Primexbt.com avis : active, mais inscrite par l’AMF en 2021

Une entrée de l’AMF datée du 7 juin 2021

Le régulateur français des marchés financiers retient, sous la qualification « Forex », une entrée dont le libellé est www.primexbt.com, assortie de la date du 7 juin 2021. Le document publié par l’autorité le 28 septembre 2026 porte toujours cette entrée, et la fiche nominative qui l’incarne répondait encore le 30 septembre 2026, journée à laquelle les éléments du présent article ont été rassemblés. Ce qui rend ce cas particulier au sein des inscriptions du même lot, c’est que le nom continue de servir une plateforme en activité, là où d’autres noms inscrits le même jour ont cessé de répondre depuis longtemps. La fiche nominative publiée par l’AMF pour www.primexbt.com rappelle, en substance, que cet acteur ne bénéficie d’aucune autorisation du régulateur français pour s’adresser aux épargnants du pays.

Cette inscription est postérieure de près de six mois à notre propre article du 22 décembre 2020, qui ne la connaissait pas. Ces deux dates coexistent sans qu’aucun lien de cause à effet ne puisse être établi entre elles. À noter que c’est la graphie www.primexbt.com qui a été visée par le régulateur : la forme sans préfixe www ne correspond à aucune fiche distincte dans le même relevé.

Le dossier de registre du domaine .com, consulté le 30 septembre 2026, place l’ouverture de l’enregistrement au 28 août 2018, l’échéance au 28 août 2028, et une mise à jour de contact au 2 mai 2026. Le bureau d’enregistrement est NameCheap, Inc., portant l’identifiant IANA 1068. Le titulaire est couvert par un service de confidentialité, et deux serveurs de noms sont confiés à l’infrastructure de diffusion de contenu. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Restent ainsi documentés, dans le registre public, la continuité de l’enregistrement depuis 2018 et le renouvellement opéré jusqu’en 2028, mais non l’identité réelle de l’exploitant.

Le lot du 7 juin 2021 comporte cinq autres noms retenus le même jour, sous les libellés « Forex » et « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Deux d’entre eux sont déjà documentés dans notre base : il s’agit simplement d’un lot alphabétique publié par le régulateur, qui ne prouve ni exploitant commun ni réseau d’aucune sorte. Le sort de ces noms diverge selon que le domaine servait encore quelque chose ou non au moment de notre réexamen. Vous trouverez ainsi le dossier d’un nom du même lot, resté sans vitrine, ainsi que l’affaire d’un nom qui n’a plus laissé aucune trace.

Dernière mise à jour : 30/09/2026

Plateforme, agréments et société : ce que le site déclare d’elle-même

Le pied de page du site, relevé le 30 septembre 2026, présente trois entités distinctes revendiquant chacune un rattachement juridique différent. La première est PrimeXBT (PTY) LTD, que le site décrit comme un « prestataire de services financiers autorisé » en Afrique du Sud, sous la licence numéro 45697, avec une adresse déclarée à Gordons Bay, Western Cape. Cette société se présente comme un intermédiaire entre l’investisseur et le teneur de marché, sans que la nature exacte de cet intermédiaire soit précisée davantage.

La deuxième entité est PrimeXBT Trading Services, S.A. de C.V., qui annonce détenir un agrément de fournisseur de services d’actifs numériques délivré par la Comisión Nacional de Activos Digitales du Salvador, ainsi qu’un agrément de fournisseur de services Bitcoin délivré par la Banco Central de Reserva du même pays. La troisième entité, PrimeXBT Trading Services Ltd, se présente comme une société de droit de Sainte-Lucie, immatriculée sous le numéro 2024-00343, avec un siège déclaré à Rodney Bay, Gros Islet. Aucune de ces trois entités n’est placée sous la surveillance d’un régulateur de l’Espace économique européen ou du Royaume-Uni.

Le pied de page précise lui-même que le contenu du site ne s’adresse pas aux résidents de l’Espace économique européen ni du Royaume-Uni, que ces entités déclarent ne pas solliciter ces résidents, et qu’elles n’acceptent que les clients s’inscrivant de leur propre initiative. Les résidents des États-Unis, du Canada, de l’Iran, de la Corée du Nord et de la Russie sont également exclus du périmètre de services déclaré. Cette clause d’exclusion territoriale, publiée par la plateforme elle-même, constitue une information utile pour tout lecteur européen qui envisagerait d’ouvrir un compte.

