Le 29 octobre 2026, la page juridique de www.kanz-group.ch affiche, sous la rubrique « Firmennummer », le numéro CHE-249.784.106. Interrogé au fichier suisse des sociétés, ce numéro ne renvoie à aucune fiche : ni société, ni succursale, ni raison sociale approchante, entités dissoutes comprises. Celui que porte la société dont la vitrine reproduit le nom, la forme juridique et la rue, en revanche, y figure : CHE-203.317.581, KANZ Investment Services SA, à Morges.
Sommaire
- Le numéro d’identification imprimé ne renvoie à aucune fiche
- Ce que l’autorité de surveillance suisse a écrit sur cette adresse
- Une copie prise le 3 octobre 2025, et deux noms qui ne répondent plus
- Un export WordPress servi par un réseau de diffusion, sans serveur propre
- Des chiffres d’ancienneté que le calendrier du nom contredit
- Par où commencer quand le courriel de contact ne répond pas
- Trois vérifications que chacun peut refaire
Le numéro d’identification imprimé ne renvoie à aucune fiche
La page ne laisse aucune place au doute, et c’est ce qui rend la vérification facile. Elle déclare une inscription « im Handelsregister des Kantons Waadt », une forme d’« Aktiengesellschaft (SA) », un siège à Morges, avenue Ignace Paderewski 28B, et une succursale allemande au Kölnturm, Im Mediapark 8, à Cologne. Trois éléments sur quatre se retrouvent effectivement au fichier des sociétés : le nom, la rue, le canton. Le quatrième, celui qui permet à un lecteur de contrôler tout le reste, ne mène nulle part.
La recherche a été conduite sur le numéro tel qu’il est imprimé, puis sur sa forme compacte, puis sur le seul bloc de chiffres, avec l’option qui inclut les entités radiées. Les trois requêtes rendent le même résultat vide, avec le code d’erreur que le fichier renvoie quand aucun enregistrement ne correspond. Le contrôle inverse, conduit dans la même minute, rend une fiche complète pour CHE-203.317.581 : KANZ Investment Services SA, siège à Morges, statut existant, avenue Ignace-Paderewski 28 B, 1110 Morges, avec un historique de publications au journal officiel qui remonte à 2017. La méthode est donc fiable ; c’est le numéro affiché qui ne l’est pas. Le procédé consistant à reprendre les éléments d’une société inscrite pour habiller une vitrine a déjà été décrit ici, à propos de montaris-ag.com, où l’identité complète d’un gérant suisse réel servait de décor.
Un second détail de la même page procède du même défaut. La rubrique « Web » y donne www.kanz-invest.ch. Ce nom ne dispose d’aucune délégation : l’apex et la version www ne rendent ni adresse, ni serveur de noms, ni enregistrement de messagerie. Une société de gestion de fortune qui renvoie le lecteur vers sa propre adresse officielle le renvoie donc vers un nom qui n’existe pas dans le système de noms de domaine. Ce n’est pas une omission de rédaction : c’est la deuxième fois, sur une seule page, qu’un élément d’identification ne permet pas d’aller plus loin.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
📄 Constat visuel
La pièce jointe reproduit la page d’accueil servie le 29 octobre 2026 : bandeau supérieur hérité d’une autre enseigne, promesse de rendement en une ligne, quatre familles de produits et un formulaire de contact en pied de page.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Ce que l’autorité de surveillance suisse a écrit sur cette adresse
Le 28 octobre 2026, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers a versé une fiche au nom de kanz-group.ch dans son recueil d’avertissements. La fiche porte le nom du domaine comme raison sociale, l’adresse du site en champ « Site internet », et, dans la rubrique réservée au fichier des sociétés, l’indication qu’aucune inscription n’y figure. Le passage qui compte est ailleurs, dans les remarques, publiées en quatre langues. La version française commence ainsi : « www.kanz-group.ch n’a pas de lien avec KANZ Investment Services SA, Morges », avant de rappeler que cette dernière, elle, est inscrite au fichier suisse des sociétés sous le numéro CHE-203.317.581.
