démarchage téléphonique ou après avoir renseigné le formulaire d’inscription d’alt-cpm.com.

Les confirmations d’ordre de virement émises par l’établissement teneur de compte au moment de chaque opération ont une valeur probante propre. Elles doivent être conservées dans leur format original, qu’il soit papier ou numérique, sans modification. Si ces confirmations ont été transmises par courriel, les messages doivent être archivés avec leurs en-têtes complets.

L’identification de l’intermédiaire qui a effectivement reçu les fonds est une étape distincte : le compte crédité peut appartenir à une entité différente de celle dont le nom figurait sur la vitrine. Cette identification conditionne la mise en cause des établissements financiers qui ont laissé transiter des ordres sans exercer leur devoir de vigilance.

Un entretien filmé apporte un éclairage direct sur ce dernier point. Maître Goce Novakov, avocat dont le cabinet est établi à Paris, y revient sur une victoire obtenue devant la cour d’appel de Paris dans une affaire d’escroquerie aux placements : la juridiction a retenu la responsabilité de l’établissement financier pour défaut de surveillance et accordé réparation aux épargnants trompés, un précédent qui intéresse directement quiconque a viré des fonds vers un portail de ce type.

Réunir les confirmations de virement, puis saisir le juge

La première démarche concrète consiste à rassembler, dans un seul dossier physique ou numérique sécurisé, l’ensemble des pièces bancaires liées à alt-cpm.com : ordres de virement, relevés faisant apparaître les débits, éventuels accusés de réception de la plateforme et toute correspondance reçue lors du démarchage téléphonique initial. Ce corpus constitue la matière première de toute procédure.

Ces pièces permettent de saisir le procureur de la République par un dépôt de plainte. Le guide déposer plainte pour escroquerie revient sur la procédure applicable, les juridictions compétentes et les infractions susceptibles d’être retenues dans un tel dossier.

Sur le plan civil, la mise en cause de l’établissement teneur de compte qui a exécuté les virements sans alerter le client est une piste distincte de la plainte contre les auteurs directs. Elle suppose de démontrer que les opérations présentaient des caractéristiques anormales que la banque aurait dû détecter. Les copies archivées de la vitrine et la présence du libellé sur l’AMF depuis le 15 avril 2021 peuvent être versées au dossier pour étayer cet argument.

Le point de départ de la prescription se situe au jour où la personne trompée a pu raisonnablement découvrir les faits. La disparition de la vitrine et l’absence de toute réponse de la part de la plateforme constituent des points de départ possibles de ce délai, ce qui rend l’urgence de la démarche d’autant plus réelle.

Questions reçues au sujet de ce nom, et réponses brèves

Alt-cpm.com est-il toujours inscrit sur la liste noire de l’AMF ?

Oui. Le libellé www.alt-cpm.com y figure encore au relevé que le régulateur a mis à jour le 11 septembre 2026, sous la qualification « Usurpation », à la date du 15 avril 2021. Aucun retrait n’est intervenu depuis plus de cinq ans.

Peut-on encore accéder au portail ou récupérer ses identifiants ?

Non. Nos vérifications du 21 septembre 2026 confirment qu’alt-cpm.com ne résout plus sur aucun plan et que le registre des noms en .com ne rend plus de fiche à ce domaine. Le portail a cessé de répondre bien avant cette date, comme en témoignent les copies archivées qui ne montraient plus qu’une page d’erreur dès 2023.

J’ai renseigné le formulaire d’inscription et viré des fonds : que faire ?

Rassemblez immédiatement vos relevés bancaires, vos confirmations d’ordre de virement et toute correspondance reçue lors du démarchage. Ces pièces permettent d’identifier l’intermédiaire qui a reçu les fonds et de fonder une plainte pénale ainsi qu’une éventuelle mise en cause de votre établissement bancaire pour défaut de surveillance.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 21/09/2026

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