Infinite Yield Inv. arnaque : 240 % sur un domaine de février 2026

Quatre pour cent par jour pendant soixante jours, sur un domaine de février 2026

Infinite Yield Inv. propose cinq formules d’épargne dont la plus courte annonce 40 % en cinq jours et la plus longue 4 % par jour pendant soixante jours, soit 240 % de la somme engagée, alors que le nom infinite-yield.com n’a été enregistré que le 16 février 2026. La grille est publiée sans détour sur la page « Plans » : 1,50 % quotidien sur sept jours pour un ticket de 200 à 4 999 dollars, 2,10 % sur vingt jours entre 5 000 et 24 999 dollars, 3 % sur trente jours jusqu’à 49 999 dollars, 4 % sur soixante jours au-delà de 50 000 dollars, plus un plan « Trading » à 40 % « après 5 jours ». Chacune de ces lignes est présentée comme un rendement acquis, avec retrait prioritaire et bonus de parrainage de 5 à 10 %.

Le calcul suffit à situer la proposition. Verser 50 000 dollars sur la formule la plus longue pour en retirer 170 000 au bout de deux mois suppose un rendement que n’obtient aucun fonds au monde de façon répétée, et le plan à 40 % en cinq jours revient à servir 8 % par jour. Aucune des cinq lignes ne comporte de mention de perte possible : le capital est décrit comme engagé, jamais comme exposé. Les témoignages de la page d’accueil, signés d’un ingénieur américain, d’une chef d’entreprise canadienne et d’un enseignant britannique, confirment tous des retraits « instantanés ».

Le registre situe pourtant l’affaire très récemment. Le nom a été créé le 16 février 2026 chez TuringSign, qui opère sous l’enseigne Cosmotown, il expire le 16 février 2027 et il porte quatre verrous d’office : suppression, renouvellement, transfert et modification bloqués par le bureau d’enregistrement. La zone est déléguée à Cloudflare, sur les serveurs barbara et zahir, et la dernière modification du dossier date du jour de la création. Une plateforme qui gérerait 250 millions de dollars depuis huit ans n’aurait pas un dossier de registro de huit mois. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier l’enregistrement, le bureau et les dates du nom.

Dernière mise à jour : 29/10/2026

📄 Document

Ci-dessous, l’accueil d’infinite-yield.com figé le 29 octobre 2026 : le bandeau « Grow Your Wealth with Smart Investments », la grille des six arguments de la section « Why Choose » et les trois avis clients s’y succèdent comme sur la page d’origine.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la vitrine servie par infinite-yield.com le 29 octobre 2026

Le « Certificate Of Incorporation » ne contient aucun document d’incorporation

Le pied de page de chaque page du site comporte un lien intitulé « Certificate Of Incorporation », suivi du mot « PDF ». Le premier mène à une image JPEG de 1920 sur 1458 pixels, servie à l’adresse infinite-yield.com/asset/img/site/cert.jpg. Le second mène à une archive de 24 365 775 octets, infinite-yield-pdf.zip, dont la date de dernière modification est le 19 février 2026. Ni l’un ni l’autre ne contient de pièce d’état civil de société.

L’archive a été ouverte. Elle réunit neuf entrées : un dossier et huit fichiers. Les huit fichiers sont des PDF nommés home, about, contact et plan, chacun décliné en version anglaise et en version allemande. Tous portent la signature du générateur jsPDF 4.0.0 et une date de création au 17 février 2026, échelonnée entre 10 h 47 et 11 h 56, soit le lendemain de l’enregistrement du domaine. Chaque page, au format 612 sur 792 points, n’est qu’un assemblage d’images de 1920 pixels de large : ce sont des captures d’écran du site lui-même, exportées depuis un navigateur, et non des actes. Aucune ne livre une seule chaîne de texte extractible.

Une société qui revendique un certificat d’incorporation le publie sous forme d’extrait numérisé, avec une raison sociale, un numéro d’identification et un registre. Ici, le document introuvable n’est pas une pièce écartée par erreur : c’est le site entier qui ne nomme jamais la personne morale qui l’exploite. Les conditions générales, datées du 16 février 2026, parlent d’« Infinite Yield Inv. » comme d’une partie contractante sans jamais indiquer de forme juridique, de siège social enregistré ou de numéro d’immatriculation. La politique de confidentialité, datée du même jour, fait de même. Dans un dossier voisin, la vitrine Engel Asset présentait cinq certificats de régulation fabriqués ; la méthode est la même, la production est seulement plus pauvre.