Cette phrase fait deux choses à la fois, et il faut les distinguer. Elle désigne le domaine, ce qui est déjà beaucoup ; mais elle désigne aussi une victime, nommément, en la déclarant étrangère au dispositif. La société de Morges est donc la première lésée de cet emprunt d’identité : elle n’exploite pas le site, elle en subit l’enseigne. Rien de ce que publie la vitrine ne rattache cette société à celui qui tient le domaine : ni le numéro imprimé, qui n’est pas le sien, ni l’adresse de contact, qui ne pointe pas vers ses services, ni le téléphone, qui porte un indicatif allemand. La démonstration est la même que dans le dossier consacré à riverfieldcapital.ch, où un identifiant authentique tenait lieu d’argument de sérieux.
Il reste à dire ce que la fiche ne dit pas. Elle ne qualifie pas l’activité, et le site ne fournit aucun élément qui permettrait de la qualifier lui-même : pas un numéro d’agrément, pas un organisme de surveillance nommé, pas une référence d’autorisation, sur aucune des sept pages servies. Le fichier des sociétés est ici d’un secours limité, et c’est une règle qui vaut pour toute la place suisse : le but statutaire qu’il publie pour la société de Morges, à savoir la gestion de patrimoine au sens de l’article 19 alinéa 1 de la loi sur les établissements financiers, décrit ce que les statuts prévoient et non ce que l’autorité a autorisé. Un but n’est pas un agrément, et le fichier des sociétés n’est pas le registre des autorisations. La fiche d’avertissement consacrée à ce domaine et la page générale des avertissements se consultent librement.
Une copie prise le 3 octobre 2025, et deux noms qui ne répondent plus
Chaque page servie par www.kanz-group.ch commence par une note laissée par le logiciel qui l’a recopiée. Cette note donne deux choses : l’adresse d’origine du document, et l’horodatage de la prise, à la seconde. Pour l’accueil, kanz-investment.ch, le 3 octobre 2025 à 13 h 20 min 59 ; pour la page de contact, la même adresse suffixée de /kontakt/, vingt-neuf secondes plus tard. La mention n’a jamais été retirée, et elle est lisible par quiconque affiche le code source de la page.
Le reste du document confirme la provenance. Les liens absolus écrits en dur dans le balisage pointent tous vers l’autre nom : l’action du formulaire de recherche, celle du formulaire de contact, qui vise kanz-investment.ch/kontakt/#wpcf7-f186-p128-o1, et les adresses de syndication du flux. La vitrine n’a donc pas été construite pour kanz-group.ch ; elle a été posée dessus, telle quelle, deux mois avant que ce nom ne soit enregistré, le 3 décembre 2025, chez le même bureau d’enregistrement que l’original.
Ce que sont devenus les deux autres noms est la partie la plus parlante du dossier. Le fichier du .ch situe l’enregistrement de kanz-investment.ch au 31 octobre 2025, quatre semaines après la prise de la copie ; nous n’avons pas établi sous quel enregistrement antérieur la page a été aspirée. Aujourd’hui, ce nom ne sert plus que cent quatorze octets de code chargés de rediriger le visiteur vers une page d’attente publicitaire servie par le bureau d’enregistrement. Quant à kanz-invest.ch, celui de l’adresse de contact et du champ « Web » de cette même page, il ne rend rien du tout : ni adresse, ni serveur de noms, ni messagerie. Le troisième nom, kanz-group.ch, ne dispose lui-même d’aucun enregistrement de messagerie. Des trois, un seul répond, et c’est celui qui recopie les deux autres. Pour vérifier ces états à la source, la fiche d’enregistrement de ce nom est consultable sur DomainTools.
