Le 16 février 2021, l’Autorité des marchés financiers inscrivait www.finetero.com sur sa liste noire, sous la qualification « produits dérivés sur crypto-actifs ». Cinq ans et demi plus tard, nos vérifications du 2 septembre 2026 confirment que cette inscription est toujours visible dans les relevés de l’AMF, mais que la plateforme de trading qui se cachait derrière ce nom ne répond plus : aucun contenu n’est servi et le domaine arrive à échéance le 29 septembre 2026.
Sommaire
- 16 février 2021 : www.finetero.com inscrit sur la liste noire de l’AMF
- Une « plateforme Bitcoin » qui se recommandait d’une société britannique
- FINPLEX GROUP LTD, la société invoquée, est aujourd’hui dissoute
- Un nom de domaine enregistré sous couvert d’anonymat
- Une vitrine restée en ligne des années, puis réduite au silence
- Vous avez investi sur Finetero.com : les démarches utiles
- FAQ : que reste-t-il du nom finetero.com ?
16 février 2021 : www.finetero.com inscrit sur la liste noire de l’AMF
Le 16 février 2021, l’AMF publiait l’inscription de www.finetero.com dans ses listes de mises en garde, sous la qualification « produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette qualification désigne des entités qui proposent de tels instruments à des investisseurs résidant en France sans y être habilitées : aucune autorisation de fournir des services d’investissement n’avait été délivrée aux exploitants de la plateforme. BrokerDefense avait publié son analyse le 22 février 2021, six jours après l’alerte du régulateur, en détaillant les éléments recueillis sur la vitrine et sur la société britannique dont elle se réclamait.
Nos vérifications du 2 septembre 2026 montrent que l’inscription est toujours présente dans les relevés consultables sur le site de l’AMF : le nom www.finetero.com y apparaît avec la date du 16 février 2021 et la qualification « produits dérivés sur crypto-actifs ». Aucune levée d’inscription n’est enregistrée. La liste noire des sites non autorisés publiée par l’AMF reste consultable : consulter les listes noires et mises en garde de l’AMF.
Dernière mise à jour : 02/09/2026
Une « plateforme Bitcoin » qui se recommandait d’une société britannique
Finetero.com se présentait comme une plateforme de trading multi-actifs, se positionnant comme la « #1 Bitcoin platform for active trading ». L’offre affichée était large : un effet de levier annoncé jusqu’à 100 fois, les logiciels MetaTrader 4 et Sirix, des marchés couvrant le forex, les indices, les matières premières, les actions et les crypto-actifs, ainsi que des « signaux de trading » transmis quotidiennement par courriel par une prétendue « équipe d’analystes ». L’ensemble des éléments visuels et rédactionnels du site visait à donner l’apparence d’un intermédiaire financier structuré et professionnel.
Pour asseoir cette crédibilité, les mentions légales affirmaient que « Finetero est un nom commercial de FINPLEX GROUP LTD (12625351) », société immatriculée au Royaume-Uni, et citaient deux adresses : 238, rue Agias Fylaxeos, Anna Court, 1er étage, 3082 Limassol (Chypre) et Elscot House, Arcadia Avenue, London, N3 2JU. Or, nos vérifications au registre britannique des sociétés (Companies House) révélaient que l’adresse enregistrée de FINPLEX GROUP LTD était uniquement PO Box 4385, Cardiff, CF14 8LH : ni Limassol ni Londres ne correspondaient à l’immatriculation réelle, et aucun lien juridique démontrable ne rattachait l’exploitant du site à cette société. La plateforme de trading ECXTRADE, épinglée par l’AMF en août 2026 pour des faits comparables de fourniture non autorisée de services de trading, illustre la permanence de ce type de montage.
FINPLEX GROUP LTD, la société invoquée, est aujourd’hui dissoute
Nos contrôles menés le 2 septembre 2026 au registre Companies House confirment que FINPLEX GROUP LTD, numéro 12625351, a été immatriculée le 27 mai 2020 à l’adresse PO Box 4385, Cardiff CF14 8LH. Son statut actuel est DISSOLVED : la société britannique dont la plateforme se réclamait pour fonder sa légitimité est aujourd’hui dissoute. Elle n’existe donc plus en tant que personne morale au Royaume-Uni, et les éventuels recours dirigés contre cette entité se heurtent à cette dissolution.
Le procédé consistait à citer une société réellement immatriculée, dont le numéro d’enregistrement est vérifiable dans un registre public, pour donner l’illusion d’un encadrement juridique sérieux. En réalité, l’exploitant du site n’avait aucun lien démontrable avec FINPLEX GROUP LTD : la référence à cette société servait uniquement de vitrine de crédibilité à destination des épargnants qui auraient entrepris de vérifier l’existence de l’entité légale derrière la plateforme.
Un nom de domaine enregistré sous couvert d’anonymat
Le nom de domaine finetero.com a été créé le 29 septembre 2020 auprès du registrar Dreamscape Networks International Pte Ltd, société établie à Singapour et en Australie. Nos investigations sur les données d’enregistrement du domaine révèlent que le titulaire est entièrement masqué : les informations publiques ne font apparaître qu’« DOMAIN ADMINISTRATOR » et « PRIVATE REGISTRY AUTHORITY », sans aucune identité réelle. Le statut clientTransferProhibited empêchait tout transfert du domaine vers un autre registrar. À la date de nos vérifications du 2 septembre 2026, le domaine est toujours enregistré, avec une date d’expiration fixée au 29 septembre 2026.