Une histoire qui commence en 2018, un domaine qui commence en 2026

La page « About » déroule une chronologie en sept étapes. Fondation en 2018 par « une équipe d’experts financiers et d’entrepreneurs de la technologie », 10 millions de dollars sous gestion et un millier de clients en 2019, ouverture internationale et série A de 25 millions en 2020, 100 millions sous gestion en 2021, prix « Best Investment Platform » en 2022, 30 000 investisseurs en 2023, 50 000 investisseurs et 250 millions de dollars en 2024-2026. Trois compteurs de la page d’accueil reprennent ces chiffres : 250 millions investis, 75 millions de profits versés, 99,8 % de taux de réussite.

Aucun de ces jalons ne laisse de trace vérifiable, et le premier d’entre eux contredit le registre : un domaine créé le 16 février 2026 ne peut pas avoir servi une clientèle huit ans plus tôt. Les distinctions citées, « Fintech Awards 2024 », « Tech Finance Summit 2023 » et un classement Forbes de 2022, ne renvoient à aucune page, aucun communiqué, aucun organisateur nommé. La section « Meet Our Leadership Team » annonce quatre profils pour trois fonctions : un directeur général présenté comme ancien vice-président de Goldman Sachs passé par Harvard, une directrice technique présentée comme ancienne ingénieure de Google passée par le MIT, et deux noms pour le poste de directeur des investissements, dont l’un apparaît sans intitulé. Les biographies citent Wharton et un parcours de vingt ans en hedge funds, sans lien vers un profil professionnel public.

Le contraste avec Cimapatrienza.net, qui promettait 950 euros par jour sans même ouvrir de compte, tient à la mise en scène : ici, l’ancienneté fabriquée sert à justifier des rendements que la seule arithmétique disqualifie. Un domaine de huit mois, une équipe sans état civil, des récompenses sans organisateur : l’ensemble forme un décor complet, entretenu pour un seul usage, la collecte de dépôts.

Une adresse à Zurich, un champ téléphone fictif et un support sur Telegram

Le siège annoncé est au Badenerstrasse 574, 8048 Zurich. La page de contact précise que les bureaux sont ouverts du lundi au vendredi de 9 h à 18 h et le samedi de 10 h à 14 h, et invite le visiteur à prendre rendez-vous avant de se déplacer. Le même document promet une réponse par courriel sous 24 heures ouvrées, et une réponse par messagerie instantanée en moins de deux minutes. Le courriel de contact, masqué à l’affichage par la protection d’adresse de Cloudflare, se décode en [email protected]. Le canal réellement mis en avant reste toutefois Telegram, avec un compte unique, t.me/infinite_yield_admin, présenté comme la voie pour « parler à l’équipe ».

Le formulaire d’inscription trahit le gabarit. Le champ téléphone porte l’exemple « +41 (111) 000-0000 », un numéro qui n’existe dans aucune tranche suisse, et le champ pays porte « Switzerland » en valeur d’exemple. Les six champs sont obligatoires, y compris le nom complet et le pays, avant même que le visiteur ait vu une seule condition de dépôt ou un seul moyen de paiement. Aucun justificatif, aucune vérification d’identité n’est demandée à ce stade, alors que la politique de confidentialité annonce la collecte du numéro de sécurité sociale et des revenus à des fins de conformité fiscale.

Un établissement qui reçoit des dépôts depuis la Suisse tombe sous la surveillance de la FINMA et doit publier une autorisation. Aucune occurrence du mot FINMA, aucune autorisation, aucun numéro d’identification d’entreprise ne figure sur le site, ni dans les conditions, ni dans la politique de confidentialité, ni dans le pied de page. La fiche ScamDoc du domaine, consultable sous la référence 2793876, retient un indice de confiance de 25 %.

Avant d’entrer dans le détail des pièces, un entretien avec Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur les recours précontentieux engagés pour des victimes de faux investissements et sur les protocoles transactionnels qui ont permis d’obtenir des restitutions sans procès. Il y décrit la façon dont un dossier se construit à partir des seuls justificatifs de versement.

PHP 7.4 en fin de vie, Cloudflare devant et cinq bibliothèques d’alerte

Derrière la vitrine, l’empilement technique est celui d’une application PHP de série. Le serveur répond avec l’en-tête x-turbo-charged-by de LiteSpeed et annonce PHP 7.4.33, une branche abandonnée depuis novembre 2022 et qui ne reçoit plus de correctifs de sécurité. Devant, Cloudflare assure la résolution, le CDN et un défi Turnstile sur les formulaires, avec un certificat joker émis le 11 octobre 2026 par Google Trust Services, valable jusqu’au 9 janvier 2027, qui couvre infinite-yield.com et ses sous-domaines. La zone porte un enregistrement SPF et un DMARC en politique « none », c’est-à-dire sans consigne d’application aux destinataires.

