Sommaire
- Le nom inscrit à la liste noire de l’AMF sous le libellé « Forex »
- Le service s’est arrêté, l’enregistrement court jusqu’en décembre
- Une infrastructure partagée avec Cfdsensei et Solchain-Capital
- Des paliers de dépôt assortis de rendements annuels supérieurs à 100 %
- Un gabarit déployé sans nettoyage, jusqu’aux mentions d’une société tierce
- Des mentions légales sans numéro ni adresse de siège
- Les démarches à envisager après un versement sur ce site
- Repères sur invexxia.com
Le nom inscrit à la liste noire de l’AMF sous le libellé « Forex »
Au 9 octobre 2026, nos relevés établissent que www.invexxia.com figure sur la liste des sites non autorisés de l’AMF avec le libellé « Forex », daté du 28 septembre 2026, et que la vitrine ne répond plus depuis. La fiche consacrée à ce nom rappelle que cette entité n’est pas habilitée à commercialiser des produits financiers auprès du public français. L’inscription porte la graphie exacte www.invexxia.com et la date du 28 septembre 2026.
Ce dossier s’inscrit dans une série que nous suivons depuis l’été 2026. Nos analyses de extranet-mgi.com, de Cfdsensei et de Solchain-Capital ont mis en évidence une infrastructure technique commune à ces différentes vitrines, et invexxia.com en partageait les composants essentiels.
Mise côte à côte avec l’arrêt de la vitrine, cette inscription réglementaire donne à ce dossier une tournure que la première édition, publiée le 3 septembre 2026, ne pouvait pas anticiper : un nom nommé par une autorité, un service qui cesse peu après, et un enregistrement qui court pourtant jusqu’en fin d’année.
Dernière mise à jour : 09/10/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil d’invexxia.com. L’apparence originale de cette plateforme de trading, relevée avant sa fermeture, est conservée : de quoi documenter une démarche ou prévenir un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Le service s’est arrêté, l’enregistrement court jusqu’en décembre
Sur le plan du registre, le nom invexxia.com reste enregistré et réglé jusqu’au 29 décembre 2026. Il a été déposé le 29 décembre 2025 auprès du bureau d’enregistrement NameCheap. Le dossier porte une clause qui empêche le transfert de ce nom vers un autre bureau d’enregistrement. La dernière écriture portée au dossier date du 31 décembre 2025, fait de dossier sans lien avec l’arrêt du service.
Sur le plan de la résolution, la situation est tout autre. La forme nue du domaine ne restitue plus aucune adresse, et la forme préfixée par « www » n’existe plus dans la zone. Les serveurs de noms déclarés pour ce nom répondent pourtant normalement : la zone est toujours servie. L’arrêt n’est donc pas le résultat d’une panne ou d’une défaillance technique, mais d’un choix délibéré de l’exploitant.
La fenêtre de datation est la suivante : la vitrine était encore servie lors de nos vérifications du 3 septembre 2026 ; le 2 octobre 2026, notre contrôle de surveillance n’a plus obtenu aucune réponse. Aucune date unique de coupure ne peut être avancée entre ces deux points.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une infrastructure partagée avec Cfdsensei et Solchain-Capital
Le portail de gestion des comptes était hébergé sur le sous-domaine invexxiacrm.ibitsecure.com, un prestataire de plateformes blanches déjà relevé sur Cfdsensei.biz et Solchain-Capital, et identifié lors de notre analyse d’Eriongroupe en juin 2026. Ce point de convergence n’est pas anodin : il signifie que les dépôts des utilisateurs transitaient par un tiers dont la présence était commune à plusieurs vitrines de la même période.
Les flux de cotations provenaient de work-pricer.erabix.com et chart.erabix.com, les mêmes services que ceux relevés sur Solchain-Capital. Le thème de gestion de contenu employé en interne portait le nom « theforest », identique à celui de cfdsensei.biz et d’extranet-mgi.com, jusqu’à une image de la médiathèque reproduite à l’identique d’un site à l’autre. Le module de suivi des visiteurs connectés se connectait au serveur online.nifton.io, déjà observé sur solchain-capital.com.
