Le 7 janvier 2020, l’Autorité des marchés financiers inscrivait le site london-s-exchange.com sur sa liste noire, dans la catégorie « Biens divers/Or », pour avoir proposé des placements dans l’or et les métaux précieux sans aucune autorisation. Derrière ce nom se cachait une plateforme entièrement construite sur une imposture : l’usurpation de l’identité de la Bourse de Londres, la London Stock Exchange, l’une des places financières les plus réputées au monde. Aujourd’hui, le domaine a été totalement effacé du registre du .com, sans laisser la moindre trace active. Cette enquête revient sur l’ensemble des signaux d’alerte documentés dès janvier 2020 et sur l’état du dossier en août 2026.
Sommaire
- La fausse Bourse de Londres épinglée par l’AMF dès janvier 2020
- Une copie truffée d’incohérences : logo, langue et téléphone
- Des placements en or et biens divers sans aucun agrément
- Plus aucune trace du domaine dans le registre .com
- Ce que les archives révèlent d’une disparition précoce
- Après avoir investi sur London-s-exchange.com : conserver les preuves et engager les recours
- FAQ : que devient le nom london-s-exchange.com ?
La fausse Bourse de Londres épinglée par l’AMF dès janvier 2020
L’inscription de london-s-exchange.com sur la liste noire de l’AMF est intervenue le 7 janvier 2020, deux jours seulement avant la publication de notre premier article d’alerte le 9 janvier 2020. Cette réactivité du régulateur témoigne de la gravité des faits : une entité non autorisée s’appropriait le prestige de la London Stock Exchange pour collecter des fonds auprès d’épargnants français, en leur proposant des placements dans l’or et les biens divers. L’AMF tient à jour une liste noire publique et consultable, qui recense les sites et entités identifiés comme frauduleux ou exerçant sans agrément. Cette liste constitue un premier filtre indispensable avant tout investissement.
London-s-exchange.com ne constitue pas un cas isolé d’usurpation de l’identité de la Bourse de Londres. Plus récemment, la plateforme LSE.PRO a reproduit exactement le même schéma, en s’appropriant les codes visuels et la réputation de la London Stock Exchange pour attirer des victimes. Notre enquête sur LSE.PRO détaille les mécanismes de cette usurpation et démontre que ce type d’escroquerie reste d’actualité, plusieurs années après la disparition de london-s-exchange.com. La vigilance demeure donc entière face à tout site qui se réclame, de près ou de loin, de la Bourse de Londres.
Dernière mise à jour : 24/08/2026
Une copie truffée d’incohérences : logo, langue et téléphone
Les opérateurs de london-s-exchange.com avaient fait le choix d’une mise en scène élaborée, fondée sur la reproduction du logo et de la bannière de la London Stock Exchange. Pourtant, à y regarder de plus près, les différences entre les deux visuels étaient perceptibles : des écarts subtils dans les proportions, les couleurs ou la typographie trahissaient une copie de mauvaise qualité, insuffisante pour tromper un œil exercé.
Mais c’est l’ensemble du dispositif qui révélait l’imposture. Le site était intégralement rédigé en français. Or, une plateforme émanant d’une institution londonienne de cette envergure aurait naturellement été en anglais, ou au minimum proposé l’anglais comme langue principale. Choisir le français comme unique langue d’affichage ciblait délibérément les épargnants francophones, en leur présentant une façade de légitimité institutionnelle à laquelle ils n’avaient aucune raison de se méfier a priori.
L’incohérence la plus flagrante restait cependant le numéro de téléphone affiché sur le site : un numéro à l’indicatif +33, c’est-à-dire un numéro français. Une institution prétendant opérer depuis Londres ne saurait se contenter d’un numéro français comme unique point de contact. Ce détail, à lui seul, suffisait à démasquer la supercherie : les escrocs opéraient depuis la France, ou du moins depuis un réseau téléphonique français, tout en affichant le prestige d’une des plus grandes bourses mondiales.
Des placements en or et biens divers sans aucun agrément
La catégorie dans laquelle l’AMF a inscrit london-s-exchange.com, « Biens divers/Or », est révélatrice du type de produits proposés par la plateforme. Les placements dans l’or et les métaux précieux attirent traditionnellement les épargnants en quête de valeurs refuges, notamment en période d’incertitude économique. Ce contexte est précisément exploité par des opérateurs frauduleux, qui promettent des rendements attractifs sur des supports tangibles et rassurants, sans jamais disposer des autorisations nécessaires pour commercialiser ce type de produits.
En France, toute entité qui propose des placements en biens divers ou en or à titre habituel doit impérativement être agréée et enregistrée auprès des autorités compétentes. London-s-exchange.com ne disposait d’aucun agrément : ni enregistrement auprès de l’AMF, ni autorisation délivrée par un régulateur étranger reconnu. Consulter la liste noire de l’AMF avant tout investissement constitue un réflexe simple et efficace pour éviter de tomber dans ce type de piège.
Ce schéma n’est pas sans rappeler l’affaire HLF Gestion, autre opérateur spécialisé dans les placements en or et également épinglé par l’AMF. Notre enquête sur HLF Gestion Or illustre la persistance de ce type d’arnaque dans le secteur des métaux précieux et la nécessité absolue de vérifier la situation réglementaire de tout intermédiaire avant d’engager des fonds.