Un dossier ouvert en août 2018 et une échéance portée à 2028

Le dossier public du domaine primexbt.com, tel qu’il a été relevé le 30 septembre 2026, présente une continuité notable : l’enregistrement initial remonte au 28 août 2018, soit près de huit ans avant la date de la présente mise à jour. L’échéance a été portée au 28 août 2028, ce qui représente deux années supplémentaires payées d’avance. Le fichier a été touché pour la dernière fois le 2 mai 2026, soit moins de cinq mois avant ce relevé. Le bureau d’enregistrement retenu est NameCheap, Inc., un prestataire grand public figurant parmi les plus importants de son secteur à l’échelle mondiale.

Le titulaire du dossier est couvert par un service de confidentialité, pratique répandue et légale, qui empêche toute identification directe du propriétaire via les registres publics. Les deux serveurs de noms associés au domaine sont confiés à l’infrastructure de diffusion de contenu qui sert également la page d’accueil. Le certificat de sécurité, émis par Google Trust Services, autorité WE1, est valable du 20 août 2026 au 18 novembre 2026 ; il a été émis au nom de primexbt.com, couvre également une forme joker ainsi que deux sous-domaines désignés trade et dr.

Ce que le dossier public démontre, c’est la continuité de l’enregistrement depuis 2018, la configuration soignée de l’infrastructure, et l’existence d’un renouvellement récent. Ce qu’il ne démontre pas, c’est l’identité réelle de l’exploitant, la date à laquelle la plateforme a commencé à accepter des dépôts, ni la localisation effective des personnes qui la gèrent. Un enregistrement ancien et un certificat valide sont des conditions techniques nécessaires à l’exploitation d’un site, mais ils ne valent ni agrément ni garantie de bonne conduite.

Ce que notre enquête de décembre 2020 avançait, et ce qu’elle ignorait

Notre article de décembre 2020 rapportait alors que la société se disait présente dans plus de cent cinquante pays sans en nommer un seul. Il relevait également que deux bureaux déclarés se situaient dans des pays recevant un flux important de sociétés cherchant à minimiser leur traçabilité, et que la plateforme annonçait des serveurs à Londres et à Francfort alors que l’hébergement relevé à l’époque se trouvait en Californie. Ces trois points sont des constats datés, établis dans le contexte de 2020 et non re-vérifiés dans la présente mise à jour : ils ne doivent pas être lus comme des faits actuels.

Ce que notre article de 2020 posait comme question centrale, c’est la cohérence entre la présentation commerciale de la plateforme et les éléments vérifiables à l’époque. Ce qu’il ne pouvait pas savoir, c’est qu’une entrée au nom de www.primexbt.com apparaîtrait, près de six mois plus tard, dans les listes que publie ce régulateur, ni que la plateforme publierait un jour en pied de page les trois entités légales aujourd’hui documentées. Ces éléments sont apparus postérieurement, et aucun lien ne peut être établi entre notre publication et la décision du régulateur.

Aucune fiche de réputation n’est disponible pour ce nom sur les services de notation consultés le 30 septembre 2026. Cette absence ne constitue ni un brevet de régularité ni une preuve de faute : elle signifie simplement que les agrégateurs d’avis ne disposent d’aucun volume d’évaluations indexées sous ce nom à cette date.

L’avertissement de risque que la plateforme publie elle-même

La plateforme publie elle-même un avertissement de risque aux termes duquel les contrats à terme sur crypto-actifs et les contrats sur différence sont des produits à effet de levier à haut risque susceptibles d’entraîner des pertes importantes. Cet avertissement figure dans ses propres pages, aux côtés d’une mention de « frais à partir de 0 % » et d’une présentation comme plateforme « agréée et réglementée ».

La mention d’un effet de levier mérite d’être lue avec attention par tout particulier qui envisage un dépôt. Un produit à effet de levier amplifie mécaniquement les gains comme les pertes : une variation défavorable de faible amplitude sur le marché sous-jacent peut conduire à la perte de l’intégralité du capital engagé, voire davantage selon les conditions contractuelles. Ce n’est pas une hypothèse d’école, c’est le fonctionnement ordinaire de ces instruments, que la plateforme elle-même reconnaît dans son propre texte d’avertissement.

Quant à la mention « agréée et réglementée », il convient de rappeler qu’un agrément délivré par une autorité étrangère, qu’il soit sud-africain, salvadorien ou de Sainte-Lucie, ne produit pas les mêmes effets juridiques qu’une autorisation délivrée par un régulateur européen. Un résident français qui traite avec une entité ne disposant d’aucun agrément délivré ou reconnu par une autorité européenne ne bénéficie pas des protections prévues par le cadre réglementaire de l’Union européenne, notamment en matière de ségrégation des avoirs et de garantie des dépôts.

