Ingroup-client.com arnaque : une fiche AMF pour un nom supprimé

Une marque, deux noms, deux adresses visées en 2021

Deux noms, une seule affaire. ingroup-client.com est celui par lequel elle a commencé. Le 9 juin 2021, une adresse de courriel construite sur ce domaine rejoignait la liste des mises en garde de l’Autorité des marchés financiers. La qualification portée par cette entrée : « Usurpation ». Cinq ans plus tard, l’entrée n’a pas bougé. Le nom, lui, a quitté le registre du .com : plus aucune fiche ne lui correspond, plus aucune adresse ne lui est attachée.

La suite du dossier figure déjà sur ce site. Nous avons retracé, en juillet 2021, la mise en garde prononcée le 16 du même mois contre la seconde adresse de la marque, dans notre dossier sur ingroup-portail.fr. Une marque commune, un même modèle d’adresses d’expéditeur et deux inscriptions successives : c’est ce qui relie les deux pièces.

Notre première alerte sur ce nom remonte au 3 juin 2021. Le régulateur a publié la sienne six jours plus tard. Ces deux repères sont cités pour eux-mêmes : la proximité des dates n’implique aucun lien de causalité, dans un sens ni dans l’autre.

Ce que le contrôle de septembre 2026 ajoute tient en une observation que l’article de 2021 n’avait pas formulée : ce n’est pas un site que la liste vise ici, mais une adresse d’expéditeur. Le domaine n’a jamais été le sujet de l’avertissement ; il en était le support technique.

Dernière mise à jour : 20/09/2026

L’adresse que la liste porte depuis juin 2021

Le libellé officiel est pré[email protected], rattaché à la qualification « Usurpation », avec la date du 9 juin 2021. La fiche nominative publiée par l’AMF restait consultable lors de notre interrogation du 20 septembre 2026, et le nom figure encore dans le relevé de listes publié le 11 septembre 2026.

Le prénom et le nom portés par ce libellé ne renvoient à personne : c’est le gabarit littéral tel que publié, un modèle qui autorise la fabrication d’un nombre indéfini d’adresses d’apparence civile. Un message parti d’une telle adresse se présente comme celui d’un salarié ou d’un mandataire, et c’est précisément cette apparence qui fait baisser la garde du destinataire.

La mention « Usurpation » signifie que l’autorité a considéré ces adresses comme un procédé destiné à endosser l’identité d’un tiers, voire celle d’un acteur autorisé. Une inscription de ce type n’a pas la valeur d’une condamnation : elle atteste, à une date donnée, un vecteur et une qualification. Pour qui a reçu un message parti de ce domaine, c’est la pièce à joindre en premier.

D’autres dossiers que nous avons ouverts présentent la même configuration. Celui de cabinet-dumas.com repose sur une entrée qui vise une adresse et non une page. Celui de genecomi.com décrit un nom dont la seule fonction connue fut de servir de suffixe. Le gabarit se répète d’un dossier à l’autre : faute de vitrine, le domaine tient lieu d’identité postale.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Deux certificats, aucune copie publique

Le nom a fait l’objet de deux émissions de certificat journalisées, émanant d’une même autorité de certification, pour une période courant du 3 mai 2021 au 3 mai 2022. Délivrer un tel document suppose un contrôle du nom par celui qui le demande : une vitrine a donc fonctionné, techniquement, pendant un an.

Chez le même prestataire, ingroup-portail.fr a obtenu le sien le 31 mai 2021, un mois plus tard, pour une durée comparable. Ces émissions rapprochées n’établissent pas à elles seules un exploitant unique ; elles s’ajoutent à la marque commune, au modèle d’adresses partagé et aux deux entrées réglementaires, sans permettre de conclure davantage.

Aucune copie du site n’a pourtant été conservée. Les archives publiques du web ne gardent pas une seule prise de vue de ingroup-client.com, tandis que le nom voisin y apparaît trois fois entre décembre 2021 et mars 2022. De la vitrine d’origine, rien n’est donc resté consultable : aucune page, aucun formulaire, aucune mention légale à produire.

