LeperixFin arnaque : un quatrième nom, aucun compte à ouvrir

Le 27 octobre 2026, la page d’accueil de leperixfin.net annonce 31 000 comptes vérifiés, trois autorités de tutelle et une exécution sous les deux millisecondes. Le même domaine répond par une erreur 500 sur chacune de ses adresses, et son espace client n’existe pas : ni connexion, ni inscription, ni tableau de bord. Ce que la vitrine réclame réellement tient en quatre champs de formulaire.

Quatre noms pour un même assemblage, servis par le même mur

L’accueil de leperixfin.net reprend, bloc pour bloc, celui de mirrubinotrx.com et celui d’uvikelront.org, tous deux documentés le 22 octobre, eux-mêmes héritiers du dossier mzeldravoq.com publié le 8 septembre. On retrouve le même bandeau de notes fabriquées (4,9 sur 5, « 19K avis utilisateurs vérifiés », les vignettes Capterra, SourceForge, Slashdot et Google Avis), le même encart « Demandez votre accès prioritaire », la même rubrique de bureaux répartis sur dix-huit pays, la même adresse suisse à Lausanne, place Saint-François, et la même formule « Autorisé et réglementé par » suivie de trois logos de quarante pixels. Les valeurs, elles, changent d’un nom à l’autre : ici la réserve de sécurité vaut 140 millions d’euros dans un paragraphe et 125 millions dans la pastille voisine, la disponibilité est annoncée à 99,997 % et l’exécution sous deux millisecondes.

Le quatrième point commun est le refus. Depuis nos adresses, la racine, la version www, l’adresse française et la variante non chiffrée renvoient toutes la même page nginx de 1 526 octets, titre « 500 Internal Server Error ». Les deux dossiers du 22 octobre décrivent exactement la même réponse, à l’octet près, alors qu’un relais établi sur un autre réseau reçoit la page commerciale complète. Un serveur en incident ne module pas sa réponse selon l’origine de l’appel : cette constance décrit un cloisonnement par provenance, pas une panne. Nous parlons ici d’un même assemblage réemployé, sans conclure à un opérateur unique : ce sont les artefacts du gabarit, et non le registre, qui rapprochent les quatre noms.

Dernière mise à jour : 27/10/2026

📄 Éléments de la capture

Voici la page servie par leperixfin.net, relevée le 27 octobre 2026 et conservée par BrokerDefense. On y voit le bandeau de notes attribuées à des comparateurs, les compteurs de comptes et de sessions, le formulaire d’accès prioritaire et la ligne des trois autorités américaines et britanniques. Ces repères datent la version présentée aux visiteurs francophones.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la page d'accueil servie par leperixfin.net le 27 octobre 2026

Une plateforme de trading dont aucun compte ne s’ouvre

C’est le point que la mise en page ne peut pas masquer. Une plateforme de courtage suppose un accès personnel : identifiant, mot de passe, dépôt, relevé. Ici, les adresses qui porteraient ces fonctions rendent toutes la même page d’erreur : la connexion, l’inscription, le tableau de bord et l’interface de programmation répondent « Oops. Nothing here… ». Le bouton principal, libellé « Commencez à trader », ne mène nulle part : son lien vaut un simple dièse. Le plan de site publié par le domaine énumère cinq adresses par langue, toutes datées du 10 juillet 2026, et aucune n’ouvre un compte : l’accueil, une présentation, des conditions d’utilisation, une politique de confidentialité et un formulaire de signalement.

Le formulaire d’accueil ne demande d’ailleurs ni mot de passe, ni pièce d’identité, ni montant. Quatre champs seulement : prénom, nom, adresse de courriel et numéro de téléphone. Une page qui prétend vérifier 31 000 comptes et 18 000 sessions actives ne peut pas fonctionner sans espace client ; celle-ci n’en a aucun, et sa page de confirmation ose pourtant la phrase « Votre compte est configuré et prêt à être utilisé ». Aucun compte n’a été configuré, puisque aucun compte ne peut être créé.

