Chain Dexair Fin arnaque : le formulaire d’un dossier de 2024

Le module d’inscription du dossier Immediate Avita tourne ici en version 2.1.0

Le formulaire de chaindexairfin.com n’a rien d’un composant grand public. Nos outils l’ont identifié le 29 octobre 2026 sous le nom fxbot-registration-form, version 2.1.0 : un module d’enrôlement écrit sur mesure, que nous avions déjà décrit dans notre enquête sur Immediate Avita, alors en version 2.0.8. Deux ans plus tard, la mécanique n’a pas été remplacée : elle a été mise à jour et remise en service sous une autre enseigne.

Le détail de l’installation est parlant. Le module n’exécute pas son propre code d’inscription : il expose un point d’entrée local, /wp-content/plugins/fxbot-registration-form/api.php, qui relaie la demande vers un service distant. La réponse du relais annonce une durée de traitement de trente et un millisecondes dans un en-tête d’infrastructure intermédiaire, et surtout elle autorise explicitement le navigateur à lire un champ baptisé Fxbot-Referer. Ce champ, signalé dans notre dossier de 2024, désigne la même famille de service. Rien de tout cela n’apparaît à l’écran : le visiteur voit trois champs et un bouton.

Trois routes internes au module répondent : /api/user/auth/geo-data, /api/split-registration et /api/contactus. La première a rendu, depuis notre poste, un pays, une ville vide, un indicatif téléphonique, puis deux valeurs nommées blocked et block_type, toutes deux à l’état neutre. La deuxième porte un nom qui se passe de commentaire : la répartition d’une inscription. Un site qui se contente de publier des conseils de lecture n’a aucune raison de répartir quoi que ce soit.

Dernière mise à jour : 29/10/2026

Extraits de la capture du 29 octobre 2026
La page d’accueil telle qu’elle a été servie ce jour : la promesse d’accéder à « $5,000 opportunités commerciales », les quatre compteurs, les trois témoignages signés d’un prénom et d’une initiale, puis le formulaire à trois champs.

⬇ Télécharger la capture : version publique Version complète sans filigrane →

Page d'accueil de chaindexairfin.com le 29 octobre 2026

Deux polices réclamées à une adresse de développement qui n’existe pas

La page charge six fichiers de police distincts, deux familles typographiques déclinées en plusieurs graisses. Nos outils les ont vus réclamés trente-deux fois. Aucun de ces appels ne part vers chaindexairfin.com : tous visent http://local.switchflomaxfin.com, dans un chemin du type /wp-content/uploads/elementor/google-fonts/fonts/ suivi du nom du fichier.

Cette adresse ne répond pas. Le nom ne se résout pas, la requête échoue, et le navigateur affiche donc la page avec une police de substitution. Autrement dit, la vitrine que nous avons capturée le 29 octobre 2026 s’affiche depuis son lancement avec une typographie qui n’est pas celle prévue par ses concepteurs, parce que personne n’a remplacé l’adresse de travail par l’adresse publique.

Le préfixe « local » complète le tableau : il désigne un poste de travail ou un environnement de préparation, pas un nom de service. Le site a été monté ailleurs, sur une copie de switchflomaxfin.com, puis dupliqué sous un nouveau nom sans que la configuration de la bibliothèque de polices soit reprise. Ce genre de trace ne s’invente pas et ne se corrige pas par une simple retouche de texte : elle est la signature d’une production en série, où le même dossier est recopié pour chaque nouvelle enseigne.

Switch Flomax Fin, la même mécanique en anglais et d’autres chiffres

Le nom inscrit dans les appels de police est celui d’un site bien vivant. switchflomaxfin.com répond, en anglais, et sa page d’accueil reprend une à une les séquences de chaindexairfin.com : un menu à trois entrées, un formulaire à quatre champs avec contrôle du numéro international, un bloc de statistiques, une série de témoignages, une foire aux questions. Jusqu’à la formule qui annonce la couleur : « Linking you with the top broker in your region », soit la mise en relation avec un courtier de la région du visiteur.

Les compteurs, eux, ne concordent pas. Chain Dexair Fin annonce 340 fournisseurs de formation, 12 500 apprenants, 92 pour cent de taux d’engagement et 28 pays. Switch Flomax Fin annonce 500 entreprises appariées, 30 000 utilisateurs actifs, 98 pour cent d’achèvement et 35 pays. Les deux pages décrivent pourtant le même service, avec les mêmes arguments et la même mise en page. Aucune des deux ne cite de source, de période de mesure ni de méthode de comptage.

