Sommaire
- Le nom algo-trader.online ne se résout plus et redevient disponible
- Société dissoute, dix ans d’expérience revendiqués
- Une vitrine qui n’a jamais été qu’une page hébergée gratuitement
- Le texte de la page recopié d’une autre vitrine, encore accessible
- Janvier 2022 : la page annonce sa fermeture, le nom survit encore quelques mois
- Les démarches à engager lorsque la vitrine a disparu
- Les questions que suscite un dossier refermé
Le nom algo-trader.online ne se résout plus et redevient disponible
Interrogé le 20 septembre 2026, algo-trader.online ne renvoie plus rien : ni la forme nue, ni la variante avec www ne répondent, et le registre du .online ne porte plus cette entrée, qu’il présente désormais comme libre pour un nouvel enregistrement. La vitrine que nous décrivions en août 2021 n’a donc pas seulement cessé son activité : son adresse a été abandonnée au point de retourner dans le stock des noms disponibles.
La nuance compte. Un nom redevenu disponible peut être repris par n’importe quelle personne ou société, sans lien avec les opérateurs d’origine, et servir de support à une vitrine entièrement nouvelle. Les épargnants qui ont connu algo-trader.online en 2021 doivent donc savoir que l’adresse peut resurgir sous une autre main, avec une présentation différente et des interlocuteurs qui n’auront plus rien de commun avec ceux de l’époque.
L’histoire de ce nom est courte. Le premier certificat délivré pour algo-trader.online remonte au 12 octobre 2020, et sa plus ancienne copie publique conservée date du 25 novembre 2021. Notre premier article, publié le 26 août 2021, en relevait déjà l’essentiel : une page unique et interminable présentée comme une plateforme de trading, un robot conçu pour la plateforme MT4, un rendement de 5 % mis en avant, un enregistrement entièrement masqué, et une société anglaise invoquée comme caution de sérieux.
Dernière mise à jour : 20/09/2026
Il reste une voie pour interroger cet enregistrement : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Société dissoute, dix ans d’expérience revendiqués
La société invoquée par la vitrine, ALGO TRADER LTD, portait le numéro 13164082 au registre des sociétés britanniques. Immatriculée le 28 janvier 2021, elle a été dissoute le 5 juillet 2022, soit dix-sept mois plus tard. Son siège déclaré se trouvait au 49 Gresham Street, à Londres, dans le quartier de la City ; le code postal affiché sur la page différait d’ailleurs légèrement de celui porté au registre.

Sur la copie conservée de novembre 2021, la même société se présentait tout autrement : « plus de 4600 clients », une « équipe de 50 professionnels dont 20 experts traders », 800 millions d’euros annoncés comme gérés, et dix ans d’ancienneté revendiqués. Au moment où ces lignes étaient publiées, la société immatriculée en janvier 2021 n’avait que dix mois d’existence.
Notre enquête de 2021 relevait également que la firme ne figurait pas au registre de la Financial Conduct Authority, et que l’adresse française annoncée au 37 boulevard Haussmann à Paris ne s’appuyait sur aucune autorisation. Aucune mention de ce nom n’apparaît dans les listes de mises en garde que publie l’Autorité des marchés financiers, consultées le 20 septembre 2026.
Une vitrine qui n’a jamais été qu’une page hébergée gratuitement
Remonter la trace technique de la page réserve une surprise. La copie conservée de novembre 2021 porte les marques d’une publication sur l’outil gratuit Google Sites : les mentions « Report abuse », « Page details » et « Page updated » y figurent, et le code renvoie vers cet hébergement. Aucun espace client, aucun terminal de trading, aucune base de comptes n’y apparaissent.
Le contact annoncé tenait lui aussi à l’écart de toute structure professionnelle : l’adresse indiquée était [email protected], une boîte de messagerie grand public, et non une adresse aux couleurs de l’enseigne. Deux numéros de téléphone étaient affichés, l’un à Londres, l’autre à Paris. La page portait enfin sa propre date de dernière modification, le 23 septembre 2021, un mois après notre premier article.