Un export WordPress servi par un réseau de diffusion, sans serveur propre
L’hébergement ne ressemble pas à celui d’une maison de gestion. Le nom résout vers deux adresses relevant d’un réseau de diffusion de contenu, qui sert la page depuis la périphérie et non depuis une machine administrée par l’exploitant. Les serveurs de noms appartiennent au même prestataire. Le certificat présenté est un certificat à validité étendue aux sous-domaines, émis le 9 octobre 2026 par une autorité de délivrance gratuite et valable jusqu’au 7 janvier 2027 : il couvre le nom et l’ensemble de ses sous-domaines, ce qui est la signature d’une configuration mutualisée, pas d’un domaine d’entreprise. La directive de sécurité stricte est préchargée, ce qui n’a rien à voir avec la légitimité de l’activité.
Derrière cette façade, le contenu est un export statique de WordPress 6.8. On y retrouve le constructeur de pages Elementor et son extension de formulaire, un carrousel, une bibliothèque de galerie, une visionneuse, et deux générations de jQuery appelées ensemble, la 3.7.1 et la 1.12.4, accompagnées de leur module de compatibilité. Cet empilement décrit un site figé à une date donnée, recopié sans être reconstruit : les scripts sont là, mais les mécanismes qui les faisaient fonctionner côté serveur ne le sont plus. Le formulaire de contact en est l’illustration exacte. Son action déclarée vise l’autre domaine ; c’est un script de la page qui détourne l’envoi vers une fonction exécutée à la demande chez l’hébergeur. Interrogée en lecture, cette fonction répond 405 et « Method not allowed » ; elle n’accepte que l’écriture. Les nom, téléphone et message d’un visiteur ne sont donc pas déposés sur un serveur que l’exploitant possède : ils partent dans une fonction louée.
Le calendrier des fichiers raconte la même histoire que le commentaire de duplication. Les médias de la page sont rangés dans des dossiers datés de novembre et décembre 2022, pour un nom enregistré en décembre 2025. Et le bandeau supérieur porte, sur toutes les pages du site, une adresse à Munich (Mies-van-der-Rohe-Straße 6, 80807) et une adresse électronique chez kanz-investment.ch, deux éléments qui n’apparaissent nulle part dans le corps des pages de contact ou des pages juridiques. Le nom du gabarit acheté apparaît d’ailleurs dans les chemins de ressources. Autrement dit, le contenu de démonstration du modèle n’a jamais été remplacé, et la vitrine affiche trois adresses pour une seule société : Munich en bandeau, Morges comme siège, Cologne comme succursale. Le fichier des sociétés, lui, ne connaît aucune succursale.
Des chiffres d’ancienneté que le calendrier du nom contredit
Les pages de produits alignent des chiffres précis. Huit années d’expérience du commerce d’actions, « 73 Bankpartnerschaften weltweit », cent vingt obligations d’entreprise sélectionnées, quinze pays couverts par des analyses de marché, quatre centres financiers. La page d’accueil complète l’ensemble par treize témoignages signés d’un prénom et d’une initiale, de l’entrepreneuse à l’ingénieur, tous élogieux et aucun vérifiable. Le nom, lui, a onze mois. Le pied de page affiche un copyright 2025, et la feuille de style du constructeur de pages porte un numéro de version qui correspond au 24 juillet 2025 : le site a été bâti avant même que l’adresse existe.
Ces chiffres ne se heurtent pas seulement à l’âge du domaine ; ils se heurtent à leur propre imprécision. Aucune des « 73 banques partenaires » n’est nommée, aucun taux n’est publié, aucun document de garantie n’est produit, alors que la vitrine propose des « Spareinlagen », c’est-à-dire des dépôts d’épargne, sans indiquer un seul établissement qui les porterait ni un régime de garantie qui les couvrirait. Une garantie sans établissement identifiable ne se vérifie pas ; c’est exactement ce qui la rend utile à un montage. Le dernier élément de comparaison disponible est datable : la dernière publication au journal officiel concernant la société de Morges remonte au 6 juin 2025, et rien n’y mentionne un réseau de soixante-treize partenaires ni une implantation à Cologne.
