Claude Montel arnaque : l’identité de Barclays Bank détournée

Un faux conseiller de Barclays, cinq ans après une première alerte

En août 2021, ce site publiait un premier état des lieux sur un démarchage conduit sous le nom d’emprunt « Claude Montel » : un individu contactait des particuliers par courriel, se présentait comme un conseiller travaillant auprès de la banque Barclays, et leur proposait une offre d’épargne décrite comme émise par cette banque elle-même. Le nom « Claude Montel » est celui qui apparaissait dans les courriels reçus par les personnes sollicitées ; rien dans nos constats ne permet de l’associer à une identité civile réelle.

Le recours au nom de Barclays dans des montages de ce type ne se limite pas à cet épisode. Dès février 2021, nous documentions un site entier bâti sur le nom de la banque, conçu pour faire croire à une présence officielle de l’établissement. Trois ans plus tard, un faux livret d’épargne portant ce même nom faisait l’objet d’un nouveau dossier sur ce site, selon un procédé distinct mais reposant sur le même emprunt de marque.

Ces dossiers sont distincts, instruits séparément, et aucun élément ne nous permet de les attribuer à un même exploitant. Ce qui les réunit est uniquement l’identité empruntée : le nom d’une banque britannique ancienne et bien réelle, utilisé comme caution dans des offres qui n’émanent pas d’elle. De février 2021 à juin 2024, le nom de cette banque a donc été mobilisé à trois reprises au moins, dans des montages chaque fois différents.

Le démarchage décrit ici a été documenté pour la première fois sur ce site le 28 août 2021. Cinq ans plus tard, les éléments alors réunis restent la seule base d’analyse disponible : le dossier n’a jamais porté sur une plateforme à visiter, mais sur une relation directe entre un expéditeur et ses destinataires.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

Contrat soigné et mentions rassurantes : ce que la mise en confiance dissimule

Parmi les documents transmis par les personnes démarchées, un contrat d’investissement se distinguait par sa présentation soignée. Il portait des mentions légales et des renseignements sur l’entreprise, rédigés de façon à imiter la forme d’un document bancaire officiel. Sa fonction première n’était pas d’informer : elle était de rassurer le destinataire et de lui donner l’impression d’entrer dans un cadre contractuel reconnu.

Un point trahissait pourtant le montage. Ce contrat ne renvoyait à aucun moment vers la plateforme de la banque dont le nom était utilisé, et le nom d’emprunt « Claude Montel » évitait systématiquement d’évoquer un site internet dans ses échanges avec les personnes contactées. Dans une offre d’épargne légitime, le document contractuel et les communications de l’intermédiaire renvoient vers des espaces vérifiables. Ici, il n’y en avait aucun.

D’autres dossiers instruits par ce site illustrent ce que peut coûter un tel montage à ceux qui y font confiance. En 2023, un jugement a été obtenu pour des victimes d’une arnaque au livret d’épargne portant le nom de cette même banque, ce qui montre que la voie judiciaire peut aboutir. Par ailleurs, un dossier de 2021 consacré à un conseiller agissant lui aussi sous un nom d’emprunt montre que le recours à une fausse identité professionnelle est un procédé récurrent dans ce type de démarchage.

Barclays est un groupe bancaire britannique dont l’existence et la réputation sont réelles. Rien dans nos constats ne la relie à l’offre promue sous le nom d’emprunt « Claude Montel » : la banque est ici la première victime de l’utilisation frauduleuse de son nom, et il convient de l’écrire sans ambiguïté.

Un rendement d’épargne qui varie d’un interlocuteur à l’autre

L’offre présentée par « Claude Montel » annonçait un rendement annuel de 3,89 %. Un témoignage public retrouvé sur le Web lors de l’enquête d’origine mentionnait, pour la même offre, un taux de 4,58 %. Deux chiffres différents, deux personnes différentes, une seule offre présentée comme identique pour tous.

Un produit financier réel porte un taux défini, communiqué de façon identique à tous les souscripteurs et documenté par l’établissement qui l’émet. Le fait que le rendement annoncé par « Claude Montel » variait selon l’interlocuteur révèle l’absence de tout produit sous-jacent : l’offre était adaptée à la personne visée, ce qui est le contraire du fonctionnement d’un placement encadré.

Cet écart est aussi un signal pratique. Lorsqu’un rendement change d’une conversation à l’autre et ne correspond à aucune documentation publique de l’établissement supposément émetteur, c’est que l’offre est construite pour convaincre, non pour informer. Le nom d’emprunt « Claude Montel » s’appuyait précisément sur cette flexibilité pour adapter le discours à chaque destinataire.

Extrait d’un témoignage public consacré à l’offre d’épargne annoncée au nom de la banque.
Extrait du témoignage public retrouvé en 2021 : le rendement annoncé n’était pas le même que celui servi aux autres personnes démarchées.