Trente et un mille comptes, et des chiffres qui ne tiennent pas entre eux

Les indicateurs ne concordent pas d’un bloc à l’autre, et parfois entre l’en-tête technique et le corps de page. La description destinée aux moteurs de recherche promet une exécution « en 0,001s » et « 99,98% de disponibilité » ; le texte affiche « moins de 2 ms » et « 99,997 % de disponibilité ». Le bandeau d’accueil revendique « 1M+ traders » et 19 000 avis, la même page parle de 31 000 comptes vérifiés, 18 000 sessions et 13 800 positions par jour, tandis qu’un compteur latéral affiche « 352 online ». Une réserve de liquidité est donnée à « plus de 140 millions d’euros » dans un paragraphe puis résumée par la pastille « 125 M€ DE FILET DE SÉCURITÉ ».

Les témoignages suivent le même moule : sept profils français, chacun avec une fonction ronflante et un « Gains totaux » en euros (21 069, 38 943, 25 627, 49 779), et des tournures qui trahissent la traduction, du type « j’ai testé beaucoup de plateformes chez France ». Les bureaux, enfin, sont décrits à la chaîne sur dix-huit pays, avec rue, code postal, horaires et effectif ; celui de France est installé au 87 La Canebière, à Marseille, avec un numéro en 04 91. La configuration interne du site, lisible dans le code de la page, ne déclare qu’un seul contact : un numéro new-yorkais. Elle nomme aussi le site « LeperixFin leperixfin.net », lui associe le thème « modern-template », le modèle « basic », une langue par défaut italienne et des traductions produites par une intelligence artificielle. Un gabarit rempli, jamais rebaptisé autrement que par collage du nom de marque devant le domaine.

Les trois autorités citées en bas de page ne désignent aucun titulaire

Sous la mention « Autorisé et réglementé par » figurent trois institutions : la Commodity Futures Trading Commission, la Financial Conduct Authority et la Securities and Exchange Commission. Aucune vignette ne porte de lien, aucune n’est accompagnée d’un numéro d’enregistrement, d’une date d’agrément ou d’une référence de dossier. Surtout, aucune de ces trois autorités ne supervise un service proposé à des résidents français : le registre compétent est celui de l’Autorité des marchés financiers, et la liste noire commune des autorités européennes est publiée par l’ABE Infoservice. Nous y avons cherché ce nom sans trouver de ligne, ce qui signifie qu’aucune mise en garde n’a été publiée, et non qu’une autorisation existerait.

Aucune société n’est nommée nulle part : ni raison sociale, ni siège, ni numéro d’immatriculation, y compris dans les pages contractuelles. Les conditions d’utilisation, servies sous une adresse française, sont titrées « Official Trading Platform Terms of Service for the United States », rédigées en anglais et destinées à des utilisateurs américains ; elles y décrivent l’ouverture d’un compte qui n’existe pas. La politique de confidentialité, elle, renvoie à une adresse de contact sur LeperixFin.com, domaine déposé le 8 juillet 2026 chez le même bureau que le .net, deux jours avant lui, et qui ne répond plus. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine : titulaire masqué, création au 10 juillet 2026, échéance au 10 juillet 2027, serveurs de noms confiés à Cloudflare.

Le seul actif du site : un nom et un numéro de téléphone

La page de confirmation, atteinte dès l’envoi du formulaire, annonce la suite sans détour : « dans les 24 heures, un spécialiste vous appellera au numéro de téléphone que vous avez indiqué », en précisant que « l’appel peut provenir d’un numéro inconnu » et qu’il est « inutile de renvoyer votre demande ». Le fichier d’exclusion réserve ce remerciement au seul Bingbot, manière de tenir la page hors du champ des robots d’indexation tout en la gardant accessible aux visiteurs. Le code de la vitrine contient par ailleurs une porte non liée, un chemin court qui n’apparaît ni dans les menus ni dans le plan de site, et huit routes d’interface aux noms hexadécimaux, dont aucune n’est référencée publiquement.

