Le 28 août 2026, trois jours après la publication de notre enquête, la plateforme de trading Pelkruvilanz ne répondait plus : le serveur renvoyait une erreur 500 sur l’ensemble du site. En moins de 72 heures, une vitrine qui se présentait comme une plateforme crypto officiellement régulée avait cessé de fonctionner, laissant sans réponse les épargnants qui avaient pu y déposer leurs coordonnées ou leurs fonds.
Pelkruvilanz ciblait exclusivement la France et affichait en toutes lettres « AUTORISÉ ET RÉGULÉ PAR : CFTC, FCA, SEC », sans produire le moindre numéro d’enregistrement ni aucun document à l’appui. Le domaine pelkruvilanz.com avait été enregistré le 29 juin 2026 chez le registrar américain Dynadot LLC, soit moins de deux mois avant la panne constatée. Notre surveillance a détecté la disparition du contenu le 26 août 2026, et la vérification effectuée le 28 août 2026 a confirmé l’état de la situation : le site ne répond plus.
Cette mise à jour documente l’état actuel du domaine, rappelle les éléments frauduleux relevés dans l’enquête initiale et indique aux épargnants concernés les démarches à engager sans délai.
Dernière mise à jour : 28/08/2026
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Sommaire
- Trois jours après notre enquête, la vitrine Pelkruvilanz ne répond plus
- Un domaine payé jusqu’en juin 2027, alors que plus aucun contenu n’est servi
- Des autorisations CFTC, FCA et SEC affichées sans le moindre justificatif
- Des avis datés d’avant la création du domaine et des chiffres contradictoires
- Des adresses impossibles et un formulaire conçu pour collecter vos coordonnées
- Vous avez versé des fonds à Pelkruvilanz : conserver les preuves et agir
- FAQ : ce qu’il faut savoir après la disparition de Pelkruvilanz
Trois jours après notre enquête, la vitrine Pelkruvilanz ne répond plus
Le 26 août 2026, notre surveillance a détecté que pelkruvilanz.com ne répondait plus : trois tentatives consécutives ont toutes abouti à une réponse HTTP 500, signalant une défaillance côté serveur. La vérification conduite le 28 août 2026 a confirmé cet état sur la totalité des adresses testées, page d’accueil et sous-domaine www compris. Le serveur nginx, opérant derrière l’infrastructure Cloudflare, renvoie systématiquement une erreur « 500 Internal Server Error » : plus aucun contenu n’est servi aux visiteurs.
Le nom de domaine, lui, reste enregistré et le DNS résout encore vers les serveurs Cloudflare. La vitrine est donc opérationnellement morte, mais le domaine demeure actif sur le plan technique. Aucune capture du site ne subsiste sur les services d’archivage du web : la Wayback Machine ne recense aucune sauvegarde de pelkruvilanz.com, ce qui prive les enquêteurs et les victimes de tout accès aux contenus qui y étaient publiés.
Une plateforme qui promettait d’encaisser des dépôts d’épargnants français s’est ainsi éteinte trois jours exactement après avoir été dénoncée publiquement. La chronologie est sans ambiguïté : enquête publiée le 25 août, panne détectée le 26 août, absence totale de contenu confirmée le 28 août.
Un domaine payé jusqu’en juin 2027, alors que plus aucun contenu n’est servi
Le domaine pelkruvilanz.com a été enregistré le 29 juin 2026 auprès du registrar américain Dynadot LLC. Le titulaire est masqué derrière le service de confidentialité « Super Privacy Service LTD c/o Dynadot », rendant toute identification directe du propriétaire impossible. La date d’expiration est fixée au 29 juin 2027 : le nom reste payé pour près d’un an supplémentaire alors que plus aucun contenu n’est servi depuis le serveur.
Ce cycle de vie d’environ douze mois, avec une vitrine opérationnelle pendant moins de deux mois avant sa fermeture précipitée, correspond au schéma classique des sites jetables utilisés dans les arnaques à l’investissement : le domaine est réservé pour une durée minimale, exploité le temps d’une campagne de collecte, puis abandonné sans que le nom soit pour autant libéré, ce qui complique la réattribution et conserve un point d’entrée potentiel pour d’éventuelles relances. Les serveurs de noms utilisés étaient ceux de Cloudflare, et le certificat SSL, émis par Google Trust Services en version wildcard, n’était valable que 90 jours, du 29 juin au 27 septembre 2026 : une durée calibrée pour la durée de vie attendue de la plateforme.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des autorisations CFTC, FCA et SEC affichées sans le moindre justificatif
La page d’accueil de Pelkruvilanz affichait en toutes lettres « AUTORISÉ ET RÉGULÉ PAR : CFTC, FCA, SEC ». Aucun numéro d’enregistrement n’accompagnait cette mention, aucun document n’était fourni, aucun lien ne renvoyait vers les sites officiels de ces trois autorités. Nos vérifications dans les bases publiques de la CFTC, de la FCA et de la SEC n’ont fait apparaître aucune trace de Pelkruvilanz sous quelque forme que ce soit.