Aucune trace du produit sur les canaux officiels de la banque

Au moment où l’enquête d’origine a été menée, la page publique de la banque Barclays ne portait aucune mention d’une offre d’épargne correspondant à ce qui était proposé sous le nom de « Claude Montel ». Aucune trace de l’offre annoncée : ni description du produit, ni conditions, ni taux correspondant à celui qui était promis, ni formulaire d’adhésion.

Ce dossier présente une particularité supplémentaire : aucune adresse internet, aucune plateforme, aucun espace client n’a été identifié. Le démarchage repose sur la seule messagerie et sur un contrat transmis en pièce jointe. Il n’y a donc rien à visiter, rien à vérifier, aucune interface à examiner. Pour la personne sollicitée, ce vide est invisible au premier abord, puisque l’individu évitait précisément d’orienter ses interlocuteurs vers le moindre espace numérique.

Une offre d’épargne légitime est documentée par l’établissement qui la porte, sur ses propres canaux, de façon accessible et permanente. Les conditions sont publiques, les contacts vérifiables, et le souscripteur peut à tout moment retrouver l’offre par ses propres moyens, sans dépendre d’un intermédiaire qui serait son seul point d’accès à l’information.

Vérifier qui peut légalement proposer un placement

Un intermédiaire qui propose des placements au public doit pouvoir justifier d’une inscription sur un registre tenu par un régulateur. Cette inscription est la condition minimale pour exercer légalement cette activité en France : elle garantit que l’intermédiaire a satisfait à des exigences de qualification et est soumis à un contrôle. Un courriel signé d’un nom d’emprunt, accompagné d’un contrat sans référence vérifiable, ne satisfait à rien de cela.

Le relevé effectué le 20 septembre 2026 sur les listes de l’AMF ne fait apparaître aucun libellé correspondant à ce dossier.

Avant de répondre à un démarchage non sollicité portant sur un placement, tout particulier peut consulter ces mêmes listes publiques et rechercher le nom de l’intermédiaire qui le contacte. Il peut aussi vérifier que l’offre décrite figure bien sur les canaux officiels de l’établissement dont le nom est invoqué. Si ces deux vérifications échouent, aucun document reçu par courriel, aussi soigné soit-il, ne doit être considéré comme une garantie.

Garder les courriels, les avis d’opération et le contrat reçu

Les personnes qui ont été contactées sous le nom d’emprunt « Claude Montel » disposent, dans leur messagerie, des courriels échangés avec cet individu. Ces messages constituent la trace la plus directe du démarchage : ils précisent les termes de l’offre, le rendement annoncé et les modalités présentées. Les conserver intégralement, sans les supprimer ni les déplacer, est la première précaution à prendre.

Le contrat transmis en pièce jointe doit également être préservé dans sa version reçue, sans modification. C’est ce document qui permet d’établir la nature et la forme de l’offre présentée. Si des ordres de virement ont été passés, les avis d’opération correspondants situent la destination des sommes : ils désignent l’établissement auprès duquel le compte crédité a été ouvert, information indispensable pour toute démarche ultérieure.

Ces éléments réunis forment le socle d’un signalement ou d’une procédure. La page de ce site consacrée aux démarches pénales pour les victimes d’escroquerie financière détaille les étapes à suivre pour les personnes qui souhaitent s’engager dans cette voie.

Une victoire judiciaire obtenue devant le tribunal de Créteil dans une affaire d’escroquerie financière, et la question de l’indemnisation des personnes trompées, sont au cœur de l’entretien accordé par Maître Goce Novakov, avocat exerçant au barreau de Paris : il détaille ce qu’une décision de ce type apporte aux victimes et les conditions à réunir pour obtenir une réparation.

Ce que ce dossier soulève comme questions

Le nom « Claude Montel » correspond-il à un vrai conseiller Barclays ?

Non. « Claude Montel » est un nom d’emprunt qui apparaissait dans les courriels reçus par les personnes démarchées. Rien dans nos constats ne permet de l’associer à une identité civile réelle, et aucun conseiller portant ce nom n’apparaît sur les canaux officiels de la banque Barclays. La banque n’est pas à l’origine de cette offre.

Pourquoi le taux de rendement proposé n’était-il pas le même pour tout le monde ?

L’enquête d’origine a établi que le rendement annoncé variait selon l’interlocuteur : 3,89 % dans les documents transmis, 4,58 % dans un témoignage public retrouvé à l’époque. Un placement financier encadré applique un taux identique pour tous les souscripteurs, documenté publiquement. La variation observée ici indique que l’offre était adaptée à chaque personne visée, ce qui est incompatible avec le fonctionnement d’un produit légitime.

Que faire si j’ai reçu un courriel signé « Claude Montel » et transmis des fonds ?

Conservez tous les courriels échangés, le contrat reçu en pièce jointe et les avis d’opération liés aux virements effectués. Ces pièces situent la réception des virements et forment le socle d’un signalement. Ne supprimez aucun de ces éléments et rapprochez-vous d’un professionnel du droit pour évaluer les suites possibles.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

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