L’arborescence des médias ajoute une pièce. Les images de Chain Dexair Fin sont rangées dans un dossier /wp-content/uploads/2025/06/, trente-six références au total, alors que le nom de domaine a été créé en janvier 2026. Le logo lui-même s’appelle logo-T23.png chez les deux enseignes. Une bibliothèque datée de juin 2025 sur un site lancé sept mois plus tard : le contenu a été préparé pour un autre nom, puis réaffecté.

Un nom enregistré le 22 janvier 2026 chez MainReg, sans société déclarée

Le registre du domaine place l’enregistrement de chaindexairfin.com au 22 janvier 2026, à 12 h 59 UTC, avec une échéance au 22 janvier 2027 et un statut actif. Le bureau d’enregistrement est MainReg Inc., société que l’on retrouve à l’identique sur switchflomaxfin.com, enregistré le 26 mai 2025. Les deux zones reposent sur Cloudflare, avec deux paires de serveurs de noms différentes, ce qui ne prouve pas à soi seul un compte commun, mais n’exclut rien.

La partie publique du certificat est un certificat générique couvrant le domaine et tous ses sous-domaines, délivré par Google Trust Services le 15 septembre 2026 et valable jusqu’au 14 décembre 2026. Les journaux publics de certificats montrent une première émission le 30 août 2026, quelques semaines avant la mise en service apparente. Derrière le réseau de diffusion, l’origine parle nginx et annonce PHP 7.4.33 : une version abandonnée depuis fin 2022, que plus aucun hébergeur sérieux ne propose par défaut.

Le fichier principal porte une date de dernière modification au 3 mars 2026. Le pied de page, lui, affiche « Copyright © 2025 Chain Dexair Fin ». Un site dont le nom n’existait pas en 2025 revendique une antériorité d’un an sur son propre enregistrement : la mention a été recopiée avec le reste du modèle. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le signalement public du domaine, lui, est déjà enregistré : la fiche ScamDoc de chaindexairfin.com attribue au site un score de confiance de 25 pour cent, classé insuffisant.

Ni mentions légales, ni politique de confidentialité : celles de Google

La page ne nomme aucune société. Aucune raison sociale, aucun numéro d’identification, aucune adresse, aucun responsable de publication. Les deux liens qui devraient porter ces informations sont présents, mais ils mènent à policies.google.com : la « politique de confidentialité » ouvre la politique de Google, les « Conditions d’utilisation » ouvrent les conditions de Google. Ce sont les mentions qui accompagnent le service de vérification anti-robot, pas celles de l’éditeur.

Les coordonnées affichées complètent l’impression de page non terminée. L’en-tête indique un courriel [email protected], adresse de démonstration livrée avec les modèles de sites. Le numéro de téléphone annoncé, +0989 7876 9865 9, comporte un indicatif 098 qui n’existe dans aucun plan de numérotation et un nombre de chiffres impossible. Seule l’adresse [email protected] est plausible, et elle n’est reliée à aucune boîte vérifiable.

Le fichier robots.txt réserve une ligne au robot d’un service britannique de surveillance des sites frauduleux, avec l’instruction de ne rien explorer. C’est le seul visiteur explicitement écarté. Pour le reste, le site se déclare étranger à toute activité de courtage, et précise dans son avertissement que les opérateurs « ne vérifient pas la conformité réglementaire des organisations tierces ». Les six listes noires que l’Autorité des marchés financiers tient à jour par famille de produits, à leur date d’export, ne portent aucun nom comparable à Chain Dexair Fin. Ce silence ne vaut pas quitus : le site ne se présente pas comme un prestataire de services d’investissement, il se présente comme un passeur. Un dossier voisin, celui d’Investkraftpro-tech, montrait déjà la même répartition des rôles.

Ce que devient une adresse électronique laissée dans ces trois champs

La page demande un prénom, un nom et une adresse électronique. Une variante ajoute le téléphone, avec un indicatif prérempli selon le pays détecté par la route geo-data. En échange, elle promet une liste de « fournisseurs de formation agréés ». Le mot agréé n’est adossé à aucun régulateur, à aucun organisme certificateur, à aucune liste consultable. Les trois témoignages de la page, signés Emily R, Jason M. et David K, ne renvoient vers aucun profil, aucun parcours vérifiable, aucune date.