Le front est un assemblage de bibliothèques publiques chargées depuis quatre réseaux différents : jQuery 3.6.0 depuis le CDN de jQuery, Vue 2 et core-js, les notifications d’alertify 1.14, de notie 4.3.1 et la bibliothèque spop hébergée sur un compte GitHub personnel, les fenêtres de SweetAlert2, les icônes de Font Awesome 6.5 et de Material Icons, les polices de Google. Le tout transite par jsDelivr, UNPKG et cdnjs, sans un seul fichier servi en propre hormis la feuille de style et deux scripts maison.

Trois greffons trahissent l’usage commercial visé. Un widget de traduction Google expose le site à une clientèle non anglophone sans qu’aucune version traduite ne soit maintenue. Un module Smartsupp ouvre une fenêtre de discussion en bas de page. Deux widgets CoinGecko affichent en continu les cours du bitcoin, de l’ether, du tether, du BNB et du solana, alors que la page ne vend aucun produit indexé sur ces actifs. Le site publie enfin un manifeste d’application installable, avec icônes 16, 32, 180 et 192 pixels, et un fichier robots.txt qui écarte nommément une vingtaine de robots, dont les aspirateurs des grands modèles de langage et plusieurs moteurs de recherche. Une vitrine de gestion de patrimoine n’a aucune raison de se rendre installable sur un téléphone ni de fermer ses pages aux index.

Ce qui reste possible après un virement vers Infinite Yield Inv.

Les moyens de paiement n’apparaissent qu’une fois le compte créé : ni la page des plans, ni celle des retraits, ni les conditions générales ne nomment un prestataire, un compte bancaire ou une adresse de portefeuille. Une personne qui a déjà versé des fonds doit donc reconstituer elle-même la chaîne, en réunissant les relevés bancaires, les confirmations de virement, les captures des échanges Telegram avec le compte t.me/infinite_yield_admin et les courriels reçus de [email protected]. Ces pièces datent chaque opération et permettent de demander à la banque émettrice un rappel des fonds, procédure qui reste ouverte plusieurs semaines après le transfert.

Le signalement du site auprès de la police ou du parquet compétent, et la constitution d’un dossier civil contre les intermédiaires financiers qui ont laissé passer les virements, sont les deux voies qui ont produit des résultats dans des dossiers comparables. Notre page consacrée au dépôt de plainte détaille les pièces à réunir et la façon de les présenter. Il est inutile d’attendre que le site disparaisse pour agir : la capture de la page d’accueil conservée plus haut, celle de la grille des plans et le fichier de 24 mégaoctets décrit dans cet article restent opposables même si infinite-yield.com s’éteint demain.

Infinite Yield Inv. est-il autorisé à recevoir des dépôts en Suisse ?

Rien sur le site ne l’indique. La page d’accueil annonce une adresse au Badenerstrasse 574, à Zurich, mais aucune autorisation de la FINMA, aucune raison sociale et aucun numéro d’identification d’entreprise n’apparaissent dans les conditions générales, la politique de confidentialité ou le pied de page. Une activité de dépôt depuis la Suisse suppose pourtant une autorisation publiée.

Que contient le « Certificate Of Incorporation » publié en bas de page ?

Le lien mène à une image JPEG, et le lien voisin marqué « PDF » à une archive de 24,3 mégaoctets. Celle-ci réunit huit fichiers PDF générés le 17 février 2026 par la bibliothèque jsPDF, qui reproduisent les pages home, about, contact et plan du site, en anglais et en allemand, sous forme de captures d’écran pleine page. Aucun extrait de registre du commerce ne s’y trouve.

Peut-on récupérer une somme versée à infinite-yield.com ?

La démarche la plus efficace reste le rappel des fonds auprès de la banque émettrice, tant que le délai propre à chaque établissement n’est pas écoulé. Elle suppose de produire les relevés, les confirmations de virement et les échanges avec le support du site. Une action civile contre les banques qui ont exécuté les transferts sans contrôle a déjà abouti dans des dossiers de ce type.

Infinite Yield Inv. n’est pas une plateforme d’investissement maladroite : c’est une grille de rendements impossibles posée sur un domaine de huit mois, avec un certificat d’incorporation qui n’en est pas un et une équipe sans état civil. Les épargnants qui ont viré des fonds après avoir échangé sur Telegram avec un compte unique ont affaire à un décor complet, monté pour un seul cycle de collecte. BrokerDefense évalue chaque dossier individuellement, à partir des pièces de versement et de la date des opérations, avant d’indiquer la voie de recours la plus solide.

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