Du côté des structures déclarées, les recherches menées le 20 septembre 2026 n’ont fait apparaître aucune société rattachée au nom « ingroup-client » au registre britannique, et aucune occurrence chypriote. Ces deux juridictions reviennent souvent dans les dossiers de démarchage ; leur silence ne démontre pas l’inexistence d’une organisation, mais il laisse les victimes sans interlocuteur identifié à mettre en cause.

Reste le sort du nom. Le registre interrogeable des noms en .com ne retourne plus de fiche pour ingroup-client.com et la résolution ne renvoie plus d’adresse. Une interrogation de contrôle, portant sur un nom enregistré du même registre, a bien répondu : l’absence mesurée porte donc sur ce nom-là, et non sur un incident de requête.

Trois séries de documents, et deux pièces propres à ce dossier

Qui a reçu un message parti d’une adresse en @ingroup-client.com avant d’envoyer des fonds dispose généralement de trois gisements de preuves. Les relevés bancaires d’abord : virement ou carte, ils fixent la date, la somme et le destinataire. Les courriels ensuite, conservés dans la messagerie, qui retracent le démarchage et ses arguments. Les pièces d’opérateurs enfin : contrats, relevés de compte, confirmations d’opération.

Deux éléments tiennent à ce dossier précis. Le nom ne porte plus d’enregistrement : une capture horodatée de l’interrogation du registre des .com fixe son état au jour du dépôt. Et comme tout est passé par courriel, les en-têtes techniques des messages reçus démontrent l’emploi du gabarit inscrit par l’autorité.

Les étapes d’une action pénale et les pièces à rassembler sont exposées sur notre page dédiée au pénal. Le récapitulatif des avertissements de l’AMF reste par ailleurs ouvert à quiconque souhaite vérifier un nom avant de lui confier de l’argent.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, du barreau de Paris, évoque dans un entretien filmé le parcours de ces affaires jusqu’à l’audience : interpellations, mises en examen et indemnisations de victimes.

Un jugement rendu dans une affaire comparable ne se transpose pas d’office à d’autres situations. Il trace néanmoins une direction dont les juridictions suivantes s’inspirent parfois, et il facilite la désignation d’un mandataire lorsque plusieurs plaignants partagent le même canal de communication.

Ce qu’on nous demande au sujet de ces courriels

Un message est arrivé d’une adresse terminée par @ingroup-client.com : quelle conduite tenir ?

Gardez le message, en-têtes techniques compris, et n’exécutez aucune des instructions qu’il porte. Aucun versement ne doit suivre. L’adresse d’expéditeur correspond au gabarit que l’autorité a retenu le 9 juin 2021 sous la qualification « Usurpation », ce qui fait de ce courriel une pièce à verser à un dossier.

Peut-on encore consulter ingroup-client.com ?

Non. Le registre interrogeable des noms en .com ne retourne plus de fiche pour ce domaine, et la résolution ne renvoie plus d’adresse, au terme du contrôle du 20 septembre 2026. Les archives publiques du web n’en conservent pas une seule copie. Aucune société rattachée au nom « ingroup-client » n’a par ailleurs été retrouvée dans les registres consultés.

Des fonds ont été virés après un échange de courriels : est-ce perdu ?

Non. En matière d’escroquerie, les délais permettent d’agir longtemps après les faits. Rassemblez les virements passés, les messages reçus d’une adresse construite sur ce domaine et les pièces transmises par les opérateurs. BrokerDefense peut en prendre connaissance avant que vous n’engagiez quoi que ce soit.

ingroup-client.com montre un domaine réduit à une fonction d’adressage : les personnes contactées ont cru écrire à un conseiller avant d’envoyer des fonds vers une plateforme d’épargne. Une mise en garde de 2021 toujours valable, un nom aujourd’hui introuvable et des structures déclarées muettes composent le tableau. Si telle est votre situation, BrokerDefense peut prendre connaissance de votre dossier et vous indiquer les démarches adaptées.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 20/09/2026

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