Les quatre-vingt-deux pages capturées lors de nos relevés du 3 septembre 2026 portaient la même signature technique. L’ensemble dessine une infrastructure délibérément réutilisée d’une vitrine à l’autre, sans que nos recherches permettent d’affirmer qu’un même exploitant est à l’origine des trois.
Des paliers de dépôt assortis de rendements annuels supérieurs à 100 %
La page « Comptes » structurait l’offre en cinq paliers. Le compte Basic ouvrait l’accès dès 150 dollars. Le compte Silver, entre 2 500 et 14 999 dollars, affichait des objectifs de 2,5 % à 3,5 % par mois, soit 34,5 % à 51,5 % par an. Le compte Gold, entre 15 000 et 49 999 dollars, promettait 4 % à 5,5 % par mois, soit 48 % à 66 % par an.
Les paliers supérieurs allaient plus loin encore. Le compte Platinum, entre 50 000 et 249 999 dollars, annonçait 5 % à 6,5 % par mois, soit 60 % à 78 % par an. Le compte Diamond, à partir de 250 000 dollars, culminait à 6,5 % à 8,5 % par mois, soit 78 % à 102 % par an. Aucun intermédiaire agréé ne projette de tels niveaux.
Ces chiffres s’accompagnaient d’un discours sur un moteur d’intelligence artificielle, des coachs personnels et des gestionnaires de relations, présentés comme les garants de ces performances. La fiche publique 2543268, qui porte un indice de confiance de 25 %, porte sur la façon dont ce nom se comporte, et ne remplace pas une autorisation d’exercer ; elle constitue un élément parmi d’autres dans l’appréciation globale de ce dossier.
Un gabarit déployé sans nettoyage, jusqu’aux mentions d’une société tierce
Chaque page du site contenait un bloc de commentaires vantant les garanties réglementaires d’une entité tierce désignée sous le nom « Vinvory Capital », en mentionnant sa soumission à la Financial Services Authority japonaise, à la Monetary Authority of Singapore et à un bureau local de finance japonais. Ce bloc n’avait jamais été retiré du gabarit d’origine : il s’agissait d’un résidu de modèle jamais nettoyé avant sa mise en service.
Le menu de navigation en français contenait le mot italien « Istruzione », corrigé à l’affichage par un script qui le substituait sans que le fichier source soit jamais modifié. L’adresse de support affichée correspondait au texte littéral d’un gabarit jamais renseigné. Le numéro de téléphone visible sur le site était en partie masqué par des astérisques.
Le 1er septembre 2026, soit quelques jours avant la publication de notre première édition, l’avertissement publié par la Banque centrale d’Irlande visait précisément « Vinvory Capital » (vinvory-capital.com), signalée comme non autorisée. La présence d’un nom régulé dans le code d’une vitrine ne confère aucune légitimité à cette vitrine.
Des mentions légales sans numéro ni adresse de siège
Les pages légales ne mentionnaient que la désignation « Invexxia (Invexxia.com / Invexxia LLC.) », sans numéro d’immatriculation, sans adresse de siège et sans indication de juridiction. Aucun numéro d’identification d’entreprise français n’était identifiable dans l’ensemble des pages consultées.
La page « À propos » revendiquait une société fondée en 2021, alors que le nom n’a été déposé qu’en décembre 2025. La médiathèque contenait des images datées de novembre 2024, soit plus d’un an avant ce dépôt. Ces deux éléments, pris ensemble, révèlent une chronologie fabriquée.