Le texte de bas de page décrit pourtant la suite avec une franchise involontaire : les informations recueillies « peuvent être transmises à un prestataire de services externe qui pourra vous contacter », et « l’utilisation de ces services peut entraîner des frais ». Les opérateurs ne participent ni n’assistent à aucune transaction, écrivent-ils encore. La chaîne est donc explicite : une page qui collecte, un relais qui répartit, un tiers qui appelle, et des frais qui apparaissent à un moment que le visiteur ne choisit pas.

Deux traces de fabrication mécanique subsistent d’ailleurs dans la prose française. Des exposants « ²²² » sont semés au milieu de plusieurs phrases, jusqu’à trois fois dans le même paragraphe, et des virgules doublées apparaissent dans la formule de contact. Ces marques sont celles d’un texte remanié par un outil de réécriture, jamais relu avant publication : le même procédé qui a laissé l’adresse de développement dans les appels de police.

Dans la vidéo ci-dessous, Maître Caroline Willm, du barreau de Paris, revient sur la qualification de l’escroquerie et sur le rôle des banques dans l’indemnisation des victimes.

Si vous avez rempli ce formulaire, les éléments à conserver sont précis : les courriels reçus de [email protected], les appels arrivés depuis un numéro inconnu dans les jours suivants, l’horodatage exact de l’inscription, et toute pièce transmise ensuite à un interlocuteur qui se réclamait de la plateforme. Ces pièces datent la chaîne de transmission, ce qu’aucune capture d’écran de la page d’accueil ne permet de faire. La question de la suite judiciaire, elle, est traitée dans notre page sur le dépôt de plainte pénale.

Ce qu’il faut savoir avant de laisser son adresse électronique

Chain Dexair Fin est-il un courtier régulé ?

Non, et le site le dit lui-même : il se présente comme une ressource d’information marketing et précise que ses opérateurs n’assistent à aucune transaction de trading, de courtage ou d’investissement. Aucune société, aucun numéro d’enregistrement et aucune adresse ne figurent sur la page, et le nom ne ressort d’aucune des listes noires de l’Autorité des marchés financiers.

Que deviennent le prénom, le nom et l’adresse électronique saisis ?

Le formulaire les transmet à un module d’enrôlement qui relaie la demande vers un service distant, puis, selon l’avertissement du site, à « un prestataire de services externe » susceptible de vous contacter et de facturer des prestations. La page ne nomme jamais ce tiers, n’indique ni sa localisation ni son statut, et ne fournit aucun moyen de retirer ses données.

Pourquoi les polices du site ne s’affichent-elles pas correctement ?

Parce que la page réclame ses six fichiers de police à une adresse de développement, local.switchflomaxfin.com, qui ne se résout plus. Le site a été préparé sur une copie d’une autre enseigne, puis publié sans que cette adresse soit remplacée. Ce défaut d’assemblage n’empêche ni l’affichage de la page ni l’envoi du formulaire.

Peut-on récupérer des fonds versés après une inscription ?

Aucun fonds n’est versé à Chain Dexair Fin lui-même : les sommes partent ensuite vers des interlocuteurs présentés comme des formateurs ou des courtiers. La récupération passe donc par l’identification de ces destinataires, par les relevés bancaires et par les échanges écrits, jamais par une demande adressée au site d’origine, qui n’a ni siège ni service client vérifiable.

Ce que nous retenons de ce dossier. Chain Dexair Fin n’est pas une plateforme de trading : c’est une page de collecte, habillée d’un discours pédagogique, qui remet des coordonnées à des tiers non identifiés après les avoir réparties. Son formulaire vient d’un dossier que nous documentions en 2024, ses polices viennent de l’environnement de préparation d’une autre enseigne, son contenu média vient d’une bibliothèque de juin 2025, et son nom a été créé en janvier 2026. Quatre dates et quatre origines pour un seul site, sans société, sans adresse et sans mentions légales. Si vous avez laissé vos coordonnées et reçu des appels ou des demandes de versement, l’évaluation préalable de votre dossier par BrokerDefense permet de déterminer ce qui peut encore être documenté et par quel canal.

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