Sommaire
- Le dépositaire a coupé le nom le 18 septembre, l’enregistrement court jusqu’en juin 2027
- Six semaines d’exploitation, une seconde phase annoncée mais jamais ouverte
- Ce que la vitrine affichait encore : 91 millions de dollars de dépôts et des avis recopiés
- Derrière la page : un hébergement pris chez le dépositaire lui-même, un gabarit revendu à la chaîne
- Un nom déjà passé par deux vies avant cette campagne
- Paiement effectué, vitrine fermée : la suite pour les victimes de Lcp.global
- Questions reçues sur Lcp.global après la coupure du nom
Le dépositaire a coupé le nom le 18 septembre, l’enregistrement court jusqu’en juin 2027
Le nom de domaine lcp.global a changé d’état au registre le 18 septembre 2026 : passé sous la mention « client hold », il a cessé d’être publié dans le DNS. Interrogé le 26 septembre 2026, il ne renvoie plus rien, ni la page d’accueil de « Life Changer Projects », ni le formulaire d’inscription, ni la page de connexion, alors que l’enregistrement du nom, lui, est payé jusqu’au 30 juin 2027.
Trois vérifications concordent. La résolution de lcp.global et de www.lcp.global échoue (domaine inexistant) ; l’état publié au registre porte deux mentions réservées, « client hold » et « client transfer prohibited » ; l’horodatage de la dernière modification du dossier indique le 18 septembre 2026 à 13 h 42 UTC. Le dépôt initial remonte au 30 juin 2023. La vitrine n’a donc pas été abandonnée à l’échéance de sa période : elle a été retirée du service en cours de route.
Le certificat de sécurité, lui, reste valide sur le papier. Émis le 8 août 2026 par l’autorité SSL.com pour lcp.global et www.lcp.global, il porte une échéance au 22 février 2027. Autrement dit, un site qui ne répond plus depuis septembre peut conserver un certificat en règle pendant plusieurs mois encore.
Aucune liste noire publique ne porte ce nom. Contrôlé le 26 septembre 2026, l’export officiel des listes noires de l’AMF (3 460 entrées) ne contient aucune occurrence de lcp.global, et la liste noire commune ACPR-AMF n’en porte pas davantage. Une entrée distincte, « LCP BANK » (lcp-capital.site), y figure depuis mars 2024 : aucun élément ne permet de la rattacher à la vitrine examinée ici.
Le nom était déposé chez NameCheap (identifiant IANA 1068) et ses serveurs de noms, dns1.namecheaphosting.com et dns2.namecheaphosting.com, appartiennent à l’offre d’hébergement du même prestataire. La vitrine tournait donc sur une machine de l’opérateur qui tenait aussi le nom : un seul intermédiaire suffisait à tout couper, et c’est ce qui s’est produit.
La page de contact, conservée dans notre capture du 25 août 2026, ne proposait qu’une adresse électronique, [email protected]. Détail révélateur : la rubrique intitulée « Phone Number » affichait cette même adresse électronique : aucun numéro de téléphone n’a jamais été publié, y compris à l’apogée de la campagne.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 26/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de Lcp.global, telle qu’elle se présentait le 25 août 2026. Le nom ne répond plus depuis le 18 septembre : ce cliché reste la seule trace consultable de la vitrine, pour reconnaître l’enseigne, documenter un versement ou prévenir un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Six semaines d’exploitation, une seconde phase annoncée mais jamais ouverte
La campagne a été ouverte le 8 août 2026, le jour même de l’émission du certificat du site. Cinq « phases » de distribution de pièces étaient annoncées à prix croissant : 0,50 dollar pour la première, puis 0,60, 0,70, 0,80 et 0,90. Seule la première était active ; les quatre autres portaient la mention « inactive ».
Au 25 août, dernier état enregistré avant la coupure, le compteur affichait 127 300 627,74 pièces « vendues » sur les 350 millions de la phase une, et 222 699 372,26 « restantes ». Le prix des phases suivantes n’a jamais été atteint : entre l’ouverture du 8 août et le retrait du 18 septembre, il s’est écoulé six semaines. Une pièce qui devait valoir 0,90 dollar n’a jamais dépassé 0,50.
Le reste des promesses est resté au même stade. Sept formules d’investissement figuraient sur la page, de la formule à 100 dollars annoncée à 8-9 % par mois jusqu’au plan « Diamond » de 100 000 dollars à 20-22 %. Les conditions générales précisaient que le capital n’est « inclus dans le rendement que deux fois » : le gain se limite à un doublement, quel que soit le montant engagé.
Ce que la vitrine affichait encore : 91 millions de dollars de dépôts et des avis recopiés
La page d’accueil entretenait une apparence de volume : 35 449 « utilisateurs », 91 179 866 dollars de dépôts cumulés et 15 103 400 dollars de retraits. Le rapport entre les deux derniers chiffres, de l’ordre de six pour un, n’était nulle part commenté. Aucun audit, aucun tiers de confiance, aucun document comptable ne venait étayer ces totaux.
Les avis, eux, sont répétés à l’identique. Trois témoignages qui répètent la même formule (avoir investi, avoir été payé, recommander la plateforme) apparaissent chacun deux fois sur la même page, sous des pseudonymes interchangeables. Le bloc de questions du site va jusqu’à publier deux fois la même réponse au sujet des dépôts et des retraits.
La liste des « derniers inscrits » aligne des prénoms, des nationalités et des dates courant de juillet à août 2026, sans aucun moyen de vérification. Elle voisine avec des avis plus anciens, datés de 2023, réemployés tels quels pour une campagne lancée trois ans plus tard. Le pied de page, lui, affiche toujours « © 2023 ».