La page « Dépôt de fonds » se réduisait à un formulaire de connexion renvoyant vers le portail tiers invexxiacrm.ibitsecure.com, sans que l’identité de l’entité réceptrice des fonds soit jamais mentionnée. Le nom était diffusé via un réseau de protection de type nuage qui masquait l’adresse d’origine. Un certificat de port sécurisé avait été émis le 24 août 2026 par Google Trust Services, couvrant le nom et ses sous-domaines jusqu’au 22 novembre 2026. Un tel certificat atteste uniquement que la connexion est chiffrée ; il ne dit rien de la légitimité de l’exploitant.
Les démarches à envisager après un versement sur ce site
Toute relation avec des interlocuteurs se présentant comme conseillers, coachs ou gestionnaires de relations liés à invexxia.com doit être interrompue sans délai, qu’ils prennent contact par messagerie, par téléphone ou depuis une adresse différente de celle qui figurait sur la vitrine. Ces contacts peuvent se poursuivre même après l’arrêt du site.
Il convient de réunir l’ensemble des éléments disponibles : captures des pages du site consultées lors de la souscription, échanges écrits avec les interlocuteurs, relevés des dépôts effectués via le portail invexxiacrm.ibitsecure.com, et historique complet des opérations enregistrées pendant la relation. Ces éléments serviront de base à toute action entreprise ensuite. Le signalement des faits auprès du portail public dédié aux escroqueries numériques est une étape accessible sans délai.
Le cadre d’une plainte pénale et les étapes à prévoir sont exposés sur cette page de notre site. Pour vérifier l’état d’un nom sur les listes officielles ou signaler un acteur non autorisé, l’AMF met à disposition un espace dédié aux épargnants.
Pour les personnes ayant souscrit l’un des paliers proposés par invexxia.com sur la foi de rendements invérifiables, confié leurs coordonnées et acheminé des fonds vers un portail tiers dont l’identité n’était jamais précisée, l’arrêt de la vitrine ne clôt aucun dossier. Le nom reste enregistré jusqu’en décembre 2026, l’inscription réglementaire du 28 septembre 2026 est publique, et les flux financiers enregistrés demeurent traçables. Les démarches restent ouvertes.
Quand des fonds ont été confiés à une vitrine inscrite sur une liste d’autorité, la question des recours disponibles se pose concrètement. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate établie à Paris et membre du barreau, revient dans l’entretien ci-dessous sur une victoire obtenue en Cour de cassation à l’issue de onze années de procédure dans un dossier d’arnaque aux faux investissements, et détaille les recours ouverts aux épargnants : recours précontentieux, protocole transactionnel, procédure pénale et civile.
Repères sur invexxia.com
L’AMF a porté ce nom sur sa liste avec le libellé « Forex » : cela signifie que l’entité n’est pas habilitée à commercialiser des produits financiers auprès du public français. Cette inscription est publique et consultable sur la fiche nominative du régulateur. Elle ne constitue pas en elle-même une condamnation pénale, mais elle établit officiellement que le site opérait sans l’autorisation requise, et elle peut être produite dans le cadre de démarches de signalement ou de procédures ultérieures.
La page « Comptes » affichait des objectifs allant de 34,5 % à 51,5 % par an pour le palier Silver jusqu’à 78 % à 102 % par an pour le palier Diamond. Ces chiffres étaient présentés comme le résultat d’un moteur d’intelligence artificielle et d’un suivi personnalisé. Aucun intermédiaire agréé ne projette de tels niveaux : ces promesses constituent un signal d’alerte majeur, indépendamment de tout autre élément du dossier.
La fermeture de la vitrine ne rend pas introuvables les mouvements de fonds qui y sont rattachés. Il convient de cesser tout contact avec les interlocuteurs liés à invexxia.com, de rassembler captures, échanges écrits et relevés de dépôts, puis de signaler les faits auprès du portail public dédié aux escroqueries numériques. Une plainte pénale peut être déposée ; une page de notre site en présente les étapes. Les recours restent ouverts même après la disparition de la vitrine.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 09/10/2026