Le texte de la page recopié d’une autre vitrine, encore accessible
Notre comparaison texte à texte, refaite le 20 septembre 2026, confirme le constat de 2021 et le prolonge. La section de questions de la page conservée d’algo-trader.online reprend, phrase après phrase, le contenu d’une page distincte publiée elle aussi sur Google Sites, et toujours joignable à cette date.
La reprise est littérale. On lit d’un côté comme de l’autre que le robot destiné à MT4 « vise à exploiter les écarts de cotations dans un laps de temps très réduit » et qu’il permet d’identifier des opportunités sur la base d’algorithmes prédéfinis. Seuls quelques mots changent d’une version à l’autre. La page source se présente sous l’enseigne ALGOMARKETS TRADING et revendique une existence depuis 2012.
Deux dossiers voisins éclairent cette mécanique. litegap.com, visé en octobre 2021 par la liste des offres de change non autorisées, a lui aussi quitté son fichier d’enregistrement. algotradingapi.com, que nous documentions en mai 2026, cumulait déjà une identité opaque et un serveur suspect avant de disparaître à son tour.
Janvier 2022 : la page annonce sa fermeture, le nom survit encore quelques mois
Les copies conservées permettent de dater l’arrêt. Les relevés des 23 et 28 janvier 2022 montrent une page réduite à un message de fermeture, avec un simple renvoi vers l’adresse de support. La vitrine commerciale s’était déjà tue.
En juillet 2022, la société anglaise était dissoute. La dernière copie conservée, datée d’août 2022, ne contient plus rien d’exploitable. Les certificats conservés dans les journaux publics prolongent la trace un peu plus loin : après une émission Let’s Encrypt en juillet 2022, puis une seconde en septembre de la même année, une dernière émission est enregistrée le 20 novembre 2022. Ensuite, plus rien. Le nom n’a pas été reconduit, et c’est cette non-reconduction qui l’a fait basculer dans le stock des adresses disponibles.
Les démarches à engager lorsque la vitrine a disparu
Sur ce point, Maître Anne Bernard-Dussaulx, qui exerce au barreau de Paris, revient sur les décisions qui obligent les banques à répondre des virements qu’elles ont laissé passer. Sa lecture éclaire directement la situation des personnes démarchées par algo-trader.online.
Les versements faits à une plateforme de ce genre ne s’évaporent pas avec l’adresse qui les a suscités. La première pièce à réunir est le relevé bancaire portant le nom du bénéficiaire des virements, puis les échanges avec l’interlocuteur qui proposait la prestation, et enfin la copie conservée de la vitrine. Ces éléments permettent d’engager les démarches ouvertes devant la juridiction pénale, dont les étapes sont détaillées sur notre page dédiée.
Le dossier d’algo-trader.online illustre une situation devenue banale : une page courte, une société étrangère, des promesses de rendement et des virements. Un examen du dossier avec BrokerDefense permet de mesurer ce que les pièces conservées autorisent.
Les questions que suscite un dossier refermé
La disparition du nom ne supprime ni les faits, ni les droits qui en découlent. Le dépôt d’une plainte pénale ne suppose pas que la vitrine soit encore joignable : ce qui compte est la documentation des opérations, relevés bancaires à l’appui, et l’identification des bénéficiaires des virements. La banque qui a exécuté les ordres peut être interrogée sur ces destinataires, même plusieurs années après.
Une société immatriculée au registre des sociétés britanniques n’est pas, par elle-même, autorisée à proposer des placements. L’immatriculation constate l’existence d’une personne morale, elle ne dit rien de l’habilitation à s’adresser à des épargnants. En 2021, la firme invoquée ne figurait au registre d’aucun régulateur, et l’adresse parisienne annoncée ne reposait sur aucune autorisation. Ce décalage entre une apparence de structure et l’absence d’habilitation reste le premier point à vérifier.
Le nom serait repris par une personne sans lien avec les opérateurs de 2021, avec une présentation, des coordonnées et des promesses qui n’auraient rien de commun avec celles que nous avons documentées. Une adresse ancienne n’est pas une référence : mieux vaut vérifier l’habilitation de l’exploitant auprès des listes publiées par les régulateurs que se fier à la familiarité du nom.
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Article réécrit le 20/09/2026