Le mécanisme est donc complet et il est court : une promesse de plateforme régulée, quatre champs, un rappel téléphonique sous vingt-quatre heures, puis la mise en confiance d’un interlocuteur qui conduit au versement, par virement ou par crypto-actif, sur un compte dont le bénéficiaire n’est jamais nommé sur le site. Un utilisateur qui a déjà laissé ses coordonnées doit conserver la trace du formulaire envoyé, l’heure de l’appel et le numéro affiché, l’identité annoncée par le conseiller, les courriels et messages reçus, puis l’ordre de virement et l’IBAN du bénéficiaire s’il a payé. Ces pièces se réunissent avant toute réclamation, et notre page sur le dépôt de plainte décrit la forme du récit à constituer. Une plateforme de notation publique lui accorde par ailleurs 25 % de confiance, ce qui la classe parmi les noms à écarter, comme le montre cette fiche publique.

Nous avons demandé à Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, ce que peut espérer une victime lorsque les fonds ont quitté sa banque. Son intervention porte sur les litiges et les recours bancaires nés de ces escroqueries, et sur la manière dont la responsabilité de l’établissement teneur de compte peut être discutée.

Ce que les visiteurs demandent avant de répondre à l’appel

LeperixFin est-il autorisé par la CFTC, la FCA ou la SEC ?

Aucune de ces trois autorités ne délivre d’autorisation pour un service commercialisé auprès de résidents français, et la vignette affichée en bas de page ne porte ni lien, ni numéro de dossier, ni nom de société titulaire. Le registre à consulter est celui de l’Autorité des marchés financiers, qui publie les entités autorisées et les listes de mise en garde. Trois logos sans référence ne documentent donc aucune supervision.

Peut-on réellement ouvrir un compte sur leperixfin.net ?

Non. Les adresses de connexion, d’inscription, de tableau de bord et d’interface de programmation répondent toutes par une page d’erreur, le bouton « Commencez à trader » renvoie vers un simple dièse, et le plan de site ne contient aucune page de compte. Le formulaire ne demande ni mot de passe ni justificatif, seulement un prénom, un nom, un courriel et un téléphone. La page de confirmation affirme que le compte est prêt alors qu’aucun compte ne peut être créé.

Pourquoi la page renvoie-t-elle une erreur 500 depuis certains réseaux ?

Parce que l’origine trie les visiteurs selon leur point d’entrée. Depuis nos adresses, la racine, la version www, l’adresse française et la variante non chiffrée rendent toutes une page nginx de 1 526 octets, navigateur complet compris, alors qu’un relais établi sur un autre réseau reçoit la page commerciale entière. Deux dossiers publiés le 22 octobre décrivent la même réponse, à l’octet près. Ce comportement relève d’un cloisonnement, pas d’une panne.

Que se passe-t-il après l’envoi du formulaire ?

La page de confirmation annonce un appel téléphonique sous vingt-quatre heures, au numéro laissé, en prévenant qu’il peut venir d’un numéro inconnu. Le fichier d’exclusion des robots interdit cette page au seul Bingbot. Le rappel installe la confiance, puis conduit à un versement par virement ou par crypto-actif sur un compte dont le bénéficiaire n’est jamais nommé sur le site. Il faut conserver l’heure de l’appel, le numéro affiché, le nom annoncé par l’interlocuteur et l’IBAN du destinataire.

Vous avez laissé un numéro à une plateforme de ce genre ?

Notre service d’aide aux victimes relit la page qui vous a été montrée, l’heure de l’appel reçu et les coordonnées vers lesquelles le versement a été demandé, puis indique ce qui peut encore être tenté auprès de votre banque.

Exposer son dossier au service d’aide aux victimes

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