Par où commencer quand le courriel de contact ne répond pas
La première difficulté, ici, est qu’il n’existe aucun destinataire. La seule adresse publiée se trouve sur un nom sans délégation : un message envoyé à cette adresse ne peut pas aboutir, et une relance restera sans réponse pour une raison technique, non par mauvaise volonté. Tout échange est donc passé par le formulaire, et la seule preuve d’un dépôt est l’écran de confirmation qui s’affiche après l’envoi. C’est cette capture qu’il faut produire en premier, avec l’adresse visible dans la barre du navigateur et la date, puis les courriels de relance, même revenus en erreur : ils datent la tentative.
Viennent ensuite les pièces bancaires. Pour un virement, le relevé faisant apparaître l’IBAN du compte destinataire, la date de valeur et le libellé ; c’est cet IBAN qui permet à la banque émettrice d’engager une demande de rappel de fonds, et c’est lui qui rattache plusieurs victimes à un même compte. Pour un paiement par carte, la contestation se porte auprès de l’émetteur de la carte, dans les délais fixés par le réseau. Les échanges avec l’interlocuteur, courriels, messages et numéro appelant avec la date et l’heure, complètent le dossier. La plainte vient ensuite ; la procédure est exposée en détail sur la page consacrée au dépôt de plainte. La fiche publique du domaine, qui lui attribue un indice de confiance de 33 %, est consultable sur la fiche ScamDoc de kanz-group.ch.
Les points de droit que pose un versement vers un compte hors de France, à savoir la responsabilité de la banque, la compétence des tribunaux français et la loi applicable, sont reprises par Maître Anne Bernard-Dussaulx, dont le barreau est Paris. La vidéo ci-dessous restitue son analyse, et son parcours professionnel est présenté sur la même page.
Trois vérifications que chacun peut refaire
La vitrine promet une gestion de fortune suisse, des dépôts d’épargne, des cryptomonnaies et des investissements avant introduction en bourse, sans nommer un seul établissement partenaire, sans numéro d’agrément et sans organisme de surveillance. Elle affiche un numéro d’identification qui ne correspond à aucune fiche, renvoie vers une adresse officielle qui n’existe pas dans le système de noms de domaine, et se présente comme la copie d’un autre site prise en octobre 2025. L’autorité suisse l’a de surcroît écartée de la société dont elle reprend l’enseigne, ce qui fait de cette dernière la première victime du montage. Cet ensemble de constats suffit à traiter kanz-group.ch comme un dispositif frauduleux.
Non. Recherché au fichier suisse des sociétés, y compris parmi les entités radiées et les raisons sociales proches, il ne rend aucun résultat. Par comparaison, le numéro de la société de Morges dont la vitrine reprend le nom et la rue rend, lui, une fiche complète et un historique de publications. Une vérification de ce type prend une minute et n’exige aucun compte : c’est le premier réflexe à avoir devant une offre d’investissement qui se réclame de la Suisse.
Conserver l’écran de confirmation du formulaire avec l’adresse et la date, puis le relevé bancaire portant l’IBAN du compte destinataire : c’est la pièce qui permet à la banque émettrice d’engager un rappel de fonds, et celle qui rattache plusieurs victimes à un même compte. Une demande écrite doit partir sans attendre, car une demande tardive trouve rarement des fonds encore disponibles sur le compte d’accueil. Les échanges avec l’interlocuteur, y compris le numéro appelant et les messages, complètent le dossier.
kanz-group.ch a onze mois de registre, un certificat couvrant tous ses sous-domaines, un export WordPress de 2022 et trois adresses pour une seule société. Il n’a ni numéro d’identification valide, ni adresse de contact joignable, ni établissement partenaire nommé, ni agrément. Les personnes qui ont laissé leurs coordonnées dans le formulaire ne disposent donc, pour se défendre, que de ce que l’exploitation a laissé derrière elle : l’écran de confirmation, un IBAN, des messages et la mémoire d’un échange. BrokerDefense reprend chacun de ces éléments, le confronte à l’état réel du nom et à son enregistrement, puis indique ce qui demeure utilisable et ce qui ne l’est plus.
Vous avez laissé vos coordonnées sur kanz-group.ch ou viré des fonds vers un IBAN communiqué par ses interlocuteurs ? Écrivez-nous avec la date du premier versement et l’écran de confirmation du formulaire.