Plus aucune trace du domaine dans le registre .com
L’état actuel du domaine london-s-exchange.com est sans équivoque. Les données d’enregistrement publiques ne renvoient plus que la mention « Domain not found » : le nom n’existe tout simplement plus dans le registre du .com. Le DNS ne retourne aucun enregistrement d’aucune sorte, qu’il s’agisse d’enregistrements A, MX, TXT, NS ou CNAME. Aucun serveur ne répond sous ce nom. Enfin, les journaux de transparence des certificats SSL ne conservent aucune trace d’un certificat rattaché à ce domaine.
Cette disparition va bien au-delà d’un simple arrêt du site ou d’un non-renouvellement de l’hébergement. L’effacement du nom dans le registre signifie que les opérateurs ont renoncé à toute présence sous cette identité, rendant toute résurgence directe impossible. C’est une clôture définitive, plus radicale qu’un site laissé à l’abandon. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dans la vidéo ci-dessous, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur une victoire juridique obtenue pour des victimes d’escroquerie au faux investissement, avec la condamnation d’une banque pour manquement à son devoir de vigilance et l’indemnisation des victimes. Un éclairage utile pour comprendre les recours possibles après une arnaque de ce type.
Ce que les archives révèlent d’une disparition précoce
Les archives publiques conservent huit captures de london-s-exchange.com, réparties entre le 24 octobre 2020 et le 14 février 2022. Cette fenêtre d’observation est particulièrement instructive. La première capture, réalisée en octobre 2020, ne montre déjà plus le site frauduleux en activité : à sa place apparaît une page par défaut d’hébergement mutualisé, du type de celles que les prestataires d’hébergement affichent d’office lorsqu’un compte est vide ou résilié. En d’autres termes, dès les premiers mois suivant son inscription sur la liste noire de l’AMF, la plateforme avait cessé de fonctionner.
Ce calendrier illustre parfaitement le cycle de vie typique des arnaques de ce type. La mise sur liste noire par l’AMF survient en janvier 2020. Quelques mois suffisent aux opérateurs pour fermer boutique, avant même que les autorités n’aient pu engager d’autres procédures. Le site disparaît, le domaine finit par être abandonné puis effacé du registre. Les captures archivées entre 2020 et 2022 ne montrent que le squelette d’une infrastructure déjà abandonnée, une succession de pages vides qui confirment que l’escroquerie avait atteint sa fin de cycle bien avant que le domaine ne soit formellement supprimé.
Après avoir investi sur London-s-exchange.com : conserver les preuves et engager les recours
Pour les épargnants qui ont versé des fonds sur london-s-exchange.com dans le cadre de placements en or ou en biens divers, la priorité absolue est de rassembler et de sécuriser l’ensemble des éléments documentaires disponibles. Cela inclut les captures d’écran du site, les relevés de virements effectués, les courriels reçus et envoyés, ainsi que tous les échanges avec les personnes qui se présentaient comme des conseillers ou des représentants de la plateforme. Ces éléments constituent le socle de toute procédure ultérieure et leur préservation est indispensable.
Il convient ensuite de signaler les faits à l’AMF, via son formulaire en ligne, et à la plateforme PHAROS, gérée par la police nationale, qui centralise les signalements de contenus et de comportements illicites sur internet. Le dépôt d’une plainte pénale auprès du parquet compétent est une étape à envisager sérieusement, en particulier lorsque les sommes en jeu sont significatives. Consulter un avocat spécialisé dans les arnaques financières permet d’identifier les voies de recours adaptées à chaque situation et d’évaluer les chances de recouvrement. Pour comprendre les étapes de la procédure pénale, notre guide complet sur la procédure pénale détaille les démarches à suivre, de la plainte initiale jusqu’à la constitution de partie civile.
London-s-exchange.com a attiré des épargnants en leur présentant la façade d’une institution financière parmi les plus réputées au monde, la Bourse de Londres, tout en leur proposant des placements dans l’or et les métaux précieux entièrement dépourvus de base légale. Les fonds versés l’ont été à une entité qui n’a jamais été autorisée à opérer. La disparition totale du domaine ne doit pas décourager les victimes d’agir : les recours juridiques existent, et la reconstitution minutieuse des preuves demeure possible même plusieurs années après les faits. Avant tout investissement, vérifier la situation réglementaire d’un intermédiaire financier sur les listes officielles et solliciter une évaluation indépendante auprès de BrokerDefense constitue la meilleure protection contre ce type d’escroquerie.
FAQ : que devient le nom london-s-exchange.com ?
Non. Le domaine a été totalement effacé du registre du .com : les données d’enregistrement publiques ne renvoient plus que « Domain not found » et le DNS ne retourne aucun enregistrement. Aucun serveur ne répond plus sous ce nom.
Le site usurpait l’identité de la Bourse de Londres et proposait des placements en or et biens divers sans aucun agrément. Il a été inscrit sur la liste noire de l’AMF le 7 janvier 2020, dans la catégorie « Biens divers/Or ».
Conservez toutes les preuves : captures d’écran, relevés de virements, courriels et échanges avec les faux conseillers. Signalez les faits et déposez plainte, puis rapprochez-vous d’un avocat spécialisé dans les arnaques financières pour étudier vos recours.
Article réécrit le 24/08/2026