La situation est identique du côté français : la vérification effectuée le 28 août 2026 dans l’export ABE Infoservice, qui recense les listes noires publiées par l’AMF et l’ACPR, ne retourne aucun résultat pour Pelkruvilanz. L’absence de toute inscription dans ces listes ne vaut pas validation d’une plateforme, mais confirme ici qu’aucune procédure de mise en garde formelle n’avait encore été engagée au moment de nos vérifications.
Le domaine n’existait que depuis le 29 juin 2026 lorsqu’il prétendait être « autorisé et régulé » par trois des principales autorités financières mondiales : soit un délai de moins de deux mois entre la création du nom et l’affichage de ces agréments fictifs. Pour mémoire, l’AMF publie une page des listes noires et mises en garde qui recense les acteurs non autorisés sollicitant les épargnants français : la consulter avant tout investissement reste le réflexe le plus simple pour vérifier qu’une plateforme ne fait pas l’objet d’une alerte.
Des avis datés d’avant la création du domaine et des chiffres contradictoires
Pelkruvilanz affichait une note de 4,9 étoiles sur 5, présentée comme « basée sur 35 500 avis d’utilisateurs vérifiés », ainsi que 22 000 « comptes vérifiés » et 32 000 « sessions de trading actives ». Ces chiffres étaient mis en scène par des témoignages nominatifs : Antoine Moreau à Paris faisait état d’un gain de 49 411 euros, Sophie Bertrand à Lyon de 22 666 euros, Nicolas Rousseau à Nice de 47 844 euros. Ces témoignages étaient datés de la première quinzaine de mai 2026. Le domaine pelkruvilanz.com, lui, n’a été enregistré que le 29 juin 2026 : des clients témoignaient de gains réalisés sur une plateforme qui n’existait pas encore à la date indiquée.
Le site affichait par ailleurs un ensemble de certifications : ISO 27001, PCI DSS, SOC 2 Type II, chiffrement AES-256-GCM, « 97 % des actifs clients en stockage hors ligne » et « audits par des tiers toutes les deux semaines ». Mais les chiffres censés rassurer sur la solidité financière de la plateforme se contredisaient sur une même page : d’un côté une « réserve de liquidité maintenue au-dessus de 230 millions d’euros », de l’autre « 92 M€ de sécurité » quelques lignes plus bas. Une mention discrète en bas de page tempérait l’ensemble : « Les avis et profils présentés sont donnés à titre indicatif ». Cette précaution, à peine visible, suffisait à décrédibiliser l’ensemble du dispositif de réassurance mis en scène sur le reste du site.
Des adresses impossibles et un formulaire conçu pour collecter vos coordonnées
Pelkruvilanz revendiquait un « réseau mondial de bureaux présent dans plus de 120 pays » et listait des adresses dans plusieurs villes. À San Francisco, le bureau était situé au « 365 California Street, CA 79300 » : le code postal 79300 n’existe pas à San Francisco. À Marseille, l’adresse indiquée était « Rue de la Paix 36, 11200 » : la rue de la Paix n’existe pas à Marseille, et le code postal 11200 correspond à Lézignan-Corbières, dans l’Aude. À Copenhague, le bureau était présenté à « Nørre Voldgade 77300 », format de code postal inexistant au Danemark. Aucune société n’était nommée, aucun numéro SIREN ou SIRET n’était mentionné, et les conditions d’utilisation étaient rédigées « for the United States », tout comme la politique de confidentialité, alors que l’ensemble du site, des témoignages et du formulaire ciblaient exclusivement la France.