Un tel masquage de l’identité du titulaire est fréquemment observé chez les exploitants de vitrines frauduleuses : en évitant de faire figurer leur nom dans les registres publics, ils réduisent les traces exploitables par les enquêteurs ou les victimes cherchant à identifier les responsables. L’absence totale d’information sur le véritable propriétaire du domaine constitue, en elle-même, un signal d’alerte que tout épargnant sollicité par une plateforme inconnue devrait prendre en compte avant de confier des fonds.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une vitrine restée en ligne des années, puis réduite au silence
Les copies archivées de la page d’accueil de finetero.com montrent que la vitrine est restée joignable pendant plusieurs années après l’inscription sur la liste noire de l’AMF en février 2021 : les dernières copies archivées datent de septembre 2024. La plateforme a donc continué à être accessible, et potentiellement à attirer de nouveaux dépôts, plus de trois ans après l’alerte du régulateur français. Cette durée illustre la limite pratique des inscriptions sur liste noire : elles informent, mais n’emportent pas la fermeture technique du site.
En septembre 2026, nos contrôles techniques ne relèvent plus aucune réponse HTTP, aucun enregistrement DNS de type A, MX, TXT ou CNAME publié, et les serveurs de noms indiqués par le registre (Cloudflare) refusent l’ensemble des requêtes, aucune zone n’étant servie. Le nom de domaine reste enregistré jusqu’au 29 septembre 2026 : le titulaire a laissé la plateforme s’éteindre techniquement tout en conservant le domaine jusqu’à son terme naturel. Targetplusia, blacklistée par l’AMF en juin 2026, a vu son domaine disparaître après l’inscription, illustrant le même enchaînement entre signalement régulateur et extinction de la vitrine.
Pour comprendre les suites judiciaires possibles après une fraude à l’investissement, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, revient sur un jugement rendu dans un dossier d’escroquerie lié à un faux investissement : indemnisation des victimes, condamnation d’une banque pour manquement au devoir de vigilance et sort des virements frauduleux.
Vous avez investi sur Finetero.com : les démarches utiles
Si vous avez déposé des fonds sur Finetero.com, la disparition technique de la plateforme ne ferme pas toutes les voies de recours. La première priorité est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : relevés de virements bancaires, confirmations de dépôt, courriels échangés avec la plateforme, captures d’écran de l’espace client, historique des échanges avec les prétendus conseillers. Ces éléments constituent le socle de tout dossier, qu’il soit déposé auprès d’un service de police ou transmis à un avocat.
Une fois les preuves réunies, plusieurs démarches méritent d’être engagées sans délai. Il convient notamment de :
- signaler rapidement les virements à sa banque afin de tenter un rapatriement des fonds, en particulier si les mouvements sont récents ;
- ne jamais répondre à d’éventuels « conseillers » qui recontacteraient les victimes en proposant une récupération des fonds contre paiement préalable, une pratique connue sous le nom de surenchère frauduleuse, ou « recovery scam » ;
- déposer plainte auprès des services compétents, une étape formelle qui conditionne l’ouverture d’une enquête pénale.
Pour préparer ce dépôt de plainte dans les meilleures conditions, vous pouvez consulter notre page consacrée au dépôt de plainte. BrokerDefense peut également accompagner les victimes dans l’organisation de leur dossier et les orienter vers les interlocuteurs adaptés à leur situation.
FAQ : que reste-t-il du nom finetero.com ?
Non. En septembre 2026, le site ne répond plus : aucune réponse HTTP n’est obtenue, aucun contenu n’est servi, et les serveurs de noms refusent les requêtes. Le nom de domaine reste toutefois enregistré jusqu’au 29 septembre 2026, date à laquelle il arrivera à expiration naturelle.
L’AMF a inscrit www.finetero.com le 16 février 2021 sous la qualification « produits dérivés sur crypto-actifs », en raison de la fourniture non autorisée de services d’investissement à destination du public français. Cette inscription reste visible dans les relevés de l’AMF consultés le 2 septembre 2026 et n’a fait l’objet d’aucune levée.
Il convient de conserver toutes les preuves disponibles, notamment les relevés de virements, les courriels et les échanges avec la plateforme, puis de prévenir sa banque et de déposer plainte auprès des autorités compétentes. Il faut également se méfier de tout contact proposant une récupération payante des fonds perdus, une pratique frauduleuse fréquente après ce type d’escroquerie. BrokerDefense peut accompagner les victimes dans l’organisation de leurs démarches.
L’extinction de finetero.com ne change rien à la nature du dispositif : pendant les mois où la vitrine était active, des épargnants ont pu être conduits à investir des fonds sur une plateforme sans aucun lien juridique avec la société britannique dont elle se réclamait, et inscrite par l’AMF sur sa liste noire. Les personnes qui ont versé des fonds conservent la possibilité de faire évaluer leur situation et d’engager des démarches pour tenter de les récupérer. Comme toujours, BrokerDefense recommande de vérifier l’agrément et l’identité réelle de tout intermédiaire financier avant le moindre investissement.
Article réécrit le 02/09/2026


