La FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, maintient toujours en 2026 l’avertissement public qu’elle a émis contre AskoBID, tandis que le domaine askobid.fm a été intégralement effacé du registre .fm. Six ans après l’enquête initiale de BrokerDefense, publiée le 6 septembre 2020, la plateforme qui se présentait comme un courtier CFD multilingue n’existe plus sous aucune forme : ni site, ni serveur, ni entité juridique identifiable.
Cette mise à jour documente la disparition technique et commerciale complète d’AskoBID. Le domaine ne résout plus vers aucune adresse IP, les archives de la Wayback Machine attestent que le site a fonctionné de juillet 2020 jusqu’en avril 2024, et les bases de données des régulateurs européens ne conservent aucune trace d’un agrément qui n’a jamais existé. Les personnes ayant déposé des fonds sur cette plateforme entre ces dates ont versé leur argent à des opérateurs dont l’identité reste inconnue.
BrokerDefense publie cette mise à jour pour permettre aux victimes potentielles d’identifier la situation, de comprendre les démarches disponibles et de ne pas confondre la disparition du site avec une quelconque régularisation de la situation.
Sommaire
AskoBID figure toujours sur la liste d’avertissement de la FINMA
La FINMA publie et actualise régulièrement une liste d’entités non autorisées à exercer une activité financière en Suisse ou présentant des caractéristiques d’escroquerie. AskoBID y figure depuis plusieurs années, et la page dédiée reste accessible à ce jour à l’adresse officielle de l’autorité. Cette inscription n’est pas anodine : la FINMA ne place sur sa liste d’avertissement que les entités dont elle a établi qu’elles opèrent sans autorisation ou qu’elles présentent un risque sérieux pour les investisseurs.
Le maintien de cet avertissement en 2026, alors même que le site a disparu, témoigne de la persistance du risque : des opérateurs liés à une marque frauduleuse peuvent réapparaître sous un nom différent, et la trace laissée par la FINMA constitue un repère utile pour les enquêteurs, les avocats et les victimes qui cherchent à documenter leur dossier. L’inscription sur la liste d’avertissement d’un régulateur de cette stature est également un élément recevable dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Il convient de souligner qu’aucun autre régulateur européen, ni l’AMF française, ni la FCA britannique, ni le CySEC chypriote, n’a jamais délivré d’agrément à AskoBID. L’inscription à la FINMA ne constitue donc pas une exception géographique : elle confirme une absence totale de régulation sur l’ensemble du territoire européen. Consultez directement la page d’avertissement AskoBID sur le site officiel de la FINMA pour vérifier l’état actuel de cette inscription.
Dernière mise à jour : 26/08/2026
Un domaine effacé du registre .fm
Le domaine askobid.fm n’existe plus au sens technique du terme. L’interrogation du registre .fm, géré par CentralNic, ne renvoie plus que la mention « Object not found » : le nom a été supprimé du registre, ce qui signifie qu’il ne peut plus être résolu, ni racheté sans procédure spécifique. Aucun enregistrement DNS de quelque type que ce soit, qu’il s’agisse d’enregistrements A pointant vers une adresse IP, d’enregistrements MX pour la messagerie, d’enregistrements NS pour les serveurs de noms ou d’enregistrements TXT, n’est associé à ce domaine.
Cette suppression est distincte d’une simple expiration : un domaine expiré reste généralement visible dans le registre pendant une période de grâce. Ici, le nom a été intégralement retiré, ce qui efface également les données d’enregistrement. Le titulaire du domaine était de toute façon masqué derrière un service de confidentialité, une pratique systématique chez les opérateurs frauduleux qui cherchent à rendre toute identification impossible.
Les archives de la Wayback Machine permettent néanmoins de reconstituer la chronologie : la première capture du site date du 20 juillet 2020, et le site est resté actif jusqu’en avril 2024, soit près de quatre ans d’activité frauduleuse. Cette durée n’est pas négligeable : elle laisse supposer un volume significatif de victimes ayant interagi avec la plateforme pendant cette période. À titre de comparaison, Fxtpremier.com, autre faux site de trading documenté par BrokerDefense dès 2020, présentait un mode opératoire similaire et une durée de vie comparable avant sa propre disparition.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une société fantôme sans existence légale
Derrière la marque AskoBID, aucune société n’a jamais existé au sens juridique du terme. La base Companies House du Royaume-Uni, qui recense l’ensemble des sociétés immatriculées en Angleterre, au Pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord, ne référence aucune entité liée au nom « AskoBID ». Les registres commerciaux des autres juridictions européennes couramment utilisées par les faux courtiers, Chypre, Malte, les Seychelles, ne livrent pas davantage de résultat probant.
La page « À propos » du site, telle qu’elle apparaît dans les captures archivées, ne contenait aucun élément d’identité vérifiable. On y lisait des formules génériques sur un « courtier leader » accompagnant « des milliers de traders dans le monde », sans numéro d’immatriculation, sans adresse de siège social vérifiable, sans nom de dirigeant, sans date de fondation documentée. Ce type de page est caractéristique des plateformes frauduleuses : elle vise à créer une impression de légitimité sans fournir le moindre élément susceptible d’être contrôlé.
L’absence de toute immatriculation signifie concrètement qu’aucun recours civil classique contre la société n’est possible : il n’existe pas de siège social où signifier une assignation, pas de représentant légal à mettre en cause, pas de compte bancaire d’entreprise identifié. Les fonds versés par les victimes ont transité vers des comptes dont les titulaires restent inconnus, ce qui rend d’autant plus importante la conservation de toutes les preuves de paiement.