Derrière la page : un hébergement pris chez le dépositaire lui-même, un gabarit revendu à la chaîne
L’installation relevée lors de notre capture du 25 août 2026 répondait depuis l’adresse 162.0.215.161, sur un serveur LiteSpeed (l’en-tête « x-turbo-charged-by » en porte la signature), avec PHP 8.1.34 en arrière-plan. Le gabarit, lui, provient d’un script d’investissement revendu à la chaîne par l’éditeur ViserLab, que l’on retrouve sur de nombreuses vitrines de rendement à haut risque.
Un détail trahit la reprise : la page vante un « Comodo Essential-SSL Security encryption » alors que le certificat effectivement servi émane de SSL.com. Ce décalage entre le texte commercial et le certificat réel est fréquent sur les scripts recopiés d’une vitrine à l’autre.
Les journaux publics de certificats gardent en outre la trace de deux sous-domaines, learn.lcp.global et demo.lcp.global, antérieurs à la campagne de pièces et jamais exposés dans la navigation du site. Le nom a donc servi à d’autres usages que ceux affichés.
La page de contact déclarait enfin un bureau au 82 A James Carter Road, à Mildenhall, dans le Suffolk, sous le code postal IP28 7DE. C’est une adresse de domiciliation partagée par des milliers de structures britanniques : le site ne publie aucun numéro d’immatriculation, et la recherche menée dans le registre britannique ne rattache aucune société à la marque revendiquée.
Un nom déjà passé par deux vies avant cette campagne
L’archive publique du web conserve des pages sous lcp.global dès 2019 : les captures de 2019 et 2020 répondent en 200, avant un retour à une page d’erreur en 2021. Or l’enregistrement courant ne débute que le 30 juin 2023, soit après cette première existence.
Entre l’été 2023 et 2025, la même adresse sert une vitrine au discours déjà rodé, promettant un « avenir stable » et de « l’argent rapidement ». La campagne de pièces lancée le 8 août 2026 n’est donc pas une création : c’est la troisième utilisation connue de ce nom, sur un domaine conservé par le même dépositaire depuis 2023.
Paiement effectué, vitrine fermée : la suite pour les victimes de Lcp.global
Si vous avez acheté des pièces sur Lcp.global, la première démarche consiste à interrompre tout versement complémentaire : les relances envoyées à [email protected], ou par le canal de discussion du site, n’ont plus de destinataire depuis le 18 septembre 2026. Conservez ce qui reste (courriels de confirmation, relevés des transactions en cryptoactifs, captures de votre espace personnel et échanges avec le « support »), car la vitrine, elle, n’est plus consultable.
Signalez ensuite les transferts à votre banque si un virement a été effectué, ou à la plateforme d’échange utilisée si l’envoi est parti en cryptoactifs : ces signalements sont datés et opposables. Le dépôt de plainte peut viser l’escroquerie et le blanchiment ; notre guide sur la procédure pénale détaille les pièces à joindre. Une évaluation préalable par BrokerDefense, via notre service d’aide aux victimes, permet de reconstituer la chronologie du versement et d’identifier les destinataires.
Les internautes qui ont partagé leurs retours sur cette plateforme peuvent également consulter la fiche ScamDoc de Lcp.global.
Dans une vidéo, Maître Michel Orsini, du barreau de Paris, explique comment se traitent les escroqueries financières et les fausses plateformes de cryptoactifs : identification des flux financiers, recherche des responsables et réparation du préjudice.
Questions reçues sur Lcp.global après la coupure du nom
Non. La coupure du nom de domaine empêche seulement l’ouverture de la vitrine : le dépositaire conserve l’enregistrement jusqu’au 30 juin 2027, et le certificat du site reste valide jusqu’au 22 février de la même année. Une réapparition sous un autre nom reste possible, comme ce nom lui-même a déjà servi à deux vitrines successives.
Non. Au dernier état enregistré, le 25 août 2026, seule la phase une était active, à 0,50 dollar la pièce. Les quatre phases suivantes portaient la mention « inactive » et n’ont jamais été ouvertes avant le retrait du nom, six semaines plus tard.
Aucun mécanisme de restitution n’a jamais été prévu : les conditions du site limitaient les sorties à deux retraits par mois, avec des frais de 5 % en deçà de 1 000 dollars et de 7 % au-delà. La voie utile passe par le signalement des transferts à la banque ou à la plateforme d’échange, puis par une plainte.
La capture intégrale de la page d’accueil, réalisée avant la coupure, est conservée et mise à disposition ci-dessus. Elle sert à identifier la vitrine, à documenter le litige et à signaler l’adresse à d’autres internautes.
Lcp.global n’est donc pas un site arrivé au bout de son parcours : c’est un nom retiré du service six semaines après l’ouverture de sa vente de pièces, avec un enregistrement payé jusqu’en juin 2027 et un certificat qui court jusqu’en février de la même année. Les personnes qui ont acheté des pièces à 0,50 dollar en espérant revendre sur une phase à 0,90 n’ont jamais vu cette phase s’ouvrir. D’autres montages comparables ont connu la même fin : Pinexfinancechain, dont le domaine a été gelé, et Melokoinfx, éteint par son dépositaire deux mois après notre enquête. Avant tout versement sur une vitrine de ce type, une évaluation préalable par BrokerDefense permet de vérifier l’existence légale de la structure et les signalements déjà enregistrés.
Article réécrit le 26/09/2026