Du justificatif de versement à la banque qui l’a exécuté

Pour une personne ayant déjà versé des fonds sur primexbt.com, il s’agit d’abord de réunir un ensemble de pièces cohérent avant d’engager la moindre démarche. Cela suppose de rassembler les confirmations d’ordre reçues au moment des versements, les relevés de compte où figure l’identité du destinataire des fonds, ainsi que l’ensemble des courriels et conversations échangés avec la plateforme, que ce soit par messagerie, par tchat intégré ou par tout autre canal.

L’interrogation de la banque ayant exécuté l’opération doit être conduite en distinguant soigneusement la nature du flux : les règles de contestation, les délais et les interlocuteurs au sein de l’établissement ne sont pas les mêmes selon que l’opération est passée par carte ou par virement. Cette distinction conditionne la suite des démarches possibles. Il peut également être utile d’examiner les voies judiciaires disponibles, en tenant compte du fait que l’entité destinataire des fonds est étrangère et que la compétence des juridictions françaises devra être appréciée au cas par cas.

Maître Goce Novakov, dont Paris abrite le barreau, intervient dans les dossiers liés aux plateformes de trading non agréées. L’entretien vidéo qui suit porte sur une décision de justice rendue dans une affaire de courtier frauduleux, sur l’indemnisation intégrale obtenue par les personnes lésées et sur la condamnation de la banque, jugée défaillante dans la surveillance des mouvements qu’elle avait exécutés.

Notre page consacrée aux voies pénales et aux modalités pour déposer une plainte détaille les étapes applicables aux dossiers de ce type. Vous pouvez également consulter directement l’ensemble des listes et mises en garde publiées par l’Autorité des marchés financiers pour vérifier d’autres noms ou obtenir des informations générales sur la protection de l’épargne.

Le site, la liste et les recours : nos réponses

Pourquoi Primexbt.com affiche-t-il des agréments étrangers plutôt qu’une autorisation française ?

La plateforme déclare exercer ses activités via trois entités immatriculées respectivement en Afrique du Sud, au Salvador et à Sainte-Lucie. Aucune de ces entités ne dispose d’un agrément délivré ou reconnu par un régulateur de l’Espace économique européen. Le pied de page du site indique lui-même que ses services ne s’adressent pas aux résidents européens et que ses entités ne les sollicitent pas. Un agrément étranger, quel que soit son émetteur, ne confère pas le droit de proposer des services d’investissement aux résidents français, et ne produit pas les protections associées au cadre réglementaire européen.

Cette inscription empêche-t-elle la plateforme de recevoir de nouveaux dépôts ?

Non. Une inscription au fichier des acteurs non autorisés que tient ce régulateur constitue un avertissement destiné aux épargnants : elle les informe que l’entité visée ne dispose pas des autorisations requises pour proposer ses services en France. Elle ne bloque pas techniquement l’accès au site ni ne gèle les flux financiers vers la plateforme. La plateforme continuait de servir ses pages complètement le 30 septembre 2026. C’est au résident français d’en tenir compte avant d’ouvrir un compte ou d’effectuer un versement.

Que faire si des fonds ont déjà été versés sur Primexbt.com ?

La première étape est de constituer un dossier documentaire complet : confirmations de versement, relevés bancaires mentionnant le destinataire, historique des échanges avec la plateforme. Il faut ensuite contacter la banque ayant exécuté l’opération en indiquant par quel moyen le paiement a été effectué, car les délais et les procédures de contestation varient selon ce point. Une consultation juridique permet d’évaluer les recours disponibles au regard des éléments propres à chaque dossier. Nous ne promettons aucune récupération de fonds : chaque situation dépend de faits qui lui sont propres.

Les lecteurs qui nous contactent au sujet de primexbt.com sont le plus souvent des personnes ayant ouvert un compte à effet de levier sur une plateforme qui se présentait comme agréée et réglementée, et qui ont découvert après coup que l’autorité française avait inscrit ce nom sur sa liste. La situation de chacun dépend du montant versé, du mode de paiement utilisé, et des échanges documentés avec la plateforme. Avant d’engager toute démarche, une évaluation préalable de votre dossier permet d’identifier les options réalistes et d’éviter les démarches inutiles ou coûteuses.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 30/09/2026

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