Le nom de domaine algobi.com, enregistré le 16 décembre 2017 puis laissé pendant huit ans sur des pages de parking, héberge depuis l’automne 2025 une plateforme de trading de CFD exploitée par une société offshore des Seychelles, DXA Seychelles Limited. Vérifié le 4 septembre 2026 dans le registre public du projet MetaMask, le domaine est aujourd’hui inscrit sur la liste noire des sites de phishing utilisée par le portefeuille de cryptomonnaies : un signal d’alerte indépendant qui contraste avec l’image de « courtier réglementé » que la vitrine essaie de donner.
L’enregistrement du nom remonte au 16 décembre 2017 chez GoDaddy, avec une expiration fixée au 16 décembre 2026 et une dernière modification du dossier en décembre 2025. Les serveurs de noms sont ceux de Cloudflare et le titulaire n’est pas identifiable publiquement, la confidentialité WhoIs masquant ses coordonnées. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
La plateforme indépendante ScamDoc, qui analyse les sites signalés par les internautes, suit algobi.com depuis une première analyse du 8 septembre 2025 : le domaine y obtient un indice de confiance de 40 %, qualifié de « moyen », avec des avis négatifs détectés sur internet, tandis que l’ancienneté du nom de domaine est comptée comme un point positif. Retrouvez la page dédiée à algobi.com pour le détail de cette évaluation.
Dernière mise à jour : 04/09/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil d’algobi.com. Retrouvez l’apparence originale de cette plateforme de trading même si le site venait à fermer : utile pour identifier la vitrine, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Sommaire
- Référencé sur la liste noire MetaMask des sites de phishing
- 2017, huit ans de parking, puis une vitrine de trading
- Une licence des Seychelles partagée entre Algobi et HighMarkets
- Une vitrine aux leviers agressifs, un formulaire qui vise la France
- Fonds versés sur algobi.com : les premières démarches
- Algobi.com : les questions que vous nous posez
- Conclusion : une fausse maturité construite sur un vieux nom de domaine
Référencé sur la liste noire MetaMask des sites de phishing
Le 4 septembre 2026, nos outils techniques ont confronté le nom algobi.com au registre du détecteur de phishing maintenu par MetaMask, l’un des portefeuilles de cryptomonnaies les plus utilisés au monde. Ce registre public, consultable sur GitHub sous le nom « eth-phishing-detect », recense les domaines signalés comme servant à des tentatives de fraude : il alimente les écrans d’avertissement affichés aux utilisateurs du portefeuille lorsqu’ils tentent d’ouvrir un site malveillant. Le domaine algobi.com y figure explicitement, dans la liste des domaines bloqués et non dans un simple fichier d’exclusion.
Cette inscription est indépendante de notre travail : elle provient d’un projet de sécurité utilisé par des millions de portefeuilles, et elle constitue un repère objectif pour les épargnants qui tomberaient sur la marque Algobi dans le cadre d’une offre d’investissement. Elle ne dit pas qu’une fraude a nécessairement eu lieu sur cette vitrine précise, mais elle indique que le nom a été identifié dans des scénarios de phishing liés aux cryptomonnaies. Dans le même temps, la plateforme elle-même propose des CFD sur Bitcoin et Ethereum et accepte les dépôts par carte bancaire, ce qui élargit d’autant le public exposé. Le registre est consultable à l’adresse github.com/MetaMask/eth-phishing-detect.
2017, huit ans de parking, puis une vitrine de trading
L’historique archivé du domaine raconte une tout autre histoire que celle d’un courtier installé. Les captures conservées par la bibliothèque Internet Archive montrent algobi.com affichant en 2015 une simple page de parking du registraire (« Algobi.com Renew Now »), puis en janvier 2018 une page « algobi.com is coming soon » hébergée chez Hover, et encore en 2024 et début 2025 des pages de stationnement sans contenu. Le nom n’a donc jamais porté d’activité réelle pendant huit ans.
Tout change à partir de l’été 2025 : les captures archivées de juillet à novembre 2025 montrent des redirections successives, la plateforme ScamDoc enregistre une première analyse le 8 septembre 2025, puis les documents juridiques de la nouvelle vitrine apparaissent, datés de mai et juin 2026 (la version 8 de la convention de services porte la date de juin 2026). Le certificat de sécurité actuel, un certificat « wildcard » délivré par Google Trust Services pour algobi.com et ses sous-domaines, a été émis le 8 juillet 2026 pour une durée de quatre-vingt-dix jours. Le montage est récent, mais il exploite l’ancienneté du nom : un domaine vieux de huit ans rassure davantage qu’un nom créé la veille, et les outils de réputation comme ScamDoc comptent d’ailleurs l’âge du domaine parmi les signaux positifs. C’est précisément ce calcul que BrokerDefense met en évidence : l’âge d’un nom de domaine n’a aucune valeur quand il a été laissé en jachère pendant huit ans avant d’être réactivé pour une activité financière.