Une vitrine de trading aux promesses excessives
Pendant les quatre années de son activité, de juillet 2020 à avril 2024, AskoBID a déployé un arsenal commercial destiné à attirer des investisseurs particuliers. Le site affichait plus de cent instruments négociables couvrant le Forex, les actions, les indices boursiers, les matières premières et les cryptomonnaies, avec un dépôt minimum fixé à 250 euros, seuil délibérément accessible pour abaisser la résistance des profils les moins expérimentés.
Le levier proposé atteignait 400:1, un niveau prohibé dans l’Union européenne depuis les restrictions imposées par l’ESMA en 2018, ce qui aurait dû constituer un signal d’alarme immédiat pour tout investisseur informé. À cela s’ajoutaient des offres promotionnelles particulièrement agressives : un bonus de 100 % sur le premier dépôt et un bonus de 50 % sur chaque dépôt ultérieur. Ces bonus sont systématiquement assortis de conditions de volume de trading impossibles à atteindre, rendant tout retrait de fait inaccessible.
Le site proposait également une « académie de trading », des comptes gérés et un « gestionnaire de compte personnel » attribué à chaque client. Ce dernier élément est particulièrement révélateur : dans les arnaques de ce type, le gestionnaire de compte est en réalité un opérateur chargé de maintenir la pression sur la victime pour qu’elle effectue des dépôts supplémentaires, en lui présentant des gains fictifs sur un tableau de bord entièrement fabriqué. La plateforme était disponible en anglais, en arabe et en allemand, ce qui indique une stratégie de ciblage délibérément internationale.
Après la disparition d’AskoBID, comment agir ?
La première étape pour toute personne ayant déposé des fonds sur AskoBID est de rassembler l’intégralité des preuves disponibles avant qu’elles ne deviennent inaccessibles. Cela comprend les relevés bancaires et les confirmations de virement, les courriels échangés avec les prétendus conseillers ou gestionnaires de compte, les captures d’écran de l’espace client, les éventuels contrats ou documents d’ouverture de compte, et tout enregistrement de conversation téléphonique ou de messagerie instantanée.
Une plainte pénale doit être déposée auprès des autorités compétentes, en France auprès du procureur de la République ou directement à la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) pour les dossiers relevant de l’escroquerie financière. La plainte doit mentionner explicitement la nature de la fraude, les montants versés, les dates et les coordonnées des interlocuteurs identifiés, même partiellement.
Un recours contre la banque ayant exécuté les virements mérite également d’être envisagé. Selon les circonstances, notamment si des alertes auraient dû être déclenchées ou si des virements répétés vers des comptes étrangers ont été effectués sans vérification suffisante, la responsabilité de l’établissement bancaire peut être engagée. Cette démarche nécessite généralement l’accompagnement d’un avocat spécialisé. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes.
Pour comprendre les recours possibles après une arnaque au faux investissement, écoutez Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris, qui accompagne les victimes de ce type de fraude aux côtés de BrokerDefense.
Contactez notre service d’aide aux victimes
FAQ : votre argent après la disparition d’Askobid.fm
Non. Le domaine askobid.fm a été intégralement supprimé du registre .fm et ne résout plus vers aucun serveur. Le site est inaccessible et aucune interface de paiement ne peut être activée depuis cette adresse. En revanche, si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires ou les identifiants d’un portefeuille de cryptomonnaies à des opérateurs liés à AskoBID, le risque de tentatives de contact frauduleux ultérieures, notamment sous une nouvelle identité, ne peut pas être exclu. Signalez immédiatement toute sollicitation à votre banque et à BrokerDefense.
La récupération de fonds après une fraude de ce type est complexe mais pas systématiquement impossible. Elle dépend notamment du mode de paiement utilisé (virement bancaire, carte de crédit, cryptomonnaie), des délais écoulés et de la juridiction des comptes destinataires. Les démarches prioritaires sont les suivantes : rassembler toutes les preuves de paiement et de communication, déposer une plainte pénale, solliciter votre banque pour une procédure de rétrofacturation si des paiements par carte ont été effectués, et consulter un avocat spécialisé. BrokerDefense peut vous orienter dans ces démarches via son service d’aide aux victimes.
Non, AskoBID n’a jamais été un courtier réglementé. La plateforme n’a obtenu aucun agrément auprès d’un régulateur financier reconnu, ni l’AMF en France, ni la FCA au Royaume-Uni, ni le CySEC à Chypre, ni aucune autre autorité européenne. La FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, a inscrit AskoBID sur sa liste officielle d’avertissement, où la mention reste visible à ce jour. Cette inscription confirme qu’AskoBID opérait en dehors de tout cadre légal et sans autorisation d’exercer une activité de courtage.
Les personnes ayant versé des fonds sur Askobid.fm se trouvent dans une situation particulièrement difficile : elles ont confié leur argent à une plateforme jamais agréée par aucun régulateur, dont les opérateurs sont restés anonymes derrière un titulaire de domaine masqué, et dont le nom a désormais disparu du registre .fm sans laisser de trace juridique exploitable. Cette configuration est précisément celle que BrokerDefense documente depuis 2020 pour permettre aux victimes de comprendre ce qui leur est arrivé et d’engager les démarches appropriées. Elle n’est pas sans rappeler le cas de concept-blue.com, autre plateforme signalée par la FINMA dont le nom a réapparu en 2026, illustrant la capacité de ces opérateurs à recycler leurs méthodes sous de nouvelles identités. Avant tout investissement en ligne, une vérification préalable auprès de BrokerDefense permet d’identifier les signaux d’alerte et d’éviter de confier ses économies à des entités sans existence légale.
Article réécrit le 26/08/2026



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