Car l’objectif central du site n’était pas le trading : la page d’accueil proposait avant tout un formulaire d’inscription demandant prénom, nom, adresse électronique et numéro de téléphone avec l’indicatif +33 présélectionné. Un bandeau « Obtenez votre accès prioritaire » orientait le visiteur vers cette saisie, relayée par une fenêtre de discussion instantanée présentant le message suivant : « Bonjour ! Je suis Olivia, votre gestionnaire de compte personnel chez Pelkruvilanz ». La politique de confidentialité précisait que les données collectées « peuvent être partagées avec des prestataires de services de trading tiers » : une clause qui ouvre la voie à la revente des coordonnées à d’autres opérateurs frauduleux.
Ce procédé n’est pas isolé : Workor, dénoncée par BrokerDefense fin août, déguisait elle aussi une arnaque crypto en plateforme d’échange, et Quantum AI avait resurgi sous un nouveau nom après sa mise en cause.
Vous avez versé des fonds à Pelkruvilanz : conserver les preuves et agir
Si vous avez versé des fonds à Pelkruvilanz, par virement bancaire ou en crypto-monnaies, après un échange avec un « conseiller » joint par téléphone ou via le formulaire du site, agissez sans attendre. Ne répondez plus aux demandes de dépôt supplémentaire, souvent présentées comme des « frais de déblocage » ou des « taxes » à régler pour récupérer un gain fictif : cette technique vise à extraire un second paiement de personnes déjà lésées, en leur faisant croire que leurs fonds sont accessibles moyennant une dernière démarche.
Conservez l’intégralité des échanges que vous avez eus avec la plateforme ou ses interlocuteurs : captures d’écran du site, historiques de transactions sur votre compte bancaire ou votre portefeuille de crypto-monnaies, courriels, SMS et enregistrements d’appels si vous en disposez. Notez les numéros de téléphone, les adresses électroniques et tout autre identifiant utilisé par les personnes qui vous ont contacté. Notre service d’aide aux victimes peut vous accompagner dans la constitution de ce dossier, et notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes d’un dépôt de plainte, y compris les recours envisageables contre l’établissement bancaire ayant laissé transiter les virements.
Dans une vidéo dédiée, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur la condamnation d’une banque devant la cour d’appel pour manquement à son devoir de vigilance dans un dossier d’escroquerie au faux investissement. Il y détaille comment des victimes de virements frauduleux vers ce type de plateformes ont obtenu l’indemnisation de leur préjudice, une voie que les épargnants abusés par Pelkruvilanz peuvent explorer.
FAQ : ce qu’il faut savoir après la disparition de Pelkruvilanz
Non. La plateforme affichait les sigles CFTC, FCA et SEC sans produire aucun numéro d’agrément ni aucun lien vers ces autorités. Aucune de ces trois autorités, pas plus que l’AMF, ne référence Pelkruvilanz. Le domaine n’existait que depuis le 29 juin 2026.
Le serveur renvoie une erreur 500 et plus aucun contenu n’est servi, alors que le nom de domaine reste enregistré jusqu’en juin 2027. Ne versez aucun supplément, en particulier les « frais de déblocage » ou « taxes » réclamés pour récupérer un gain fictif, et conservez toutes les preuves des échanges.
Non. Les témoignages étaient datés de mai 2026, soit avant la création du domaine le 29 juin 2026. Le site précisait lui-même que les avis et profils présentés étaient donnés à titre indicatif, et ses balises techniques étaient conçues pour afficher des étoiles dans les résultats de recherche.
Cessez tout paiement et ne répondez plus aux sollicitations. Conservez les messages reçus, les historiques de transactions et les numéros des appelants, puis contactez notre service d’aide aux victimes pour constituer un dossier et engager les recours, notamment contre l’établissement bancaire qui a laissé transiter les virements.
Pelkruvilanz a réuni tous les marqueurs d’une arnaque à l’investissement organisée : de fausses autorisations réglementaires, des avis inventés datés d’avant la création du domaine, des adresses fictives, des chiffres contradictoires et une collecte méthodique des coordonnées de victimes, avant de s’éteindre trois jours après notre enquête. Les épargnants qui ont versé des fonds sur cette plateforme, après avoir été contactés par un pseudo-conseiller, doivent cesser tout paiement et conserver leurs preuves. Comme pour toute plateforme de ce type, l’évaluation préalable par BrokerDefense reste le premier réflexe : vérifier l’agrément auprès des autorités, chercher la société derrière le site et ne jamais confier d’argent à une entité qui ne peut pas justifier de son identité.
Article réécrit le 28/08/2026