Une licence des Seychelles partagée entre Algobi et HighMarkets
Le pied de page d’algobi.com annonce que la marque « ALGOBI » est détenue et exploitée par DXA SEYCHELLES LIMITED, société immatriculée aux Seychelles sous le numéro 8438281-1, avec une adresse au Abis Centre, Providence Industrial Estate, à Victoria, Mahé. La même mention précise que la société est « autorisée et réglementée par la Financial Services Authority des Seychelles sous le numéro de licence SD218 » et qu’elle n’offre pas ses services aux résidents de l’Union européenne, des États-Unis ou du Canada. La convention de services téléchargeable sur le site, longue de près de quatre-vingt-dix pages, reprend ces affirmations.
Nos vérifications dans le registre des entités réglementées publié par la FSA des Seychelles confirment l’existence d’une entrée « DXA Seychelles Limited » dans la catégorie des securities dealers, avec le nom commercial ALGOBI, l’adresse Providence Complex, Office A17 C, le téléphone +248 4373229 et l’adresse [email protected]. Cette entrée du registre officiel mentionne toutefois un second site dans la même ligne : http://www.highmarkets.com. En consultant cette autre adresse, on découvre le même texte juridique : la marque « HighMarkets » y est présentée comme détenue par la même DXA SEYCHELLES LIMITED, avec le même numéro d’immatriculation, la même licence SD218 et la même adresse aux Seychelles. La même entité offshore exploite donc au moins deux marques de courtage, Algobi et HighMarkets, sous une licence unique.
Cette licence des Seychelles mérite d’être remise en perspective. Un agrément délivré par la FSA des Seychelles est une autorisation locale, délivrée à une société enregistrée dans cet archipel ; il ne constitue pas un agrément européen et ne permet pas de proposer des services d’investissement aux résidents français ou européens, qui ne bénéficient d’aucune protection des investisseurs dans ce cadre. La mention « nous ne servons pas l’Union européenne » relève du discours de prudence juridique, pas d’une garantie pour l’épargnant : rien sur le site ne bloque concrètement l’ouverture d’un compte depuis la France. Le vocabulaire marketing (« committed to regulation », « meets regulatory standards ») exploite l’existence d’une licence réelle mais lointaine pour créer une impression de sécurité sans équivalent européen. Les épargnants qui souhaitent vérifier les autorisations valables en France peuvent consulter les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF.
Une vitrine aux leviers agressifs, un formulaire qui vise la France
La plateforme mise en ligne sur algobi.com est une vitrine de courtage de CFD construite sur une installation WordPress en réseau : les fichiers du site sont servis depuis un répertoire portant le numéro 22, ce qui trahit une infrastructure mutualisée hébergeant de nombreux sites du même type, derrière Cloudflare. La page d’accueil vante « plus de 320 instruments CFD », des comptes Silver, Gold et Platinum avec des rabais sur les swaps et les spreads, un effet de levier annoncé jusqu’à 1:200 et un niveau de « stop-out » à 5 %. Le site propose l’ouverture de compte en trois langues (anglais, espagnol, arabe) et affiche des numéros de téléphone locaux pour une dizaine de pays d’Amérique latine, dont les numéros sont volontairement masqués sur la page de contact. Le chat d’assistance est hébergé sur un compte Freshchat ouvert au nom de « dxaseychelleslimited », dernière confirmation que l’ensemble de la vitrine est géré par la même société offshore.
Le formulaire d’inscription, accessible depuis le bouton « Open Account », demande le prénom, le nom, l’adresse électronique, le numéro de téléphone et un mot de passe. Connecté depuis la France, il affiche par défaut l’indicatif téléphonique +33, celui de la France : la promesse de ne pas servir l’Union européenne n’empêche pas le parcours d’inscription d’être conçu pour un visiteur français. Le site propose des bonus (« Bonus Terms & Conditions »), une pratique de rétention des fonds que la réglementation européenne interdit aux courtiers régulés, et aligne les logos de paiement Visa, Mastercard, Google Pay, Apple Pay et PayPal comme autant d’invitations au dépôt immédiat. Aucune garantie de retrait, aucun compte séquestre ni aucune information sur la destination réelle des fonds n’est fournie avant l’inscription.
Ce procédé, une marque jetable posée sur une infrastructure de courtage préfabriquée et adossée à une société offshore, a déjà été documenté par BrokerDefense sur d’autres domaines, sans lien établi entre leurs opérateurs : venturofx.com, démonté le 4 septembre 2026, prétendait être agréé par un régulateur chypriote sans que la société existe dans aucun registre, tandis que invexxia.com, enquêté le 3 septembre 2026, reposait sur la même salle de marchés clé en main destinée à de multiples opérateurs. La réutilisation des mêmes gabarits d’une arnaque à l’autre est le signe d’une production en série de fausses plateformes.
Les personnes qui ont versé des fonds sur algobi.com, par carte bancaire ou par virement vers les comptes désignés par la plateforme, peuvent engager des recours. Dans la vidéo ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient sur une affaire d’escroquerie au faux investissement dans laquelle la banque destinataire des virements a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance et contrainte de rembourser intégralement les victimes. Une décision qui intéresse directement les épargnants ayant transféré des fonds vers une plateforme offshore dont la licence ne protège rien en Europe.
Fonds versés sur algobi.com : les premières démarches
Si vous avez déposé de l’argent sur algobi.com après avoir été contacté par un « conseiller » ou après avoir rempli le formulaire d’ouverture de compte, cessez immédiatement tout nouveau versement, par carte bancaire comme par virement : chaque dépôt supplémentaire augmente la perte. Rassemblez toutes les preuves dès maintenant : captures d’écran du site et de votre espace client, courriels et messages du faux conseiller, relevés de carte bancaire, confirmations de virement et justificatifs des paiements effectués, puis déposez plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République ou via le portail de signalement en ligne ; la page dédiée aux procédures de plainte détaille la marche à suivre.
Si vos fonds sont partis par virement vers un compte bancaire, mentionnez systématiquement le numéro de ce compte dans votre dossier : la banque qui a reçu les fonds peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance, comme l’illustre la vidéo ci-dessus. Pour les paiements par carte, contestez les opérations auprès de votre banque dans les délais légaux et signalez les débits à votre conseiller. Conservez enfin tous les échanges avec le support d’algobi.com (adresse [email protected]) : les promesses de remboursement ou les explications sur des retraits « bloqués » font partie des pièces utiles à l’enquête. Vous pouvez aussi soumettre votre dossier à BrokerDefense pour être orienté dans vos démarches et connaître les recours possibles face à cette plateforme.
Algobi.com : les questions que vous nous posez
Le site affiche une licence SD218 de la Financial Services Authority des Seychelles, et le registre de la FSA mentionne bien DXA Seychelles Limited comme securities dealer avec le nom commercial ALGOBI. Il s’agit toutefois d’une autorisation locale des Seychelles, sans valeur pour l’Union européenne : elle n’autorise pas le démarchage de résidents français et ne donne droit à aucune protection des investisseurs en Europe. Le site déclare d’ailleurs ne pas servir l’Union européenne, tout en affichant l’indicatif +33 par défaut sur son formulaire d’inscription.
Parce que les signaux d’alerte sont nombreux et indépendants les uns des autres : le domaine est inscrit sur la liste noire MetaMask des sites de phishing, il est resté huit ans sans activité avant d’être réactivé comme vitrine de trading, la même licence offshore couvre au moins deux marques différentes (Algobi et HighMarkets), et la plateforme propose des bonus et un effet de levier de 1:200 incompatibles avec la régulation européenne. ScamDoc attribue au domaine un indice de confiance de 40 % seulement.
Ne versez plus rien et constituez un dossier complet : captures d’écran du compte, relevés de carte, confirmations de virement, courriels du conseiller et du support. Déposez plainte pour escroquerie, contestez les paiements par carte auprès de votre banque dans les délais légaux, et signalez les comptes bancaires bénéficiaires des virements. La banque qui a reçu les fonds peut être mise en cause pour manquement à son devoir de vigilance. Vous pouvez soumettre votre dossier via la page d’assistance de BrokerDefense pour être accompagné.
Conclusion : une fausse maturité construite sur un vieux nom de domaine
Algobi.com illustre un montage que BrokerDefense voit se répéter : une société offshore des Seychelles, une licence réelle mais sans portée européenne, un vieux nom de domaine réactivé pour emprunter une maturité qu’il n’a jamais eue, et une vitrine de courtage préfabriquée qui promet des rendements par l’effet de levier. Les victimes de ce type de plateforme sont contactées après avoir laissé leurs coordonnées ou après s’être inscrites sur le formulaire ; elles versent ensuite des fonds par carte ou par virement, avant de découvrir que les retraits deviennent impossibles ou sont soumis à des frais imprévus. L’inscription du domaine sur la liste noire MetaMask et l’absence de tout agrément utilisable en France invitent à la plus grande prudence. Comme toujours, BrokerDefense recommande de vérifier l’autorisation réelle d’un intermédiaire auprès d’un régulateur européen avant le moindre versement ; notre service d’évaluation préalable des plateformes de trading permet d’éviter ce type de piège.


